- il y a 8 minutes
Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France, était l'invité de BFMTV. Il évoque les négociations en cours entre les États-Unis et l'Iran.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bonjour, je suis Azarka. Merci d'être dans ce studio pour répondre à nos questions.
00:03Vous êtes l'ambassadeur d'Israël en France. Vous êtes en train de vous faire complètement avoir par les Etats
00:07-Unis, non ?
00:08Non, non, non.
00:10Ils sont en train de vous lâcher.
00:10Le gros problème, vraiment, franchement, le gros problème de ces dernières semaines, c'est que tout le monde a besoin
00:15de ces informations.
00:17Et ces informations ne viennent pas parce qu'il y a des négociations.
00:19Nous sommes en pleine négociation. Nous, je veux dire, les Etats-Unis et les Iraniens sont en pleine négociation.
00:23Mais pour la première fois, les négociations se font d'une façon où on peut vraiment créer la pression contre
00:29les Iraniens.
00:30pour avoir ce qu'il faut avoir, c'est-à-dire la destruction totale de leur programme nucléaire et ne
00:36pas leur permettre de le reprendre.
00:39Ce qui avait été fait auparavant, c'était des négociations.
00:43Quand les différents négociateurs proposaient un incentive positif, quelque chose de positif, de l'argent, un statut au sein de
00:53la scène internationale, un nouveau statut pour l'Iran.
00:56Là, pour la première fois, les Américains négocient en disant, d'un côté, vous pouvez avoir quelque chose de bien
01:01si vous faites ce que nous attendons.
01:03Et notamment les avoirs qui avaient jusqu'à présent été gelés.
01:06Etc. Un nouveau statut pour l'Iran dans la communauté internationale, ce que les Iraniens veulent énormément.
01:13Et d'un autre côté, si vous ne le faites pas, c'est la continuation de la guerre.
01:16Et pour la première fois, les Iraniens le prennent au sérieux.
01:19Donc ce qu'il se passe pendant ces dernières semaines, ce sont des négociations.
01:23Vous estimez-vous que ce sont des avancées qui permettent, je vous cite, une destruction totale et durable de leur
01:36arsenal nucléaire ?
01:36C'est ce qu'ils n'ont pas d'arsenal nucléaire.
01:38De leur potentiel arsenal nucléaire ?
01:40Voilà. Ils n'ont pas d'arsenal nucléaire, il faut être clair.
01:41Ce qu'ils ont, c'est une certaine capacité résiduelle de reprendre le programme nucléaire, ce que nous ne voulons
01:48pas qu'ils aient.
01:49Nous et les Américains n'acceptons pas qu'ils aient surtout la possibilité d'utiliser l'oranium enrichi à 20%,
01:55à 60% pour aller vers la bombe.
01:58Mais il y a aussi d'autres capacités qu'ils ont qu'ils doivent détruire.
02:01La grande partie de ces capacités ont été détruites militairement, mais ils ont encore certaines capacités.
02:06Et ils doivent accepter l'idée de ne pas pouvoir les reprendre.
02:10D'accord ? Alors c'est ce que nous voulons atteindre, nous et les Américains.
02:13Et c'est ce que nous avons atteint en grande partie.
02:15Bien sûr, il y a la question de l'expatriation.
02:18L'expatriation, oui.
02:21Des 450 kilos ?
02:23Des 450 et de la tonne, point de vue.
02:25Avec deux questions, on l'évoquait, qui sont visiblement évoquées au sein des négociations.
02:29Une partie pourrait être diluée par les Iraniens eux-mêmes, ce qui évidemment, j'imagine, pour vous, nécessite un contrôle
02:36possible.
02:36D'abord, bien sûr, un contrôle.
02:38Vous savez, la position d'Israël a été toujours, en ce cas-là, ne rien laisser entre les mains des
02:42Iraniens, parce que nous ne les croyons pas.
02:44Nous n'avons aucune confiance aux Iraniens.
02:45Ils ont prouvé leur capacité de mentir à travers les années.
02:48La première fois qu'ils avaient pris des engagements pour ne pas développer de capacités nucléaires, c'était ici, à
02:54Paris, en 2002.
02:56Et depuis, ils ont développé un programme nucléaire qui leur a mené au seuil de la bombe.
03:01Et donc, on n'a aucune confiance aux Iraniens.
03:03Alors, ce qu'il faut faire, de notre côté, c'est faire sortir tout ce qui peut sortir et détruire
03:10ce qui reste sur place.
03:11Et puis, il y a l'autre guerre, comme le disait Patrick tout à l'heure, le sud du Liban,
03:16le Hezbollah.
03:17Les images que vous voyez en direct, là, monsieur l'ambassadeur, il y avait encore hier un immeuble de 12
03:23étages à Beyrouth,
03:24qui a donc été pulvérisé, selon les mots de notre envoyé spécial sur place.
03:29Ça vous inspire quoi ?
03:29Non, non, non. Ce bâtiment n'a pas été hier pulvérisé.
03:32C'est un bâtiment qui a été pulvérisé il y a quelques semaines.
03:34Ce qui reste de ce bâtiment, il l'a expliqué d'ailleurs d'une façon très claire.
03:39Effectivement, il y a eu des frappes qui ont eu lieu hier soir, hier nuit.
03:43Et il y a... Notre volonté est très claire.
03:46C'est la mise en œuvre complète des différentes résolutions du Conseil de sécurité,
03:52que ce soit la première résolution de 2004, ensuite 2006, ensuite l'accord de cessez-le-feu,
03:58c'est-à-dire qu'il n'y a aucune force armée du Hezbollah au sud du Litanie.
04:02Au fond, quand on vous écoute, vous dites que vous le faites pratiquement pour l'ONU.
04:07Non, pas pour l'ONU, pour nous.
04:08Pour vous, mais je veux dire qu'en tout cas, c'est en accord, en harmonie avec...
04:11Non, ce n'est pas une question d'accord en harmonie.
04:13C'est-à-dire que la communauté internationale s'est mise d'accord sur certains sujets.
04:17Et le sujet principal, c'est le désarmement du Hezbollah au sud du Litanie.
04:20Dont on constate, effectivement, et Patrick nous en posait, la description de l'arsenal,
04:24qu'il est loin d'être désarmé.
04:25Voilà, exactement.
04:26Et donc, ce que nous comptons faire, ce que nous faisons, c'est tout faire en sorte...
04:29En gros, vous dites, si les Libanais ne le font pas, on le fait tout seul.
04:31C'est ce qu'on a fait.
04:32On a fait, vous savez, on a attendu, depuis 2004 jusqu'à présent,
04:36que la diplomatie marche et que le gouvernement Libanais fasse ce qu'il devait faire.
04:40Et nous avons été attaqués plusieurs fois par le Hezbollah.
04:42Maintenant, c'est terminé.
04:43Après le 7 octobre, les choses ont changé fondamentalement entre nous
04:46et les organisations terroristes autour de nous.
04:48Il faut comprendre.
04:48Et ça, c'est quelque chose que certains pays ne comprennent pas.
04:51Ce n'est pas en se soumettant au terrorisme,
04:54ce n'est pas en ignorant l'islamisme radical,
04:57qu'on pourra gagner cette guerre.
04:59C'est en le combattant.
05:00Et nous le combattons.
05:02Patrick ?
05:03Sur, je vous ai entendu, là, je vais mélanger un petit peu les deux guerres,
05:06si je peux dire, Iran et sur le Liban.
05:09Iran, Washington, quoi qu'il arrive, restera à 10 000 kilomètres de Téhéran.
05:16Et vous, vous resterez voisin, quasiment 1 600 kilomètres, si je ne m'abuse.
05:191 200.
05:201 200, c'est encore plus fort.
05:22Avec une confiance à zéro, de toute façon, parce que vous connaissez les Iraniens.
05:26Et vous avez ce front libanais.
05:28Les autorités libanaises, vous leur avez donné quelques chances.
05:31Oui, je redonne ce chiffre que les services d'enseignement ont transmis à vos autorités
05:36sur le nombre d'officiers dans les forces armées libanaises
05:40qui ont des liens plus ou moins proches avec le Hezbollah.
05:43Comment vous allez faire dans ce monde de conscience ?
05:46Pour défaire la pelote.
05:48On regarde vers le nord et on regarde vers l'est.
05:49C'est gentil qu'ils aient donné ces informations, mais ces informations viennent de chez nous.
05:52Alors, premièrement.
05:53Secondo, ce n'est pas quelques temps, quelques opportunités qu'on leur a données.
05:57Ça fait 20 ans, 22 ans plus exactement,
05:59qu'on attend que le gouvernement libanais fasse son travail.
06:03Et jusqu'à présent, ils n'ont rien fait.
06:05Alors, vraiment, ce n'est pas que quelques opportunités qu'on leur a données.
06:08Ça fait 22 ans qu'on attend que le gouvernement libanais fasse son travail
06:13et désarme le Hezbollah au sud du Liban.
06:15Il aurait pu avoir d'autres pays qui auraient donné l'aide.
06:18La France était prête à le faire ?
06:21Non.
06:22Non ?
06:22Non, non.
06:23Une aide, c'était une aide logistique, pas plus.
06:26Il aurait pu avoir d'autres pays qui auraient été d'accord à donner l'aide militaire
06:31dont le gouvernement libanais avait besoin pour désarmer le Hezbollah, mais personne ne l'a fait.
06:36Est-ce que les Américains pourraient le considérer ?
06:38Considérant justement ces négociations qui se sont ouvertes à Washington entre Libanais et Israéliens,
06:44est-ce que les États-Unis pourraient décider de jouer un rôle plus proactif
06:47pour participer à désarmer le Hezbollah et aussi participer à faire avancer les négociations ?
06:52C'est une question qu'il faut poser aux Américains.
06:55Mais vous devez avoir quelques intuitions.
06:56Vous êtes en général bien enseigné sur ces choses.
06:58C'est possible, mais c'est une question qu'il faut poser aux Américains, pas à Israël.
07:01Intuition et souhait peut-être ?
07:02C'est-à-dire que vous estimez, vous, j'imagine, que si les États-Unis participent à ce désarmement...
07:09Non, vraiment, je ne veux pas rentrer dans ce que les Américains pourraient ou devraient faire.
07:13Ce que je dis, c'est simple.
07:14Ça fait 22 ans que nous attendons que le gouvernement libanais fasse son travail.
07:17Il ne l'a pas fait.
07:18Nous avons été attaqués maintes fois par le Hezbollah,
07:22deux fois dans ces deux dernières années,
07:25sans que nous ayons tirés sur le territoire libanais.
07:28Et deux fois, nous avons été tirés dessus.
07:30Et donc, maintenant, c'est terminé.
07:31C'est nous qui faisons le travail que nous devons faire.
07:34Une question, Joshua Zarka, sur la déclaration de Benjamin Netanyahou hier,
07:38qui dit donc qu'il veut intensifier les frappes contre le Liban.
07:41Comment on peut intensifier ?
07:42Ce n'est pas contre le Liban.
07:43Encore une fois, ce n'est pas contre le Liban.
07:45C'est contre le Hezbollah qui est au Liban.
07:47Comment on peut intensifier ?
07:49C'est tiré plus précisément et beaucoup plus fortement
07:51contre les forces du Hezbollah qui sont un peu partout dans le Liban.
07:55Il y a une chose dont il faut parler.
07:58Hier, si je ne me trompe, Naïm Qassem, le secrétaire général du Hezbollah,
08:01a appelé les chiites au Liban de renverser le gouvernement libanais.
08:06C'est-à-dire que ce que veut le Hezbollah, c'est vraiment empêcher la paix.
08:11C'est vraiment empêcher le silence, empêcher cette création d'environnement,
08:17d'atmosphère de paix que nous essayons de créer avec justement le gouvernement libanais
08:21en négociant à Washington.
08:24Dans les négociations, là en ce moment, on entend évidemment beaucoup parler du détroit d'Hormuz.
08:28On entend parler du programme nucléaire.
08:30– De quelles négociations parlez-vous, là ?
08:31– Des négociations entre l'Iran et les États-Unis.
08:35On entend beaucoup moins parler de ce qui faisait partie des motivations de la guerre au départ,
08:41la fin du programme balistique, la fin de l'aide et du soutien justement au proxy,
08:46le Hezbollah mais pas seulement, la chute du régime à Téhéran.
08:51Et donc, c'est un peu ma question, si au fond il y avait un accord sur Hormuz
08:56et même sur le nucléaire à venir, mais que les autres sujets ne soient pas réglés,
09:01en vous écoutant ce matin, je comprends qu'Israël continuerait, quoi qu'il arrive,
09:06sa guerre contre le Hezbollah parce que ces sujets que je viens d'évoquer ne seraient pas traités.
09:10– Alors d'abord, le lien entre le Liban et la guerre en Iran est un lien qui est fait
09:14par l'Iran.
09:15Le fait que nous acceptions, que certaines personnes acceptent que ce lien existe,
09:19c'est se soumettre à la volonté iranienne de contrôler, disons, les populations chiites
09:25qui existent à travers le monde et notamment aussi le Liban.
09:28C'est totalement inacceptable.
09:30Alors, à votre question, oui, nous continuerons de combattre le Hezbollah
09:33tant que celui-ci ne sera pas désarmé.
09:35– Même s'il y a un accord entre Téhéran et Washington
09:38ou un protocole d'accord sur Hormuz et plus tard sur le nucléaire, vous continuerez ?
09:43– Dans les détails que vous parlez, à chaque fois, vous savez,
09:45comme je vous l'ai dit au début, c'est des semaines de négociations
09:48et il y a énormément de rumeurs.
09:50Ce dont vous parlez, ce sont des rumeurs.
09:52Ce ne sont pas encore les détails d'un accord.
09:56Je n'ai pas vu, moi, un détail d'accord, les détails d'un accord.
09:59Personne ne les a vus parce que c'est quelque chose qui est vraiment maintenu.
10:03Il y a quelques journalistes qui ont certaines rumeurs qui sont données
10:07que ce soit par les Américains, que ce soit par les Iraniens ou par d'autres.
10:12Ça fait partie de la négociation.
10:14Les publications font partie de la négociation.
10:16J'ai participé à ce genre de négociation pendant très longtemps.
10:18– Je vais le dire à l'envers, donc du coup, s'il n'y a pas de résolution du
10:21programme balistique
10:22et si Téhéran continue à soutenir ses proxys, que ce soit le Hezbollah, le Hamas,
10:27les milichites en Irak, vous continuerez, vous, contre le Hezbollah au Liban,
10:32accord de paix ou pas ?
10:34– Tant que le Hezbollah sera une menace pour Israël et continuera de tirer sur Israël,
10:39nous ferons ce qu'il faut faire pour défendre nos populations.
10:43Il y a des soldats, 11 soldats qui ont été tués depuis le cessez-le-feu.
10:47Des habitations dans le nord du pays sont ciblées d'une façon régulière.
10:52Hier seulement, encore une fois, un drone a été tombé sur une maison à Metoula, dans une petite ville.
10:57– Côté Libanais, on parle de 3 millions d'euros.
11:00– Effectivement, c'est une guerre qui est terrible de l'autre côté
11:03et c'est parce que nous nous défendons contre une organisation terroriste
11:05qui vit au sein de cette population et qui n'a aucune…
11:08– Défendez les Libanais ?
11:09– Non, nous voulons débarrasser la région, la région c'est aussi les Libanais,
11:15du fléau qu'est cette organisation terroriste.
11:18Ce n'est pas que nous nous défendons, nous nous défendons contre le Hezbollah.
11:21Et si, quand nous arriverons, pas si, quand nous arriverons à nous débarrasser
11:25de cette menace du Hezbollah, c'est toute la région qui bénéficiera
11:29et aussi le gouvernement libanais qui pourra enfin négocier
11:32ou signer un accord de paix avec Israël.
11:34– Je vous repose l'autre partie de la question de Laurent.
11:37Il y avait la question effectivement de savoir si vous continueriez ou pas
11:39à combattre le Hezbollah, vous y avez répondu.
11:43L'autre question c'est aussi concernant les objectifs de cette guerre.
11:47Lorsque la guerre a débuté, il y avait effectivement la question du nucléaire
11:50mais pas que. Il y avait aussi la question du reste des missiles
11:53et il y avait la question du régime. Où est-ce que vous en êtes par rapport
11:57à cette question-là ? Est-ce qu'elle est encore sur la table
11:59ou est-ce qu'au fond vous y avez renoncé ?
12:03– Non, on n'a rien, on n'a renoncé à rien pour l'instant d'accord.
12:07D'ailleurs il n'y a pas d'accord qui a été signé, premièrement.
12:10Secondo, vous savez, une grande partie, quand on parle des restes de missiles
12:15qu'ont les Iraniens chez eux, on parle de tous les missiles.
12:18Ce qui nous importe à nous, il faut dire, c'est des missiles
12:21qui ont eu une portée de plus de 1200 km. Et là, il y en a beaucoup moins.
12:26On ne parle pas de la même quantité qu'ils avaient auparavant.
12:29Ils n'ont plus les capacités de nous menacer comme ils avaient auparavant.
12:32– Ils en ont beaucoup moins, mais enfin ils en ont encore beaucoup.
12:33– Oui, mais quand on parle justement des 7000 missiles qu'ils ont encore
12:35entre leurs mains, c'est tous les missiles.
12:37Missiles de 150 km, missiles de 300 km, 500 km, 700 km.
12:40– Vous considérez donc avoir affaibli ?
12:42– Et au plus de 1000 km, ils en avaient une petite quantité.
12:45On a suffisamment affaibli aujourd'hui, et important, un point important,
12:48on a suffisamment affaibli aujourd'hui les capacités balistiques iraniennes
12:51pour que ces capacités balistiques ne soient plus une menace existentielle pour Israël.
12:56– L'idée de refaire régulièrement la guerre, c'est-à-dire de se dire potentiellement,
13:00comme il y a eu au fond, si l'on réfléchit et qu'on reprend un peu de recul,
13:03il y a eu la guerre qu'on a appelée la guerre des 12 jours,
13:06puis il y a eu celle dans laquelle on est actuellement.
13:10si dans les mois, peut-être un an à venir, il était manifeste que l'Iran a encore à nouveau
13:18des capacités,
13:19ou comme le disait tout à l'heure le général, que l'on voit sortir de leur grotte des lanceurs
13:25de missiles,
13:26est-ce que vous estimez que vous pourriez à nouveau frapper ?
13:29– Ce n'est pas du tout notre intention, ce n'est pas ni notre intention ni notre volonté.
13:34Mais, mais il est clair, Israël ne se laissera plus faire.
13:38On a permis à nos ennemis, ceux qui disaient qu'ils avaient l'intention de nous détruire,
13:44qu'ils développaient les capacités, de développer les capacités de le faire autour de nous.
13:48C'est terminé ça, ça c'est terminé.
13:50On ne fait plus confiance ni à nos voisins, ni à ceux qui disent vouloir nous aider,
13:56à empêcher nos voisins de vouloir nous tuer.
13:58– Je vous repose la question du régime, puisqu'il me semble que vous n'y avez pas répondu.
14:00– Oui, c'est la troisième question.
14:02– Vous savez, le régime comme nous le connaissions avant la guerre des 12 jours,
14:06c'était un régime très bien structuré, avec des différentes couches de décision,
14:11avec des différentes branches de gouvernement, ce régime n'existe plus.
14:14Une des raisons pour lesquelles les négociations…
14:16– Pourtant, vous l'avez vu ce matin, une déclaration encore,
14:19attribuée certes au guide suprême, qui parle de vous comme de l'animal de compagnie des Américains.
14:27– Franchement, à ce qui reste du guide suprême, comme il le faut, parce qu'il n'est même pas
14:31entier.
14:31– Oui, on n'a aucune, effectivement, ni image, ni son.
14:37– Mais vous doutez donc de ce que ça soit vraiment lui ?
14:40– Non, je doute qu'il ait la capacité, que ce soit psychologique, que ce soit physique,
14:46de gérer l'Iran. Je doute fondamentalement cela.
14:50– Mais alors, n'est-ce pas pire ? Pardon, M. l'ambassadeur, mais au fond,
14:53est-ce que vous ne vous retrouvez pas dans une situation qui est presque pire que celle d'avant ?
14:56Alors certes, vous nous dites qu'une partie de l'arsenal des missiles a été affaiblie,
15:02mais s'il n'y a pas de véritable victoire américaine, et donc aussi israélienne,
15:07alors est-ce que ce ne sera pas mécaniquement une victoire pour l'Iran ?
15:10– Vous savez, dans des guerres, il n'y a pas vraiment de victoire.
15:13C'est-à-dire l'idée qu'il y ait une victoire totale, c'est bien dans les films hollywoodiens,
15:18c'est bien dans les livres d'histoire qui parlent d'événements qui ont lieu il y a 2000 ans,
15:23mais ça n'existe pas en réalité.
15:26Les victoires totales n'existent pas dans les guerres que se font aujourd'hui,
15:29bien que certains experts parlent de cela comme s'ils savaient exactement comment gérer une guerre.
15:35– Sauf M. l'ambassadeur qu'il y a quelques semaines,
15:37Benjamin Netanyahou a parlé de cette guerre comme, et je mets des guillemets,
15:41la dernière guerre, celle qui, si elle était remportée,
15:46permettrait enfin à Israël de vivre en paix.
15:48– C'est deux questions différentes.
15:49– Quand vous voyez l'impasse militaire dans laquelle on est,
15:52vous reprendriez exactement les termes du Premier ministre israélien ?
15:55Ce serait la dernière guerre ?
15:56– Ce serait, c'est notre volonté.
15:57Vous savez, j'ai utilisé ce terme, moi, il y a quatre ans.
16:00Non, oui, il y a quatre ans, quand je parlais de la possibilité d'une guerre,
16:05ici à Paris, avec les autorités françaises,
16:07quand je parlais de la possibilité d'une guerre avec l'Iran, avec le Hezbollah,
16:11sur le territoire lebanais,
16:13que ce serait la dernière guerre avec le Hezbollah.
16:15Ça ne veut pas dire qu'il n'y aurait plus de menaces.
16:18Ça ne veut pas dire que le prix ne serait pas énorme.
16:20Ça veut dire que les deux côtés comprendraient
16:23que la guerre ne vaut pas la peine,
16:25qu'il faut vivre en paix,
16:26il faut accepter notre présence au Moyen-Huréen.
16:27Et c'est ça le gros problème,
16:29c'est que nos voisins, en grande partie,
16:31n'acceptent pas encore l'idée même
16:33qu'Israël soit là en permanence.
16:35Un mot sur ce qu'il s'est joué la semaine dernière.
16:39Vous l'avez vu, cette vidéo qui avait fait le tour du monde
16:41où on voyait le ministre israélien de la Sécurité nationale, Ben Gvir,
16:45avec des militants de la flottie pour Gaza
16:47qui étaient agenouillés et les mains liées.
16:50Ces images ont été condamnées par Benyamin Netanyahou,
16:54par vous-même, me semble-t-il.
16:56Vous avez été convoqué vous-même par Jean-Noël Barraud,
16:59le ministre des Affaires étrangères.
17:02Et décision rare, on l'a appris hier,
17:05la France interdit de son territoire,
17:08Ben Gvir, donc le ministre israélien de la Sécurité nationale.
17:12Comment vous réagissez ?
17:13Ils ne font que l'aider.
17:15Ça ne fait que l'aider dans une période électorale.
17:20C'est ridicule.
17:21C'est-à-dire, vous voulez dire qu'il va en faire une arme électorale ?
17:24De dire, regardez, même la France me refuse ?
17:26Il en fait un orgueil ?
17:27Oui, tout à fait.
17:28Mais quel est son choix réel dans la vie politique israélienne ?
17:31Il fait beaucoup de bruit,
17:32et on le voit dans le monde entier,
17:33mais véritablement, même dans une campagne.
17:35Il a un poids, comme dans n'importe quelle société,
17:37il y a des extrémistes.
17:38Il a un poids.
17:39Et ce que fait la France,
17:41en soi-disant ne pas permettre de sa rentrer en France...
17:45De toute façon, il n'allait pas venir.
17:46Exactement, il n'avait aucune intention de le faire.
17:48Ne fait que l'aider.
17:50Mais quand vous dites ça,
17:51on voit que vous avez pour lui...
17:54C'est un ministre élu,
17:56et je lui dois tout le respect.
17:58C'est un ministre élu qui fait partie du gouvernement,
18:00je lui dois tout le respect.
18:00C'est un peu la différence que j'allais dire.
18:01C'est-à-dire que vous avez dit,
18:02il y a dans toutes les sociétés des extrêmes,
18:03sauf que lui, il est ministre quand même, pardon.
18:05Il est ministre, effectivement,
18:06et aujourd'hui, il est dans le gouvernement.
18:08Vous le regrettez ?
18:08Les chances...
18:09Ce n'est pas à moi de le regretter,
18:10je représente un gouvernement.
18:11Ce n'est pas...
18:13Ce n'est pas moi...
18:14Mais il se trouve que vous êtes en période électorale,
18:15et donc la question ne peut plus se poser en ces termes,
18:18puisque tout est gelé.
18:20Mais est-ce que, sincèrement,
18:22Benyamin Netanyahou n'aurait pas dû plutôt
18:24se débarrasser d'un ministre...
18:26Non, ça, c'est une question politique
18:27que même sur la télévision israélienne,
18:30Benyamin Netanyahou, je ne sais pas, aurait répondu.
18:32C'est une question de politique israélienne interne.
18:36Ce que je peux vous dire à ce sujet...
18:37Sauf que ça devient aussi une question de politique étrangère.
18:40Non, pas vraiment.
18:40Ce que je peux vous dire à ce sujet,
18:42c'est que la décision prise par le gouvernement français
18:45ne fait que l'aider.
18:46Ne fait que l'aider dans sa campagne électorale
18:49pour les élections...
18:50Vous lui avez dit quoi au ministre des Affaires étrangères français ?
18:52Je ne lui ai rien dit,
18:53parce que j'étais en vacances au Portugal.
18:54Vous n'avez pas été...
18:56Ben non, c'était mon adjoint qui était là.
18:57Ah, d'accord.
18:58Donc vous n'avez pas vu...
18:59Non, j'étais en dehors du pays.
19:00Mais il se trouve que vous n'étiez pas là.
19:01Ben, j'étais en dehors du pays.
19:02D'accord, d'accord.
19:03C'était une question spéciale par rapport à d'autres sujets,
19:06puisque vous étiez d'accord.
19:07Il y avait un chargé d'affaires.
19:08Oui, un chargé d'affaires,
19:09c'était mon adjoint qui était sur place,
19:10a été convoté, il a été reçu.
19:11Et vous avez retweeté de toute façon
19:13le message de votre ministre de tutelle
19:15qui lui était sans ambiguïté.
19:17Et effectivement, j'imagine que c'est tout le paradoxe
19:19dans un sens du presque vous arrangé,
19:20puisque comme le disait Patrick,
19:22vous-même vous aviez condamné,
19:23mais c'est compliqué de le faire,
19:24j'imagine, quand on est effectivement
19:26le représentant quand même du pays.
19:28C'est compliqué, pourtant je l'ai fait.
Commentaires