00:00Et voici le moment que vous attendez tous, vous pensiez aimer le jazz, attendez d'écouter
00:05ce qu'il en pense lui, voici Ahmed Sparrow !
00:07Eh ouais, déjà avant de commencer, je tiens à dire que c'est des blagues, ce que je vais
00:11dire, c'est des blagues.
00:12Non maintenant je préviens, parce que la semaine dernière je me suis fait insulter
00:15de fils d'eux par des fans de Star Wars, des gens qui avaient sûrement sombré au
00:20côté obscur de la force.
00:22France Inter c'est devenu chaud, la semaine prochaine vous me mettez comme sujet les collectionneurs
00:25de timbres ou les gens qui font du yoga, je veux aucun risque.
00:28Bref, Miles Davis, la légende du jazz, je sais que c'est une légende parce que moi
00:31je connais pas le jazz, mais Miles Davis j'en avais déjà entendu parler, Miles Davis aurait
00:35eu 100 ans demain, parce qu'il est mort il y a 35 ans, moi j'aime pas les trucs
00:40de
00:40« il aurait eu 100 ans » parce que le principe de la mort c'est qu'on doit arrêter
00:45de
00:45compter en fait.
00:47Donc je vais être honnête avec vous, je connais rien au jazz, pour moi c'est juste une musique
00:50pour réfléchir tu vois, j'ai jamais vraiment écouté de jazz, après oui j'ai déjà pris
00:54l'ascenseur, mais disons que j'ai jamais écouté de jazz volontairement, ça m'ambiance
01:00pas, les gens qui écoutent du jazz je les vois un peu comme des gens qui aiment le caviar,
01:02c'est des gens, on sait tous que c'est pas bon, mais c'est juste pour se sentir un
01:06petit peu supérieur, tu vois ? Moi personne met du jazz en boîte de nuit, moi j'aime
01:09les musiques pour danser, c'est vrai, le jazz c'est une musique de gens assis, mais
01:12genre très assis quoi, tu sais les fans de jazz ils me fascinent parce qu'ils ont toujours
01:16l'air d'avoir compris quelque chose que toi tu comprends pas.
01:19Tu sais, ils écoutent une trompette, après ils sont là, incroyable, et puis ce silence
01:23entre les notes, et toi de quel silence tu parles, le mec il cherchait juste à respirer
01:27sinon il serait mort à se fixer, pour la chronique j'ai essayé d'écouter du jazz, au bout de
01:3110 minutes je savais pas si le morceau avait commencé ou si les mecs faisaient les réglages
01:33des instruments.
01:35Non mais revenons à Miles Davis, apparemment lui c'était une rockstar, le mec était stylé
01:39mais odieux avec tout le monde, c'est ce que j'ai lu, mais dans le jazz plus t'es
01:42désagréable
01:42plus les gens ils pensent que t'es un génie.
01:44Miles Davis il pouvait insulter une journaliste, cracher dessus, partir, et le lendemain sur Telerama il
01:48était là, un silence bouleversant, une fragilité, non cousine c'est juste un connard avec
01:52une trompette.
01:54Il avait un ego monumental, le mec il refusait souvent de jouer ses anciens morceaux, parce
01:58qu'il disait qu'il voulait toujours avancer.
02:00Voilà, moi je pense que juste il savait pas qu'il n'arrivait pas à reproduire ses propres
02:04morceaux, c'est pour ça qu'il n'y avait pas de paroles dans le jazz, il n'y a
02:06jamais
02:07de paroles, parce qu'ils ne savent même pas ce qu'ils jouent, c'est de l'impro totale.
02:10Ça c'est impossible aujourd'hui, aujourd'hui c'est le contraire, les artistes ils vivent uniquement
02:13du passé.
02:15Sardou ça fait 30 ans qu'il fait la tournée des 30 ans de carrière de Michel Sardou.
02:19Et son histoire avec Juliette Gréco, ça c'est incroyable, vraiment, il tombe amoureux
02:22à Paris en 1949, le problème c'est qu'il ne parlait pas la même langue, il communiquait
02:26avec les yeux.
02:27C'est là que je me suis dit qu'il se fout de notre gueule.
02:28Non parce qu'à un moment donné il faut communiquer, il faut parler, comment tu règles
02:31les problèmes du quotidien, comment tu dis tu veux manger quoi ce soir, tu fais pas
02:34long regard triste vers la scène, ça n'existe pas ça.
02:37On en parle comme la plus grande histoire d'amour de Saint-Germain-des-Prés, c'est beau, alors qu
02:40'elle
02:40a duré que trois semaines.
02:41Faut arrêter de nous prendre pour des cons, c'est pas la plus grande histoire d'amour,
02:44c'est juste le plan cul le plus connu, c'est tout.
02:47Non mais c'est vrai, Juliette Gréco disait que je n'avais même pas remarqué qu'il
02:49était noir.
02:50C'est là que j'ai compris que c'était une relation entre deux toxicaux.
02:52Non non, parce que moi Miles Davies je l'ai vu, il est noir, mais genre noir ascendant noir.
02:58Et tu sais c'est très parisien bobo de dire, c'est comme dire moi je vois pas les couleurs.
03:02Donc toi tu vois au Sénégal, tu vois un pays vide quoi, tu vois, excuse-nous Chantal.
03:08Et là il y a la scène la plus toxique de l'histoire du jazz, il se retrouve des années
03:11après à New York, elle pense revivre le grand amour impossible, Paris, la Seine, les
03:16cigarettes, Miles Davies, le destin.
03:18Au bout de 15 minutes il lui demande de l'oseille.
03:21C'est là que tu dis c'est une dinguerie en vrai, parce que même les brouteurs sur
03:23internet ils ont dit ah non là franchement, respect parce que le mec il est direct quoi.
03:28Juliette Gréco elle arrive avec une énergie de t'sais les âmes-sorts se retrouvent tu vois, enfin lui il
03:32arrive avec une énergie de t'as pas 200 balles, c'est pas la même énergie.
03:35Et le pire c'est qu'après ça elle reste romantique, elle reste dans le délire, elle lui dit
03:38« Miles est-ce que tu reviendras ? » et lui lui répond cette phrase légendaire, il lui dit
03:42« Ferme ta gueule, je t'ai dit que je t'appellerai, c'est là Julio, waouh, c'est waouh,
03:48aujourd'hui
03:48ça aurait fini sur TikTok story time en direct, comment j'ai survécu à un narcissique manipulateur jazzman ».
03:53Finalement le jab ça ressemble beaucoup aux relations toxiques, personne ne comprend la passion,
03:57il y a énormément de silence et à la fin il y en a toujours un qui paye.
03:59Voilà.
04:00Votre vision jazz, paramètre Sparrow c'est quelque chose, on vous retrouve la semaine prochaine
04:04dans ZoomZoom.
04:05Fred n'en a pas parlé, on a complètement dépassé les tamis.