00:00Moi, je forme un vœu, c'est qu'en abordant des débats politiques qui sont importants pour le pays,
00:04l'élection présidentielle, ce sujet de l'immigration, on puisse le traiter avec la nuance et la sincérité que le
00:13sujet oblige d'avoir.
00:16C'est-à-dire que ce n'est pas le cas de Charles Darmanin quand il dit moratoire ?
00:19Je veux éviter deux écueils. Le premier, le discours, immigration zéro, on ferme les frontières,
00:24c'est-à-dire qu'il ne faut plus d'immigration, on n'a pas besoin d'immigration. Et le
00:29terme moratoire, malheureusement, j'y reviendrai,
00:32renvoie un peu à ça et je vais expliquer pourquoi. Le deuxième écueil, c'est un discours qui n'est
00:38pas celui que moi je porte,
00:39qui est un discours sans frontiériste dans lequel il n'y a pas de sujet sur l'immigration, tout va
00:44bien, il n'y a pas de question.
00:46Moi, c'est une politique publique comme les autres et donc je veux qu'on puisse l'évaluer, voir ce
00:50qui marche et ce qui ne marche pas.
00:52Mais entre ces deux écueils, angélisme et catastrophisme, il y a ce courage de la nuance et de la complexité
00:59du réel.
01:00Aborder la question avec un produit d'appel, pardon de le dire, mais c'est un coup médiatique pour Gérald
01:05Darmanin qui dit
01:06je vais faire un moratoire, parce que moratoire, ça donne l'impression que du jour au lendemain, on va passer
01:10à immigration zéro.
01:12Et vous savez comme moi que c'est juridiquement, politiquement, économiquement impossible.
01:18L'immigration, c'est un fait, ce n'est pas quelque chose qui doit être qualifié positivement ou négativement,
01:23c'est un fait social, c'est d'abord et avant tout une question sociale avant d'être une question
01:28morale
01:28ou une question identitaire comme certains veulent le dévoyer.
01:32Et donc, attraper l'attention des électeurs en leur disant je vais faire un moratoire pour trois ans.
01:38Pourquoi trois ans ? Pas cinq ans ? Pas sept ans ? Je trouve ça un peu bizarre.
01:41Je trouve ça, et je termine par là aussi, un peu bizarre pour celui qui, il n'y a pas
01:44très longtemps,
01:44était ministre de l'Intérieur, en charge d'une loi sur l'immigration,
01:48et qui, ce faisant, reconnaît qu'elle n'a pas marché la propre loi que lui-même a mis sur
01:53la table.
01:53Donc, moi, je préfère qu'on aborde en disant, oui, je défends un terme qui n'est pas toujours très
01:58populaire
01:58dans ma famille à gauche, qui est d'admettre qu'il faut planifier la politique d'immigration.
02:03Je suis pour une immigration planifiée, réculée, encadrée, mais pas en agitant quelque chose
02:09qui, de fait, n'est pas praticable, le fait de dire on va tout arrêter,
02:13même si c'est que pour trois ans, du jour au lendemain.
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