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  • il y a 2 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Alexandre Peyrout revient sur les questions qui font l’actualité avec Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT).

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Transcription
00:00– Merci Maya, bonjour à tous, bonjour Sophie Binet.
00:05– Bonjour.
00:06– Vous avez été mise en examen en décembre dernier pour injure publique
00:09après avoir qualifié les patrons de rats, je cite, qui quittent le navire.
00:13Vous nous annoncez ce matin au 4V que vous êtes visée par une nouvelle procédure judiciaire.
00:18Dites-nous laquelle ?
00:19– Oui, j'ai appris vendredi que j'étais mise en examen
00:23suite au fait que j'ai dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal
00:28parce que la CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des pifas,
00:33un composant chimique qui est utilisé pour les poils de Tefal.
00:36– Vous avez dit répression patronale violente.
00:39– Tout à fait, et c'est la réalité puisque la déléguée CGT de Tefal a eu une sanction
00:45et que nous allons la dénoncer dans les prochains jours au prud'homme
00:48et par cette procédure finalement Tefal confirme l'ampleur de la répression syndicale
00:53et confirme qu'elle essaye de baillonner les syndicalistes qui s'expriment
00:56sur les conditions de travail ou l'impact environnemental des productions.
00:59C'est très grave de mise en examen en 6 mois, c'est un signal d'ensemble qui est envoyé
01:04parce que sur cette base c'est la quasi-totalité des syndicalistes du pays
01:08qui pourraient être mis en examen, c'est grave.
01:11Donc j'alerte les parlementaires, le gouvernement, à enfin mettre sur le tapis
01:15une loi pour protéger la liberté d'expression et la liberté syndicale
01:18qui aujourd'hui est en danger. On ne peut pas nous museler.
01:21Mise en examen pour diffamation, ça veut dire nuire à la réputation
01:24en affirmant des informations douteuses. Vous assumez aujourd'hui les propos que vous avez tenus ?
01:29Complètement, puisque d'ailleurs ils sont confirmés par les faits.
01:33D'abord, Tefal pratique tellement la répression syndicale
01:36qu'elle ose poursuivre la secrétaire générale de la CGT,
01:39c'est quand même une confirmation.
01:41Et ensuite, la déléguée syndicale de la CGT a eu une sanction
01:47avec un avertissement qu'on va contester au prud'homme la semaine prochaine.
01:50Donc tout ça, c'est tout à fait confirmé, oui.
01:52Sophie Binet, l'actualité sociale, c'est mercredi qu'il se tient
01:55un nouveau comité de suivi des salaires avec notamment les organisations syndicales,
02:00patronales, mais aussi le ministre.
02:02Vous réclamez avec la CFDT notamment des nouvelles négociations salariales.
02:07Alors le ministre vous répond, dans négociations annuelles, il y a annuel,
02:11et donc ce n'est pas le moment, il renvoie sur les patrons.
02:13Est-ce que c'est une réponse satisfaisante selon vous au regard de l'inflation et des nouveaux défis ?
02:19Non, pas du tout.
02:19Le ministre du Travail ne peut pas se contenter de dire
02:21« circuler, il n'y a rien à voir » et de renvoyer la balle sur les employeurs.
02:25Il a des responsabilités qu'il doit exercer.
02:27Nous demandons trois choses.
02:28La première chose, c'est l'indexation de tous les salaires sur les prix,
02:32l'échelle mobile des salaires, de façon à ce que les salaires
02:34augmentent automatiquement en même temps que le SMIC.
02:38La deuxième chose, c'est que le gouvernement s'est engagé il y a trois ans
02:41à sanctionner toutes les branches qui ont des minimas inférieurs au SMIC.
02:44Au 1er juin, ça sera le cas de 80% des branches.
02:48Ces sanctions ne sont toujours pas là.
02:49Lui dit à ce stade 44 branches et qu'au 1er janvier,
02:53si c'est montré, il y aura des sanctions.
02:57Oui, c'est toujours ça.
02:58Il y aura peut-être des sanctions dans six mois.
03:00Donc avec ça, on peut patienter longtemps.
03:02On sait d'ores et déjà aujourd'hui qu'il y a deux tiers des Françaises et des Français
03:05qui disent qu'ils ne vont pas partir en vacances.
03:07La situation, elle est très grave.
03:09C'est des millions de salariés qui sont obligés de choisir
03:11entre remplir leur frigo et faire le plein
03:13avec un risque de récession qui gâte dans le pays.
03:16Et le dernier point sur lequel nous alertons le gouvernement,
03:18c'est le salaire des fonctionnaires.
03:20L'État employeur doit être exemplaire.
03:22En l'occurrence, les fonctionnaires ont perdu 25% de pouvoir d'achat en 20 ans.
03:27Leur salaire n'a pas été augmenté depuis des années.
03:30On a des enseignants débutants qui sont payés quasiment au niveau du SMIC au 1er juin.
03:35Et pour les agents de catégorie C, par exemple les ADSEM, les auxiliaires de puériculture, etc.,
03:41il faudra faire 19 ans sur ce poste pour décoller du SMIC et avoir une augmentation de salaire.
03:47Vous vous rendez compte ? 19 ans sans augmentation de salaire.
03:50C'est ça la situation dans la fonction publique.
03:52Sur le secteur privé, que penser de l'attitude du patronat ?
03:56Quand vous entendez M. Martin dire anti-entreprise, anti-emploi, anti-salaire, anti-pouvoir d'achat,
04:02lorsqu'il parle de la menure du Premier ministre qui a annoncé le gel des exonérations de cotisations patronales
04:08pour faire 2 milliards d'économies dans les caisses de l'État.
04:11Est-ce que vous lui dites « ressaisis-toi » ?
04:14Oui. Franchement, ce n'est pas le rôle du patron des patrons de passer son temps à pleurnicher
04:18avec un disque rayé en permanence de demander plus d'aides supplémentaires.
04:23Là, il pleurniche.
04:24Oui. Il y a aujourd'hui en France 211 milliards d'euros d'aides qui sont données sans condition ni
04:30contrepartie
04:30chaque année aux entreprises. 80 milliards d'exonérations de cotisations sociales.
04:34Ça n'a jamais été aussi élevé. Et contrairement à ce que j'entends,
04:38le gouvernement n'a pas décidé de les baisser. Il a juste décidé de ne pas les augmenter.
04:41C'est un gel. Et donc, les 2 milliards, c'est normal que le patronat fasse l'effort aujourd'hui
04:46pour financer notamment l'impact de la guerre sur les mesures sociales,
04:50sur les mesures qui ont été annoncées jeudi sur le carburant, par exemple.
04:53Oui, mais ce n'est pas un effort. C'est juste que ces exonérations ne vont pas augmenter.
04:57Mais elles ne baissent pas. Et de notre point de vue, elles sont déjà beaucoup trop élevées.
05:00On a besoin d'un patronat qui prenne ses responsabilités et qui joue le jeu de l'intérêt du pays
05:05au lieu de chercher à dégager toujours plus de valeur pour les actionnaires.
05:09Je rappelle qu'il n'y a jamais eu autant de dividendes distribués aux actionnaires qu'en 2025.
05:13Plus de 100 milliards d'euros. C'est un record absolu.
05:17Sophie Binet, les candidats à la présidentielle se déclarent les uns après les autres
05:20et tous ou presque veulent faire du travail un thème majeur de leur campagne.
05:24Est-ce que c'est une bonne nouvelle selon vous ?
05:27Oui, sauf que ça ne doit pas être que de la com.
05:29On sort de près de 10 ans de macronisme pendant lesquels les travailleurs et les travailleuses
05:35ont été mis à rude épreuve avec une série de réformes régressives qui nous ont été imposées.
05:40Gabriel Attal, par exemple, propose de rapprocher le salaire net du salaire brut.
05:44Est-ce que vous, vous dites chiche ?
05:45Non, pas du tout. Parce que ça, ça s'appelle un hold-up.
05:48D'ailleurs, il répond à toutes les demandes du patronat.
05:51C'est Patrick Martin qui, dans son interview samedi matin,
05:55demande à ce que les exonérations de cotisations sociales,
05:57enfin pardon, les cotisations sociales baissent de 60 milliards d'euros.
06:01Tout ça pour nous les faire payer de l'autre côté en créant une TVA sociale.
06:06Voilà ce qu'il y a derrière ce type de proposition.
06:08Le salaire brut, c'est une conquête sociale.
06:10C'est notre salaire.
06:11C'est nos droits à chômage, à protection en cas de maladie,
06:14à protection en cas de retraite.
06:16Quand on nous les baisse, on l'a vécu en 2017
06:18où Emmanuel Macron a supprimé les cotisations salariales pour le chômage,
06:22on n'a pas eu d'augmentation du salaire net.
06:24Et par contre, on a eu de graves reculs pour les droits des chômeurs et des chômeuses.
06:29Merci beaucoup Sophie Linné d'être venue sur les 4V ce matin.
06:32Merci beaucoup à tous les deux.
06:33Merci Ludovic Legrig pour la traduction de cette interview en langue des signes.
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