00:00En fait, à deux titres d'ailleurs.
00:02Le premier titre, c'est parce que j'avais fait l'école du Louvre,
00:04donc c'est vrai que moi, l'art, c'est une sensibilité particulière.
00:08Et surtout parce qu'on se tue en tant que professeur à dire aux élèves
00:11que certaines choses qui ne se font pas, entre guillemets, dans la vraie vie,
00:14peuvent se faire dans l'art.
00:15Or, ici, déjà, le premier message, c'est, non, regardez cette statue-là.
00:19La télé française, donc l'État français, considère que c'est quelque chose
00:23qui est un petit peu tabou, ou en tout cas qui est indécent et qui puisse choquer.
00:27Donc, c'est déjà un premier point qui est inquiétant,
00:29c'est-à-dire laisser croire, finalement, aux plus jeunes ou à des élèves
00:34que l'art, et cette forme d'art en particulier,
00:37qui est un art qui, en effet, est un art classique.
00:39La statue n'avait rien de révoltant.
00:41D'ailleurs, elle est dans le parc d'ici les Moulinots.
00:43Elle est placée juste à côté, en fait, d'un jardin pour enfants.
00:46Donc, c'est-à-dire que personne n'a estimé que cette statue-là
00:49pouvait choquer des plus jeunes enfants.
00:51Donc, on se demande bien pourquoi elle choquerait un téléspectateur,
00:54peut-être, à tablée à 20 heures.
00:55On se demande qui est à l'origine du floutage.
00:57Et c'est là, finalement, où ça devient un petit peu plus compliqué que ça.
01:01C'est-à-dire que France 2, suite au tollé qu'il y a eu sur les réseaux sociaux,
01:04parce qu'il y a des personnes, en effet, qui se sont intriguées,
01:07de mais qu'est-ce que c'était que cette tâche un peu blanche
01:09qu'on voyait au loin ?
01:10Est-ce que c'était une scène de crime ?
01:11Est-ce que c'était un massacre ?
01:12Non, pas du tout.
01:12C'était Zéba, qui dure depuis plus de 130 ans,
01:16de deux amants en pierre.
01:17Donc, a priori, il n'y a rien pour choquer le spectateur.
01:21Mais France 2, en un tweet, explique qu'en effet,
01:24c'est une initiative individuelle,
01:28ce qui n'avait certes pas lieu d'être,
01:30qui présentait leur excuse aux téléspectateurs.
01:33Bref, ça serait un geste isolé d'un salarié anonyme,
01:38qui, de son propre chef, a jugé qu'une sculpture du 19e siècle
01:41n'avait pas sa place, tout simplement,
01:43sur les écrans de la télévision française.
01:45Alors, c'est peut-être un maniaque, un excité du caillou,
01:47qui ne souhaitait pas que les autres aient exactement
01:49la même réaction que lui.
01:51Mais ce qui est certain, en revanche,
01:52c'est que la rédaction de France 2,
01:53elle, se dédouane en un battement d'aile.
01:56C'est-à-dire que ce n'est pas nous,
01:58ce n'est pas lui, ou ce n'est pas elle,
02:00d'ailleurs, on ne sait pas.
02:01D'ailleurs, on ne sait pas.
02:02Et puis, comme bien même on le saurait,
02:04on ne vous le dirait pas,
02:05parce qu'on se doute bien que les agents du service public
02:07ne se dénoncent pas entre eux.
02:09Là où ça devient un peu plus compliqué et problématique,
02:11c'est que ce n'est pas qu'une affaire d'individualité.
02:14Cette histoire de la statue,
02:15pour que la personne ait jugé bon
02:17de pouvoir flouter d'elle-même la dite image,
02:20c'est bien que, d'une certaine manière,
02:22dans les couloirs de France Télévisions,
02:23il y a une petite atmosphère qui permet de le faire
02:25sans que ça puisse même nous choquer.
02:28Et ce climat-là, il porte un nom, en fait.
02:30Alors, un nom que France 2 n'aime pas nommer,
02:32mais c'est soit une forme de wokisme et cervelé,
02:35c'est-à-dire qu'on a peut-être estimé
02:36que la femme n'avait pas l'air assez contentante
02:38sur la statue, je n'en sais rien,
02:40soit on a estimé que c'était pour ne pas choquer
02:42des membres d'une certaine religion,
02:44et dans ce cas-là, c'est d'autant plus grave,
02:46parce qu'il faut nommer,
02:46surtout à l'heure où on n'arrête pas de nous parler
02:49de Samuel Paty,
02:50à quel point c'est un grand film,
02:51mais on voit que l'État français nous dit ça
02:53et en même temps, l'État français n'est pas capable
02:55de montrer des statues sans les flouter,
02:57et aussi un peu et beaucoup de bêtises crasses,
03:00quand on en arrive jusque-là.
03:01Donc pour finir, en gros,
03:02nous avons une statue qui a été rénovée
03:04très récemment sur des fonds publics
03:06par la municipalité d'Issy-les-Moulineaux,
03:08et on a le service public,
03:09toujours payé par notre argent,
03:11qui lui décide de flouter la statue à l'image.
03:13En gros, nous avons payé deux fois,
03:15une fois pour l'avoir,
03:16et une fois pour ne pas l'avoir.
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