- il y a 2 jours
Télématin reçoit l'acteur Charles Berling à l'occasion de la pièce "C'est si simple l'amour" au Théâtre de l'Atelier.
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00:00On l'a adoré dans les films ridicules, 15 août ou encore le prénom, cette fois c'est au théâtre
00:04qu'on le retrouve.
00:06Une soirée qui va totalement partir en vrille.
00:09Le titre de cette pièce, c'est ironique, c'est Si Simple, l'amour.
00:12L'invité de Télématin, c'est Charles Berling.
00:18Bonjour, bonjour, bienvenue sur Télématin, c'est Si Simple, l'amour au théâtre de l'atelier.
00:25On en parle dans quelques instants, on va voir des extraits.
00:27C'est une soirée qui part sacrément en cacahuètes.
00:30On est très bien habillé, pour reprendre un peu les propos de Sylvie.
00:33Au début.
00:35C'est vrai, on n'en dit pas plus, Charles.
00:37On commence par une petite séquence du tac au tac, Charles.
00:40Une minute de question, réponse assez courte s'il vous plaît.
00:42Ça va être dur.
00:43Ça va tourner autour de l'amour, forcément.
00:45Allez, c'est parti.
00:46Charles, qu'avez-vous fait de plus fou par amour ?
00:51Joker, c'est ça ?
00:53L'amour.
00:54Très bien.
00:55Selon vous, l'amour dure combien de temps ?
00:58Longtemps.
00:59En amour, faut-il tout se dire ?
01:02Oui.
01:03Entre l'amour du cinéma et l'amour du théâtre, lequel est le plus grand pour vous ?
01:06Il faut choisir, vous ne dites pas les deux.
01:08Le théâtre.
01:10Oui.
01:10Quelle est, selon vous, la plus grande qualité qu'il faut avoir lorsqu'on est en couple ?
01:18Comment dirais-je ?
01:21Le respect, regarder l'autre, le regard sur l'autre, l'écouter.
01:25Quel défaut rédhibitoire chez l'autre vous n'auriez pas pu supporter ?
01:29L'avarice.
01:32Vous souvenez-vous du prénom de votre premier amour ?
01:36Malou.
01:37L'amour du public, ça compte à quel point pour un comédien ?
01:40Ça compte pour tout.
01:42C'est-à-dire, c'est un partage essentiel.
01:45C'est comme en amour.
01:46C'est-à-dire, il faut être deux.
01:47Et enfin, êtes-vous d'accord avec le titre de la pièce que vous jouez ?
01:50L'amour, c'est si simple.
01:52Oui, absolument.
01:53À partir du moment où on a une pointe d'ironie avec cette phrase.
01:57Évidemment.
01:58Et c'est ironique.
01:58Merci, Charles.
01:59Donc, c'est si simple amour au théâtre de l'atelier.
02:01C'est du suédois Lars Norren.
02:03Oui.
02:04Vous nous faites le petit résumé de la pièce, s'il vous plaît ?
02:07Tout à fait.
02:07Alors, on va jouer deux pièces au théâtre de l'atelier.
02:10Donc, l'une qui s'appelle « C'est si simple l'amour ».
02:11Ce sont deux couples qui se retrouvent.
02:13Il y a un des deux couples qui jouait ensemble une pièce.
02:16Couple de comédiens.
02:17Oui.
02:17Et puis, ils arrivent avec des amis,
02:19dont une est actrice, qui travaille moins, etc.
02:22L'autre est psychologue.
02:24Et la soirée va nous révéler, en fait,
02:27les véritables relations entre ces personnes.
02:31Comme je le disais tout à l'heure,
02:31ils arrivent très bien habillés.
02:33Mais ça dégénère sous le coup de l'alcool.
02:36Et sur le coup de...
02:37Lars Norren est un auteur absolument fantastique
02:39qui écrit des tragiques comédies.
02:42C'est-à-dire, c'est à la fois très drôle
02:44et progressivement, je crois que le public est assez horrifié.
02:48Ah oui, ça va loin.
02:49Oui, enfin, horrifié.
02:50Non, mais horrifié.
02:51Boulversé.
02:52Non, boulversé.
02:52Comme le théâtre doit être.
02:53C'est-à-dire, les personnages sont toutes et tous un peu limite, quoi.
03:00Et on les découvre.
03:01C'est pour ça que je dis qu'ils sont bien habillés.
03:02Parce qu'au début, on dirait des bons bourgeois.
03:04C'est ça.
03:05Tout va bien.
03:05Et puis, progressivement, on comprend.
03:07Il y a trois actes.
03:08D'ailleurs, moi, j'ai mis le public sur scène.
03:10Je mets le public avec nous sur scène.
03:12On va le voir.
03:12Il est autour de vous, le public.
03:13Et donc, entre chaque acte, je leur dis,
03:14attention, c'est la fin du premier acte.
03:15Maintenant, ça va être le deuxième parce que je leur parle.
03:18Ils sont avec nous dans le salon, n'est-ce pas ?
03:20J'ai cassé un peu le quatrième mur.
03:21J'ai fait en sorte que, eh bien, aujourd'hui,
03:24je trouve que tout le monde sait ce qui se passe dans le salon de tout le monde.
03:26On est un petit peu tous intermélangés dans nos relations intimes et sociales.
03:31Donc, j'ai voulu raconter ça.
03:33Et j'ai voulu faire que…
03:34Et le public est enchanté, d'ailleurs, d'être au milieu de nous.
03:36Parce que la pièce, c'est qu'est-ce qui est vrai ?
03:39Qu'est-ce qui est faux ?
03:40Au début, ça commence comme ça.
03:42Elle dit, mais vous vous disputez vraiment ou bien vous blaguez ?
03:44Et puis, de blague, ça…
03:47Mais il a suffi.
03:48Lars Norén est un immense auteur suédois qui…
03:52Vous savez comment il disait lui-même ?
03:55Les Suédois, c'est comme les bouteilles de ketchup.
03:57C'est-à-dire, vous secouez, vous secouez, il ne se passe rien.
03:59Et puis, d'un coup, le bouchon saute et là…
04:02La pièce est éclaboussée.
04:03C'est un peu ça, la pièce.
04:04Une fois que le bouchon saute, ça donne ça.
04:06Extra, regardez.
04:08C'est une putain de bonne représentation, une putain de représentation.
04:11Vous pouvez dire ce que vous…
04:12C'est vraiment bonne.
04:13On a adoré.
04:15Absolument.
04:15Venez, monsieur, on va voir.
04:18Santé.
04:22Oui, c'est sympa d'être dehors un soir.
04:26C'est un orgasme.
04:28Un orgasme ?
04:29Non, ça fait longtemps.
04:30Vous voyez aussi les brosées que vous voulez.
04:32You're talking to me.
04:33You're talking to me.
04:35We take you in the body, Robert.
04:37Moi-même.
04:39Vous plaisantez ou vous êtes sérieux ?
04:41Pardon, chérie.
04:42Pardonne-moi, sinon je te frappe.
04:43La gueule, maintenant.
04:44Oh, mon Dieu, c'est génial.
04:46Je joue juste ce que je suis.
04:47On joue celui qu'on est.
04:48C'est comme ça que parle un vrai psychologue.
04:50J'aurais probablement de meilleur rôle, maintenant.
04:52T'es une bonne copie de l'auteur.
04:54Bienvenue en enfer.
04:55Voilà, bienvenue en enfer.
04:57Il avait quelques dévraux, ce Lars Norren.
04:59Il avait beaucoup d'humour.
05:00Beaucoup d'humour noir.
05:01Oui, mais on sent qu'il a du souffrir en amour, lui, non ?
05:05Damien, ça s'appelle un poète.
05:06D'accord.
05:07Un poète, c'est quoi ?
05:08C'est quelqu'un qui voit la réalité et qui n'a pas peur de la dire.
05:12Bon, c'est comme ça.
05:13Mais après, il le fait avec beaucoup de grâce, beaucoup d'humanisme.
05:17Il arrive à décrire ces couples qui sont un petit peu à un moment de leur vie.
05:22Parce que là, je ne vais pas se polir la pièce.
05:24Mais on comprend progressivement.
05:26Et c'est ça qui est passionnant.
05:27On comprend les relations que ces personnages ont et qui sont inattendues.
05:32C'est ça qui vous a plu dans la pièce ?
05:34Ah oui.
05:34Comme les chouches imbriquées ?
05:37Jean-Louis Martinelli, un metteur en scène avec qui j'ai beaucoup travaillé, en a monté sept.
05:41Il a été monté à la Comédie française il n'y a pas longtemps.
05:44C'est un auteur que j'avais envie d'aborder.
05:46Et à travers ces deux pièces.
05:47Parce que si je vous fais le pitch de Lost on Farm, Lost on Farm, c'est un bon couple,
05:51bien de gauche, tranquille.
05:52Elle, elle travaille à la radio, n'est-ce pas ?
05:54Elle est super, elle est jolie.
05:56Lui, il fait des conférences et puis ils ont deux enfants, un fils de 16 ans et une jeune femme,
06:02une jeune fille de 19 ans.
06:04Et la pièce raconte la difficulté de ces adolescents et de rentrer dans le monde contemporain, n'est-ce pas
06:11?
06:11Vraiment d'un mot Charles, vous allez donc passer d'une pièce à l'autre.
06:15C'est-à-dire que dans votre tête, il y a les deux textes qui sont là.
06:17Oui, exactement.
06:18Mais j'avais envie de monter, j'ai pas pu, disons, me résoudre à monter une seule de ces pièces
06:23tellement elles sont passionnantes.
06:24Et en plus, il est vrai qu'à la scène nationale que je dirige à Toulon, on avait envie de...
06:29On travaille beaucoup, beaucoup, beaucoup dans ce secteur culturel, n'est-ce pas ?
06:33Avec les adolescents, avec les jeunes.
06:36Et donc la pièce de Lars Norren, Lost on Farm, Objet trouvé.
06:40Vous voyez l'ironie de quelqu'un qui fait un titre comme ça sur des adolescents, Objet trouvé.
06:45D'accord. Et donc, si vous voulez, on avait envie de raconter la relation qu'il y a entre les
06:52adultes d'aujourd'hui et leur progéniture.
06:55Et tout ça va se passer au Théâtre de l'Atelier à Paris.
06:57On va sortir les archives pour revenir sur quelques temps forts de votre carrière.
07:01Oui, on va retourner à l'époque des Mirabelles. Ça vous rappelle un souvenir ?
07:04Je parle pas du fruit, de la troupe dans laquelle vous jouez au off du Festival d'Avignon,
07:09et effectivement, qui met en scène des travestis.
07:17Mademoiselle, quelle charmante apparition.
07:20Que puis-je pour vous être agréable, s'il vous plaît ?
07:24Les Mirabelles, c'est leur nom, ont loué 55 000 francs pour le mois de juillet,
07:28cette salle des fêtes qu'ils ont équipée et que par nécessité économique,
07:32elles partagent avec trois autres compagnies.
07:34Qui sont partis ensemble, qui reviennent ensemble.
07:37Quelle elle est encore, si tu te mets vraiment au coin du passé.
07:39On arrive tôt pour examiner ce qui pêche et améliorer le spectacle.
07:43Il paraît que quand vous avez lu la pièce, vous n'avez rien compris.
07:46Rien.
07:46Mais pourquoi vous avez accepté de jouer avec vous ?
07:49Parce qu'ils étaient tellement sympas.
07:50Mais tellement sympas.
07:52C'est-à-dire que c'est les premiers qui faisaient du travelo,
07:54mais au théâtre, pas au cabaret.
07:56Et ils sont venus me voir, j'ai dit
07:57« Non, mais je comprends rien à votre pièce, je vais pas la faire. »
07:59Et puis ils m'ont dit « Bon, d'accord. »
08:02Mais après, ils étaient tellement adorables.
08:04J'ai dit « Bon, peut-être que... »
08:06Puis c'est une comédie musicale, donc on a chanté.
08:09C'est une pièce, on a joué ça au festival d'Avignon en off.
08:12Ils avaient beaucoup de succès à l'époque, les Mirabelles.
08:15Et je me souviens, vous voyez, on est maquillé en blanc.
08:19Et à la première, c'était un four total.
08:21Ça s'appelle un échec absolu.
08:22Et donc vous mettez à jouer,
08:24et il y a la salle qui se vide au bout de l'un.
08:26Oh non !
08:27Et vous, vous êtes...
08:28Mais heureusement, j'avais un maquillage blanc.
08:30J'étais rouge de honte.
08:31Oh non !
08:32Et après, je leur ai dit...
08:33Parce qu'on répétait, puis je leur disais
08:35« Mais ça ne va pas, il faut qu'on travaille, il faut qu'on travaille. »
08:37Ils disaient « Non, non, ça va se faire avec le public. »
08:39Et puis alors, je sors de la première,
08:41et je leur dis « Mais ça ne s'est pas fait du tout avec le public. »
08:43Je dis « Il faut que ça se rôde. »
08:46Et ça s'est rôdé.
08:47Oui, ça s'est rôdé.
08:49Après, on l'a joué au Théâtre de Jazay, machin, etc.
08:51Non, mais c'était des...
08:53Humainement, c'était des gens absolument magnifiques.
08:55C'était des hommes qui étaient tout le temps femmes.
08:58Moi, je trouvais ça extrêmement rigolo.
09:00Bon, alors, vous enchaînez les succès.
09:02En 96, vous faites l'ouverture du Festival de Cannes
09:04avec un film que j'adore.
09:06Ridicule.
09:07J'ai même retrouvé un extrait du tournage.
09:10Qui sera la prochaine victime ?
09:13Qui recevra en pleine face un trait si spirituel
09:16qu'une famille tombera dans la précarité ?
09:19Vous ?
09:20En lisant le scénario, on se dit
09:23« C'est formidable, c'est un film 18e. »
09:25Et pourtant, qu'est-ce que ça a comme écho en moi aujourd'hui ?
09:29Demain, des enfants de chez moi vont mourir.
09:31Ils mourront de ce ridicule qui m'éclabousse aujourd'hui.
09:35Le tournage, on le rappelle, avec Fanny Ardent, Jean Rochefort.
09:39Fantastique.
09:39Comment ça s'est passé ?
09:40Il y a un souvenir en particulier ?
09:41Le rêve.
09:41C'est-à-dire qu'il y a Patrice Lecomte
09:43qui vous a vu un petit peu au théâtre
09:44et qui m'aimait bien.
09:45Elle me disait « Oh, t'es bien et tout. »
09:47Et puis, il m'envoie le scénario.
09:48Il dit « Si ça te plaît, ça serait merveilleux. »
09:51Bon, alors je lis, je dis « Ce scénario est absolument sublime. »
09:54Il était écrit par Rémi Waterhouse.
09:57Magnifique.
09:58Et donc, hop, je lui dis « Avec plaisir, Patrice. »
10:01Et puis là, on commence le tournage.
10:03Et d'un bout à l'autre, c'était un enchantement.
10:06Après, Patrice était inquiet.
10:07Il dit « Je ne sais pas si ça va marcher. »
10:09Le film sort, il marche.
10:12Donc, c'est le rêve.
10:13Le truc fantastique.
10:14J'ai vu à la fin.
10:15Et après, on entend ce que je dis.
10:17C'est-à-dire, c'est vrai que le film a marché
10:20parce qu'à l'époque, c'était l'époque baladure.
10:22Vous savez, quand on disait « La France d'en haut,
10:24la France d'en bas. »
10:25Quelque chose qui s'est un petit peu aggravé.
10:27N'est-ce pas ?
10:28Eh bien, le film racontait ça, en fait.
10:31Il racontait un baron de province qui arrive,
10:33qui dit « Allez, les gars, il faut faire quelque chose. »
10:35Et moi, à l'époque, je n'avais pas 25 ans,
10:38j'avais 35 ans.
10:39Et donc, je faisais du théâtre.
10:42Je réalisais ma carrière.
10:44Mais tout d'un coup, je rentrais dans le monde du cinéma.
10:47Et Patrice a été extrêmement intelligent
10:48de faire une distribution où moi,
10:50qui n'étais pas connu dans le cinéma,
10:52mais qui avait quand même,
10:53comme le baron Ponce-Budon de Malavoie,
10:55un passé avec l'art, avec le théâtre,
10:57eh bien, je me retrouvais en face de Girodo,
11:00qui m'a fait passer une première journée extrêmement…
11:03– Térimble !
11:04– Ah oui, il a…
11:06– Mais magnifique !
11:07– Il vous testait ?
11:07– Après, on était très copains.
11:09Mais au début, il faut tester le gars,
11:10il faut voir, est-ce qu'il est solide, celui-là ?
11:12Et pam, je lui donne…
11:13– Et il le tait, celui-là.
11:13– Et Fanny Ardant, Judith Godrech,
11:15et évidemment, l'inénarrable Jean Rochefort,
11:18qui a été un parrain pour moi absolument merveilleux,
11:21que j'ai vu jusqu'à sa mort.
11:23– Merci Mathilde.
11:24Charles, vous restez avec nous, s'il vous plaît.
11:26– D'accord.
11:26– On marque une petite pause.
11:27Vous allez avoir votre surprise,
11:29comme tous nos invités,
11:30après cette petite pause,
11:30et on continuera à parler d'amour,
11:32évidemment, le thème de votre pièce.
11:33On revient.
11:33– Fais bien.
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