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  • il y a 21 heures
Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes et sort en salles ce mercredi 20 mai.
Transcription
00:00Pedro Almodovar est de retour en compétition pour la...
00:02beaucoup, beaucoup, beaucoup de fois avec Autofiction
00:06et c'est en salle aujourd'hui.
00:27C'est vraiment un film, un espèce de best-of ou un poupourri de tout ce qu'a fait Almodovar
00:33depuis ses débuts.
00:34Il y a son goût pour les récits gigognes avec des scénarios assez virtuoses.
00:39Il pousse l'effet vache qui rit encore plus loin que d'habitude.
00:42Comme toujours, il y arrive très très bien à distinguer des personnages
00:44avec la mise en scène, avec les qualités de ses dialogues.
00:48C'est aussi un poupourri parce qu'on retrouve vraiment des scènes
00:50qu'on a déjà vues dans les autres films d'Amodovar,
00:52le travail sur les couleurs, les appartements avec une décoration complètement folle,
00:57les lieux même, puisqu'on retourne à Lanzarote comme dans Les Trains de briser.
01:01Il y a des femmes au bord de la crise de nerfs comme dans le film du même nom.
01:03Donc voilà, si on aime Almodovar, on est vraiment en terrain plus que connu.
01:08Le souci, c'est que justement, on est en terrain parfois un peu trop connu.
01:12Et donc, au bout d'un moment, ça fait un petit peu l'effet redit.
01:15Sauf qu'Almodovar avait déjà fait un film sur un cinéaste en situation de crise d'inspiration.
01:21C'était Douleur et Gloire et c'était autrement plus fort, autrement plus émouvant que ce film,
01:25dont la virtuosité finit parfois par tourner un petit peu à vide.
01:28Je suis un peu chonchon. Pourquoi ? Parce que j'ai l'impression d'une rencontre qui ne se fait
01:32pas.
01:32C'est-à-dire que je reste un peu extérieure au film, dont je vois le brillant, vraiment.
01:36L'intelligence, la sophistication, alors plus, plus, plus, plus.
01:41Mais justement, je crois que ça me laisse un peu sur le trottoir.
01:44D'abord, c'est trop beau.
01:46J'en peux plus, en fait, de me dire chaque fois qu'on ouvre une porte,
01:50« Ah ben ça va être bleu roi, ça va être jaune, ça va être rouge. »
01:52Je trouve qu'il a tellement stylisé tout, voilà, tout ouvre le frigo,
01:57la bouteille dedans, c'est du bleu clin, quoi.
01:59Et donc, à chaque fois, comme je le remarque, je sors du film.
02:02Je me dis « Ah, allez-donc, c'est vachement joli chez ces personnages ! »
02:05Et je me dis ça au lieu de me dire « Mon Dieu, mais qu'est-ce qu'ils vivent
02:09? Pourquoi ? »
02:10Et ça ne me prend jamais aux tripes, je ne suis pas émue.
02:12Et je m'en veux de ne ressentir pas grand-chose.
02:13Alors, les rendez-vous ratés à Cannes et ailleurs, ça arrive.
02:16Donc, je me dis, ça fait partie des films qu'il faudra que je revoie,
02:19pour savoir si je suis un peu fâchée avec cet énorme nombril qu'est autofiction,
02:26qui est moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi,
02:28et pour finalement que je me dise de temps en temps « Mais t'es gentille, mais il est où
02:32le monde ? »
02:32Je n'ai pas de prise, je n'ai pas de porte d'entrée.
02:35Je vois une vitrine glacée et je veux qu'on me rende douleur et gloire.
02:46Je ne m'aime pas qu'on écrive sur nous.
02:48Vous savez comment c'est la fiction.
02:49Ce n'est pas la fiction.
02:51Autofiction.
02:51C'est une merde !
02:52Almodóvar est un des plus grands cinéastes du monde, c'est incontestable,
02:56et donc c'est parce que c'est un des plus grands cinéastes au monde
02:58qu'on peut être très sévère avec lui parfois quand il fait un peu moins bien que d'habitude.
03:02Autofiction, c'est un peu moins bien que d'habitude,
03:04mais c'est quand même Almodóvar derrière la caméra,
03:06donc il n'est pas manchot et il arrive quand même, à un moment,
03:09à faire des scènes très fortes.
03:10Et il y en a une vraiment qui est très, très belle.
03:12Alors il faut l'attendre, c'est à la fin, c'est un règlement de compte entre le personnage de
03:17Raoul,
03:17qui est le double d'Almodóvar dans le film, et son assistante de toujours.
03:22Et donc il y a une vraiment une scène de règlement de compte entre les deux,
03:25dans un parc madrilène qui démarre Mezzo Voce et qui monte en tension,
03:29qui monte en colère alors même que la lumière du jour baisse petit à petit.
03:33Voilà, et alors là c'est une scène vraiment extrêmement bien dialoguée,
03:36mise en scène formidable, très bons acteurs,
03:38et là on retrouve vraiment le meilleur du cinéma d'Almodóvar.
03:41Il y en a un petit peu dans le film, il n'y en a malheureusement pas assez,
03:44avec cette virtuosité vraiment qui est là, c'est indéniable,
03:48mais un peu trop de virtuosité justement, qui tourne à vide, qui est trop gratuite.
03:52Autofiction pour moi c'est bof, mais je pense que c'est ma faute,
03:55c'est jamais celle de Pedro.
03:57Autofiction, pour un Almodóvar c'est plutôt bof,
04:00mais par rapport à la concurrence ça reste quand même bien.
04:03C'est comme si tu as décideres sur la vie de la gent.
04:06Mais comme tu as quittes cette partie du film,
04:08tu ferai la vie impossible.
04:09Tu as vultes de la vie.
04:10Si il y a un final, tu ne semble pas être heureux.
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