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  • il y a 10 heures
Invité de BFMTV, Jean-Pierre Raffarin balaie l’actualité internationale, notamment celle du Moyen-Orient. L’ancien Premier ministre s’est notamment inquiété du comportement de Donald Trump et de la position européenne.

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Transcription
00:00Bonsoir Jean-Pierre Raffarin, on voulait commencer par vous montrer, alors je crois que c'est la chaise qui est
00:06à votre droite.
00:07Quand vous voulez, dépasse-moi à droite, je suis connu.
00:11Une photo à vous montrer, elle a été postée directement sur le compte de Donald Trump.
00:17La voici Donald Trump aux commandes des forces spatiales américaines, la main prête à appuyer sur le bouton rouge.
00:23Au-delà de la surenchère permanente, au-delà de la provoque, du côté peut-être pathétique, pour reprendre les mots
00:30du général à votre place il y a quelques minutes,
00:33comment vous le voyez-vous ? Est-ce qu'il faut le prendre au sérieux malgré tout Donald Trump ?
00:38Bien sûr, il faut le prendre comme un être assez dangereux et qui fait du mal à l'Occident.
00:44Car au fond, on voit aujourd'hui, les choses se détériorent en sa défaveur.
00:49Alors, grosso modo, il y a des systèmes d'impasse dans lesquels il ne peut pas sortir.
00:53De toute façon, l'issue sera une issue de négociation.
00:56Et ce n'est pas, quand on dit aux autres, où je vous frappe, où vous négociez.
01:01Parce qu'on voit bien qu'en fait, il ne fait pas peur aux forts.
01:05Il n'a pas fait peur à Poutine, il n'a pas fait peur à Xi Jinping.
01:08Il n'a pas fait peur à l'Iran, il ne fait pas peur à Xi Jinping.
01:11En fait, il fait peur aux plus faibles.
01:14Donc, je trouve qu'il dessert l'Occident et ça nous fait beaucoup de mal.
01:18Parce que nous sommes assimilés mondialement aux Etats-Unis.
01:22On est assimilés réellement encore aujourd'hui aux Etats-Unis ?
01:25Il n'y a pas une rupture qui s'est créée avec cette guerre en Iran notamment ?
01:28Pas vraiment, puisque par derrière tout ça, et on l'a vu tout récemment,
01:31il y a une tension entre la Chine et les Etats-Unis.
01:34Et il y a un bloc du Global Sud et des BRICS qui s'est construit,
01:38avec un certain nombre d'alliés.
01:39À côté de ça, le G7 est un peu effrité.
01:42Et grosso modo, on nous met toujours dans le camp des Etats-Unis.
01:45Donc, on est en train de souffrir et l'Europe qui n'a pas trouvé les moyens
01:49de sa propre existence aujourd'hui est dans une situation de grande fragilité.
01:55Mais il fait du mal au camp de l'Ouest, au camp de la liberté,
01:59parce qu'il se comporte comme assez peu dignitaire de la liberté.
02:02Est-ce que vous l'imaginez frappé et de façon imminente ?
02:06On a ressorti une intervention d'Onald Trump.
02:10C'était à bord de l'Air Force One, en rentrant justement de son voyage auprès de Xi Jinping en
02:15Chine.
02:16Et il évoque des cibles très précises.
02:19On écoute le président américain.
02:2485% de leurs usines de fabrication de missiles sont détruites.
02:27Nous avons tout anéanti.
02:29En revanche, nous n'avons détruit qu'un seul pont, parce qu'ils se sont mal comportés.
02:33Si on le voulait, on pourrait détruire tous les ponts et toutes leurs infrastructures électriques en deux jours.
02:40Il le dit, les cibles, ça peut être les ponts, les centrales électriques, les infrastructures civiles.
02:45Moi, ce qui me rend pessimiste, c'est que je ne le vois pas, à aucun moment, faire une déclaration
02:50qui ouvre vers des perspectives de négociation.
02:53Quand vous dites aux négociateurs, venez autour de la table où je vous tape dessus, ça ne marchera pas.
02:59Et on voit bien que ça menace permanent de je vous tape plus, je vais vous éradiquer,
03:03je vais supprimer votre civilisation, on va retrouver l'âge de pierre, etc.
03:07Donc tout ceci, surtout en Orient, tout ceci est complètement une escalade inutile.
03:13– Oui, mais il y a malgré tout quand même de petites avancées.
03:18Là, on apprend que l'Iran accepterait un gel nucléaire prolongé en lieu et place
03:23d'un démantèlement complet des structures nucléaires,
03:27donc la suspension de l'uranium enrichi et un transfert sous condition de l'uranium enrichi vers la Russie.
03:35Donc les choses avancent, selon Axios, les Américains sont rejetés par Donald Trump, mais ça avance.
03:40– Ça avance en effet. Je n'exclus pas d'ailleurs que ça ne soit pas une bonne stratégie américaine
03:44que des gens très sérieux se servent un peu du président comme une sorte de menace marionnétique,
03:51éthique au fond, qu'il le laisse s'agiter et que par derrière les choses se structurent quelque peu.
03:59Mais il n'y a pas d'autre issue qu'une négociation, puisque de toute façon,
04:04les Iraniens, dans cette affaire, comme ils n'ont pas perdu la guerre, ils l'ont quasiment gagnée.
04:09En tout cas, ils ont gagné deux choses très importantes.
04:13Ils ont trouvé un autre but de guerre qui est le détroit d'Hormuz.
04:16Au fond, on se bat pour une liberté qu'on avait avant la guerre, de passer ici.
04:21– Oui, avant on circulait librement.
04:22– Ils ont créé ça de manière formidable.
04:25Et deuxièmement, ils ont créé, au fond, la pression sur le middleiste, globalement.
04:30Et donc, aujourd'hui, on voit qu'on a le choix entre un embrasement général
04:37ou une discussion à un moment ou à un autre.
04:39Donc que des gens intelligents aux États-Unis, il y en a forcément,
04:42se disent qu'il faut avancer sur les discussions, je l'espère.
04:45Et je pense que c'est la seule issue.
04:46L'escalade de la violence ici n'a aucune chance de la personne…
04:50Au fond, on a bien vu, quelqu'un disait, j'ai entendu ça aujourd'hui,
04:54quelque chose de très juste.
04:55Au fond, il y a des similitudes entre l'Ukraine et l'Iran.
05:00Au fond, on se disait au début que Poutine ne pouvait pas perdre ça.
05:04Et puis finalement, maintenant, on se dit que si Poutine ne gagne pas,
05:10il peut très bien perdre.
05:12Et on voit bien qu'aux États-Unis, les choses peuvent se faire la même chose.
05:15en Iran.
05:16Parce que finalement, ils ont résisté à la vague qu'est la puissance militaire.
05:20Mais on l'a appris quand même, depuis maintenant un certain nombre d'années,
05:24que la solution militaire sans situation politique, diplomatique, postérieure,
05:30n'a aucune chance de réussir.
05:31On a la Libye au fond du cœur, ensanglantée quand même,
05:35et avec toutes les mafias qui s'y verront.
05:38Donc s'il n'y a pas une solution diplomatique, il n'y aura pas de solution.
05:41Donc ce qu'est à craindre, c'est que les choses continuent longtemps comme ça,
05:45et qu'on se trouve dans une crise mondiale à cause de l'énergie,
05:49parce que les choses vont durer.
05:50Avec un détroit d'Hormuz qui pourrait continuer à être bloqué encore longtemps.
05:56Vous avez vu la déclaration des autorités iraniennes aujourd'hui,
05:59qui ont formalisé la création d'un nouvel organisme pour la gestion du droit d'Hormuz.
06:03Donc tout ça devient très officiel.
06:05Et ils menacent également de faire payer l'utilisation des câbles sous-marins d'Hormuz.
06:10Ça ne va pas en s'améliorant.
06:12Ils ont la main mise sur ce détroit et ne comptent pas la chier.
06:15Et nous avons créé avec eux cette dialectique dans laquelle nous sommes faibles.
06:18On a créé ce piège d'Hormuz,
06:21et dans lequel aujourd'hui on n'a pas de solution,
06:24et ils continuent à filer la métaphore,
06:26en faisant en sorte de bien montrer que c'est leur propre propriété.
06:29Et donc je trouve qu'on voit bien là que les choses risquent de durer.
06:33Il n'y a pas un geste vis-à-vis de l'opinion publique
06:37qui laisserait penser que l'Iran a quelque chose à gagner dans une négociation.
06:42Et donc moi je pense que si à votre partenaire vous n'envoyez pas à un moment,
06:46non pas forcément un cadeau,
06:48mais que vous aviez une attitude positive,
06:50vous n'avez aucune chance de déboucher.
06:51Alors ça va prendre beaucoup de temps.
06:53Ça veut dire que là on va avancer par tout petits pas.
06:55Et ça veut dire que la crise économique est menaçante.
06:58Si je peux me permettre, il y a quand même des petites choses qui bougent.
07:01Lesquelles alors ?
07:01On l'a dit tout à l'heure sur la question,
07:03parce qu'on peut espérer que des gens sérieux y travaillent,
07:08mais on a quand même vu effectivement les évolutions de la position iranienne
07:11qui dans un premier temps ne voulait pas entendre parler de la question
07:15de l'enrichissement et de la question du transfert des 440 kilos enrichis à 60%.
07:22Maintenant il l'envisage, ça ne veut pas dire que c'est d'accord.
07:24Côté américain, je rappelle qu'il était hors de question
07:28qu'ils gardent leur structure nucléaire
07:30et qu'aujourd'hui les Américains disent
07:32bon, une sur les quatre.
07:35Donc là aussi on a quand même quelque chose qui bouge.
07:38Et là c'est dit par des officiels.
07:40Et pareil, ils ne voulaient pas entendre parler d'enrichissement en Iran
07:43puisqu'ils proposaient de livrer eux-mêmes une centrale et de les fournir.
07:47Aujourd'hui, ils acceptent de discuter des 3,75.
07:50Donc attention de ne pas se faire focaliser par la propagande iranienne
07:55qu'on a vue tout à l'heure avec les Kalachnikovs
07:57ou la propagande trumpienne qu'on a vue avec Star Trek, etc.
08:02Attention, ça c'est fait pour leur base et pour amuser la galerie.
08:05Mais les choses bougent derrière malgré tout.
08:07Il y a quand même des choses qui se passent.
08:09Je ne dis pas que ça va tout régler.
08:10On aura peut-être malheureusement une deuxième passe avant.
08:13Mais ils savent, comme le disait M. le Premier ministre,
08:16ça finira avec des négociations.
08:18Et aujourd'hui ce qui est intéressant, c'est de voir que
08:20ce qui n'était pas le cas avant,
08:21les deux parties sont d'accord, non pas sur comment il faut faire,
08:25il y a encore un désaccord sur le rythme,
08:27le fait d'ouvrir Hormuz avant, de discuter, etc.
08:29Mais ils sont d'accord sur les points qui devront être discutés.
08:33C'est déjà une première base.
08:35Et donc parmi ces points-là, effectivement on le disait,
08:38le transfert sous condition de l'uranium enrichi vers la Russie,
08:41vers Vladimir Poutine.
08:42Vladimir Poutine qui va en Chine demain et mercredi,
08:45dans la foulée de Donald Trump.
08:47Pourquoi faire ? Qu'est-ce qu'il va y faire ?
08:49Il y a plusieurs choses.
08:50D'abord, il va faire plaisir à Xi Jinping,
08:53qui se place là en sage mondial.
08:58Il reçoit tout le monde.
08:59Et donc je pense que c'est aussi un geste vis-à-vis de Xi Jinping.
09:03Et puis je pense qu'il est quand même un peu en état de faiblesse.
09:07L'Ukraine ne se passe pas comme il veut.
09:09Aujourd'hui, les attaques en profondeur sur Moscou
09:13portent atteinte un peu à son pacte avec les moscovites,
09:16en disant, vous inquiétez pas, cette guerre,
09:18elle est là-bas, elle n'est pas chez nous,
09:20et que je vous protège.
09:21Au fond, il ne protège plus forcément le peuple russe,
09:24comme il l'avait promis.
09:25Donc il n'est pas si fort que ça.
09:26Et donc le rassemblement avec Poutine et Xi Jinping
09:32peut donner un sentiment de force et de soutien.
09:36Mais je crois bien que les Chinois, dans cette affaire,
09:39ne veulent pas apparaître comme belliqueux.
09:41Ils doivent avoir des actions en sous-main,
09:44c'est difficile de le savoir,
09:45mais ils ne veulent pas apparaître comme belliqueux.
09:47Vous en doutez de ça ou pas ?
09:48Qu'ils fournissent réellement des armes aux Iraniens ?
09:50Je ne sais pas, j'entends, je vois les propos des Iraniens, à la Russie d'ailleurs.
09:54Les armes, ils ne font certainement pas de faute.
09:57Donc ils sont très très prudents.
09:58Mais des composantes en tout cas, essentielles à la création d'Iraniens.
10:01De toute façon, ils ont toujours été proches des Iraniens.
10:04Pendant un temps, ils étaient beaucoup plus proches des Iraniens que des Russes.
10:08Donc il y a des proximités qui sont complètes.
10:11Mais je pense qu'ils veulent aujourd'hui apparaître un peu comme des organisateurs
10:16qui sont dans des stratégies d'alliance.
10:17Ils sont en train de construire un monde dans lequel ils ont une très très forte influence.
10:22Ce qui nous pose problème.
10:24Parce que nous sommes rejetés dans le camp américain.
10:27Et aujourd'hui, le camp américain s'affaiblit.
10:29Parce que les avancées dont on parle, la vraie question, c'est de se poser là.
10:32Est-ce que vraiment Trump a besoin de cette agitation pour obtenir cette négociation ?
10:39Parce qu'au fond, son agitation, elle a quelque chose de ridicule, de pas sérieux.
10:44Contre-productif.
10:45Contre-productif.
10:46Je pense qu'on peut bien dire qu'il y a une agitation trumpienne qui est pathologique d'une certaine
10:54manière.
10:55Mais elle nous fait beaucoup de mal à nous tous.
10:57Parce qu'on voit bien le monde qui s'organise aujourd'hui.
10:59Oui, aux Etats-Unis.
11:00Et là, il faut vraiment que l'Europe montre notre volonté d'indépendance, de discussion, de souveraineté.
11:06Puisqu'au fond, tous ces pays, qu'est-ce qu'ils veulent ?
11:08Ils veulent le plus possible d'autonomie.
11:10Qu'est-ce que demandent les Chinois ?
11:11Être le moins indépendants possible des autres.
11:13Et au fond, dans cette logique-là, c'est eux, ils peuvent le faire avec la puissance qu'ils ont.
11:18Nous, l'Europe, il faut qu'on puisse comprendre qu'on a à trouver des marchés.
11:23Et que disent les grandes entreprises françaises ?
11:26Elles disent, faites en sorte qu'on puisse être en Chine et aux Etats-Unis.
11:29Ne nous demandez pas de choisir.
11:31Parce que pour être mondial, pour une entreprise française, elle doit être sur les deux marchés.
11:34Et c'est ça qui est très difficile aujourd'hui.
11:36Et donc, cette radicalisation qu'entraîne Trump, avec ces provocations,
11:42et avec ce jeu qui a quelque chose de puéril, d'une certaine manière, pathologiquement puéril,
11:48c'est assez préoccupant pour ce camp qui était le camp de la démocratie,
11:52qui est toujours le camp de la démocratie, qui est le camp de la liberté,
11:54qui doit montrer qu'on a d'autres arguments que des jeux vidéo pour convaincre.
11:59Et maintenant, c'est la Chine qui se fait passer pour la puissance stable, sage, j'allais dire.
12:04Elle essaie de jouer ce rôle-là.
12:07Et quand même, nous, il faut qu'on soit préoccupés,
12:09parce que les BRICS ont pris une importance forte.
12:12Les deux grandes démocraties mondiales en démographie,
12:15qui sont l'Inde et le Brésil, sont groupées.
12:18On a vu Modi à Shanghai,
12:21et on a vu le président Lula à Moscou l'an passé pour le 9 mai,
12:27les cérémonies du 8-9 mai.
12:28Donc, on voit bien que cette agglomération, cette coalition,
12:33elle est de plus en plus puissante.
12:35Et nous, en face de ça, on a un G7 affaibli,
12:38on a des États-Unis qui ne sont plus vraiment fédérateurs,
12:41et on a une Europe qui se cherche.
12:43Donc, on est quand même en situation de fragilité.
12:45Et au fond, on peut dire, je crois, que Trump nous fait du tort.
12:50Que peut réellement obtenir Vladimir Poutine ?
12:53Il a envie, lui, je profite quand même aussi de la présence de Sergei Vierneuve sur ce plateau.
12:57Bien sûr.
12:57Est-ce que réellement, il peut y avoir un transfert de l'uranium enrichi vers la Russie, vers Vladimir Poutine
13:04?
13:04Et pourquoi est-ce que Vladimir Poutine a tant envie que ça se fasse ?
13:09Parce que si ça se fait, Poutine devient un acteur.
13:13Jusqu'à maintenant, il était un observateur.
13:15Il était évincé.
13:16Il a été évincé de la Syrie.
13:18Il a été évincé de la Libye.
13:21Il a perdu Orban.
13:24Il a perdu partout sur tous les fronts.
13:26Venezuela.
13:27Partout, il a perdu.
13:28Et donc, en fait, il se proposait à Trump.
13:31Il disait, mais moi, je peux vous aider dans la négociation avec l'erran.
13:36Et Trump disait, non, non, non, tu finis déjà ta guerre.
13:38On verra après.
13:39Et là, par la force des choses, il revient.
13:42Il y a aussi des intérêts économiques.
13:44Parce que c'est la Russie qui a construit la centrale de Boucher.
13:47C'est la Russie qui la gère.
13:48C'est la Russie qui lui a fourni l'uranium enrichi qui fait fonctionner ça.
13:55Et donc, revenir vers ce rôle d'intermédiaire, voire même d'acteur, Poutine en rêve,
14:03il ne faut pas oublier non plus, Poutine n'est pas allé en Chine juste parce que Trump y est
14:07allé.
14:08Cette visite a été programmée depuis des mois et des mois.
14:11Il y va tous les ans.
14:13Donc, c'est quelque chose...
14:15Mais Poutine dépend maintenant de Xi Jinping, de la Chine.
14:18La Russie, le commerce extérieur russe pour la Chine, c'est 3,5%.
14:24En revanche, la Chine, pour la Russie, c'est 50%.
14:27Et donc, la Chine actuellement domine le marché intérieur russe.
14:32Pour tout.
14:33Pour les machines, pour les voitures, pour les camions, pour les bus, pour tout.
14:37Et donc, Poutine, en fait, il s'est mis lui-même...
14:41C'est au cœur de la stratégie chinoise.
14:42C'est dominer sans faire la guerre.
14:44C'est ça.
14:45C'est exactement ça.
14:46En fait, ils n'ont rien fait, mais ils impriment déjà les cartes sur lesquelles
14:501,5 million de kilomètres carrés, c'est écrit déjà en chinois.
14:53Avec ces images, en parallèle, de l'équipe nationale iranienne de football.
14:58Ça peut paraître un peu décalé.
15:00Ce n'est pas celle-ci.
15:01Elles vont arriver.
15:01Parce que Poutine, justement, le 9 mai, il a eu un petit problème.
15:03Pour la première fois, on l'a vu faible.
15:05Il n'a même pas été capable de mettre un char et un véhicule sur la parade du 9 mai.
15:09Ce qui est quand même dramatique pour lui.
15:11C'était une illustration de sa faiblesse.
15:13Mais je voudrais qu'on commente ces images-là.
15:15C'est frappant.
15:16Ces images-là, des joueurs de football iranien qui arrivent à l'aéroport d'Antalya.
15:26Exactement.
15:27En Turquie, où ils vont disputer un match amical avant de rejoindre les Etats-Unis.
15:31Où ils participent donc à cette Coupe du Monde 2026 qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet.
15:38Ça peut paraître complètement fou que l'Iran se rende sur le sol américain pour disputer cette Coupe du Monde
15:46de foot.
15:48Je ne sais pas bien.
15:49Pour être très franc, je ne sais pas bien toute cette situation.
15:52Parce que j'avais compris que l'Iran ne pouvait pas participer.
15:54Qu'on avait envisagé, à un moment où il y avait une discussion, qu'il ne participe pas, que l
15:58'Italie prenne sa place.
16:00Donc, si l'Iran peut participer...
16:02D'abord, il ne faut pas forcément s'inquiéter de cela.
16:05Les Jeux Olympiques nous ont montré dans leur histoire, dans leur création, que c'était le moment de paix.
16:11Que les sportifs ont suspendu toutes les guerres pour faire ça.
16:14Donc, je crois que le milieu sportif, que les événements sportifs soient indépendants de tout le reste.
16:20Je pense que ça peut avoir des choses significatives si c'est un peu contrôlé et si ce n'est
16:25pas un rendez-vous d'assassins.
16:26Mais donc, je pense que c'est quelque chose qui est un peu anachronique en effet.
16:31Mais je pense que c'est quand même un peu l'histoire qui était la trêve olympique.
16:36Et au fond, si on peut avoir cette trêve de temps en temps, ça ne fait pas de mal.
16:38C'est que le sport qui permet ça.
16:39Il y a quand même le meilleur joueur iranien qui ne s'est pas déplacé parce qu'on lui a
16:45imposé un choix politique et il n'a pas voulu le suivre.
16:48Bon, une question. Est-ce que la prochaine cible de Donald Trump, ce n'est pas Cuba ?
16:57Washington affirme que Cuba a envisagé de viser Guantanamo et le territoire américain avec des drones russes et iraniens.
17:05Les autorités cubaines auraient acquis plus de 300 drones militaires depuis 2023 auprès de la Russie et de l'Iran.
17:11Ce sont les affirmations américaines. Est-ce que réellement, ils ne sont pas en train de se faire une sorte
17:19d'excuse pour intervenir à Cuba ?
17:21Est-ce que c'est la prochaine cible ? Vous y croyez ?
17:24J'y crois assez peu parce que quand même, globalement, quand Trump dit que le temps presse, pourquoi il presse
17:32?
17:32Parce qu'il y a des élections. Et pourquoi dans les élections, il est pressé aujourd'hui de conclure tout
17:36ça ?
17:36C'est parce qu'il s'est présenté comme l'homme de la paix, candidat à la paix. Et au
17:40total, quand on va voir son propre bilan, il a mis du désordre partout.
17:44C'est un producteur de désordre majeur, derrière, des morts et des crises graves, des tragédies.
17:50Donc, je pense qu'à un moment ou à un autre, les élections vont rendre plus sage l'entourage de
17:57Trump et qu'ils vont essayer d'éviter qu'il y ait ces à-coups.
18:00Alors que pour sortir d'une crise, il en ait besoin d'une autre, c'est peut-être, mais c
18:05'est vraiment là une forme de spirale, un peu de démence stratégique.
18:10Et donc, c'est quand même assez préoccupant. C'est pour ça que je suis assez réservé parce que...
18:14Sauf qu'il en est capable, non ? Il aime ces spirales, comme vous dites.
18:19Je pense que d'abord, toute sa stratégie, c'est quand même d'écouter l'électorat républicain.
18:24Donc, il a ce en quoi les populistes, dont il fait partie, sont un peu les opposés des démocrates,
18:32parce que les démocrates cherchent le rassemblement, les populistes cherchent la radicalisation.
18:36Or là, la radicalisation, semble-t-il, dernier sondage, 20% des républicains commencent à douter de lui,
18:42et une grande majorité, non majorité, des démocrates.
18:46Donc, ça va lui poser un certain nombre de problèmes.
18:48Donc, à un moment, ce critère, je pense, cette orientation qu'il a sur le peuple américain et sur sa
18:53base électorale,
18:54va le conduire à devenir un peu plus sage et à stopper cette folie des désormes.
18:58Vous y croyez vraiment ?
18:59Je pense que, si vous voulez, c'est très préoccupant s'il n'y a aucun pôle de responsabilité dans
19:06le système américain d'aujourd'hui.
19:07Mais s'il doit y avoir à un moment un pôle de responsabilité,
19:10il n'y a qu'un seul événement qui peut réveiller cette responsabilité, ce sont les mi-termes.
19:14C'est les mi-termes, les élections mi-mandat qui arrivent au mois de novembre.
19:18Quand même, est-ce qu'il est réellement possible que les autorités cubaines aient acquis 300 drones ?
19:25Vous faites quoi avec 300 drones aujourd'hui ?
19:27Vous savez combien ils en tirent dans une guerre aujourd'hui ?
19:29300 drones, c'est rien du tout, c'est une plaisanterie.
19:33C'est de la propagande là aussi.
19:35Qu'est-ce que vous allez faire avec 300 drones ?
19:36Honnêtement, c'est même pas une journée de frappe, c'est rien du tout.
19:42Donc vous ne croyez absolument pas en l'hypothèse de Guantanamo viser ?
19:46Ils peuvent viser Guantanamo, mais ils le feront pour des questions symboliques,
19:49avec 300 drones sur Guantanamo, oui, mais ça sera symbolique.
19:53C'est le seul truc qu'ils peuvent taper quasiment.
19:55C'est de la communication.
19:57C'est de la com'.
19:58Mais ça peut être un casus belli après pour les Américains.
20:03Avec un Donald Trump qui serait prêt à frapper,
20:07est-ce que vous pensez, Didier, que c'est qu'une question de jour
20:12pour en revenir là à une échéance plus proche ?
20:16Est-ce que vous pensez que c'est imminent ?
20:18Moi, je ne pense pas que ce soit imminent.
20:20Je pense qu'ils sont capables d'y aller.
20:22Parce que...
20:24Qu'est-ce qu'ils vont obtenir en refrappant ?
20:25Peut-être qu'ils y iront parce qu'ils n'auront pas le choix,
20:27parce que ça va se coincer, parce que...
20:30Mais aujourd'hui, on voit bien qu'ils sont en train de discuter.
20:33Il y a des choses qui évoluent.
20:33Donc, qu'est-ce qu'ils vont obtenir de plus en frappant maintenant ?
20:36Moi, je suis complètement d'accord avec Jean-Pierre Raffarin.
20:39À ce stade, frapper n'apportera rien de supplémentaire.
20:43Aucune frappe ne pourrait permettre d'obtenir des concessions
20:48de la part de l'Iran.
20:50Dans ces civilisations-là, l'honneur, la dignité sont fondamentales.
20:55Et s'attaquer à la face, c'est s'attaquer à des choses.
20:58Et on voit bien, on l'a vu maintenant, c'est des leçons d'histoire quand même,
21:02que le militaire ne règle pas les choses.
21:04Il peut les préparer, il peut les rendre possibles.
21:07Mais s'il n'y a pas derrière un accord politique, une négociation, un partage,
21:12on n'a pas de solution.
21:14La violence, on n'éradique pas une civilisation comme la civilisation perse.
21:18C'est impossible.
21:20Il en resterait que quelques milliers,
21:22qu'ils constituaient des forces terroristes extraordinairement puissantes.
21:26Donc, il y a un moment ou un autre, il faut discuter.
21:28Ce qui est important, c'était les buts de guerre.
21:30Ils ont toujours été ambiguïs sur les buts de guerre.
21:32Si le but de guerre, c'est le nucléaire qui le disent,
21:34il faut aller au bout de ce but de guerre.
21:36Mais là, maintenant, on voit qu'il y a des nouveaux buts de guerre qui arrivent.
21:40C'est des buts de guerre défensives.
21:42C'est de protéger le Moyen-Orient.
21:45C'est de reconquérir la liberté sur le droit d'Hormuz.
21:47Des choses qui étaient acquises avant la guerre.
21:49Donc, on ne peut pas dire que cette guerre soit vraiment très positive.
21:53Si, d'une part, on n'a pas détruit l'essentiel du dispositif nucléaire
21:56et que, d'autre part, on a créé des problèmes avec le Middle East et avec Hormuz,
22:00on ne peut pas dire que ce soit très brillant comme réussite.
22:02Merci beaucoup.
22:04Merci, Jean-Pierre Raffarin.
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