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  • il y a 3 jours
VALABLES défie la norme corporelle valide et la notion de performance à travers la voix de cinq sportives en situation de handicap. Par la puissance de leur geste sportif, ces femmes racontent leur quête de liberté dans le mouvement, proche de leur désir. VALABLES car vivantes, vibrantes et singulières. Surtout, elles ne sont pas seulement sportives.

Catégorie

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Sport
Transcription
00:00...
00:07J'ai défini le handicap comme quelque chose que les personnes ont en plus ou en moins.
00:12Ça ne veut pas dire qu'on est différent et qu'on est juste unique.
00:18Pour moi, le handicap est une différence dont il faut faire une force.
00:23J'ai un handicap, mais je ne suis pas handicapée.
00:26C'est un mot que je n'aime pas.
00:29Il fige une personne à l'endroit du préjugé.
00:33Ce serait quelqu'un qui n'a pas toutes ses facultés mentales et motrices.
00:38En ce qui me concerne, je n'appréhende plus mon handicap, ni le handicap en général.
00:44J'ai décidé de supprimer de mon cerveau la notion de normes corporelles.
00:51J'ai appris à m'adapter et à avancer avec mon handicap sans plus attendre de réponses,
00:55car la vie continue à côté, au-delà de moi.
00:59Si moi, je m'arrêtais, elle ne s'arrêtait pas.
01:03Si le handicap est une différence, en soi, nous sommes tous différents, mais pas sur ce plan-là.
01:12Le handicap, je dirais que c'est presque karmique chez moi.
01:36Il arrive que les gens nous critiquent ou qu'ils se moquent de notre handicap.
01:43On a une histoire derrière.
01:49Et au final, s'ils apprennent à connaître la personne, ils peuvent finir par l'aimer.
01:57J'ai un handicap qui est invisible, comme 80% de la population en situation de handicap,
02:05à tel point que mes proches peuvent l'oublier.
02:09Mon niveau de performance sportive peut me faire oublier et faire oublier à mes proches
02:14qu'une activité qui paraît simple comme la marche ne l'est pas pour moi.
02:29Quand je suis née, pour mes parents, ça a été très compliqué.
02:33Mon père a été très dur avec ma mère.
02:35Je ne pouvais pas être sa fille, un bébé très blond et blanc de peau,
02:39dans une famille portugaise, cela n'était pas possible.
02:45Heureusement qu'il y avait mes sœurs.
02:46Nous étions une fratrie de 8 enfants, surtout ma grande sœur Franceline,
02:51puis ma dernière sœur Patricia, qui est aussi atteinte d'albinisme.
02:55Nous étions soudées.
03:02J'ai d'abord été infirmière en centre de rééducation fonctionnelle.
03:06Là, j'étais la pro qui venait en aide.
03:11Et puis, après mes deux premiers enfants biologiques,
03:14j'ai adopté deux enfants et tous les deux sont amputés.
03:19Donc là, à ce moment-là, j'ai découvert une autre dimension du handicap.
03:25Celle des dossiers administratifs, des prises en charge invasives.
03:28Il y a même des décisions auxquelles je me suis parfois opposée.
03:31Mais là, avec une casquette de maman et plus de professionnels de santé.
03:37Et puis, il y a eu le 26 janvier 2018.
03:40J'ai 45 ans et je subis une intervention au niveau des cervicales.
03:44C'était censé me libérer les cervicales,
03:48mais finalement, après cette intervention, je me dégrade rapidement.
03:51Et je finis par devenir quasiment immobile.
03:59Je deviens tétraplégique.
04:07Le handicap m'était totalement inconnu jusqu'à mes 13 ans.
04:11À 13 ans, je suis tombée malade.
04:12J'ai perdu progressivement la marche
04:14jusqu'à ce que je ne puisse plus me passer du fauteuil.
04:19Au début, je ne m'imaginais pas vivre en fauteuil.
04:22D'autant que je ne connaissais pas ma maladie.
04:24On ne savait pas comment cela allait évoluer.
04:26J'ai eu beaucoup de mal à accepter le fait de ne pas savoir
04:28et ne pas connaître sa possible évolution.
04:33Je n'avançais pas dans ma vie et n'arrivais pas à me projeter.
04:36J'ai été déscolarisé pendant quelques temps
04:38et je me suis pas mal renfermée.
04:42Retrouver du sens à ma vie n'a pas été facile.
04:44J'avais beaucoup de mal à être entourée
04:45que de personnes en situation de handicap,
04:47sachant que je n'acceptais déjà pas le mien.
04:49J'ai vu des personnes autour de moi avancer
04:51et faire plein de choses, tandis que moi,
04:53je n'y parvenais pas.
04:55À un moment donné, je me suis dit, c'est mon tour.
05:00J'ai été fauchée par une voiture avec ma maman
05:03à l'âge de 3 ans et demi.
05:05Aujourd'hui, j'en ai 13.
05:09Maintenant, ça fait partie de moi.
05:11Au quotidien, je fais avec,
05:12en essayant de faire comme tout le monde.
05:29Et là, c'est au-delà d'une expérience.
05:33Tu quittes ta planète,
05:35t'atterris dans un nouveau monde.
05:37Tu deviens vulnérable.
05:44Toi, t'as envie de rester la femme autonome
05:45que t'as toujours été.
05:47C'est trop beau chez moi.
05:48Mais t'es plus autonome,
05:50ni dans ton corps, ni dans la société.
05:52Parce que finalement, la société,
05:53elle te considère même plus comme une femme.
05:56Et là, cet entre-deux,
05:57il est vraiment très perturbant.
05:59Parce que tu te sens ni valide,
06:01ni handicapée.
06:02Et tu passes ton temps à dealer avec ça.
06:05Et ça ne s'arrête jamais.
06:12En maternelle et CP,
06:13j'étais scolarisée avec mes sœurs.
06:16Et c'est en CE1 que j'ai fini au fond de la classe.
06:19Car l'institutrice croyait que je faisais exprès
06:22de ne pas écrire sur les lignes de mon cahier.
06:25Mais à la maison, je n'en parlais pas.
06:28J'ai redoublé mon CE1
06:29et poursuivi le reste de mon primaire
06:31dans une classe spécialisée
06:33en établissement dit « normal ».
06:36Nous ne partions plus ensemble à l'école.
06:39L'écart s'est fait sentir.
06:41J'ai voulu tenter une sixième normale
06:43avec mes sœurs.
06:44Et là encore, un échec.
06:47J'ai été scolarisée à l'arc-en-ciel.
06:49Une école pour non-voyants et mal-voyants.
06:54À cette période, sur mes bulletins
06:56de fin d'année, il y avait écrit
06:57« À ce jour, nous n'aurions toujours pas entendu
07:00la voix de Gisleine ».
07:03Parfois, je ne rentrais pas d'un mois.
07:05Là, l'écart se creuse encore un peu plus
07:08entre nous.
07:10J'ai l'impression de ne plus faire partie
07:12de la famille.
07:19Je ne me souviens pas de ma vie
07:21d'avant mon handicap,
07:22avant mon accident.
07:24Mais ce dont je suis sûre et certaine,
07:27c'est que je ne serais pas la même personne
07:30si j'avais eu mes deux jambes.
07:54Moi, j'ai un handicap qui est visible,
07:57qui nécessite des aménagements
07:58de l'environnement.
08:00et j'ai toujours l'impression
08:02d'être une anomalie dans le paysage.
08:03Non, mais j'ai confiance.
08:05J'ai moins confiance en bon équilibre.
08:07Après, ce chemin de vie,
08:08moi, il m'a permis de découvrir
08:09un nouveau continent, finalement.
08:11C'est un monde parallèle
08:14que la société occulte totalement.
08:39Le sport a été pour moi un gros déclic
08:41qui m'a permis de comprendre
08:42que je pouvais me dépasser
08:44et être la meilleure version de moi-même,
08:46que cela soit physiquement
08:47ou psychologiquement.
08:50Il m'a donné l'envie de vivre
08:51et m'aide à vivre au quotidien.
09:02Avant de faire du sport,
09:04je n'arrivais pas à faire
09:05tout ce que je fais aujourd'hui
09:06dans mes gestes quotidiens
09:07comme faire mes transferts,
09:08passer du fauteuil à la voiture
09:09ou à une chaise
09:10ou me déplacer en fauteuil.
09:15Et sur le plan psychologique,
09:17ça m'a donné beaucoup de confiance en moi,
09:18ce qui me permet
09:19de toujours oser entreprendre.
09:21Ensemble !
09:22Paris !
09:23Ensemble !
09:25Allez les gars !
09:26Allez !
09:27Allez !
09:31On m'a pas vu, ma sang !
09:34On m'a pas vu, ma sang !
09:36On m'a pas vu, ma sang !
10:14Le sport représente une grande partie de moi.
10:18Sans le sport, je sais pas ce que j'aurais fait.
10:22Pour moi, le tennis, c'est une passion.
10:25C'est quelque chose qui me fait du bien,
10:27qui me fait penser à autre chose.
10:28C'est un genre de thérapie.
10:32Je suis dans ma bulle.
10:33Pas forcément seule dans ma bulle,
10:35mais disons dans ma bulle
10:36avec les autres,
10:37mais sans les problèmes.
10:44Je m'en mette pas à côté de si tu es.
10:45Ouais, je pense.
10:47C'est pas forcément...
10:49C'est mieux, hein ?
10:50Ouais !
10:51Le seul conseil que je peux te donner,
10:53c'est vraiment d'être tout de suite
10:54relativement active,
10:55je te vois, dès l'échauffement.
10:56Tant pis si tu rates des choses,
10:57tu sois active...
10:59Durant le tournoi international
11:01de Gnoc Lezout,
11:02je me suis dit que j'avais jamais été
11:04entourée d'autant de personnes comme moi.
11:06C'est cool parce qu'à cet instant,
11:08tu te sens bien là où tu es.
11:09Tu te sens dans ton élément,
11:11un peu comme les personnes valides
11:13qui ressentent ça tous les jours,
11:14sans se poser de questions.
11:18Nous, quand on est comme ça,
11:19on se dit « waouh ! »
11:20Presque la sensation d'être comme tout le monde.
11:25Ça me fait même bizarre de me dire
11:26que je me sens bien.
11:30J'ai l'impression d'être avec des gens normaux.
11:33Vous servez vos balles, OK ?
11:42Merci.
11:52Ma rencontre avec le sport,
11:54elle s'est faite très jeune, à l'école.
11:58Ça a été pour moi un moyen d'expression assez puissant,
12:01un moyen d'exprimer mes émotions,
12:03qui étaient souvent négatives,
12:05liées aux moqueries.
12:07Donc c'était de la colère,
12:08de la tristesse, de l'injustice.
12:10Et toutes ces émotions,
12:11je les exprimais par le sport.
12:13C'est par le sport que je montrais aux autres
12:16que j'étais autant capable de voir plus,
12:19malgré un corps différent.
12:24Avant que ma malformation me limite réellement,
12:27j'ai pratiqué tous les sports
12:29que mon désir questionnait.
12:35Ça va à beaucoup de sports collectifs,
12:38à des sports plus individuels,
12:40comme le tennis, le surf, le ski, la natation.
12:44Donc finalement, mon sport actuel,
12:47je l'ai choisi par défaut,
12:49ne pouvant plus pratiquer de sport
12:50nécessitant la course à pied ou la marche.
12:53J'ai dû me tourner vers un sport d'y porter,
12:56où je n'ai pas apporté le poids de mon corps
13:00avec mes pieds.
13:01Et donc j'avais le choix entre cyclisme et natation.
13:05Et donc j'ai choisi le cyclisme
13:07en imaginant une vision de voyage
13:14et de traversée de paysages multiples.
13:31Moi, ma vie, elle est faite de mouvements.
13:34J'explore le monde au travers d'expériences de vie.
13:41J'ai toujours pris plaisir à découvrir
13:43des modes de vie alternatifs.
13:44Je les ai aussi expérimentés.
13:46J'ai été expatriée, j'ai vécu en yurte,
13:49j'ai enseigné à mes cinq enfants.
13:51Et là, d'un coup, je me suis retrouvée immobile
13:54à compter les dalles au plafond.
13:56Mon corps et ma tête hurlaient
13:58ce besoin de bouger,
13:59de retrouver la nature,
14:00le monde vivant.
14:12J'ai tenté de reprendre l'équitation,
14:20la plongée,
14:21donc des activités que je connaissais avant
14:23quand j'étais valide.
14:29Mais ça s'est avéré vraiment
14:31très frustrant.
14:34Alors, j'ai préféré partir
14:35vers des sports que je ne connaissais pas
14:37pour ne pas avoir cette comparaison
14:39avec l'avant,
14:40avec ce qui a existé avant.
14:47Le sport, pour moi,
14:48représente une certaine liberté.
14:52En tant qu'enfant introverti,
14:54souffrant d'un manque d'affection,
14:56du sentiment de ne pas être comprise
14:58et sujette aux moqueries des autres,
15:00il a été un moyen d'expression.
15:06Il est ma revanche sur la vie
15:08qui n'a pas toujours été simple pour moi.
15:11Il a été mon moyen
15:12de faire taire les mauvaises langues
15:14en me mesurant à des personnes dites valides.
15:21« Bon, ben c'est bon. »
15:23« Bon, ben le téleski,
15:24ça va être fort,
15:25moi je vous le dis. »
15:26Dans les clubs de Valide,
15:28j'entendais toujours dire
15:29« ça, tu ne peux pas le faire. »
15:32Alors, j'ai décidé de leur répondre.
15:34« Explique-moi le parcours,
15:36l'exercice,
15:36et c'est moi qui vous dirai
15:38si je peux
15:39ou si je ne peux pas,
15:40si je veux ou ne veux pas. »
15:43« Je suis en capacité
15:44de pouvoir le dire. »
15:46« Il faut juste m'expliquer
15:47et me mettre en confiance. »
15:49« Ah, du premier coup ! »
15:51« Oui, pareil. »
15:51« Face à cela,
15:52il m'a fallu ne pas douter,
15:54ne pas écouter les personnes
15:55qui pensaient que le handisport
15:57n'a pas de valeur. »
15:59« Le handisport,
16:00comme pour le sport des Valides,
16:02demande de la rigueur. »
16:03« Voilà, à partir de maintenant,
16:07on démarre. »
16:08« C'est bon, à peu près ? »
16:09« C'est bon. »
16:10« Allez, on tire-peste. »
16:12« Parti. »
16:13« Allez, bonjour. »
16:16« Bonjour. »
16:19« Bonjour. »
16:20« Voilà, bien faire sur la front
16:22et vous ne vous asseyez pas,
16:23vous pouvez laisser guider la crampe.
16:24Je vais vous accompagner
16:25sur les premiers mètres. »
16:27« Ah, c'est bon. »
16:30« C'est bon, c'est bon. »
16:33« Allez, c'est bon. »
16:34« Allez, c'est bon. »
16:35« Quelle femme. »
16:38« Je vous en prie. »
16:41« Allez, pour vous. »
16:42« C'est à l'Institut Arc-en-Ciel
16:43que j'ai découvert
16:44et me suis autorisée
16:46à pratiquer le sport. »
16:50« C'est là-bas que j'ai pu voir faire
16:53les autres avec le même handicap que moi
16:55ou un handicap plus lourd
16:56des personnes que j'admire. »
17:01« J'en ai essayé et j'aime pratiquer
17:03plusieurs sports. »
17:08« Encore aujourd'hui, à 62 ans,
17:09je fais du ski de fond, du biathlon,
17:12du vélo tandem, de l'aquagym,
17:14de la randonnée, de la course à pied.
17:17Je n'arrête jamais. »
17:30« La première fois en tennis,
17:32c'était quand Pauline Déroulaide
17:33m'a fait essayer en juin 2021. »
17:40« J'étais chez le prothésiste à Grenoble. »
17:43« Je faisais faire son fauteuil. »
17:45« On a pu discuter. »
17:47« Elle m'a demandé,
17:48est-ce que tu fais du sport ? »
17:50« Je lui ai répondu non. »
17:51« Elle m'a dit,
17:52est-ce que tu veux essayer
17:52le tennis fauteuil ? »
17:53« Je lui ai dit oui. »
17:55« Et j'ai essayé. »
17:56« J'ai tout de suite aimé
17:58et mes parents m'ont inscrite
17:59dans un club de tennis. »
18:01« Le tennis club de M. »
18:03« Une ville juste à côté
18:04de là où j'habite. »
18:17« Je n'ai pas eu de difficultés
18:18à l'intégrer. »
18:20« J'ai rencontré plus de difficultés
18:22à trouver un fauteuil
18:23pour pouvoir y jouer
18:24car pour les enfants,
18:25il n'y en a pas énormément. »
18:29« Ensuite, la question,
18:30ça a été,
18:31quand est-ce que j'allais pouvoir m'entraîner ? »
18:36« Heureusement,
18:37mon école primaire
18:38puis mon collège
18:39ont accepté
18:39de me laisser sortir
18:40de l'établissement
18:41pendant que les autres
18:42font leur sport.
18:43en cours d'EPS. »
18:47« Toi, tu tiens. »
18:48« Mercure. »
18:54« À 19 ans,
18:55j'ai testé plusieurs sports.
18:56J'ai fait un peu
18:57d'escrime fauteuil,
18:58de tennis de table,
18:59de serbe à cannes,
19:00mais c'est vraiment
19:01le sport collectif
19:01qui m'a attirée.
19:03Vivre la cohésion
19:04et l'esprit d'équipe
19:05est apparu essentiel pour moi.
19:09J'ai donc commencé
19:10par essayer le basket fauteuil
19:11puis le rugby
19:12et j'ai tout de suite accroché.
19:18Avoir un fauteuil de sport
19:19est presque un luxe.
19:20J'ai la chance
19:21d'en avoir un
19:21pour chaque sport.
19:23Donc,
19:23j'ai deux fois plus de luxe.
19:25J'ai mis trois ans
19:26avant d'avoir
19:27mon premier fauteuil.
19:28Pour avoir des aides,
19:29il faut monter
19:30plusieurs dossiers
19:31et évidemment,
19:32avoir une bonne mutuelle.
19:35mon fauteuil de basket
19:36m'a coûté environ
19:377000 euros
19:38et celui de rugby
19:39dans les 10 000 euros.
19:42J'ai eu de la chance
19:43d'avoir été aidée
19:44pour les financer,
19:45ce qui n'est pas forcément
19:46le cas de tout le monde.
19:48Tu vois,
19:49si on doit t'aider,
19:50il ne faut pas que tu sois
19:50devant le sport
19:51sinon on ne peut pas t'aider.
19:53Donc là,
19:53tu prennes un peu.
19:54Si tu as un plus gros démarrage
19:55et un plus gros vitesse
19:56de pointe que nous,
19:57ce n'est pas grave,
19:58tu attends le bloc
19:58et après tu n'es pas sûr.
20:03Au début,
20:04j'avais beaucoup de mal
20:04à manipuler le fauteuil
20:06et la balle en même temps.
20:07Ça n'a pas été facile
20:08de trouver un fauteuil au club
20:09qui correspondait
20:10à ma morphologie
20:11et à mon handicap.
20:15Et puis quand j'ai eu
20:16mon propre fauteuil de basket,
20:18j'étais comme un enfant
20:18avec son nouveau jouet.
20:20C'était fou.
20:26J'ai découvert mon club actuel
20:28qui est l'US Créteil
20:29en me rendant sur le site
20:30de la Fédération française
20:32handisport.
20:34La réalité,
20:35elle est qu'aujourd'hui,
20:36pas assez de clubs
20:36sont affiliés
20:37à la Fédération handisport
20:39et donc limitent
20:40beaucoup trop
20:40l'accès à la pratique
20:42du parasport.
20:52Madame Niuma.
20:53Ça va ?
20:54Comment ça va ?
20:54Ça va.
20:55T'es prête là ?
20:56Non.
20:56Ce qui est important,
20:57c'est que tu sois là.
20:58Ben oui.
20:59Tu as le bus là-bas.
21:00Tu peux me supporter.
21:01Tu peux pas te supporter.
21:02Tu ne le supportes.
21:03Eh, il devient coach.
21:05Coach.
21:06Assistant.
21:08Tu fais pom pom girl.
21:09Comme ça,
21:09t'es que là pour regarder.
21:11C'est au club de Cap Sac
21:13que j'ai pu tester
21:14le basket fauteuil
21:14pour la première fois.
21:16C'est toujours
21:16mon club actuel.
21:17Au fur et à mesure
21:18des entraînements,
21:19j'ai réussi à mettre
21:20un panier,
21:21ce qui n'a pas été facile
21:22puisque j'ai mis
21:23plusieurs mois,
21:24si ce n'est six mois.
21:26Progressivement,
21:27je suis montée
21:27en compétition
21:28et été convoquée
21:29en stage équipe de France.
21:31Après de nombreux stages,
21:33près d'un an passé
21:34avec l'équipe de France
21:35de basket,
21:35le coach veut me sélectionner
21:37pour jouer la Coupe d'Europe.
21:38Je n'y croyais pas.
21:39J'ai halluciné.
21:41Mais voilà.
21:42Mon dossier médical
21:43me rend non éligible.
21:44Ma pathologie
21:45n'a pas de nom.
21:46Les médecins
21:47n'en imposent aucun.
21:48Je n'ai alors pas
21:49ma place en équipe de France.
21:50Bref,
21:51je suis interdite
21:52de compétition internationale.
21:54J'ai continué
21:55les stages
21:55avec les Bleus
21:56durant deux ans
21:57dans l'espoir
21:57de trouver une solution
21:58avec le corps médical.
22:00Mais rien à faire.
22:01Je ne rentre pas
22:01dans les cases.
22:03À ce moment,
22:04tout me tombe
22:04un peu sur la tête.
22:05Je ne comprends pas.
22:06Je suis dégoûtée.
22:11Pour moi,
22:12le terme parasport,
22:13il est assez ambivalent.
22:15Il me rappelle
22:16qu'il y a une norme
22:16parce qu'on est classé
22:17du côté handicap
22:19et même dans le handicap,
22:21on est classé
22:21en fonction des catégories.
22:29Je ne l'aime pas forcément
22:30parce que j'aimerais
22:31qu'on ne nous définisse pas
22:32comme à côté d'eux
22:33et que la norme
22:34soit totalement effacée.
22:37Mais aujourd'hui,
22:38ils permettent
22:38de faire prendre conscience
22:40aux gens
22:40que le sport
22:41a cette force
22:42de s'adapter
22:42à tout type de corps.
22:44Et quand je dis
22:45tout type de corps,
22:45au final,
22:46c'est tout type de handicap.
22:49il faut que la discrimination
22:50n'existe plus
22:51et pour qu'elle n'existe plus,
22:52il faut passer
22:52par ce moment
22:54de visibilité
22:54et de rendre visible
22:56la discrimination.
23:00En handisport,
23:01il faut être classifié
23:02pour pouvoir pratiquer
23:03un sport.
23:06Nos capacités physiques
23:08en lien avec le handicap
23:09sont évaluées,
23:10mesurées
23:11et pour certaines
23:12quantifiées autour
23:12de critères précis
23:13par un professionnel
23:15de santé.
23:22Les classificateurs
23:23sont très peu nombreux
23:24et on en aurait besoin
23:25de beaucoup plus.
23:26Cela faciliterait
23:27l'accompagnement
23:28des athlètes
23:29dans une carrière
23:29de haut niveau.
23:30En tout cas,
23:31pour ceux qui ont
23:32un potentiel
23:32niveau international.
23:35Aujourd'hui,
23:36je continue de jouer
23:36à haut niveau
23:37avec mon club
23:38à l'échelon national.
23:41Sachant les bénéfices
23:42que le sport m'a apportés,
23:43je ne pouvais pas
23:44tout arrêter non plus.
23:45L'acceptation
23:46de laisser ce rêve
23:47sur la touche
23:47est très difficile.
23:50C'est bête,
23:51je pourrais peut-être
23:51apporter quelque chose
23:52à l'équipe de France.
23:55Ma situation
23:56est paradoxale
23:56en basket.
23:57En championnat national
23:59en France,
23:59je suis reconnue
24:00comme ayant
24:00le handicap le plus lourd,
24:02alors qu'à l'international,
24:03mon handicap
24:04n'est pas considéré
24:04tant qu'il n'y a pas
24:05de nombre pathologique
24:06diagnostiqué et étiqueté
24:08du point de vue
24:08administratif.
24:11Et autre paradoxe,
24:12dans la société civile,
24:13pour l'État français,
24:15je suis bien reconnue
24:16comme une personne
24:16en situation de handicap
24:17avec un taux d'invalidité
24:19supérieur à 80%.
24:22J'ai l'allocation
24:23adulte handicapé
24:24et je suis couverte
24:25par la sécurité sociale
24:26pour mes soins
24:27en rapport
24:27avec ma pathologie.
24:29Donc sur le terrain
24:30et dans la vie à côté,
24:31je suis traitée
24:32et considérée différemment.
24:34Viens nous jouer,
24:35viens nous jouer.
24:36Regardez une petite photo
24:37à repartir,
24:38une petite photo ensemble.
24:39Une photo ensemble,
24:40les gars !
24:41Allez !
24:42Bien joué,
24:44carrément.
24:47Petite photo !
24:54Alors l'idéal,
24:55en fait,
24:55c'est ça,
24:55c'est de rentrer
24:57en marche arrière.
24:57Moi, je fais mon transfert,
24:59je suis directement
24:59dans le bon sens
25:00avec le nose,
25:01tu vois ?
25:02Petite bêche avec la bande.
25:03Voilà.
25:03Et comme ça,
25:03je n'ai pas à descendre
25:04et ensuite remonter
25:06sur la bande.
25:06Ok.
25:25Très vite après
25:25mon intervention chirurgicale,
25:27j'ai recherché
25:28à retrouver du mouvement.
25:31Le 12 mai 2018,
25:33je me retrouve
25:33sur le spot
25:34le plus connu de Bretagne
25:35pendant une grosse compétition
25:36internationale
25:37et là,
25:38on me propose
25:38une initiation au parasurf.
25:45Donc,
25:46je suis allongée
25:47sur une planche,
25:47on me pousse
25:48sur une mousse
25:49et là,
25:50je tombe.
25:51Je réalise
25:52que je ne sais plus nager
25:53mais bon,
25:54on me remet sur la planche
25:55et là,
25:56il se passe
25:56un truc incroyable.
26:03j'arrive à maîtriser
26:05ma planche,
26:05je ride
26:06d'une toute petite vague
26:08mais pour moi,
26:09c'est une révélation.
26:10Je suis libérée
26:11du fauteuil,
26:12j'arrive à maîtriser
26:13ma trajectoire,
26:14j'arrive à rider.
26:16J'ai presque l'impression
26:17de voler à ce moment-là.
26:25deux jours après,
26:26je prends ma licence
26:27de surf.
26:28Je débute les cours
26:29et après,
26:30tout s'est enchaîné,
26:31ça a été très vite.
26:34En septembre,
26:35je me fais shipper
26:35ma première planche.
26:37Deux jours plus tard,
26:38je fais mes premiers
26:38championnats de France
26:39et je me qualifie
26:40pour les mondiaux 2018.
26:43Et là,
26:43je termine
26:44vie championne du monde.
27:01Les premiers entraînements,
27:02j'ai tout de suite accroché.
27:04Pourtant,
27:04je ne me suis pas dit
27:05tout de suite
27:05que je voudrais jouer
27:06au très haut niveau
27:07et m'engager
27:08sur des compétitions.
27:10J'ai obtenu
27:11mon premier classement
27:12après mon premier tournoi
27:14international jeune
27:15en janvier 2024.
27:16Je jouais à domicile.
27:18J'ai battu
27:19la 21e mondiale.
27:20C'était une belle perf.
27:23Aujourd'hui,
27:24c'est moi la 21e mondiale.
27:29Bonne journée.
27:32Bonne journée.
27:32Bonne journée.
27:33Bonne journée.
27:47Compétitive,
27:48je ne l'étais pas trop
27:48avant
27:49parce que je ne faisais
27:50pas trop de sport.
27:52Mais depuis le tennis,
27:54je le suis un peu plus
27:55et ça me motive.
28:00Participer au jeu paralympique
28:02à Los Angeles
28:03en 2028,
28:04ce serait incroyable.
28:25J'ai gagné ma première médaille
28:27et première coupe
28:28en 1981
28:29lors d'un championnat régional
28:31de ski de fond
28:32dans les Alpes.
28:33J'avais 19 ans.
28:42Moi,
28:43ma petite taille,
28:44toute blonde,
28:45timide,
28:45pas à l'aise avec les autres,
28:47pour une fois,
28:47j'étais fière
28:48d'être sur le podium
28:49et de montrer
28:50que moi aussi,
28:52je pouvais y arriver.
28:53Ce jour-là,
28:54j'ai commencé
28:55à me faire confiance.
29:02Les années suivantes,
29:03j'ai enchaîné
29:04les podiums
29:05en championnat de France,
29:06en ski de fond,
29:07puis en biathlon.
29:10J'ai fait les France
29:11jusqu'à l'an dernier.
29:12Cette année,
29:13je n'ai pas pu concourir
29:14faute de guide.
29:27J'ai été aux portes
29:28de l'équipe de France,
29:29mais je n'étais pas là
29:30au bon moment
29:31avec les bons moyens financiers
29:33et la nécessité
29:34de poursuivre
29:35mes études.
29:37Qu'importe,
29:38j'ai quand même
29:38fait du sport
29:39en compétition
29:40à l'échelon national
29:42et remporté
29:43de nombreuses médailles.
29:44C'est une fierté
29:45qui m'est personnelle,
29:47celle d'y être arrivée.
29:52À mon âge,
29:53je ne cherche plus
29:54le haut niveau,
29:55mais à pratiquer
29:56jusqu'à le plus tard possible.
29:59Moi,
30:00j'ai tout lâché,
30:01je dis.
30:02Tu m'as dit arrête,
30:04donc moi,
30:04je aussi arrête.
30:10Ça va aller bon,
30:12la neige,
30:12je ne sais pas combien.
30:16Pour moi,
30:17le sport met
30:18en mouvement le corps.
30:19Il permet de faire découvrir
30:21plusieurs aptitudes,
30:22la souplesse,
30:23la force,
30:24la puissance,
30:25la vitesse,
30:25l'équilibre.
30:29Et toutes ces composantes
30:31permettent de cartographier
30:33son corps,
30:33de le connaître
30:34toujours un peu plus,
30:35de savoir comment il fonctionne.
30:38Et ce qui est aussi incroyable,
30:40c'est que ce corps,
30:41il est en perpétuel changement.
30:43Et donc,
30:44en fait,
30:44la carte n'est jamais figée.
30:46Et finalement,
30:47c'est en le connaissant mieux
30:48qu'on arrive
30:49à cette notion de performance.
30:56« Le surf,
30:58ça m'apaise beaucoup,
30:59l'océan en général.
31:01Je vais mettre dessus,
31:02dessous,
31:02dedans.
31:04J'ai quand même
31:05redécouvert des sensations
31:07assez dingues.
31:08Le froid,
31:09la puissance des vagues,
31:11le vent,
31:12la sensation de vitesse.
31:16J'ai vraiment l'impression
31:18de réintégrer
31:19un corps
31:20que je ne sens plus
31:22à partir des épaules.
31:23Je ne ressens plus
31:24l'apesanteur.
31:33Quand je suis sortie
31:34du centre de rééducation,
31:36j'étais comme encombrée
31:38d'un corps
31:39que j'emmenais avec moi.
31:42Et aujourd'hui,
31:44j'ai réintégré mon corps
31:45comme faisant partie de moi.
31:47C'est comme si j'avais dû
31:49faire corps
31:50pour progresser
31:51dans mon autonomie.
32:06Le club de Capsa
32:07m'a beaucoup aidée
32:08sur le plan sportif,
32:09mais m'a aussi accompagnée
32:10afin de m'intégrer
32:11dans ma vie active
32:11et ma vie professionnelle.
32:16J'ai appris à m'ouvrir
32:17et à parler devant
32:18plusieurs personnes
32:18sans trop bégayer.
32:23En parallèle du sport,
32:24j'interviens aussi
32:25dans les écoles,
32:26les entreprises
32:27et les centres de rééducation
32:28où je sensibilise
32:30les gens au sport
32:30et au handicap.
32:36Le regard des autres,
32:37c'est quelque chose
32:38que j'ai beaucoup
32:39de mal à accepter.
32:41Pour moi,
32:42dans ma tête,
32:43ce sera toujours
32:43parce que j'ai une prothèse
32:45et qu'ils se demandent
32:46ce que c'est.
32:48J'aimerais bien
32:49qu'ils passent à côté de moi
32:50et que, limite,
32:51ils ne me voient pas.
32:56quand les gens
32:57te regardent
32:58comme une bête curieuse,
32:59il est difficile
33:00de s'en échapper.
33:02J'ai toujours été
33:03assez dure
33:04avec moi-même.
33:05Je devais être
33:06irréprochable,
33:07me fondre dans la masse,
33:08être la plus discrète possible.
33:14Aujourd'hui,
33:15j'attache un peu moins
33:16d'importance
33:16au regard des autres,
33:17mais ce n'est pas gagné.
33:28À l'école et en primaire,
33:29quand je faisais du sport,
33:30je n'étais pas
33:31comme les autres.
33:32Je boitais,
33:33par exemple,
33:34quand il fallait courir.
33:35Quand ils faisaient cirque,
33:36je ne pouvais pas
33:37faire certaines épreuves.
33:39À la piscine,
33:40je pouvais être avec eux,
33:41mais je n'aimais pas
33:42que les autres me voient.
33:44Dans ces cas-là,
33:45je devais m'asseoir
33:47par terre sur le côté,
33:48les regarder
33:48et faire ce que
33:49je ne pouvais pas faire.
33:51Ce n'était pas juste
33:52les regarder,
33:53c'est sentir que
33:53tu es toute seule
33:54comme si tu étais
33:55quelqu'un de perdu.
34:05Face à certaines
34:06de mes incapacités,
34:07j'ai plusieurs émotions
34:09qui peuvent faire surface.
34:12Ça va de la frustration,
34:14la colère,
34:14l'injustice,
34:15la tristesse.
34:17Ça passe par
34:18par l'acceptation
34:19et ça peut aller
34:19jusqu'à de la fierté
34:21et de la reconnaissance.
34:24La reconnaissance
34:25envers mon corps,
34:26au final,
34:27je suis capable
34:27parfois de lui dire merci.
34:33Dans tous les cas,
34:34le handicap t'oblige
34:35à faire des concessions.
34:37Et le plus difficile
34:38pour moi,
34:38c'est au-delà
34:39du deuil de ton corps,
34:41c'est celui de ton image.
34:41quand tu as été
34:42mince et tonique,
34:43se retrouver
34:45bedonnante
34:45parce que tu fais
34:47moins de mouvements,
34:48parce que tu prends
34:48des médicaments.
34:50Alors le pire,
34:50c'est quand c'est la sortie
34:51de remarques de l'entourage
34:52qui imaginent
34:53que tu te laisses aller.
34:54Là, tu te sens
34:55vraiment très, très mal.
34:57Et c'est vraiment
34:58le plus difficile pour moi,
34:59surmonter ça.
35:01Réintégrer mon corps,
35:02ça a été aussi
35:03retrouver une certaine
35:04féminité,
35:05oser aller
35:06à la rencontre
35:07de partenaires.
35:08Il a fallu aussi
35:09réapprendre
35:10une sexualité différente
35:12et l'assumer.
35:13Pour ça,
35:14il faut être en paix
35:15avec ce que notre corps
35:16est devenu.
35:17Et puis,
35:18il y a aussi des choses
35:19que les gens
35:20n'imaginent pas.
35:21C'est ce que j'appelle
35:22moi le surhandicap invisible.
35:24J'ai eu un gros souci
35:25pendant des années,
35:27par exemple,
35:27de règles en continu,
35:287 jours sur 7.
35:30Puis il y a aussi
35:30les problèmes d'élimination
35:31parce que je ne contrôle
35:32rien au niveau
35:33des sphincters.
35:35En fait,
35:36je suis la spectatrice
35:37de la manipulation
35:38de mon corps,
35:39de ce qu'impose sur moi
35:40mon propre corps.
35:42Mais je ne suis souvent
35:44pas la seule spectatrice.
35:46Et il faut accepter ça aussi,
35:47sinon tu ne fais plus rien.
35:49La semaine prochaine,
35:50moi je suis là.
35:53J'ai pu faire connaissance
35:55avec mon corps
35:56quand j'ai arrêté
35:58de considérer
35:58la norme corporelle.
36:00Pour moi,
36:02d'arriver
36:02dans la pratique
36:03du handisport,
36:04ça a été révélateur
36:06dans le sens
36:07où je n'avais pas eu
36:08le choix
36:08de me détacher
36:09de cette norme
36:11du mouvement.
36:11Je n'avais pas le choix
36:12que de me réinventer,
36:13que de questionner
36:14mes aptitudes,
36:15mes points forts,
36:16mes points faibles
36:16et de jouer avec ça.
36:19Par le handisport,
36:21j'étais au pied du mur.
36:22Tu veux pédaler,
36:23tu as des jambes
36:24qui ont une puissance
36:24différente,
36:25tu fais comment ?
36:27Tout ça,
36:27ça se travaille.
36:28Et en fait,
36:29c'est ça qui est passionnant
36:29au-delà de la performance.
36:32Ça va paraître contradictoire,
36:33mais au final,
36:34mon moteur dans le sport,
36:36ce n'est pas la performance
36:38en elle-même.
36:38Je vais d'abord partir
36:40à la recherche du plaisir
36:41qui va m'amener
36:42à une meilleure connaissance
36:43de mon corps.
36:45Ces deux recherches
36:46vont me porter
36:47vers une plus haute performance.
36:49Et c'est cette performance
36:50aujourd'hui qui me permet
36:51d'être dans le haut niveau.
36:56C'est simple,
36:57depuis 2018,
36:58on ne parle plus que de surf
37:00et j'en peux plus.
37:03Socialement,
37:03je ne suis plus considérée
37:04comme la pauvre handicapée,
37:06mais comme une femme
37:07forte, résiliente.
37:10Après avoir vécu
37:11l'essentialisation,
37:13je vis maintenant
37:14l'héroïsation.
37:16Avec ma récolte de médailles,
37:17je suis devenue une femme
37:18qui a su dépasser son handicap,
37:20on me présente
37:20comme une leçon de vie.
37:23Mais dans la vraie vie,
37:25j'ai envie de vivre
37:26ni l'un,
37:27ni l'autre.
37:30Le sport de haut niveau,
37:31et je pense comme beaucoup
37:33de sphères de sport amateurs,
37:36est encore très hétéro,
37:37patriarcal, cis, blanc.
37:39Et quand on ne répond pas
37:40aux codes de ce monde,
37:42qui sont quand même
37:43très étriqués,
37:45on est directement à la marge.
37:47Et être à la marge,
37:49c'est subir une discrimination,
37:50c'est ne pas pouvoir
37:51être libre de rencontrer
37:53son corps.
37:54Quand j'ai pris conscience
37:56qu'en ayant mis
37:57la performance au premier plan,
37:59que j'étais quand même
37:59à la marge,
38:00ça a enlevé toute saveur.
38:02Bien sûr,
38:03c'est elle qui fait gagner
38:03des médailles,
38:04mais à travers le sport,
38:06j'essaye d'apporter
38:06un autre sens
38:07à cette performance.
38:10j'ai des incapacités fonctionnelles,
38:12c'est OK,
38:12je suis une mère,
38:13je suis une amante.
38:15J'ai un peu l'impression
38:15qu'on a oublié
38:16que j'avais aussi un cerveau.
38:19Pourtant, ce cerveau,
38:20il m'a permis
38:20de reprendre des études,
38:22de valider un master,
38:24de retrouver un travail.
38:26Mais le sort,
38:26dans ma vie,
38:27ça reste un loisir.
38:29alors que d'autres domaines
38:31du quotidien
38:31sont là vraiment
38:33des vrais défis
38:34dont on ne parle pas.
38:36Ah oui, non ?
38:36Si ?
38:37Les fringues sont pas...
38:45Le sport m'a permis
38:47plusieurs rencontres.
38:48Franck, tu ne vas pas me dire
38:49que c'est toi
38:50qui as fait les nattes ?
38:51Si ?
38:53Tu crois quoi ?
38:53Moi, j'ai des mains valides.
38:59Quand il nous arrive
39:00quelque chose dans la vie,
39:01on a souvent des gens
39:02que l'on perd
39:02et avec qui malheureusement
39:03il n'y a plus de lien.
39:05J'ai perdu beaucoup de personnes
39:06durant ma maladie,
39:07surtout au début,
39:08mais j'en ai découvert
39:09bien d'autres
39:10et encore plus formidables.
39:14J'ai aussi la chance
39:15d'avoir une grande famille,
39:16neuf frères et sœurs,
39:18ce qui m'a aussi
39:19beaucoup aidée.
39:20Allez !
39:29Aujourd'hui,
39:30les personnes qui m'entourent,
39:32ce sont uniquement
39:33les personnes
39:34en qui déjà
39:35j'ai entièrement confiance
39:39et avec qui je peux partager
39:42de l'amour
39:42avec un grand A.
39:44Et qui dit amour
39:45dit aussi bienveillance.
39:47C'est des personnes
39:48qui vont mettre l'amour
39:50et leurs propres désirs
39:52à la même place
39:53que moi
39:55et c'est comme ça
39:56en fait que je vais construire
39:58mon cercle proche
39:58en fait ma famille.
40:00Alors bien sûr,
40:00il y a mes parents,
40:02mes frères et sœurs
40:02qui est la famille de naissance.
40:05Mais j'ai aussi
40:06tous mes autres proches
40:07à commencer par ma femme
40:08et mes amis
40:09mais j'en ai pas 36 000.
40:11Et ça, c'est ma deuxième famille.
40:19La famille,
40:20c'est la chose
40:20la plus importante.
40:22C'est les premiers
40:22à être là,
40:23tout le temps
40:24sans condition.
40:26On fait un repos ?
40:27Oui.
40:28C'est parti,
40:29je t'adore.
40:30Pas confiance.
40:31Pas moi.
40:34Avec Fred,
40:35le lien est particulier
40:35parce qu'il était
40:36mon tout premier entraîneur.
40:38C'est avec lui
40:39que j'ai appris
40:39à faire du tennis
40:40au tout début.
40:41C'est avec lui
40:41que tout a commencé.
40:45Allez, allez.
40:47Six !
40:50celui qui est le plus proche
40:51de moi sur le vélo
40:52c'est mon entraîneur
40:53Grégory Boger.
40:54Il a un palmarès
40:55qui est incroyable.
40:57Il a 20 ans
40:58de carrière
40:58au haut niveau
40:59et pourtant
41:00quand on s'est rencontré,
41:01déjà il m'a relevé
41:02d'une chute.
41:03C'est notre première rencontre.
41:04Tu te sens ?
41:05J'ai l'impression
41:06d'avoir tes cuisses.
41:10Et il ne m'a jamais jugé.
41:11Dès les premiers moments
41:12où j'ai exprimé
41:13ma volonté
41:14de faire de la piste,
41:15j'ai eu beaucoup
41:16de retours
41:16de « t'as pas la morphologie pour,
41:18t'as pas assez de muscles,
41:19t'as pas assez de puissance. »
41:22Lui, la seule question
41:22qu'il m'a posée
41:23c'est « qu'est-ce t'as envie de faire ?
41:25Qu'est-ce qui te fait plaisir ?
41:26C'est du 500 mètres ?
41:27Eh ben,
41:28on va faire du 500 mètres. »
41:30Lui aussi a mis
41:31mon plaisir
41:32et mon désir
41:32au premier plan
41:33avant même
41:34de parler de performance.
41:35Il y a de la fatigue
41:36et des courbatures
41:36mais c'est pas...
41:48La pratique du sport
41:49pour moi
41:50elle n'a rien à voir
41:51avec celle
41:52d'un handi sportif
41:53autonome.
41:55J'imagine si tu veux...
41:56Non.
41:57Tu veux faire
41:57vous laisser ça ?
41:58Oui,
41:58mais c'est pour ça
41:59que je peux faire
41:59checker avant
42:00parce que...
42:01Je peux pas me réveiller
42:03et partir à l'entraînement
42:05avec ma planche
42:05sous le bras,
42:06ça c'est pas possible.
42:07Mais tu vois,
42:07j'avais fait adapter
42:08les autres premiers mots.
42:11C'est pas
42:12« We are the shelter,
42:13you are the shelter,
42:17friend. »
42:18Je dois gérer
42:18avec un planning de sortie
42:19en fonction de mes aidants,
42:21ça peut être
42:21mes auxiliaires de vie,
42:22ça peut être mon compagnon,
42:23mes amis,
42:24mes enfants même.
42:25« Hop ! »
42:29« C'est pas grave. »
42:30« Yes ! »
42:31« Eh ! »
42:32« On est une équipe ? »
42:35« Bon, c'est cool. »
42:38« T'as le droit de boire
42:38un grand verre d'eau. »
42:42« Ouais. »
42:43« Bon, allez. »
42:55« C'est un peu handicapant
42:55parce que pour surfer,
42:57tout dépend des conditions
42:58de surf de la journée. »
43:00« Ensuite,
43:00t'as le coût financier
43:01parce que tu dois
43:02rémunérer tes auxiliaires de vie,
43:04tu dois rémunérer
43:05ton binôme surfer
43:06quand t'arrives sur place,
43:07sur le spot. »
43:20« Aujourd'hui,
43:21je pratique le sport
43:22au sein de l'association Asla,
43:24une association
43:25pour noms et malvoyants.
43:28Et depuis dix ans maintenant,
43:31j'en suis la présidente.
43:33Notre association organise
43:35non seulement la pratique
43:36du sport en compétition,
43:39mais aussi et surtout
43:40la pratique d'activités
43:42physiques, sportives
43:43et culturelles en loisir
43:45dans le but d'améliorer
43:46le bien-être
43:47et l'épanouissement
43:48tant des adhérents
43:50déficients visuels
43:51que des bénévoles
43:52qui les accompagnent.
43:55Je ne conçois pas
43:57ma vie sans bénévole
43:58avec un B majuscule.
44:00Ils sont mes yeux,
44:01des cadeaux du ciel.
44:05À l'Asla,
44:06ils sont valides.
44:07Ils sont tout aussi passionnés
44:09que la personne
44:10qui les accompagne.
44:11Daudane, Gisleine.
44:13C'est bon.
44:15Selon moi,
44:16le bénévolat
44:17devrait être bien plus valorisé
44:19qu'il ne l'est
44:20en visibilisant
44:21les actions menées
44:23grâce à lui.
44:24Je pense aussi
44:25que l'on devrait
44:26accorder des congés
44:28particuliers aux bénévoles.
44:30Il y a un vélo
44:30qui arrive en face.
44:32Outre ma famille
44:34et quelques amis,
44:35ils sont mes personnes
44:36de confiance.
44:37Nos liens sont affectueux,
44:39sincères,
44:40forts et durables.
44:42Allez, à gauche.
44:43serrés à gauche.
44:47Allez, ça passe.
44:49On est les meilleurs.
44:50Allez.
44:56Mais ne pas être autonome,
44:57c'est aussi développer
44:58d'autres relations.
44:59Tu développes des liens
45:00qui peuvent être très forts.
45:03C'est aussi à partir
45:04de ces moments de partage
45:06authentique
45:06qu'on a décidé
45:07de faire des choses
45:08entre pairs.
45:10Je suis partie en team
45:11100% dit,
45:12sans aidant,
45:13en compète internationale.
45:14et on s'est auto-compensés
45:16en mode
45:17de pair-émulation.
45:20Alors,
45:21c'était un vrai défi,
45:22mais on a fait un truc
45:23entre-sportifs
45:24et pour une fois,
45:25pas sous la forme
45:26de bons valides
45:27qui vont aider les handis
45:28qui essayent de surfer.
45:35et puis j'ai rencontré
45:37mon amoureux
45:37grâce au sport aussi.
45:43Je crois qu'on développe
45:44un savoir-être.
45:45Ça, c'est une compétence
45:46que les personnes valides
45:47ont moins de chances
45:48d'acquérir finalement.
45:51D'ailleurs,
45:52c'est a priori
45:52sur le fait
45:53qu'on doit gérer
45:53les personnes handis
45:54parce qu'elles ne savent pas
45:55faire elles-mêmes.
45:56C'est pour moi
45:57vraiment le plus gros problème
45:59dans notre pays.
46:01C'est ce que font les valides.
46:02Ils décident
46:03ce qui est bien pour nous
46:04et ça, c'est partout,
46:05pas que dans le sport.
46:06Que ce soit
46:06dans les institutions,
46:08les formations,
46:09la législation,
46:10les décrets,
46:11les principaux concernés
46:13ne sont jamais présents
46:14et on se retrouve
46:16à subir des décisions
46:17complètement hors sol.
46:19Et je crois que le pire,
46:20c'est que je me suis conformée
46:21à ce modèle
46:22pour obtenir
46:23un regard valorisant
46:24et montrer aussi
46:26à voir aux valides
46:26que moi aussi,
46:27j'ai le droit
46:28de faire partie
46:28de cette société.
46:34Par le prisme
46:35de la santé mentale,
46:36on commence à se tourner
46:37vers le sensible
46:38et les émotions.
46:39Pour moi,
46:40c'est la base de tout,
46:41en fait,
46:42de tout projet de vie,
46:43de toute rencontre.
46:45Le concept de résilience,
46:47c'est un peu
46:48un tire-wall for tout.
46:50C'est un grand mot
46:51qui masque
46:52beaucoup d'émotions.
46:53que cette résilience,
46:55elle est existante,
46:56mais ce n'est pas
46:57quelque chose d'acquis
46:58et ce n'est pas
46:58quelque chose
46:58qui est constant.
47:00Pour avoir le droit
47:00d'exister,
47:01pour moi,
47:01il faut qu'elle soit
47:02réellement en phase
47:03avec la personne
47:04qui a décidé
47:04d'user de cette aptitude.
47:09Je crois qu'on mélange
47:10résilience et sport
47:11alors que ça n'a
47:12absolument rien à voir.
47:14En gros,
47:15pour être un bon handicapé,
47:16avec le label
47:18résilient,
47:18il faut être sportif.
47:20Si tu es valide,
47:22tu as choisi
47:22de faire du sport
47:22parce que tu aimes ça.
47:23Mais si tu es handi,
47:24c'est le passage obligé
47:26si tu veux retrouver
47:26un statut social.
47:32En plus,
47:32on te pousse forcément
47:33vers la compétition.
47:38C'est important
47:39de rappeler
47:39que déjà,
47:40une médaille
47:41n'est pas gage
47:41de belle valeur humaine
47:43et que, pareil,
47:44la célébrité
47:45n'est pas non plus gage
47:46de ça.
47:46On l'a vu
47:47dans d'autres milieux,
47:48comme le milieu du cinéma.
47:52Chaque sportive
47:53et sportive
47:54qui va prendre
47:54le départ d'une course
47:55déjà a mené
47:57un combat énorme.
47:59C'est en ça
47:59où je trouve ça dommage
48:00qu'on interdisse
48:01les sportifs voilets
48:03où certaines minorités
48:04ne sont pas assez représentées
48:05ou même certaines minorités
48:06sont absentes
48:07comme les personnes trans.
48:10On enlève
48:11à la personne
48:12qui va être derrière sa télé
48:13ou qui va être dans le stade
48:14le privilège
48:15et la chance
48:15de pouvoir avoir
48:16une représentation publique,
48:18quelqu'un
48:19qui va le ou la faire rêver.
48:20Et on a besoin
48:21de diversité
48:22pour que derrière,
48:23l'inclusion
48:24fasse un pas de plus
48:25en avant
48:25que ce soit
48:26dans le sport amateur
48:27ou dans le sport de haut niveau.
48:34J'aimerais que tout le monde
48:36puisse sentir la chance
48:37de s'épanouir,
48:39s'évader,
48:40se dépasser
48:40en pratiquant
48:41une activité sportive
48:43à son rythme
48:44et peu importe l'âge.
48:45Le sport associatif
48:47permet cela
48:48à moindre frais
48:49et dans la joie.
48:52L'intégration,
48:53l'inclusion,
48:54ce sont des mots
48:55que je n'aime pas.
49:04Cela voudrait dire
49:05que parce que
49:06nous sommes différents,
49:07nous ne sommes pas
49:08en capacité
49:09de nous intégrer.
49:10Pour moi,
49:11les pouvoirs publics
49:12se désintéressent,
49:13se débarrassent
49:14du sujet
49:15en disant
49:16faire de l'intégration.
49:20Tout est perfectible
49:22à condition
49:22de partir
49:23de notre réalité
49:24et de nous écouter.
49:29Nous sommes le terrain.
49:38Je l'ai,
49:39mais je vous trouve.
49:40Les deux premiers
49:40étaient nickel.
49:45Bon, allez.
49:46Oh, deux, trois.
49:47Il y a deux de bonnes
49:48et une de pas bonnes,
49:48c'est ça ?
49:49Il y a deux premiers
49:50Les deux premières
49:50sont bonnes.
49:51Après,
49:52tu as dû perdre le son
49:53à la troisième.
49:53À la troisième,
49:54j'ai perdu le son
49:55parce qu'il y a vu
49:55que je suis restée longtemps,
49:56je l'ai cherchée.
49:59On parle souvent des jeux.
50:01Alors,
50:01il faut savoir
50:01que le parasurf
50:02a été refusé
50:03pour les géoparalympiques
50:04de 2028.
50:05Ce n'est donc pas
50:06pour tout de suite.
50:07Et puis,
50:07le jour où ça passera,
50:09il faut aussi analyser
50:10quels types de catégories
50:11seront présentes.
50:14C'est quoi le validisme ?
50:16C'est se référer
50:17au modèle valide.
50:18Les athlètes les plus
50:19encensés sont ceux
50:20dont les performances
50:21et donc le corps
50:23se rapproche le plus
50:24de ceux des valides.
50:26Les catégories
50:27les plus handicapées
50:28disparaissent.
50:29Et là,
50:30on va encore te parler
50:31de la richesse,
50:32de la diversité.
50:33Mais pour quelle diversité ?
50:36Où est la mixité
50:37handi-valide
50:37dans la société ?
50:39Elle n'est pas dans les écoles,
50:40elle n'est pas dans le sport,
50:41elle n'est pas dans la cité.
50:42Comment ça,
50:43tu ne me rattrapes pas ?
50:44Tu gardes ton hippocampe,
50:45en fait,
50:46et moi,
50:46tu n'as rien à faire.
50:50Après,
50:51il y a besoin
50:51de ce changement
50:52de paradigme
50:53du côté des handis aussi.
50:56Il faut arrêter de penser
50:57que tout est dû
50:58par la société.
51:00et c'est aussi
51:01à chacun de se gérer.
51:03Il ne faut pas non plus
51:03tout attendre des autres.
51:26Quand j'entends dire
51:28la pauvre,
51:29c'est le sommet
51:29du validisme pour moi.
51:32Le mot pauvre
51:33signifie que l'on n'a rien,
51:34pas de famille,
51:35pas d'argent,
51:36pas de toit décent.
51:39Ce n'est pas le handicap.
51:45J'ai pris conscience
51:46que l'intime était politique
51:47sur le terrain de sport,
51:50enfin,
51:51par le sport.
51:52Le sport est très cloisonné.
51:55On entend souvent dire
51:57que c'est un sportif
51:58qui pratique son sport
51:59et puis t'étoie.
52:01Il y a tellement d'exemples,
52:02surtout à l'international,
52:04de sportifs
52:05qui ont révolutionné
52:06la société de leur pays
52:08par leur politisation.
52:11Depuis les Jeux Paralympiques
52:12de Tokyo,
52:13j'ai pris la décision
52:14de lutter contre
52:14les discriminations
52:15qui habitent aujourd'hui
52:16le milieu du sport
52:17de haut niveau.
52:18il y a le sexisme,
52:19il y a le LGBTphobie,
52:20le racisme,
52:21le validisme.
52:22C'est un espoir
52:23de prise de conscience
52:25que quand on est sportif
52:26de haut niveau,
52:27on n'est pas que sportif.
52:31Le bonheur,
52:32ce sont les petites choses
52:33de la vie
52:34qui font du bien
52:35et qu'il faut saisir au vol.
52:36La force,
52:38c'est de savoir les apprécier
52:39à leur juste valeur
52:41et puis vivre ensemble
52:44quelles que soient
52:45les différences de chacun.
52:48Le sport rassemble
52:49tout le monde,
52:50jamais il ne divise.
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