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  • il y a 2 jours
Les phobies, ce n’est pas “juste une peur” : c’est un trouble qui touche près d’1 Français sur 10, selon Santé publique France.
Peut-on en guérir ? Et surtout, comment vivre avec quand elle vous tombe dessus sans prévenir ?
Dans cette émission, on va parler du corps qui lâche, du cerveau qui s’emballe… et des solutions qui existent vraiment.
Dans l'émission : 
- François-Xavier Monreval, ancien hématophobe, aujourd’hui médecin, qui a appris à dompter sa peur du sang

- Et Pr Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Henri Mondor à Créteil, qui nous aidera à comprendre les mécanismes des phobies et les pistes pour s’en libérer.

Une émission présentée par Noham Huclin, disponible sur le canal 32 de la TNT en Île-de-France, sur les box partout en France (Free : 910, Orange : 349, Bouygues : 300; SFR : 461) et sur (http://20minutes.tv/)20minutes.tv (http://20minutes.tv)

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Transcription
00:00Environ 6 millions de français souffrent d'une phobie au cours de leur vie.
00:03Et il en existe plusieurs types.
00:06Cela va de la peur de l'avion à la peur du sang ou des insectes.
00:09Mais attention, il ne faut pas confondre phobie et peur.
00:12La peur, tout le monde la ressent.
00:14C'est un mécanisme nécessaire à la survie d'une espèce.
00:17Elle survient en cas de danger imminent pour agir rapidement et en conséquence.
00:22Exemple.
00:23Vous êtes dans votre salon et soudain, une araignée vous tombe dessus.
00:26Immédiatement, vous cherchez à éviter la situation.
00:29Ce réflexe provient d'une zone précise du cerveau, l'amidale.
00:33Quand vous voyez l'araignée, le signal passe par cette amidale qui associe l'événement à un danger.
00:39Sans concerter les autres parties du cerveau, elle donne le signal d'agir,
00:43ce qui explique parfois des réactions disproportionnées.
00:46La différence pour les phobies, c'est que l'amidale envoie le signal de la menace
00:50alors que le contexte n'est pas justifié.
00:52Un arachnophobe ressentira de la peur sans même que l'araignée lui tombe dessus.
00:56Il suffit juste qu'elle soit dans un coin du salon.
00:59Pour résumer, la peur c'est rationnel et la phobie c'est irrationnel et tout cela est lié à l
01:04'amidale.
01:05Il existe des moyens de calmer cette dernière pour atténuer les réactions
01:08et c'est sur ce sujet qu'aujourd'hui, on vous en dit plus.
01:26Les phobies, ce n'est pas juste une peur, c'est un trouble qui touche près d'un Français sur
01:31dix.
01:31Selon Santé publique France, peut-on en guérir et surtout comment vivre avec quand elle vous tombe dessus sans prévenir
01:37?
01:37Dans cette émission, on va parler du corps qui lâche, du cerveau qui s'emballe et des solutions qui existent
01:43vraiment.
01:44Et à mes côtés pour en parler, François-Xavier Moronval, vous êtes ancien hématophobe, aujourd'hui médecin urgentiste.
01:51Vous étiez donc hématophobe, vous avez réussi à dompter cette peur du sang.
01:55Vous allez nous en parler dans un instant.
01:56Merci d'être avec nous.
01:57Et puis également le professeur Antoine Pellissolo, psychiatre à l'hôpital Henri-Mondor à Créteil,
02:03qui nous aidera à comprendre les mécanismes des phobies et les pistes pour s'en libérer.
02:09Merci d'être avec nous.
02:11Les phobies, comment s'en sortir ? On vous en dit plus.
02:14Il s'évanouissait à la vue d'une goutte de sang et pourtant, il a décidé de devenir médecin.
02:19François-Xavier a vécu pendant des années avec une hématophobie sévère avant de réussir à la dépasser.
02:25On en parle tout de suite avec lui.
02:30François-Xavier, vous êtes connu, très connu sur YouTube sous le nom de DocFX.
02:37Vous racontez votre quotidien de médecin urgentiste et pourtant, vous étiez hématophobe.
02:44Je le rappelle, c'est la peur du sang.
02:46On a la même peur d'ailleurs.
02:49Comment ça se passait pour vous à l'époque ?
02:51Ça ne se passait pas très bien.
02:54L'hématophobie, c'est la troisième phobie la plus importante dans le monde.
02:58C'est très courant chez les soignants.
03:00Je pense que je ne suis pas le seul d'ailleurs.
03:02Mais c'est vrai que j'avais cette volonté depuis que j'étais très jeune de devenir médecin.
03:07Ça passait au-delà de cette phobie du sang.
03:10Même mes parents, au début, n'étaient pas très motivés pour que je fasse médecin.
03:13Ils se disaient qu'il ne va pas y arriver, ce n'est pas possible.
03:16Je me suis quand même lancé dans les livres de médecine.
03:19Et c'est vrai que les premiers souvenirs que j'ai en fac de médecine, c'est que lorsque le
03:24professeur m'a montré sur l'écran des images assez violentes, des fois de lésions avec d'armes à feu
03:31par exemple, avec du sang, etc.
03:32Et moi, j'ai des souvenirs encore où je sortais de l'amphithéâtre rapidement et où j'allais aux toilettes.
03:39Je faisais un malaise vagal dans les toilettes.
03:42Ça m'est déjà arrivé même de perdre connaissance dans les toilettes pendant quelques minutes, de reprendre mes esprits.
03:47Et puis après, de revenir dans l'amphithéâtre un peu comme si de rien n'était.
03:51Parce qu'aussi à l'époque, la phobie, un médecin qui a peur du sang, on a un petit peu
03:56honte.
03:56Donc c'était un petit peu honteux ou risible.
03:59Donc c'est quelque chose que j'ai caché pendant de nombreuses années.
04:02Et en fait, je l'ai caché même à mes confrères, à mes collègues étudiants.
04:06Et voilà, donc au début, c'était pas facile.
04:09Donc ça veut dire que vous avez compris très vite que c'était pas juste un malaise, mais qu'il
04:12y avait une vraie peur derrière ?
04:14Oui, que c'était une vraie phobie, que c'était quelque chose de pas normal.
04:17Je savais que du coup, je sais exactement ce que c'est qu'un malaise vagal.
04:20Je sais les conséquences que ça peut engendrer.
04:25Et en fait, lorsque je me suis lancé dans des études de médecine, je savais très bien que je ne
04:28serais pas chirurgien.
04:29C'était pas le but, mais je voulais me lancer dans une spécialité où on ne voit pas beaucoup de
04:34sang.
04:34Parce qu'on peut être médecin et ne voir jamais de sang.
04:36Ça, c'est possible aussi.
04:37D'accord.
04:38Médecin généraliste, par exemple, on ne voit pas beaucoup de sang.
04:40On peut en voir quand même, si, mais il y a certaines spécialités où on est peut-être un petit
04:43peu moins en relation avec le sang.
04:45Comme de la santé publique, par exemple.
04:47Quand on est médecin de santé publique, on est beaucoup dans des statistiques, dans des graphiques.
04:50On n'est pas vraiment dans du sang, en fait, directement.
04:53Vous ne savez pas ça que vous vouliez faire ?
04:54Je ne savais pas trop, en fait.
04:55Je me suis lancé dans les stages.
04:56Et en fait, on a des stages obligatoires quand on est étudiant.
04:59Et justement, il y avait un stage obligatoire en chirurgie.
05:02Donc là, c'était un petit peu mon angoisse de dire, je vais me retrouver au bloc opératoire.
05:06C'est obligatoire.
05:07Pour valider, on doit passer en stage au bloc opératoire.
05:10Donc, j'ai voulu prendre une chirurgie où il y avait, selon moi, un petit peu moins de sang.
05:13Pour ça, je suis parti sur de la chirurgie orthopédique.
05:16D'accord.
05:16Parce que je ne me voyais pas, voire avec un thorax ouvert ou avec un abdomen.
05:19Donc, je me suis dit, je vais prendre la chirurgie orthopédique.
05:23Et en fait, je me suis retrouvé plusieurs fois à côté du professeur qui, lorsqu'on est étudiant en médecine,
05:28lorsque le chirurgien est au bloc opératoire, en fait, il faut lui tenir des écarteurs, souvent.
05:32Par exemple, on a un genou pour mettre une prothèse.
05:35Et l'étudiant, en fait, est là pour tenir les écarteurs.
05:38Donc, on a la tête au-dessus directement du sang, éventuellement, qui peut gicler.
05:43Enfin, excusez-moi.
05:44Mais clairement, oui.
05:45Mais voilà.
05:45Comment vous gérez ?
05:45Et donc, du coup, au début, je tombais dans les pommes.
05:47Je tombais dans les pommes régulièrement.
05:49Je me rendais bien compte que c'était compliqué, même pour tout le monde.
05:51Mais j'avais quand même cette envie.
05:52Donc, tous les matins, il fallait y retourner.
05:55Et au bout d'un moment, c'est ça qui est assez dingue, c'est que j'ai trouvé une
05:58solution.
05:58C'est-à-dire que je me suis dit, moi, je dois être présent, je dois être dans la pièce.
06:02Mais mon esprit, en fait, il peut être ailleurs.
06:04Je ne suis pas obligé d'être physiquement, enfin, mentalement présent.
06:08Et c'est pour ça que j'ai commencé à partir en vacances dans ma tête.
06:11C'est-à-dire que je me suis imaginé une plage, un endroit où je me sentais bien, en famille.
06:15Et j'étais ailleurs, en fait.
06:17Et comment vous pouvez être concentré sur ce que vous faites et en même temps ailleurs ?
06:20Alors, je n'étais pas concentré parce qu'en fait, je n'avais pas de geste spécifique à faire.
06:24Si c'est de tenir les écarteurs, je n'avais pas de suture à faire.
06:28C'était le chirurgien qui faisait ces gestes-là.
06:30Moi, j'avais juste comme mission d'avoir la tête au-dessus, exposée directement à ma phobie.
06:35Enfin, le pire, c'est comme si vous étiez face à votre phobie directement.
06:38Il n'y a rien à faire.
06:39Il faut rester devant pendant une heure ou deux heures.
06:41Et donc là, je me suis évadé.
06:43Je suis parti ailleurs.
06:45Et je me suis rendu compte que ça m'a permis de surmonter cette épreuve.
06:50Et c'est quelque chose que j'ai renouvelé.
06:52Et en fait, j'ai fait de l'auto-hypnose sans me rendre compte que c'était de l'auto
06:56-hypnose.
06:56Et c'est seulement plusieurs années plus tard, parce que j'ai des collègues à moi aux urgences qui pratiquaient
07:01de l'hypnose,
07:02où je me suis rendu compte que ça marchait bien.
07:04J'ai voulu comprendre comment fonctionnait l'hypnose.
07:06Et c'est lorsque j'étais en formation moi-même.
07:08J'ai eu un déclic dès le début de la formation en me disant
07:10« Hé, mais en fait, j'ai vaincu ma phobie grâce à ça.
07:13J'ai fait de l'hypnose sans savoir que c'était de l'hypnose, en fait. »
07:16Mais pour moi, par exemple, ou pour les gens qui nous regardent,
07:20il ne suffit pas de se dire, et arrêtez-moi si je me trompe,
07:24« Tiens, je vais m'imaginer que je pars en vacances quelque part pour entrer en état d'hypnose. »
07:28En fait, on peut le faire assez facilement,
07:30parce que l'hypnose, en fait, c'est un état naturel du cerveau.
07:34On ne peut pas dire, moi, je ne...
07:36C'est comme les cauchemars ou les rêves la nuit.
07:38On ne peut pas dire, moi, je ne fais pas de rêve, juste qu'on ne s'en souvient pas.
07:41De la même façon, l'hypnose, on fait tous de l'hypnose, en fait,
07:44plusieurs fois par jour sans s'en rendre compte en soi-même.
07:46Lorsqu'on est dans les transports en commun, qu'on est dans le métro,
07:48qu'on est en voiture, qu'on conduit, en fait,
07:51on va penser à son week-end, on va penser à sa journée.
07:54Et on va dire, ah zut, j'ai oublié d'aller prendre du pain,
07:57ou on va être réveillé par le radar qui va nous flasher,
08:00ou quelqu'un qui va freiner brutalement.
08:01On va sortir un petit peu de cet état de trance,
08:03on va revenir à l'état présent, et puis après, dès que la circulation reprend,
08:07on repart dans nos pensées, et c'est une phase un petit peu d'hypnose légère.
08:11Et c'est aussi, des fois, un moyen de défense du cerveau
08:13en cas de traumatisme, par exemple.
08:15D'accord. Et alors, est-ce qu'aujourd'hui, on parle de guérison, vous concernant ?
08:18Est-ce qu'on peut guérir une phobie ?
08:19Oui, moi, je suis totalement guéri de cette phobie-là.
08:23Alors, ça a duré quand même longtemps, mais c'était...
08:25Même lorsque j'ai commencé au début comme interne,
08:27je me suis retrouvé en stage aux urgences.
08:29Alors, urgences et sang, là, on est exposés.
08:33Maintenant, je vois les pires blessures imaginables.
08:36Même des trucs comme des gens qui ne seraient pas phobiques
08:38ne se sentiraient pas bien.
08:39Là, maintenant, moi, ça ne me fait plus rien du tout,
08:41parce que j'ai été exposé plusieurs fois.
08:43C'est vrai qu'au début, c'était un petit peu difficile,
08:45parce que là, la différence, c'est que maintenant,
08:46j'avais des gestes techniques à faire.
08:47C'est-à-dire que quelqu'un qui vient avec une plaie à la tête
08:49ou la tête saigne énormément,
08:51il va falloir aller faire des sutures.
08:52Et le médecin, il ne peut pas tomber dans les pommes
08:54et dire, je laisse tomber.
08:55C'est le médecin qui a des gestes à faire.
08:58Donc là, c'est pour ça que j'ai eu cette nécessité
09:01de vaincre cette phobie progressivement,
09:03à force d'exposition.
09:04Et puis, ça s'est passé progressivement.
09:07Alors, je ne pourrais pas dire tel jour exact,
09:09ça a disparu,
09:10mais je sais qu'au fur et à mesure de l'exposition régulière,
09:12ça s'est amendé.
09:13À un moment, vous avez dit, ça y est, j'ai plus peur.
09:16C'est ça, voilà.
09:16Et puis après, il n'y avait plus aucun...
09:17C'est fou.
09:18Voilà, ouais.
09:19Qu'est-ce que vous diriez, du coup,
09:20aux gens qui nous regardent et qui ont des phobies ?
09:23Par exemple, moi, je vous le disais tout à l'heure en préparant l'émission,
09:25j'ai une peur panique des araignées.
09:27Qu'est-ce qu'on leur dit ?
09:28Qu'est-ce qu'ils peuvent faire, justement, pour les vaincre ?
09:29Alors, en fait, il y a deux possibilités.
09:31Si la phobie, elle est vraiment handicapante,
09:33parce que, par exemple, si c'est une phobie de prendre l'autoroute
09:36et puis qu'on a besoin de prendre l'autoroute,
09:37ça peut être vraiment pénalisant au quotidien.
09:39Là, il faut faire des soins.
09:41Du chemin sur de l'auto-hypnose,
09:43enfin, de l'hypnose ou de l'auto-hypnose,
09:45ça, il y a des gens qui sont formés pour ça.
09:47On en trouve un peu partout.
09:48Après, il ne faut pas prendre n'importe qui.
09:49Mais en deux, trois séances,
09:51ça peut être réglé assez rapidement
09:52avec des personnes assez compétentes.
09:55Après, si c'est une hypnose, justement,
09:56comme les araignées épiques,
09:58on n'en croise pas, on n'est pas géno-quotidien.
10:00Bon, ben voilà, on peut vivre avec sans être traumatisé.
10:04Mais si c'est vraiment pénalisant pour le quotidien,
10:07parce qu'il y a des vraies phobies,
10:08enfin, il y a tout et n'importe quoi,
10:09mais ça peut être des phobies très pénalisantes,
10:11comme le fait d'être en groupe, en société,
10:15ou là où les gens peuvent s'enfermer, par exemple,
10:17et ben là, il y a nécessité, en fait.
10:19C'est incroyable ce que vous dites.
10:21J'ai presque envie d'essayer l'hypnose.
10:23Et donc, vous parlez sur vos réseaux,
10:26notamment sur votre compte YouTube,
10:28un docfx, de votre quotidien d'urgentiste.
10:31C'était important aussi pour vous
10:33de parler de tout ça,
10:34de mettre finalement en lumière
10:36tout ce que vous avez vécu,
10:37tout ce que vous vivez ?
10:37Alors, c'est vrai que ce n'était pas l'objectif
10:38à la base du compte,
10:39mais je me suis dit que c'était un petit peu,
10:41enfin, mon parcours au milieu de rien
10:42était un petit peu particulier.
10:43Donc, c'est vrai qu'après,
10:44lorsque j'en ai parlé à mes collègues,
10:45il y en avait quelques-uns
10:45qui, ça a surpris certaines personnes.
10:48Et je me suis dit,
10:49vu que c'est une phobie
10:50qui est très répandue dans le monde,
10:51je suis sûr qu'il y a énormément
10:53de soignants qui sont comme moi,
10:55qui ont cette phobie-là
10:56et qui se dirigent peut-être
10:58plus vers de la psychiatrie aussi
10:59ou de la santé publique
11:00par évitement un petit peu.
11:02Et je me suis dit,
11:03il n'y a aucune honte à ça.
11:04Et je sais qu'il y a déjà aussi
11:06des étudiantes infirmières
11:07qui ont déjà passé certaines de mes vidéos
11:09parce qu'ils ont aussi
11:09des étudiantes infirmières
11:10qui ont envie d'aider les autres,
11:13qui ont envie d'aller dans la santé,
11:14mais qui n'osent pas
11:14parce qu'ils ont justement
11:15cette peur du sang.
11:16Et il ne faut pas que ça soit
11:17un élément bloquant
11:18parce qu'il y a des solutions
11:18assez rapides qui peuvent être trouvées.
11:20Vous devenez un repère presque.
11:22Un éclairage.
11:23Si ça peut aider d'autres personnes.
11:24Et je sais que ça a aidé
11:25d'autres personnes,
11:26donc tant mieux.
11:27En tout cas, merci d'être venu en parler
11:28sur notre plateau aujourd'hui
11:29dont vous en dites plus.
11:30Restez avec nous, évidemment.
11:32On va regarder un reportage maintenant
11:34puisque se confronter à sa peur,
11:36ce n'est pas toujours simple,
11:37mais certains choisissent
11:38d'y aller frontalement.
11:40Dans ce reportage,
11:41vous allez suivre Claire
11:42qui a 43 ans.
11:43Elle est tétanisée par les oiseaux
11:45depuis l'enfance.
11:46Elle a décidé de tenter l'hypnose,
11:48justement, immersion,
11:49dans une séance
11:50où le cerveau va essayer
11:51de reprendre le contrôle.
11:53Un reportage d'Hugo Valentin.
11:55Voici Claire, 43 ans,
11:57et mère de deux enfants.
11:59Depuis toute petite,
12:00elle souffre de la phobie des oiseaux.
12:03Dans la nature, sur la plage,
12:05il y a toujours des mouettes.
12:06Il y a des oiseaux partout,
12:07personne ne se rend compte,
12:08mais c'est au quotidien.
12:10J'ai toujours un radar dans ma tête
12:12qui check où sont les oiseaux,
12:13ce qui n'est pas un gros problème,
12:14mais qui est un peu dommage.
12:17Mais oui, c'est un peu embêtant au quotidien.
12:20Pour venir à bout de sa phobie,
12:21elle a décidé de se tourner vers l'hypnose.
12:27Hello, ça va ?
12:31Elle a donc pris rendez-vous
12:32avec Nicolas Morvan,
12:34hypnopraticien depuis deux ans.
12:35Il commence toujours sa séance
12:37par un entretien
12:38pour évaluer l'ampleur de la phobie.
12:40Une de ses techniques,
12:42confronter la personne à sa phobie
12:43à l'aide d'une photo.
12:45Là, t'es à combien, là ?
12:46Regarde, t'es à combien ?
12:47Je suis à 12.
12:4812 ?
12:48Non, c'est horrible.
12:50Ok.
12:50Claire doit noter sur 10
12:51à quel point cela la rend mal à l'aise.
12:53Ça permet déjà à la personne
12:54de retrouver des images.
12:57Moi, ça me permet d'être un peu plus,
12:59cerné un petit peu plus la personne.
13:01À présent, il est temps pour Claire
13:03d'entrer en hypnose.
13:05Pour la faire travailler sur sa phobie,
13:07Nicolas projette des images d'oiseaux
13:09dans son inconscient.
13:10On va se rendre dans une salle de cinéma.
13:12Et tu vois cet écran devant toi.
13:15Ce que je vais te demander,
13:16est-ce que tu le vois bien cet écran ?
13:17Ok.
13:18Ce que je vais te demander,
13:19c'est de te dédoubler
13:20et de te mettre sur le côté.
13:22Ce qui fait que tu t'observes
13:24maintenant.
13:26Et dans ce film,
13:27tu vas t'apercevoir
13:28qu'il va y avoir le passage
13:29avec les poules,
13:30les grosses poules.
13:31Et puis, il va y avoir aussi
13:33tous les petits moments traumatiques
13:36que tu as pu vivre
13:37qui vont défiler dans ce film.
13:38Et le film,
13:40voilà, commence maintenant.
13:42Grâce à ces images,
13:43Claire est confrontée à sa phobie.
13:45Elle revoit des moments forts
13:47qu'elle a vécu.
13:47Pour ne pas rendre
13:48l'expérience traumatisante,
13:50Nicolas utilise
13:51la double dissociation.
13:53Si elle voyait directement
13:55le film,
13:56elle serait peut-être effrayée.
13:57Le fait de se regarder déjà,
13:58en train de regarder
13:59le traumatisme,
14:02c'est encore un décalage,
14:04encore une dissociation.
14:06Claire va revoir
14:07plusieurs fois
14:08le film qu'elle se crée.
14:10Cela la fait revivre
14:11ses moments forts en émotions.
14:13Et le film redémarre maintenant.
14:15Repasser, repasser plusieurs fois,
14:17jusqu'à ce qu'il n'y ait plus.
14:17Une fois qu'on a répété
14:19une émotion 50 fois.
14:21Puis là, sous hypnose,
14:23on peut le voir
14:23une centaine de fois
14:24et ça va très très vite.
14:26Au bout d'un moment,
14:27on ne ressent plus rien.
14:28Pour Claire,
14:29la transe aura duré
14:30une vingtaine de minutes,
14:31même si cela peut durer
14:32plus longtemps.
14:37L'effet de l'hypnose dépend
14:39beaucoup de la personne hypnotisée.
14:41Claire a ressenti des changements
14:42dès la première séance.
14:44Là, en temps normal,
14:45je me serais levée
14:46et je serais partie.
14:48Sur celui-là,
14:49c'est OK.
14:51Je reste à 6,
14:52c'est OK,
14:53ça va beaucoup mieux.
14:54Je suis toujours aussi alerte,
14:56je vérifie toujours où ils sont,
14:57mais je n'ai pas peur fondamentalement.
15:00Des résultats peuvent arriver vite,
15:02mais il faut souvent
15:033 à 4 séances
15:04pour obtenir des résultats
15:05sur le long terme.
15:08Une phobie,
15:09ce n'est pas un caprice
15:10ni un manque de volonté.
15:12C'est un trouble bien identifié
15:13avec des mécanismes précis
15:15pour comprendre justement
15:17ce qui se joue dans le cerveau
15:18et surtout comment s'en sortir.
15:20On accueille sur le plateau
15:21le professeur Antoine Pellisolo,
15:23psychiatre à l'hôpital
15:25Henri-Mondor de Créteil.
15:29Professeur,
15:29merci d'être avec nous
15:30aujourd'hui.
15:31Bonjour.
15:32J'aimerais qu'on commence
15:33cette interview
15:34par une petite définition
15:36et surtout,
15:37quelle est la différence
15:38entre une phobie
15:40et une peur normale ?
15:42Comment on définit la phobie ?
15:43C'est un peu le même mot
15:44puisque phobie,
15:45en gros,
15:45ça veut dire peur.
15:46Quand on parle, nous,
15:47de troubles phobiques,
15:48c'est-à-dire quelque chose
15:49qui est effectivement anormal,
15:50il y a au moins deux facteurs.
15:51C'est l'intensité,
15:52à quel point vous êtes envahi
15:54par la peur
15:55en cas de confrontation
15:56avec l'objet
15:57et surtout,
15:58l'appréhension que vous avez avant
15:59parce que souvent,
16:00ça se passe très tôt avant
16:01d'être confronté.
16:02Et puis,
16:03deuxièmement,
16:03en gros,
16:04est-ce que ça vous gêne
16:05dans votre vie quotidienne ?
16:06Il y a des choses
16:06dont on a très peur
16:07qu'on ne rencontre jamais.
16:09Alors,
16:09peut-être qu'on dirait
16:10qu'il y a un trouble
16:10mais finalement,
16:11le but,
16:12c'est de se dire
16:12qu'on peut faire avec
16:13et on ne considère pas
16:15qu'en tout cas,
16:15que ça nécessite
16:16d'être soigné pour ça.
16:17D'accord.
16:18par exemple,
16:19ma peur des araignées,
16:20ça n'hésite pas forcément
16:21d'être soigné
16:22parce que je ne vais pas
16:22rencontrer tous les jours,
16:23finalement.
16:23Alors,
16:24c'est vrai,
16:25en général,
16:25on peut faire avec.
16:27Il y a des gens,
16:28moi j'ai vu pas mal
16:28de gens consulter
16:29parce qu'il y a des endroits,
16:30à la campagne
16:31ou dans des maisons
16:32où c'est quand même
16:33courant.
16:34Et quand c'est,
16:35je vous dis,
16:35envahissant,
16:36c'est-à-dire que vraiment
16:36la peur,
16:37elle vous paralyse.
16:38Enfin,
16:38c'est vraiment quelque chose
16:39qui vous hante.
16:40Là,
16:40autant se faire aider.
16:42Moi,
16:42j'ai vu aussi,
16:42il y a quelques années,
16:43quelqu'un qui consultait
16:44parce qu'il y avait un film
16:45qui était sorti au cinéma
16:46qui s'appelait
16:47Arachnathak.
16:47Oui.
16:48Et il ne pouvait pas
16:48mettre un pied dehors
16:50parce que dès qu'une affiche
16:51était sur les murs,
16:52parce que quand on a peur,
16:53souvent on a peur même
16:54de l'image elle-même,
16:56vraiment,
16:56il était paralysé.
16:58Pourquoi c'est aussi fréquent ?
16:59Parce qu'on sait qu'en France,
17:00près d'une personne sur dix
17:02est concernée.
17:02Qu'est-ce qui explique ça ?
17:03C'est ça.
17:04Tout simplement parce que
17:05la peur elle-même
17:06est tout à fait normale
17:07et utile
17:08et même essentielle
17:09à notre survie.
17:10On n'aurait pas développé
17:12l'espèce humaine
17:12sans les peurs,
17:13d'ailleurs,
17:13les espèces animales aussi.
17:14Et donc,
17:15il y a beaucoup de peurs
17:15qui sont programmées
17:16dans notre espèce
17:17pour être utiles
17:18et se préserver,
17:19de tomber dans un trou,
17:20c'est le vertige,
17:21de se faire enfermer
17:22et étouffer
17:23dans une pièce fermée
17:23la claustrophobie.
17:25Et les animaux,
17:26les araignées,
17:26ne sont pas dangereuses.
17:27En tout cas,
17:28sous nos climats,
17:28il n'y en a quasiment
17:29aucune sur Terre
17:30quasiment qui sont dangereuses.
17:31Par contre,
17:32c'est par analogie.
17:33Les peurs,
17:34par exemple,
17:34des félins,
17:35des chats,
17:35ça vient sûrement
17:36d'une analogie
17:37avec les tigres,
17:38donc avec des choses
17:38qui, à une époque,
17:39dans notre développement,
17:41nous a préservés du danger.
17:42Donc ça,
17:43c'est ce qu'on appelle
17:43l'évolution,
17:44la sélection naturelle.
17:45Ceux qui n'avaient pas peur,
17:46ils sont tombés dans le trou,
17:47ils se sont faits manger
17:48et donc ceux qui ont survécu,
17:49c'est ceux qui ont les gènes
17:50en question.
17:51Alors après,
17:51il y a un effet de moyenne.
17:53Il y a des gens
17:53qui n'ont pas peur du tout,
17:54c'est rare,
17:55qui ont peur vraiment de rien.
17:56Il y a des gens
17:56qui ont peur plus que la normale
17:58parce qu'en gros,
17:59leur réglage,
18:00c'est un peu comme ça,
18:01leur réglage de détection
18:02du danger est un peu exagéré.
18:04Ce n'est pas forcément très grave,
18:05ça peut être un peu gênant
18:06comme on l'a dit
18:06ou plus gênant,
18:07mais en moyenne,
18:08on a tous des peurs
18:09et elles sont normales.
18:11Et qui gagne dans le combat ?
18:13Le cerveau sait que la peur
18:15est irrationnelle
18:15et le corps réagit.
18:16Qui gagne ?
18:17Le corps ou le cerveau ?
18:18Alors c'est une très bonne question
18:19sauf que c'est tout dans le cerveau.
18:20C'est-à-dire qu'il y a
18:20le cerveau du haut,
18:21celui qui réfléchit,
18:22qui finit par dire
18:23oui, en fait,
18:24c'est bénin,
18:24ce n'est pas grave,
18:25je peux essayer
18:27de caresser l'araignée.
18:29Alors non,
18:30je ne vais pas essayer.
18:30Il y a le cerveau du bas,
18:32c'est dans le cerveau,
18:33c'est le milieu,
18:33c'est ce qu'on appelle
18:34le cerveau un peu archaïque,
18:36celui qu'on partage
18:37par exemple
18:38avec d'autres animaux
18:39par exemple
18:40qui ont les mêmes réflexes
18:42que nous,
18:42très profonds,
18:43très archaïques
18:44et très souvent
18:44quand on a une phobie,
18:45c'est qu'effectivement
18:46la partie émotionnelle
18:48prend le dessus
18:49et normalement
18:50quand on se rassure
18:51on peut se raisonner
18:52toutes les phobies
18:52sont des phobies
18:53on dit des peurs irrationnelles
18:54c'est-à-dire excessives
18:55par rapport au danger.
18:56Une araignée n'est pas dangereuse
18:57a priori,
18:58un tigre est dangereux
18:59donc personne n'a
19:00une phobie des tigres
19:01enfin je ne connais pas ça
19:02parce qu'il faut se méfier du tigre.
19:03On sait que c'est dangereux
19:04et on se méfie du tigre.
19:05Ça c'est votre raisonnement
19:06qui vous fait vous raisonner,
19:08vous dire
19:08bon là je peux prendre
19:10le dessus ou pas.
19:11Et si je reprends mon exemple
19:13je les évite
19:14les araignées
19:15donc ça me soulage
19:16finalement sur le moment
19:17mais est-ce que
19:18ce n'est pas aggravé
19:19quelque part
19:21ce processus de phobie ?
19:23Absolument
19:23c'est exactement ça
19:24le processus
19:25effectivement
19:25il y a un déterminant
19:27au départ
19:27qui fait que vous avez peur
19:28on ne sait pas très bien
19:29pourquoi
19:30c'est dans nos gènes
19:30c'est ce que vous avez vécu
19:32peut-être
19:32des histoires
19:33qu'on vous a racontées
19:34sur les araignées
19:35ou qui sont véhiculées
19:36ça c'est le point de départ
19:37et puis après
19:38il y a comment on le renforce
19:39et on le renforce
19:39toujours par ce que vous dites
19:40c'est-à-dire
19:41comme on ne veut pas
19:42être stressé
19:43on évite
19:44et c'est valable
19:44pour toutes les phobies
19:45donc on a des conduites
19:46d'évitement
19:46qui malheureusement
19:47soulagent sur le moment
19:49mais renforcent la peur
19:50parce qu'en gros
19:50vous n'avez pas l'expérience
19:51de pouvoir surmonter cette peur
19:53donc plus on évite
19:54plus on a peur
19:55et plus on a peur
19:56plus on évite
19:56c'est un cercle vicieux
19:57qui est vraiment
19:57toujours constant
19:58Dans le reportage
19:59qu'on a vu tout à l'heure
20:01donc Claire
20:02qui a une phobie
20:04des oiseaux
20:04et notamment des pigeons
20:05testent l'hypnose
20:07pour s'en sortir
20:08où se situe justement
20:09l'hypnose dans tout
20:10l'arsenal thérapeutique
20:11qui existe
20:12Alors c'est très souvent
20:14proposé
20:15nous ce qu'on sait
20:16dans notre
20:17dans notre
20:18littérature
20:19de la médicale
20:20et scientifique
20:20c'est qu'il y a une méthode
20:21qui fonctionne très très bien
20:22depuis très longtemps
20:23elle est connue
20:23et archi validée
20:24scientifiquement
20:25c'est les thérapies comportementales
20:27on dit maintenant
20:27thérapies comportementales
20:28et cognitives
20:29c'est TCC
20:30l'hypnose
20:32n'en fait pas partie
20:33il y a des gens
20:34pour qui ça marche
20:35souvent il y a
20:36plein de formes d'hypnose
20:37différentes
20:37et en fonction
20:38de ce qui est mis dedans
20:39ça va plus ou moins bien marcher
20:40moi je vois plein de gens
20:41qui ont essayé
20:41pour qui ça marche pas
20:42il y en a pour qui ça marche
20:43donc c'est plus incertain
20:45mais en tout cas
20:45il y a une méthode validée
20:46c'est les thérapies comportementales
20:47la thérapie d'exposition
20:49c'est ça
20:49c'est exactement
20:50la thérapie comportementale
20:52qui consiste en fait
20:53à se déshabituer de la peur
20:55donc en fait la peur
20:56elle est au départ
20:56un peu innée peut-être
20:57mais ensuite
20:57elle est apprise
20:59sur apprise
20:59donc on a des réflexes
21:00qui se mettent en place
21:01conditionnés
21:02comme on dit
21:02c'est Pavlov
21:03vous savez
21:03stimuler ce réconce
21:04et là c'est l'invers
21:06il faut désapprendre la peur
21:07et en se confrontant
21:08il n'y a pas d'autre moyen
21:09on peut réfléchir
21:10en se disant
21:10oui c'est pas dangereux
21:11je me raisonne
21:12mais ça ça marche pas
21:12quand on a une phobie
21:13il faut se confronter
21:14se désensibiliser
21:15on dit un peu
21:16comme les allergies
21:17vous savez
21:18pour ne plus sur-réagir
21:20à un allergisant
21:21c'est comme ne plus sur-réagir
21:23à un objet qui fait peur
21:24il faut petit à petit
21:26injecter des petites doses
21:27petit à petit
21:27et c'est comme ça
21:28qu'on fait progressivement
21:29de manière un peu accompagnée
21:30c'est ce que font les thérapeutes
21:32on parle beaucoup
21:32de réalité virtuelle aujourd'hui
21:34est-ce que ça
21:34ça pourrait fonctionner ?
21:35ça fonctionne
21:36ça c'est aussi bien connu maintenant
21:37ça fait plus de 20 ans
21:38qu'on a travaillé sur le sujet
21:39c'est un outil complémentaire
21:41alors sur la base
21:42des thérapies comportementales
21:43c'est-à-dire que ça permet
21:44de se mettre en situation
21:45dans des conditions
21:45on va dire un peu plus
21:47ludiques
21:48et acceptables
21:49parce qu'il y a plein de gens
21:50qui ont dit
21:50il va falloir
21:51vous approcher d'un chat
21:53alors que vraiment
21:54ils ont peur depuis 20 ans
21:55et bien c'est plus facile
21:56avec des photos
21:57on fait ça toujours
21:59avec des photos
21:59depuis longtemps
22:00mais en réalité virtuelle
22:01c'est en 3 dimensions
22:02on peut interagir un peu plus
22:03et les gens se sentent
22:04plus en sécurité
22:05donc ça marche
22:06c'est juste un peu compliqué
22:07au niveau pratique
22:08il faut avoir le matériel
22:09etc
22:10et en réalité
22:10il faut quand même
22:11aller dans la vraie vie
22:12après
22:12donc c'est une étape
22:13on vit aujourd'hui
22:15dans un monde
22:15qui est quand même
22:16relativement anxiogène
22:17on le voit tous les jours
22:18est-ce que ça
22:19ça peut aussi accélérer
22:21les phobies
22:21ça peut favoriser
22:22les phobies
22:23ou pas forcément ?
22:25alors c'est vrai
22:26que ça fait partie
22:26des troubles anxieux
22:27les phobies
22:28comme d'autres choses
22:29les attaques de panique
22:30l'anxiété généralisée
22:33en fait c'est peu déterminé
22:34par les événements
22:35à part être traumatisé
22:37par une scène
22:37ça c'est possible
22:38mais sinon l'inquiétude
22:40c'est un peu ce que vous dites
22:41c'est plutôt ce qu'on appelle
22:42l'anxiété généralisée
22:43alors ça va souvent ensemble
22:44c'est les mêmes personnes
22:45qui ont souvent
22:45beaucoup de phobies
22:46et beaucoup d'inquiétudes
22:47d'anxiété
22:47et donc il y a un climat général
22:49effectivement
22:49qui n'est pas propice
22:50à la sérénité
22:51mais on n'a pas vu
22:53exploser en tout cas
22:53des phobies
22:54ce qu'on voit
22:54c'est des phobies compliquées
22:55par contre
22:56plus que les animaux
22:57par exemple
22:57ou que le sang
22:58qui est aussi quelque chose
22:59de très particulier
23:00il y a les phobies sociales
23:01donc la peur
23:02d'aller vers les autres
23:03et du jugement
23:04des autres
23:04et l'agoraphobie aussi
23:06qui est le fait
23:07d'avoir peur
23:08de s'éloigner de chez soi
23:09parce qu'on se sent
23:10en danger à l'extérieur
23:11ça c'est des phobies
23:12plus complexes
23:13et peut-être
23:13qui sont nourries en effet
23:14par un contexte
23:15et des aspects sociaux
23:16sociétaux
23:17plus complexes
23:18ça veut dire plus résistantes
23:19est-ce qu'il y a des phobies
23:20plus résistantes que d'autres ?
23:21Oui alors plus complexes
23:22parce que plus
23:24avec plus de conséquences
23:25plus de répercussions
23:26dans la vie quand même
23:27quand on ne peut pas
23:28parler aux autres
23:28c'est quand même compliqué
23:31résistantes oui
23:31quand il y a des fragilités
23:32c'est plutôt ça
23:33c'est quand vous avez
23:33en plus de la dépression
23:34ou en plus vécu
23:35beaucoup d'événements difficiles
23:37donc l'amélioration
23:39elle est toujours possible
23:40je crois qu'il faut vraiment
23:41dire à tout le monde
23:41ça vaut la peine
23:42parce que c'est des troubles
23:42qu'on soigne bien
23:43on peut s'en sortir
23:43on peut guérir d'une phobie
23:45absolument
23:45ça se soigne bien
23:46après il y a des gens
23:47pour qui probablement
23:47c'est plus ancré
23:48moi j'ai vu beaucoup de gens
23:49où je parlais des phobies des chats
23:50par exemple
23:50c'est un peu plus compliqué
23:52parce qu'ils ont toujours
23:52vécu avec ça
23:53ils ont tellement évité
23:55mais c'est toujours possible
23:56même des personnes un peu âgées
23:57il faut le faire
23:58parce que ça peut quand même
23:59améliorer la qualité de vie
24:01pour pas mal de gens
24:01on parle aussi des transports
24:03par exemple
24:03qui est quand même
24:04une des conditions importantes
24:05pour le mode de vie
24:07la voiture
24:07on n'en parle pas beaucoup
24:08mais il y a beaucoup de gens
24:09qui ont peur
24:10de la conduite automobile
24:11puis on connait plus
24:13l'avion
24:14bon mais la voiture
24:15vraiment plus fréquent
24:16qu'on ne le pense
24:17mais alors si on devait être
24:18vraiment très concret
24:20c'est quoi
24:21les premières étapes
24:22pour quelqu'un
24:23qui voudrait s'en sortir
24:24qui a une phobie
24:25et qui voudrait s'en sortir
24:26alors première étape
24:27si c'est faisable par soi-même
24:30on peut essayer par soi-même
24:31exactement
24:33la progressivité
24:34c'est à dire
24:34on va se tester
24:36de donner des petits challenges
24:37comme ça progressivement
24:38par exemple
24:39aller dans le métro
24:40parce qu'à Paris
24:40c'est souvent ça
24:41on ne va pas tout de suite
24:42aller dans la station
24:44la plus bondée
24:44le samedi après-midi
24:45quand il fait chaud
24:46on va aller se rapprocher
24:47d'abord de la bouche du métro
24:49s'habituer
24:49il faut surtout passer du temps
24:51pour que petit à petit
24:52l'anxiété baisse
24:52et puis petit à petit
24:53aller un petit peu plus loin
24:54donc c'est vraiment
24:54la progressivité
24:55pour ne pas se faire violence
24:56mais par contre
24:57il faut se donner des objectifs
24:59et avancer
25:00et quand ça ne marche pas
25:01tout seul
25:02parce que parfois
25:02c'est plus difficile
25:03ou se faire aider
25:04par un copain
25:05ou quelqu'un
25:05qui va vous accompagner
25:06mais quand ça ne suffit pas
25:07il faut consulter
25:08et des psychologues
25:09pour ça maintenant
25:10ont vraiment les outils
25:11nécessaires
25:12alors ce n'est pas toujours
25:12facile de trouver
25:13mais il faut trouver
25:14le bon psychologue aussi
25:15qui font plutôt
25:16des thérapies comportementales
25:17encore une fois
25:17c'était très clair
25:18merci beaucoup
25:19merci à vous
25:20professeur
25:20détenu sur notre plateau
25:21merci à vous
25:22de nous suivre chaque semaine
25:23c'est la fin
25:24de cette émission
25:26n'oubliez pas
25:27que vous pouvez retrouver
25:28l'intégralité
25:29de cette émission
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