00:00Bonjour Damien Martinelli. Bonjour Madame.
00:02Alors avant de revenir sur l'enquête autour de cette fusillade et la lutte contre le narcotrafic,
00:07j'aimerais qu'on parle des débordements hier au stade de l'Alliance Riviera.
00:10Est-ce qu'il y a eu des interpellations ?
00:12J'étais présent hier soir au stade, on a vu des images et des comportements qui n'ont pas leur
00:17place dans le football.
00:19Il n'y a pas eu d'interpellation, l'objectif pour les fonctionnaires de police présents,
00:25sous la direction de la directrice de cabinet qui gérait l'événement,
00:29ça a été parfaitement géré, de maîtriser l'événement, de contenir les débordements, ça a été fait.
00:37Finalement la situation, le calme a pu être rétabli assez rapidement
00:41et des enquêtes sont ouvertes parallèlement avec notamment l'exploitation des images
00:45et ceux qui se sont comportés tels que nous l'avons vu sur les images hier soir
00:50auront à assumer leurs responsabilités le moment venu.
00:53Alors revenons sur cette fusillade dans le quartier des Moulins, c'était il y a pile une semaine.
00:57Une semaine après, où en est-on dans l'enquête ?
01:01Dans l'enquête, comme le parquet de Marseille l'a annoncé la semaine dernière,
01:04quatre interpellations, le parquet de Marseille est saisi,
01:07donc je ne pourrais pas vous en dire davantage,
01:09mais une conférence de presse est prévue ce soir à 17h à Marseille
01:13et à cette occasion le procureur de la République de Marseille donnera des éléments
01:17sur l'avancée des investigations.
01:18D'ailleurs, pourquoi cette affaire est désormais placée sous la direction de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille ?
01:26Lorsqu'on a des faits, nous échangeons avec le parquet de Marseille de manière quasi quotidienne,
01:30nous échangeons avec le parquet de Marseille en fonction de la nature des faits,
01:34de leur gravité, de leur potentielle complexité, des premiers éléments qui vont apparaître.
01:40Dans cette affaire, il est apparu assez rapidement que nous avions un véhicule volé à Marseille juste avant les faits.
01:46Ce sont l'ensemble de ces éléments qui amènent à s'interroger pour savoir
01:50quel est le parquet le mieux positionné pour traiter au mieux la procédure.
01:54Au cas présent, le parquet de Marseille est estimé qu'il lui appartenait de prendre la main sur cette procédure.
01:59La lutte contre le narcotrafic, vous l'avez souvent dit à notre micro,
02:03c'est l'une de vos priorités depuis trois ans.
02:07Finalement, ce nouveau drame, c'est une forme d'échec ?
02:13Quand on a 11 morts dans un quartier, moi je comprends le désarroi, l'angoisse des habitants,
02:21les interrogations quant à l'action de la police et de la justice pour régler ce problème.
02:27Depuis trois ans, vous m'entendez dire que c'est un problème difficile,
02:32une problématique fortement ancrée.
02:34Il y a des faits que nous avons réussi à déjouer en termes de tentatives d'homicide
02:40et il y a des passages à l'acte extrêmement violents, extrêmement rapides,
02:45tels qu'on a pu le voir lundi dernier, tels qu'on avait pu le voir au mois d'octobre,
02:49pour lesquels nous ne sommes pas en capacité de les prévenir et d'interpeller en amont.
02:55Il manque de force de l'ordre, il manque de police sur place.
02:59C'est quoi le problème aujourd'hui ?
03:01On a la nécessité sur l'investigation, j'ai eu l'occasion de le dire, de renforcer la lutte contre
03:06le trafic de stupéfiants.
03:07C'est du travail de voix publique, il est intense et en ça, il y a un engagement extrêmement fort
03:15de l'ensemble des acteurs.
03:16Je veux juste donner deux, trois chiffres, même si j'ai bien conscience que quand on donne des chiffres face
03:20à la situation
03:22et aux 11 morts, ça peut paraître dérisoire.
03:24Mais ces chiffres illustrent concrètement et quotidiennement ce qui est fait.
03:28Entre le 1er janvier et le 15 avril, sur le seul quartier des Moulins,
03:32c'est 200 personnes qui ont été placées en garde à vue,
03:35c'est 47 qui ont été incarcérées, simplement pour le quartier des Moulins.
03:40Donc il faut continuer, il faut arriver à éradiquer les points de deal.
03:45C'est un objectif central, on est passé de 12 points de deal actifs en 2023 à 2 points de
03:52deal aujourd'hui.
03:53Pourquoi éradiquer les points de deal ?
03:54Parce que éradiquer les points de deal, c'est aussi faire baisser la tension et la violence autour de la
04:00vente de stupéfiants.
04:01Mais comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire également, la lutte contre le trafic de stupéfiants,
04:05ce n'est pas que la police et la justice, c'est aussi une problématique majeure de santé publique.
04:12On essaie de travailler sur l'addiction, autour de la remise en place de l'injonction thérapeutique.
04:16Et quand on voit des passages à l'acte violent, c'est aussi une problématique plus globale de société.
04:21Comment en arrivons-nous à avoir des jeunes, parfois des mineurs, pour quelques milliers d'euros,
04:28capables de porter atteinte à les vies de personnes qu'ils ne connaissent pas ?
04:32C'est aussi une vraie problématique de société.
04:35Vous travaillez à la source, c'est une problématique politique finalement, c'est ce que vous dites ?
04:38C'est une problématique de société, c'est une problématique globale.
04:41Et il faut vraiment attaquer le trafic de stupéfiants sous tous les aspects.
04:45Donc il y a l'aspect policier, il y a l'aspect judiciaire, mais ce n'est qu'une partie
04:49de la réponse.
04:50En tout cas, ce qui nous frappe dans cette affaire, c'est que ça s'est passé en pleine journée.
04:55Une trottinette, un homme qui arrive sur une trottinette, c'est le tireur supposé, et qui sort une arme.
05:01Des personnes visées au hasard, ça c'est ce qu'on verra selon l'enquête ou pas.
05:07C'est quand même extrêmement violent, et là je pense que tous les Niçois sont choqués par cette violence.
05:12On a le sentiment que la violence monte de plus en plus ici dans notre ville.
05:17Il y a évidemment de quoi être choqué.
05:18Ce sont les deux personnes tuées, des personnes sans lien avec le trafic de stupéfiants.
05:24Comme l'étaient les victimes de l'incendie, comme l'étaient les victimes de la fusillade du mois d'octobre.
05:30C'est l'illustration d'une violence totalement débridée, qui renvoie à ce que je viens d'indiquer à l
05:34'instant.
05:35Comment on en arrive à avoir, au travers d'une petite annonce sur Snapchat, sur un autre réseau social,
05:42une multiplicité de candidats pour venir tuer des personnes qu'elles ne connaissent pas pour quelques milieux d'euros ?
05:49On pense là aussi que c'est lié aux réseaux sociaux, et que c'est des tueurs qui peuvent venir
05:53d'ailleurs, qui débarquent ?
05:54Je n'ai pas les éléments sur cette affaire précise, mais ce qu'on peut voir, et ce qu'on
05:57a vu dans un certain nombre de dossiers,
05:59j'avais eu l'occasion de le dire...
06:00Sur l'incendie, c'était ce qui s'était passé dans le quartier des Moulins ?
06:03C'est le cas, effectivement. J'avais eu l'occasion de communiquer sur l'assassinat de février 2025.
06:10C'était à Phénoglio de Brigade, où j'avais précisé, effectivement, qu'une personne, recrutée via les réseaux sociaux,
06:17pour quelques milliers d'euros, était venue sur Nice pour passer à l'acte.
06:21Juste avant cette fusillade au Moulins, il y avait eu aussi un blessé dans le quartier Saint-Roch.
06:26Est-ce qu'elles sont liées, ces enquêtes ? Vous en êtes où d'ailleurs sur cette enquête ?
06:31Alors, comme l'a indiqué le parquet de Marseille, ils ont repris deux faits.
06:36Ils ont repris l'épisode du commerce mitraillé avec le jet de l'engin incendiaire pyrotechnique de vendredi,
06:46et les faits de lundi, et nous avons gardé à Nice les faits concernant Phénoglio de Brigade.
06:52Les investigations se poursuivent.
06:53Vous l'avez dit, il y a de moins en moins de points de deal identifiés sur Nice.
06:59Vous avez dit qu'il y en reste deux. Comment on arrive à autant de violences, autant de faits,
07:04alors qu'on voit que les points de deal sont éradiqués au fur et à mesure ?
07:09Deux points de deal actifs qui restent effectivement sur les Moulins, il y en a d'autres, notamment sur le
07:14reste de la ville.
07:15Quand j'évoque les douze et les deux, c'est sur le quartier des Moulins.
07:20C'est un marché, donc lorsque vous arrivez à réduire le nombre de points de deal,
07:26vous réduisez les parts de marché, donc potentiellement vous pouvez exacerber la concurrence et la violence associée.
07:33Après, il y a une multiplicité de facteurs.
07:36Les dealers essayent de récupérer ces points de deal quand vous vous les éradiquez finalement ?
07:40Dans les passages à l'acte violent, on a effectivement ce qu'on appelle des guerres de territoire,
07:44savoir récupérer des points de deal.
07:45Vous pouvez avoir des motifs liés à des dettes,
07:49un réseau qui a avancé du produit, qui a prêté de l'argent à un autre,
07:52et la dette n'est pas remboursée.
07:54Vous pouvez aussi avoir des conflits personnels entre gérants,
07:59entre dirigeants de réseau qui viennent se greffer sur cette situation.
08:03C'est l'ensemble de ces facteurs qui font qu'on a des passages à l'acte violent.
08:07Le maire de Nice, Éric Ciotti, inaugure aujourd'hui un commissariat de la police municipale
08:14sur la place des Amaryllis.
08:15C'est là où la fusillade a eu lieu il y a une semaine.
08:18Est-ce que ça aussi c'est une réponse pour lutter contre le narcotrafic,
08:23la police municipale plus visible au cœur du quartier ?
08:26C'est un outil.
08:29Depuis mon arrivée, je fais le constat qu'on travaille très bien avec la police municipale.
08:34Nous avons conduit un certain nombre de contrôles avec eux.
08:38Il y a tout le travail aussi dans le cadre de l'exploitation de la vidéoprotection,
08:43qui est un outil très précieux dans les enquêtes à Nice.
08:46Nous allons continuer à nous inscrire dans cette complémentarité.
08:49Il y a la loi sur les polices municipales qui devrait être votée prochainement.
08:54Et il conviendra effectivement avec la police municipale, avec l'ensemble des acteurs,
09:00de décliner cette complémentarité qui sera accrue compte tenu des nouvelles prérogatives
09:05qui vont être données à la police municipale.
09:08Chacun a une place à prendre dans la lutte contre le trafic de stupéfiants,
09:12dans le cadre de ces missions, en complémentarité.
09:15Et pour ce qui me concerne, je serai le garant de l'efficacité de cette complémentarité.
09:19Merci beaucoup Monsieur le Procureur d'avoir été notre invité ce matin sur ICI Azure.
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