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  • il y a 24 minutes
Présent sur le plateau de CNEWS, l'ancien ministre Philippe de Villiers a interpellé Emmanuel Macron sur la question de la fin de vie.

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Transcription
00:00Vous souhaitez, Philippe Devilliers, adresser un message au Président de la République.
00:05Oui.
00:05Qu'est ce message ?
00:06Alors je voudrais lui adresser le message suivant.
00:11Monsieur le Président, nous avons correspondu à une époque,
00:16et je me souviens de votre lettre du 4 juillet 2019,
00:20dans laquelle vous me dites, entre les lignes, vous avez raison sur l'euthanasie.
00:25Cette lettre, je l'ai gardée précieusement, elle est écrite à la main.
00:30Elle est bien écrite.
00:31Elle est solennelle.
00:33Elle est personnelle.
00:35Elle vient du fort intime.
00:38Donc qu'est-ce qui vous est arrivé ?
00:40Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de faire, là ?
00:46En plus, c'est très serré, ça va être très serré, de plus en plus serré.
00:49C'est pas du tout le consensus que vous avez appelé de vos voeux devant la grande loge.
00:58Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ?
01:00Vous êtes en train d'opérer un renversement, un basculement éthique, un renversement anthropologique majeur.
01:11Vous êtes en train de changer de code.
01:15Vous passez du code pénal au code de la santé publique, avec la non-assistance de personnes en danger.
01:22La non-assistance de personnes en danger aujourd'hui, c'est un crime.
01:30Et la non-assistance à personnes en danger demain sera une vertu morale, avec votre loi.
01:36Une vertu morale, familiale, civique.
01:41C'est intolérable.
01:44Renversement anthropologique.
01:46Mais ça va plus loin.
01:48C'est un retour en arrière, un bond en arrière de 25 siècles,
01:56qui nous ramène vers l'âge pré-hypocratique, du nom de ce médecin grec, hypocrate,
02:04qui a défini la médecine et les règles éthiques de la médecine,
02:09qui s'énumèrent ainsi, encore aujourd'hui, comme il y a 25 siècles, à Athènes.
02:16Premièrement, le soignant soigne.
02:21Ensuite, le médecin sauve.
02:23Et ensuite, la mort sur ordonnance ne peut pas être le prolongement du soin.
02:30D'autant plus, comme le dit Claire Foucade magnifiquement dans son livre,
02:36la relation de soin entre le soignant et le soigné,
02:42c'est une alliance asymétrique.
02:47Asymétrique.
02:49C'est-à-dire qu'elle repose sur un acte de confiance ineffable.
02:53Cet acte de confiance ineffable ne peut pas supporter le soupçon.
02:57Comme l'a très bien dit le professeur Juvin, quand il a déclaré,
03:03« Moi, quand j'entre dans la chambre d'un patient, il me regarde, il guette mes yeux, il guette
03:11mes mains.
03:14Et il se pose la question, que vient-il faire ? »
03:18Mais demain, la question sera plus lourde encore.
03:20« Que vient-il faire ? »
03:22« Me sauver ? »
03:25Ou en finir ?
03:28Avec un calmant, il vient ou avec une injection létale ?
03:33Donc, le crime de meurtre va devenir légal.
03:37Le crime de meurtre va devenir légal.
03:40Appelons les choses par leur nom.
03:42Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:43Ça veut dire qu'on pourra tuer son parent, qu'on pourra tuer son enfant,
03:48qu'on pourra tuer son patient.
03:51Et ça change tout.
03:53C'est-à-dire qu'en fait, la mort administrée sera le prolongement du soin.
03:59C'est-à-dire que le soin sera défini autrement par la médecine.
04:05Et déjà, on dit qu'il va y avoir un nouveau métier.
04:09Les euthanasieurs, avec dans les hôpitaux, des locaux affectés à ce nouveau métier en finir.
04:20Et dans tous les pays qui ont légalisé l'euthanasie,
04:26le crime de meurtre s'est étendu aux enfants et aux handicapés.
04:31Il n'y a pas d'exception.
04:35Et donc, j'en arrive à ceci, M. le Président.
04:38Vous mentez.
04:40Arrêtez de mentir.
04:43Pourquoi vous mentez ?
04:45Parce que vous dites avec vos amis,
04:49députés,
04:51vous dites qu'il s'agit d'une loi sur la fin de vie.
04:57C'est faux, c'est un mensonge.
05:00Puisque c'est une loi qui n'est pas que pour la fin de vie.
05:04Puisque sont éligibles, je cite,
05:07éligibles, vous vous rendez compte le mot,
05:08sont éligibles les incurables,
05:13les formes de maladies qui ne sont plus soignables,
05:19de même que les handicapés, etc.
05:22sont éligibles.
05:24Ce n'est pas la fin de vie, ça.
05:27Ensuite, vous avez osé dire, M. le Président,
05:31que c'était une loi de fraternité.
05:34Regardez-moi dans les yeux,
05:35si vous en avez eu le courage.
05:37Comment vous pouvez dire une chose pareille ?
05:39Une loi de fraternité ?
05:42Parce que donner la mort,
05:43c'est fraternel ?
05:44Donner la mort à son père, à sa mère,
05:46à son fils,
05:48à son patient,
05:49c'est fraternel ?
05:52Fauter du monde !
05:55Et puis,
05:57l'aide active à mourir,
05:59qu'est-ce que c'est que ce contournement sémantique ?
06:01L'euphémisation, comme on dit.
06:05On contourne.
06:06L'aide active à mourir.
06:09Alors qu'il s'agit
06:12d'oxyre
06:16par l'euthanasie
06:18et le suicide assisté,
06:19disons les mots,
06:20prononçons les mots,
06:23les plus pauvres,
06:24parce que c'est ceux-là
06:26qui sont concernés,
06:27les plus pauvres,
06:29les plus dépressifs,
06:32les plus démunis
06:33et les plus solitaires.
06:37M. le Président,
06:39ce que vous êtes en train de faire
06:42laissera une trace dans l'histoire
06:44pour vous
06:44et vos amis.
06:46Vous serez comparés
06:48à ce qui s'est passé
06:50en Allemagne
06:51en 1933
06:52avec l'action T4
06:56quand on disait
06:57dans une loi,
06:58je cite,
06:59que les personnes incurables
07:01doivent avoir droit
07:03à une mort miséricordieuse.
07:08L'eugénisme,
07:10puisqu'il s'agit de cela.
07:12L'eugénisme,
07:13c'est quand
07:13on décide
07:18qui va mourir
07:20et qui va vivre.
07:22L'eugénisme,
07:23c'est quand
07:24on est sur le chemin
07:26de la dérive
07:27vers l'enfant parfait
07:29et le vieillard parfait.
07:31C'est ça, l'eugénisme.
07:32Et l'eugénisme,
07:33c'est quand on dit
07:34délit d'entrave.
07:36M. de Villiers,
07:37vous n'aurez plus le droit
07:38de dire
07:39que l'euthanasie
07:41est un crime.
07:43Vous n'aurez plus le droit
07:44de vous battre
07:46contre l'euthanasie
07:47et le suicide assisté.
07:50Parce que ce sera
07:52illégal
07:53et donc immoral.
07:54M. le Président,
07:55vous avez charge d'âme
07:57en cet instant.
07:58c'est-à-dire que vous avez
08:02la charge
08:04de devoir considérer
08:06qu'en France,
08:08aujourd'hui,
08:09ce qui est légal
08:10est considéré
08:11comme moral.
08:14Par exemple,
08:15aujourd'hui,
08:17on ne peut plus dire
08:20que priver
08:21un enfant de sa vie,
08:23c'est mal.
08:24le dire,
08:25c'est immoral.
08:27Parce que l'avortement
08:28est entré dans la Constitution.
08:30Et demain,
08:30on ne pourra plus
08:32défendre la vie.
08:35On risquera la prison.
08:37Et donc,
08:39M. le Président,
08:41je vous laisse
08:42en dépôt
08:45un mot de Bernanos
08:46que j'ai déjà
08:48prononcé ici,
08:49mais qui a
08:50toute son actualité.
08:53La civilisation
08:55moderne
08:56est une
08:57conspiration
08:59universelle
09:00contre toute
09:01forme de vie
09:02intérieure.
09:04C'est ce que
09:04vous m'avez dit
09:05dans votre lettre
09:06du 4 juillet
09:082019.
09:09Je vous en supplie,
09:10M. le Président,
09:11considérez le pays
09:12comme il est.
09:13C'est un pays
09:14blessé
09:16qui souffre.
09:17Il y a d'autres urgences
09:20que de liquider
09:21les vieux.
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