00:00Général Pellistrandi, quelles pourraient être ces frappes ?
00:03Alors on parle de plusieurs stratégies militaires, est-ce que vous pouvez nous les détailler ?
00:07Il y a d'abord l'île de Karg.
00:09Oui, alors l'île de Karg, vous savez, ça fait depuis pratiquement le début du conflit qu'on en parle.
00:13C'est cette île qui est située tout au fond du golfe arabo-persique.
00:19Vous voyez, on a des photos satellitaires qui permettent de grossir.
00:21Qu'est-ce qu'il y a sur l'île de Karg ?
00:23En fait, c'est par là que l'Iran peut exporter son pétrole.
00:27C'est-à-dire que les pétroliers viennent sur les appontements.
00:30Vous voyez, on voit ici les réservoirs.
00:32Ils chargent le pétrole et ils partent.
00:34Alors détruire l'île de Karg, ça veut dire en fait détruire les capacités d'exportation de pétrole.
00:41Par contre, là, on est sûr qu'on ferme le robinet en quelque sorte iranien pour des mois, voire des
00:48années.
00:49Donc c'est une hypothèse possible.
00:52Une option qui ferait très très très mal à l'économie iranienne et donc à l'économie mondiale.
00:56Ça veut dire quoi ?
00:59Ça veut dire qu'on priverait le monde de près de 2 millions de barils jour.
01:05Et je ne parle pas bien sûr de l'impact écologique parce que là, ça serait vraiment une catastrophe environnementale
01:11majeure.
01:12Regardez, on voit tous ces réservoirs.
01:13Et on a vu déjà les premières marées noires au large de l'île de Karg la semaine dernière
01:18qui laissaient présager un désastre écologique.
01:21On le voit très bien sur cette image.
01:23C'est pour ça que Donald Trump hésite.
01:25Autre option qui est sur la table, Général Pellistrandi, c'est de frapper donc les ponts, les centrales électriques.
01:32Oui, alors ça, c'est une autre possibilité.
01:34On l'a vu notamment, donc, la destruction d'un pont autoroutier.
01:39Alors là, c'est ce type de pont.
01:43Le pont autoroutier qui a été détruit pendant les 40 jours, c'était un pont d'ailleurs qui était en
01:47construction.
01:48Mais quand vous détruisez des ponts, en fait, qu'est-ce qui se passe ? C'est que vous bloquez,
01:53en quelque sorte, le fonctionnement de l'Iran.
01:55L'Iran, c'est un million de kilomètres carrés.
01:58Et détruire ces ponts, c'est pour asphyxier, en quelque sorte, l'Iran.
02:03Mais vous asphyxiez qui ? Pas le régime.
02:06Le régime, il survivra.
02:07C'est le fonctionnement au quotidien pour la population.
02:11D'autant plus qu'il n'y a pas de réel intérêt stratégique quand il n'y a pas d
02:16'opération terrestre prévue.
02:18Donc, c'est une possibilité.
02:20Quand il n'y a pas, j'entends bien que le conditionnel est toujours là, Général.
02:24Bien sûr.
02:24Quand il y a une opération terrestre, c'est intéressant de détruire les ponts pour empêcher l'adversaire de mouvoir
02:30ces troupes.
02:31Mais là, ça va asphyxier, en quelque sorte, le fonctionnement économique.
02:36Et pour autant, ça n'entraînera pas de révolte du peuple iranien qui a été réprimé au mois de janvier.
02:43Et dernière option, évidemment, c'est de détruire ce qu'on appelle les sites de lancement de missiles
02:49et de s'attaquer même peut-être à ces souterrains, puisqu'on sait que l'Iran a profité de se
02:55cesser le feu pour se réarmer.
02:56Oui, mais regardez ces chiffres. Selon la presse américaine, il y en a beaucoup de sites de lancement qui ont
03:05été remis en service.
03:07Et on a une difficulté à évaluer les capacités réelles de l'Iran.
03:12A-t-elle encore beaucoup de missiles des lanceurs ?
03:15Ce que l'on sait, là, ça a une certitude, c'est que la flotte moustique, elle est dans le
03:20détroit d'Hermouz,
03:21que des drones, ils en ont des milliers, voire des dizaines de milliers,
03:25et qu'ils conservent une capacité de nuisance suffisamment importante pour faire beaucoup de dégâts,
03:29notamment dans les États qui bordent le golfe arabo-persique.
03:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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