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Dans son édito du 14/05/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur le «macronisme».

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00:00Alors nous sommes dans une étrange ambiance en ce moment, de fin de règne, assurément, crépusculaire, vous avez évoqué plutôt
00:06une forme de tournée d'adieu du président, tournée d'adieu à travers le monde, où il goûte les plaisirs
00:11de la popularité extérieure, puisque la popularité intérieure lui manque peut-être un peu.
00:17Donc on est dans ce moment où une partie aussi du commentariat, et de plus en plus en fait de
00:21commentateurs, d'analystes, se posent la question de l'héritage, du bilan. Que s'est-il passé depuis dix ans
00:27? De quelle manière Emmanuel Macron a-t-il transformé la France ? Il l'a pris dans quel état
00:32? Il la laisse dans quel état ? On voit aussi s'agiter tant et tant de candidats dans cette
00:38espèce de primaire réparpillée du bloc central.
00:41Ils sont très nombreux quand même à vouloir aujourd'hui prendre le relais du bloc central, mais sans pour autant
00:47revendiquer l'héritage macroniste. C'est assez particulier.
00:50Donc dans cette séquence-là, je pense que pour comprendre ce qui s'est passé sur dix ans, il faut
00:54d'abord comprendre, revenir sur le contexte d'émergence d'Emmanuel Macron, revenir sur le projet qui était le sien,
01:00revenir sur les grandes orientations idéologiques et revenir avec le rapport qu'il a entretenu depuis dix ans avec le
01:05peuple français.
01:07Le point de départ du macronisme, nous le savons, c'est la présidence épuisée de François Hollande. François Hollande qui,
01:12par ailleurs, aujourd'hui se verrait revenir, ne l'oublions pas.
01:15François Hollande qui est dans une posture à ce point malheureuse ou misérable, diraient ses adversaires, qu'il est incapable
01:23de se représenter lui-même.
01:24Il est en quelque sorte vaincu. Il ne peut pas se présenter. Il est balayé par l'histoire.
01:29Et on voit à travers la chute annoncée de François Hollande, on entend déjà la question de ce qu'on
01:33n'appelle pas encore nécessairement les extrêmes au pluriel, mais on voit un sentiment insurrectionnel se développer en France et
01:38un système paniqué.
01:40Que se passe-t-il si on laisse Hollande se représenter? Les méchants, les extrêmes, les gens terrifiants risquent de
01:46l'emporter.
01:47Dès lors, il nous faut renouveler le système de l'intérieur, donner l'impression que le système peut engendrer sa
01:53propre révolution transformatrice.
01:55Ça sera d'ailleurs, ne l'oublions pas, le titre de l'ouvrage d'Emmanuel Macron, Révolution.
01:59Donc le système, ou le régime, dit nous sommes capables de nous ripolliner la façade, nous pouvons nous transformer, nous
02:05pouvons nous transformer d'un intérieur, nous avons notre homme, Emmanuel Macron.
02:09Et là, on est dans un moment où il y a d'un côté le récit et de l'autre
02:12côté, on pourrait dire, le régime.
02:14Le récit, c'est celui d'une forme de jeune Bonaparte, version années 2000.
02:19Donc inattendu, il surgit de nulle part, mais il est tellement talentueux, époustouflant, brillant, exceptionnel, lumineux, qu'il réussit, tel
02:27un jeune Bonaparte des années 2000,
02:29à surprendre tout le monde, à s'emparer de la vie politique française et à gagner la présidence de la
02:34République.
02:35Au même moment, on peut se dire aussi, sans être exagérément conspirationniste,
02:38on peut dire qu'il est soutenu quand même par de puissants réseaux, il est soutenu par de puissantes, non
02:43pas organisations, mais une mouvance qui se dit, voilà notre homme pour rester en place.
02:47Il est porté, soutenu par des intellectuels qui comptent dans l'histoire française du début des années, des années 90
02:54à aujourd'hui,
02:55Jacques Attali, Alain Minc, des gens qui auront compté pour porter le macronisme, pour le définir, pour le penser.
03:00Il est porté aussi par toute une élite qui voit en lui le jeune président fringant,
03:05capable justement de donner un nouveau cycle à un régime qui sinon pourrait s'effacer, sinon s'effondrer.
03:12Mais dans l'histoire, et c'est toujours comme ça, la créature s'émancipe inévitablement du créateur.
03:17Et Emmanuel Macron va très rapidement donner le programme qui est le sien.
03:22Donc on passe de Macron, l'homme qui surprend tout le monde, l'homme qui, rappelez-vous à l'époque,
03:27peut à la fois tendre la main à Philippe de Villiers, tend la main aussi à gauche.
03:31Voilà un homme qui parlait de manière nostalgique du roi de France, allait au puits du fou,
03:37au même moment parlait d'une très grande nécessaire modernité en France,
03:40avait le culte de l'Europe, mais donnait l'impression d'incarner une forme de président philosophe,
03:45à tout le monde chez ceux qui voulaient l'aimer.
03:46Et là, il précise sa doctrine assez rapidement.
03:50On y verra, c'était le dernier spasme, ou le nouvel élan, selon la préférence des uns des autres,
03:55de la pensée unique, de la mondialisation heureuse.
03:58Donc le mondialisme, hostilité manifeste un enracinement.
04:02L'européisme, hostilité manifeste à la souveraineté nationale.
04:05Le multiculturalisme, hostilité manifeste à l'identité nationale.
04:09Rappelez-vous son discours de Marseille, où il fait la liste de toutes les nationalités présentes dans la salle.
04:13On avait l'impression qu'on était dans la séquence du nationalisme dissivique,
04:16mais non, toutes les communautés étaient invitées en tant que communauté à soutenir le macronisme.
04:21Donc c'est une forme de post-nationalisme multiculturaliste décomplexé et militant
04:26qui s'accompagnera par ailleurs d'un discours très critique sur l'histoire française.
04:30Mais en politique, il y a la doctrine, il y a l'idéologie,
04:33et il y a aussi le désir profond de conserver le pouvoir à tout prix.
04:38De ce point de vue, on a vu au fil de ces dix ans que le macronisme est capable de
04:42dire tout et son contraire.
04:43En fait, le bloc central, on commencera à l'appeler ainsi, pour se maintenir au pouvoir.
04:48Donc il faut donner un coup à gauche, Papandiaï.
04:50Un coup à droite, Jean-Michel Blanquer, ou plutôt, on s'en s'en verse d'ailleurs.
04:53On peut envoyer tous les signaux nécessaires.
04:55On peut faire une campagne à l'achevènement s'il le faut,
04:58promettre, on a déjà oublié ça, au printemps républicain des postes de ministres importants,
05:02et ensuite faire un virage diversitaire, multiculturaliste.
05:05En fait, l'idée était la suivante.
05:06Nous sommes le seul parti légitime.
05:09Et ça, je pense que c'est un élément central du macronisme.
05:11La prétention à être le seul parti légitime en France.
05:15Vous pouvez être en désaccord à l'intérieur du macronisme.
05:18Donc il y avait un macronisme de gauche, un macronisme de droite, un macronisme de centre.
05:21Mais il n'était pas possible d'être extérieur au macronisme.
05:24Alors là, on basculait dans les extrêmes.
05:26Qu'est-ce qui caractérise aussi cette période?
05:28C'est une période où on prend forme une espèce de moment insurrectionnel en France.
05:33Les Gilets jaunes, on pourrait dire que c'est l'acte de naissance,
05:35ou c'est la révélation aux yeux de tous d'un nouvel esprit de jacquy en France.
05:41Des Français, de plus en plus nombreux, les oubliés de la mondialisation, les indélogeables,
05:45ceux qui disaient « vous nous aviez oubliés, mais on cherche à rappeler notre existence »
05:49se manifestent au moment des Gilets jaunes.
05:51Des Français invisibilisés de l'ancienne France
05:53qui réclament néanmoins quelques considérations de la part du pouvoir.
05:58Et on a oublié, cette révolte porte déjà tout ce qui vient aujourd'hui.
06:02Révolte fiscale contre la hausse du prix de l'énergie,
06:05contre l'abandon de la France périphérique,
06:07sacrifiée pour ce qu'on appellerait aujourd'hui la Nouvelle France.
06:10Et on n'oubliera pas non plus que ça nous rappelle la séquence des Gilets jaunes
06:13à quel point la gauche est toute puissante
06:15dans sa capacité à détourner des mouvements populaires à son avantage.
06:18Révolte quasi-néopoujadiste,
06:20transformée en quelques semaines en insurrection encagoulée de gauche radicale.
06:25On connaît ça par cœur.
06:26Autre moment du macronisme inaugural, la loi Avia.
06:30Alors, on l'a oubliée aujourd'hui.
06:31Mais la loi Avia, c'était quoi?
06:32C'était la volonté d'étendre les lois de censure en matière de liberté d'expression.
06:37Notamment, il y avait dans la loi Avia l'idée qu'il fallait frapper d'inéligibilité
06:41tout homme, ou toute femme,
06:45qui aurait été reconnu coupable de propos d'appel à la haine raciale.
06:49Donc, de frapper, parce que quand on sait ce qui se cache derrière ces concepts,
06:52c'est-à-dire critique de l'immigration massive aujourd'hui,
06:54l'appel à la haine frappe presque immédiatement.
06:57Dès le début du macronisme, il y a une volonté d'étendre les lois de censure.
07:01De la même manière, il y avait la volonté de ne l'oublier pas,
07:03c'est presque il y a une dizaine d'années, de faire une loi anti-fake news.
07:07Donc, l'idée d'avoir une forme d'organisation centralisée
07:09qui distingue entre les vraies infos et les fausses infos.
07:12Le problème qu'on a vu avec la séquence Hanoï,
07:14qu'est-ce qu'une vraie ou une fausse info du point de vue de l'Élysée?
07:18Donc, une volonté très nette, très nette,
07:21de détendre le domaine de la censure
07:23parce qu'on sent naître un discours qui conteste le régime.
07:26Autre élément qui marque la séquence macroniste,
07:28une forme de mépris peut-être pour le commun des mortels insurgés,
07:32les gaulois réfractaires,
07:34la lèpre nationaliste, la lèpre populiste.
07:37Et cette idée, donc, qu'on doit avoir une politique
07:39pour mater les insurgés.
07:41Et à l'échelle de l'histoire, c'est toujours comme ça que ça se passe.
07:43Vous avez une insurrection, l'idée c'est de la mater,
07:45d'être assez dure avec elle, de la casser,
07:47de briser ses reins, de briser ses ressorts
07:49pour passer ensuite à autre chose
07:51avec un peuple déprimé qui rentre chez lui
07:52et le pouvoir reste dans les mains de ceux qui l'exercent.
07:55Et le macronisme, c'est aussi une séquence
07:57où, paradoxalement, le président de la République
07:59cherchera véritablement à se déployer sur la scène internationale
08:02dans une série de crises
08:03qui vont accélérer la dépossession de la souveraineté française.
08:06Je laisse de côté
08:07la question de la COVID qui est une crise mondiale,
08:09mais que ça, ça va être un accélérateur
08:11de la compression des libertés.
08:13L'Ukraine, Gaza, l'Iran,
08:15le Groenland, à travers tout ça,
08:17Emmanuel Macron et l'environnement qui est le sien
08:19verront chaque fois l'occasion
08:20de pousser plus loin l'Europe.
08:22Dix ans plus tard, quand on fait la séquence du bilan,
08:26on peut dire que jamais, jamais,
08:28l'adhésion populaire a été aussi faible
08:30aux institutions dans le pays.
08:31Ce pourquoi les institutions tendent à se radicaliser
08:34dans leur dimension autoritaire
08:36pour se verrouiller au cas où il y aurait
08:37une nouvelle insurrection électorale
08:39dangereuse qui l'emporterait celle-là.
08:41Alors, pour l'instant,
08:42les candidatures issues du Bloc central
08:46semblent laisser croire
08:47que le macronisme n'est pas univoque.
08:50Comment est-ce qu'on explique cela ?
08:52Il y a un Bloc central.
08:54Ce Bloc central,
08:55donc c'est celui qui contrôle le pouvoir,
08:56c'est qu'il y a le monopole de la légitimité
08:58à certains égards.
08:59Mais voilà qu'ils sont nombreux à s'en réclamer
09:01et à ne pas dire la même chose.
09:03Édouard Philippe,
09:03qui est vu comme le candidat
09:05qui représentait,
09:06d'autant que c'était un homme des débuts du macronisme,
09:09on le voit comme celui qui poursuivrait
09:11cette entreprise.
09:11Tout récemment, vous avez vu,
09:13il s'est revendiqué les premières années du macronisme
09:15pour se placer dans la continuité du président
09:17tout en marquant sa rupture.
09:18Gabriel Attal aussi le fait sans le moindre doute.
09:21Mais chacun avec une forme de rejet adhésion.
09:25Nous étions solidaires,
09:26nous ne le sommes plus,
09:27nous sommes la prochaine étape,
09:28mais nous sommes néanmoins les héritiers.
09:30Il y a aussi les héritiers maximalistes
09:32qui revendiquent clairement le macronisme.
09:34Je pense à Aurore Berger,
09:35qui n'a pas caché son intérêt
09:36pour la présidentielle un jour.
09:38Donc, je ne dis pas qu'elle va gagner.
09:40Je dis que voilà quelqu'un
09:41qui est fier de porter l'étendard
09:42du macronisme décomplexé.
09:44Mais ce qu'on voit aussi,
09:45c'est que le bloc central,
09:46la vraie force du bloc central,
09:47c'est que ce n'était pas que le petit centre.
09:49Le bloc central avait agrégé
09:50tous les partis à prétention de gouvernement.
09:53Le centre-gauche, le centre-droit,
09:55tout ça était rassemblé.
09:56Mais qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui?
09:58Chacun veut s'autonomiser.
09:59Donc, imaginons que François Hollande
10:01réussisse, par exemple,
10:02sa candidature de la gauche non-mélenchoniste.
10:04Imaginons que Bruno Retailleau
10:05ou David Lissinard, conseil,
10:06réussissent à dégager un espace clairement
10:08pour la droite classique.
10:09L'espace qui va rester au bloc central
10:12sera tout à fait mineur et résiduel
10:15dans de telles circonstances.
10:16Voilà pourquoi il y a une nouvelle industrie
10:18de gens qui apparaissent
10:19dans le commentariat et la vie politique.
10:20En ce moment, ce sont les rapièceurs.
10:21Donc, je pense, par exemple,
10:23à M. Copé, homme de talent,
10:24sans le moindre doute,
10:25mais qui cherche à tout prix
10:26à réamarrer la droite classique au macronisme
10:29en disant, nous sommes le bloc dominant demain
10:31si nous le voulons vraiment.
10:33Certes, je ne serai pas premier ministre
10:34ni président,
10:34mais je peux vous réconcilier
10:36si vous me confiez cette tâche.
10:38Il se propose comme candidat à la tâche.
10:40Je ne suis pas certain
10:40qu'il soit reconnu dans ce rôle
10:41pour l'instant.
10:43Par ailleurs, on le voit,
10:44la question des clivages
10:45qui se multiplient,
10:46qui se brouillent tout à la fois.
10:48Donc, multiplient le fameux clivage
10:50gauche-droite,
10:51mais le fameux clivage aussi populiste
10:53et, on pourrait dire,
10:55le parti de la raison,
10:56comme ils disent aujourd'hui.
10:57Il y a aussi les vieilles familles.
10:59Comment vont-elles s'agréger?
11:00Est-ce que, par exemple,
11:00demain, la droite classique version Retailleau,
11:02ou la version LR,
11:03est-ce que ces gens-là pourraient dire
11:04plutôt que d'être le surmoi conservateur
11:06du bloc central,
11:07on pourrait demain devenir
11:08le greffon gouvernemental
11:09du bloc national?
11:10Est-ce que, de l'autre côté,
11:11on va assister une forme
11:12de Bad Godesberg à l'envers,
11:13à gauche?
11:14C'est-à-dire, vous savez,
11:15à l'échelle de l'histoire
11:15de Bad Godesberg,
11:16c'est la gauche radicale
11:17qui abandonne sa radicalité
11:18pour faire le pari
11:18de la culture de gouvernement.
11:20Est-ce qu'une partie de la gauche,
11:21finalement, déciderait
11:21de se rallier à Jean-Luc Mélenchon?
11:23Moi, j'annonce,
11:23j'en suis absolument certain,
11:25si Mélenchon est au deuxième tour,
11:26et même en ça,
11:27une bonne partie de la gauche
11:27va se rallier à lui,
11:29inévitablement.
11:29Ils font semblant que non
11:30en ce moment,
11:31et à la fin,
11:31ils diront, bien évidemment,
11:32nous y allons.
11:33Donc, qu'est-ce qu'on voit?
11:34La France est politiquement
11:35moins lisible qu'auparavant.
11:37Elle est moins lisible
11:38qu'auparavant
11:38parce que tout,
11:39dans cet éclatement,
11:40peut surgir.
11:41Dernière réflexion sur ce thème.
11:43On le voit partout en Occident,
11:44je l'ai dit,
11:44il y a une forme de poussée
11:45dite populiste identitaire
11:47conservatrice.
11:48L'originalité de la France
11:49et de l'Allemagne,
11:49en ce moment,
11:50c'est probablement
11:50d'être le pays
11:51qui pousse le plus loin
11:52son appareillage institutionnel
11:54et juridique
11:54pour verrouiller
11:55les institutions,
11:56pour faire en sorte
11:57que s'il y avait
11:58un grand balayage électoral,
11:59le pouvoir appartiendrait
12:00encore au bloc central
12:02au-delà des élections.
12:04La question qui est posée
12:05désormais est la suivante.
12:06La France est-elle,
12:08comme le disent certains,
12:09on l'entend beaucoup
12:10en ce moment,
12:10dans une séquence
12:11pré-insurrectionnelle?
12:13À l'échelle de l'histoire,
12:14ce ne serait pas si surprenant.
12:15C'est-à-dire que voilà
12:16un pays plus explosif
12:17politiquement que d'autres.
12:18Les Français,
12:19et c'est une de leurs
12:19plus grandes qualités,
12:20ne sont pas des Anglais.
12:22Donc, voilà un pays
12:23qui peut exploser,
12:24qui a un rapport,
12:25je ne dirais même pas
12:25à la violence politique,
12:26mais qui aime
12:27les grands élans politiques,
12:28qui aime les grands
12:28chocs politiques.
12:30Dans les circonstances,
12:31il y a une colère profonde.
12:32Il y a une colère profonde
12:33qui pourrait se traduire.
12:34Les Gilets jaunes,
12:35je l'ai dit,
12:35ce n'était pas un mouvement
12:36de gauche au début,
12:37on l'a oublié.
12:38Donc, il y a une colère légitime
12:39qui se fait sentir.
12:41Par ailleurs,
12:41on voit qu'il y a
12:42un parti insurrectionnel,
12:44révolutionnaire,
12:44qui ne correspond pas
12:45à cette colère populaire,
12:46mais qui voudrait bien
12:47la détourner.
12:48CLFI,
12:48on a eu l'occasion
12:49d'en dire un mot.
12:50Mais au terme
12:51de cette séquence historique,
12:52qu'est-ce qu'on peut voir
12:52d'Emmanuel Macron?
12:53Parce que oui,
12:54il y a cette espèce
12:54de climat insurrectionnel,
12:55il y a cette idée
12:56que tout pourrait se désagréger,
12:58les banlieues pourraient se lever,
12:59les Français désertent
13:00la vie publique,
13:01ils se replient dans la vie privée,
13:02dans la vie intime
13:02parce qu'ils ne croient plus
13:03à l'État,
13:04ils en veulent à leurs dirigeants
13:05d'avoir presque sacrifié le pays.
13:07Au terme de cela,
13:08que nous dit Emmanuel Macron?
13:09Ce sera mon dernier mot.
13:10Emmanuel Macron,
13:11en fin de parcours,
13:12que dit-il,
13:12dans sa tournée notamment,
13:13on l'a vu tout récemment,
13:14on peut être 100 % français,
13:15100 % africain,
13:17100 % français,
13:18100 % algérien.
13:19Alors que le pays
13:20semble se disloquer,
13:22être dans un climat insurrectionnel,
13:24le président de la République
13:25renoue avec ses anciens
13:26amours idéologiques
13:27lorsqu'il nous dit
13:28que finalement,
13:28y a-t-il une culture française?
13:30Il nous disait ça
13:30il y a dix ans.
13:31Aujourd'hui,
13:31il nous dit,
13:32on peut être 100 % français,
13:33100 % autre chose
13:34tout à la fois,
13:34ce qui veut dire
13:35qu'on ne comprend pas exactement
13:36qu'on peut réconcilier,
13:37me semble-t-il.
13:38Ces deux appartenances totales
13:39qui, par votre définition,
13:41se contredisent.
13:41Emmanuel Macron,
13:42j'ai l'impression,
13:42au terme de son parcours politique,
13:44nous explique
13:45qu'il demeure fidèle
13:46à ses idéaux post-nationaux
13:48du début,
13:49comme s'accrocher à des croyances
13:52par tous abandonnés aujourd'hui,
13:54mais il s'y accrochait absolument
13:55parce qu'il ne voulait pas les renier.
13:56Merci.
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