- il y a 22 heures
Invité sur TV5 Monde, Pierre Billon rend hommage à son ami Johnny Hallyday à l’occasion de son ouvrage “Johnny, quelque part un aigle”. Une interview émouvante où il partage souvenirs, anecdotes et regard personnel sur leur longue amitié.
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00:05Bonjour Pierre Billon, si je vous dis ces mots, mon bibi, une petite pensée pour toi, ce matin,
00:11évidemment c'est Jojo, c'est comme ça que vous l'appeliez ? Moi je l'appelais le grand, oui.
00:16Moi
00:16j'appelais le grand ou je l'appelais Johnny, tout simplement. Je l'appelais pas Jojo, moi c'est
00:20bizarre, plein de gens l'ont appelé Jojo, ou peut-être l'as-je-fait, mais pas vraiment,
00:25toujours le grand ou Lidl, sur mon portable, je l'appelais Lidl moi. Lidl, je n'arrêtais
00:32pas de l'appeler Lidl. Alors là je disais, c'est un texto, parce qu'il vous a envoyé les
00:36textos
00:36Johnny, il disait alors mon bibi, j'espère que tu vas bien aujourd'hui. Alors ça c'est quelques jours
00:42avant qu'il se porte dans les étoiles, effectivement j'ai eu ce message absolument extraordinaire, un
00:48monsieur qui souffre, en comme il souffrait, et qui appelle son pote pour lui demander comment il va,
00:52je trouve ça formidable. Mais il était devenu de plus en plus comme ça sur la fin. Il était
00:56extrêmement attentif à ses amis, extrêmement attentif à tout, à la vie. Ça je pense qu'encore une fois,
01:03je vais me faire engueuler, mais je pense que c'était grâce à Laetitia. Voilà.
01:06– Mais non, pourquoi ? – Non, parce que je me suis engueulé souvent, mais c'est pas grave, je
01:09m'en fous.
01:09– Mais vous Pierre, vous dites tout ce que vous pensez, parce que vous connaissez la vérité, vous êtes
01:13dedans. – Oui, exactement. Je dis ce que je pense, et je dis ce qui me semble être la vérité,
01:19mais est-ce qu'il n'y a pas eu
01:20plusieurs vérités différentes avec Johnny ? C'est ça le truc. Il y a certaines personnes qui ont bien
01:25connu Johnny, ont leur vérité, et peut-être que par amour, Johnny ne faisait pas certaines choses
01:30quand il était avec moi, et qu'il aurait fait avec d'autres personnes. Voilà. – Oui, il était plus
01:35complexe
01:35peut-être que ce que l'on dit, Johnny. C'était un personnage incroyablement complexe. – Il était
01:42compliqué à trouver, mais moi j'avais trouvé cette clé formidable, qui était la clé des voyages,
01:48et partir avec lui en voyage, faisait un Johnny qui me paraît très très authentique, franchement.
01:54Ils peuvent tous dire ce qu'ils veulent. Celui-là… – Là, ça ne ment pas, là, ça ne ment
01:58pas.
01:58– Hein ? Non, non, celui-là était authentique, parce que celui-là, c'est celui qui en bavait
02:01tous les jours, comme sa fille m'avait envoyé une lettre, qui était très très jolie, qui
02:06était une lettre qu'il avait faite en disant « Mon père, ce héros », et qui était une merveilleuse
02:10lettre.
02:11Ça, c'était Jade, voilà. – Oui, regardez, cet album-là est formidable. C'est « On the road »,
02:16hein,
02:16c'est « Johnny sur la route », c'est vraiment ce qu'on a fait. – C'est tous
02:18les tripes aux Etats-Unis,
02:20avec Johnny, il y a des photos, il y a des documents, il y a tout ça. – Ce sont
02:22les trois très très
02:23gros voyages qu'on a fait, oui. Et on a fait trois voyages absolument exceptionnels. Et c'est là où…
02:29C'est un Johnny qui n'était pas que Johnny Hallyday, qui était peut-être un peu Jean-Philippe Smet,
02:35un peu Easy Rider, un peu équipé sauvage, un peu Brando, un peu James Dean, c'est ça qu'elle
02:42était.
02:42– Oui. Et alors, à chaque moment de sa vie, il disait « Allez, mon Bibi, mon Pierre, on va
02:46se refaire un trip, là ».
02:47– Oui, oui, oui. À chaque moment, j'ai gardé… C'est drôle que tu me parles des messages,
02:51parce que les messages, j'ai tous gardés, moi, dans mon portable. J'arrive pas à les effacer.
02:55J'arrive pas à effacer le numéro de Johnny, ni celui de ma mère, d'ailleurs.
02:58Donc, j'ai toujours gardé les messages et les photos de Johnny et de maman.
03:01Et puis, voilà, bon. Bref. Ça, il m'appelait régulièrement, il m'a envoyé un petit message,
03:07en me disant « Voilà, je voudrais qu'on reparte en faire un road trip ».
03:10Ça lui faisait plaisir, ça lui donnait de l'oxygène, ça lui donnait des idées,
03:13sûrement aussi pour les spectacles ou pour les clips, tout à fait.
03:16Et alors, moi, ma mission était de trouver un sponsor, éventuellement.
03:19T'imagines pourquoi ? Enfin bon, un sponsor, c'est ridicule.
03:22Pourquoi il le faisait ? Il le faisait pas parce qu'il avait besoin d'argent.
03:24Il le faisait parce qu'il voulait que les potes avec qui ils partent soient confortables, voilà.
03:28Et n'aie pas trop d'argent à dépenser.
03:30– Et alors, le rêve, c'était de partir sans casque, on le voit là,
03:33et sur les grandes roads américaines, et là, il retrouvait son dame de gosse, quoi.
03:38– Ah, c'était… – Il partait systématiquement sans casque,
03:41oui, bien sûr, dans les états où on avait le droit de le faire,
03:43les états où il fallait remettre le casque, on le mettait quand même,
03:46parce qu'on n'est pas complètement des rebelles.
03:46– Alors, il se rase le matin devant le…
03:48– Oui, ça, c'est le premier voyage.
03:51Premier voyage, on avait décidé de se laisser pousser la barbe,
03:53puis on s'est aperçu que ça ne nous allait pas, franchement, très très bien non plus.
03:56Donc, il se rasait le matin.
03:57C'était ça, les gens ne savent pas, pensent toujours que Johnny était à des voyages de 5 étoiles.
04:03Alors, c'est vrai qu'il y a toujours des passages à 5 étoiles,
04:07mais il y avait à 80% de petits motels jolis en bois, de la route,
04:12de petits endroits sympas où tu manges mexicain,
04:15ou alors tu manges un burger ou même autre chose.
04:18Et puis, vraiment, une certaine simplicité,
04:21parce que c'est Amérique qu'il aimait, c'est Amérique qui vient des films,
04:24qui vient des livres qu'il avait lus sur les États-Unis,
04:27cette Amérique-là, c'est celle-là, ce n'est pas l'Amérique des palaces.
04:30C'est pas certain même chose, c'est atteint.
04:34On va dire que c'est plus les raisins de la colère.
04:36– Mais jusqu'au bout, il va avoir ce désir, y compris lorsqu'un jour…
04:41Alors, il vous envoie un message un jour, terrible,
04:45parce qu'il est dans ce bouquin, il y a un bouquin qui s'appelle « Quelque part un aigle
04:47»,
04:47on va en parler à HarperCollins, et il dit « Mon Bibi, j'ai une saloperie ».
04:53– Il dit « J'ai attrapé une saloperie, mais tu me connais, je suis bien soigné, je me bats,
04:57et de toute façon, ça sera vite qu'un mauvais souvenir », voilà le message.
05:01– Ouais.
05:01– Pour nous, c'était juste, voilà, c'est bon, ça va, c'est bon, on le connaît,
05:07tu nous as fait l'arlésienne de la maladie dix fois, ça va, c'est bon.
05:10On était persuadés qu'ils repartaient, et on voulait qu'ils repartent.
05:14On avait tellement, tellement envie qu'ils repartent qu'ils repartaient.
05:18Et quelques jours avant, le fameux dîner qu'on faisait régulièrement tous ensemble,
05:24là, on avait la route qu'on devait faire en 2018.
05:27Il avait dit « Je veux repartir, je veux faire ci, je veux faire ça,
05:29voilà quelle route je veux faire, voilà les endroits,
05:32je souhaiterais qu'on s'arrête un peu plus longtemps dans certains endroits,
05:34parce que j'ai envie de visiter, pourquoi pas, soit d'aller au cinéma, soit d'aller au musée,
05:39tu avais les deux possibilités.
05:40Donc, il voulait rester un peu plus longtemps.
05:42Et cette route, en 2018, on l'a fait.
05:44On l'a fait quand même avec les frères.
05:47On l'a refait en 2018, on l'a faite en 2019,
05:50et on la fera tant qu'on pourra, voilà, jusqu'au bout.
05:53En allant sur les traits de son visage qui marquent ce paysage pour nous.
06:00– Oui, et jusqu'au bout, finalement, il regardait les images de ses voyages en moto.
06:06– Bien sûr.
06:07– Le malade, il regardait tout ça.
06:09– Oui, mais ça, c'était le film type de tes vacances, quoi.
06:11C'est ça que j'ai dit.
06:12Alors, bien sûr, ça ne peut pas être le film type de tes vacances,
06:15quand tu t'appelles Johnny Hallyday.
06:17Mais à la base, c'était fait pour ça.
06:18Donc, on se regarde le film.
06:20Et puis, de temps en temps, on le mettait dans un clip,
06:22on le mettait sur scène, voilà.
06:23Et puis, tu as vu, j'en parlerai au diable,
06:26c'est notre voyage, c'est le dernier voyage, bien sûr.
06:28– Oui, oui.
06:29– Mais ça lui plaisait.
06:31Alors, pourquoi ça lui plaisait ?
06:32Là encore, les gens vont me dire,
06:33mais arrête de dire des choses comme ça, c'est la vérité.
06:35Il aimait les stations-service, voilà.
06:37– Pourquoi ça ? Comment ça ?
06:39– Alors, il aimait les stations-service, Johnny.
06:41Il aimait s'arrêter dans une station-service,
06:43bricoler, aller manger une aile de poulet
06:45avec une tonne de piment dessus,
06:47aller se faire un coca,
06:48parce qu'il ne faut pas croire qu'il buvait, c'est faux.
06:50Il buvait un coup le soir, mais ça s'arrêtait là.
06:52Bon, une aile de poulet, un coca, une saloperie comme ça.
06:55Acheter une casquette, acheter deux t-shirts,
06:58regarder les magazines qu'il y avait regardés
07:00et rester une demi-heure, trois quarts d'heure dans la station-service.
07:02Ça, ça lui plaisait.
07:03Imagine-toi, le pauvre, tout le monde,
07:04pourquoi il ne le faisait pas chez nous ?
07:06Tu n'imagines pas de jeuniste
07:07arrêtant sur l'autoroute de l'ouest
07:08à la station-elfe et rester là pendant 20 minutes ?
07:12Ce n'est pas possible.
07:13Il bloque l'autoroute, il bloque la station,
07:15tout explose, tu vois.
07:16Voilà, donc ça, ça lui plaisait.
07:17C'est cette espèce de liberté lui plaisait.
07:19– C'est évidemment, parvenir sur ces moments terribles
07:21quand il nous a quittés,
07:23de ces moments de l'église et de tout ça,
07:25mais je crois que vous vous êtes fait tatouer
07:27quelque chose, Pierre.
07:28– Le lendemain, oui, le lendemain même.
07:30Quand j'ai appris ça, j'en étais en tournée
07:31avec mon ami Sardou, bien sûr,
07:33qui a été formidable à ce moment-là.
07:36Et puis, on était à Nantes,
07:39juste en face de l'hôtel, il y avait un tatoueur.
07:40Je suis rentré, j'ai dit, allez, fais-moi,
07:43adieu mon frère.
07:44Donc, il m'a piqué, mais j'en avais tellement.
07:46Heureusement, il en a resté une toute petite place
07:48pour le faire, ça.
07:48– Ils avaient été très proches, Sardou et lui.
07:50Comment il a réagi, Michel ?
07:52Vous étiez en tournée avec Michel.
07:53– Michel a été formidable.
07:54– Ils étaient brouillés, pourtant, avec Johnny.
07:55– Oui, ils ont été brouillés, et puis voilà.
07:57Et puis, comme Michel est un homme de parole,
08:00quand il dit je suis fâché, il est vraiment fâché.
08:03Il aurait pu se remettre une fois avec lui,
08:04on ne sait rien.
08:05Mais c'est un homme de parole,
08:06au même titre que quand il a dit, là, maintenant,
08:07j'arrête de chanter, j'arrête de chanter,
08:09c'est un homme de parole.
08:10Et puis, Johnny est un têtu.
08:13Voilà, donc les deux, un homme de parole et un têtu,
08:15ça va être compliqué qu'ils se remettent ensemble.
08:17Mais ce qui était formidable, c'est qu'en même temps,
08:18moi, j'étais tout le temps avec Johnny,
08:20puisque je préparais ce voyage que j'ai fait en 2016,
08:22et donc je préparais également l'album de Sardou
08:25qu'on avait produit avec mon ami Jean Morin,
08:27qu'on avait fait tous les deux.
08:28Donc c'était compliqué.
08:30Je n'ai jamais eu un mot de la part de Johnny
08:32me disant « qu'est-ce que tu fous avec Michel ? »
08:34Je n'ai jamais eu un mot de la part de Michel
08:36de « qu'est-ce que tu fous avec Johnny ? »
08:37Ça a toujours été formidable à ce niveau-là.
08:39Il y a eu un respect total.
08:41Donc cette espèce de respect l'un envers l'autre,
08:43je pense que peut-être que c'était plus de tampons
08:47qui faisaient qu'on n'allait pas rajouter
08:51plus d'huile sur le feu, on va dire.
08:53Et donc, ça a été…
08:56Michel a été extraordinaire ce soir-là.
08:58Michel est arrivé, il a fait une minute de silence.
09:00Beaucoup d'autres artistes ont chanté des chansons de Johnny,
09:02mais lui a juste fait une minute de silence.
09:04Il a dit « voilà, plus jamais, ça ne sera plus jamais pareil.
09:07Plus rien ne sera pareil. »
09:08Dans notre métier, Johnny est parti, c'est fini.
09:12C'est une page qui se tourne complètement.
09:15Et lui-même disant « j'arrête de chanter ».
09:17C'est quand même une très très grosse page qui se tournait.
09:20Michel avait chanté à l'idée le phénix quand il adorait Johnny.
09:23Bien sûr, le phénix c'était pour Johnny, bien sûr.
09:26Parce que les chœurs chantaient à l'idée dans le phénix.
09:30Comme cet oiseau blessé qui renaît de ses cendres.
09:33C'était Johnny, bien sûr.
09:34Quelque part, il y a un aigle.
09:36Oui, moi je le pense.
09:37C'est comme ça que j'ai toujours vu Johnny.
09:39C'est pour ça que quand j'ai fait le premier album
09:40que j'ai produit pour Johnny, bien sûr.
09:43En dehors des albums que j'avais fait de rock'n'roll
09:45qui étaient les albums de reprise de Vogue.
09:48Moi j'ai eu cette chance incroyable de faire 12 albums.
09:51Je crois 12 ou 14 albums que j'ai produits pour Johnny.
09:53Et donc je suis arrivé à l'époque où Johnny avait...
09:57Son contrat a été terminé avec Vogue.
09:59Donc il fallait refaire tous ses albums à l'identique.
10:02Alors ce qui est extraordinaire,
10:04c'est quand même à citer ça.
10:05Donc on a fait 35 titres avec la même formation que l'époque.
10:12Avoir les mêmes échos, le côté restreint et pas les grands effets.
10:18On fait donc ses 35 titres.
10:20Johnny est venu les chanter.
10:21J'avais sorti les textes.
10:22On est d'accord, 35 titres.
10:24Il n'a pas eu besoin des textes.
10:25Il se rappelait de toutes les chansons les 35.
10:27Y compris le petit clown de mon cœur.
10:29Enfin tous ces trucs-là.
10:30Donc ça c'était le premier.
10:31Puis après, une fois que j'ai fini cet album,
10:34il a fallu faire un album en espagnol.
10:38Bon, j'ai fait l'album en espagnol.
10:40Ça c'était très rigolo.
10:41C'est comme il a un accent anglais épouvantable
10:43quand je chante en espagnol.
10:44Crois-moi, la salta del penal, c'est-à-dire le pénitencier.
10:49Crois-moi, c'est amusant.
10:51Donc j'ai fait cet album.
10:52Et enfin j'ai fait mon album américain
10:55qu'on a été fait ensemble,
10:56qui s'appelait Quelque part un aigle.
10:57Là, c'était vraiment le...
10:59Je me jetais dans l'histoire
11:01et c'était compliqué de le faire.
11:02Je voudrais qu'on entend une chanson
11:04parce que peut-être que celle-là
11:05marque quelque chose d'encore plus important.
11:08L'amitié avec Jojo et Johnny.
11:11C'est le cœur en deux.
11:13Je crois que c'est la première fois
11:15que c'est signé Pierre Billon.
11:18La voix de Johnny est absolument incroyable.
11:20Écoutez ça.
11:21Et il y a Revault, évidemment.
11:22Et il y a Revault.
11:23Et il y a les orgues.
11:24Écoutez, c'est fantastique.
11:25C'est du grand Johnny, hein ?
11:27Les orgues de Saint-Eustache.
11:29Les orgues de Saint-Eustache.
11:30Écoutez, le cœur en deux,
11:32Johnny Hallyday qui chante Pierre Billon.
11:34J'ai laissé mourir mes motos
11:43Dans un coin sombre de ma mémoire
11:50Avec mes violences de star
11:54Et mes chimères de château
12:00Je vais les bouteilles que j'ai bu
12:07On pourrait l'écouter des heures.
12:08C'est absolument extraordinaire.
12:10Cette interprétation.
12:10Je regarde les photos.
12:11Il est beau dans le studio.
12:12Je regarde les photos passer en même temps.
12:14Est-ce que c'est vrai qu'après,
12:16il t'a offert une moto ?
12:17Tout à fait.
12:18Un 900 kawas.
12:19Je ne devrais pas faire de publicité,
12:21mais c'était un 900 kawas.
12:22Après, il était content.
12:23Il dit, tiens Pierre, je t'achète une moto.
12:24Je crois qu'il devait y avoir une de trop,
12:27ou une de plus, ou une deuxième.
12:29Et sachant qu'il est plus facile
12:31de faire rouler un mec qui sait rouler avec toi,
12:33comme ça, tu peux rouler.
12:34Voilà, ça a été le début.
12:35Et on n'a pas arrêté.
12:36Là, ça a commencé.
12:36On roulait sur la Côte d'Azur assez souvent ensemble.
12:39On allait à Montécart.
12:40On avait un pote pilote,
12:42plusieurs potes pilotes.
12:43Enfin, voilà.
12:44Johnny a fait plusieurs fois aussi
12:46les débuts du bol d'or.
12:47Tu sais, il faisait le circuit du bol d'or.
12:50Ce qui prouve cette espèce de folie
12:52et de courage inconscient
12:54pour des gens comme Johnny ou comme ça.
12:55On voit une photo, là, Pierre.
12:57Derrière, là.
12:58C'est une photo.
12:58Oh, mon Dieu.
12:59Là, pour le coup, c'est Pierre Billon.
13:00Oui, exact.
13:01Non, mais c'est vraiment la passion de la moto.
13:03J'ai passé ma vie là-dessus, évidemment.
13:05C'est la passion de la moto, tout gamin, déjà.
13:07Et là encore, je me suis arrêté gentiment
13:08parce que généralement,
13:09j'essayais de sauter quand je sautais.
13:11Là, à droite, c'est un Norton Commando 750.
13:14Et à gauche, c'est une vraie Vespagne, imagine.
13:17Ça, c'est un trouville.
13:18Il faut dire quand même, Pierre,
13:20la maman, ce n'est pas ta chou.
13:21C'est un Montmartre, c'est un cabaret
13:24au début de Georges Brassens.
13:25Et alors, tout ça, c'est raconté dans ce livre
13:27que j'ai trouvé absolument formidable.
13:29Là, vraiment, avec ses souvenirs.
13:32Et évidemment, Patachou qui découvre Brassens.
13:35Ah bah oui, c'est vrai, c'est une vraie histoire.
13:37Oui, et alors quand les gens ne sont pas contents
13:38dans la salle, elle coupe les cravates.
13:41Il vient, Brassens, il vient pour montrer
13:43des chansons à maman, pour lui dire,
13:45j'ai des chansons pour vous.
13:46Elle a dit, arrêtez tôt, vous allez commencer demain
13:49à chanter vous-même.
13:50Il m'a dit, j'ai jamais fait ça.
13:51Il m'a dit, mais puis il ne voulait pas le faire du tout.
13:53Il était timide comme tout.
13:55Et donc, il a commencé le lendemain.
13:57Et là, la maman avait pris un grand ciseau
13:59et les gens qui ne l'écoutaient pas,
14:01elle y allait, prenait la cravate,
14:02elle la coupait.
14:02Coupait la cravate.
14:03Et là, les gens étaient partis de là.
14:04C'était parti de là.
14:05Et après, elle l'accrochait.
14:06Et alors, tu dis qu'il a eu une relation
14:08avec ta maman, Brassens.
14:11Écoute, j'étais trop jeune pour qu'il m'en parle.
14:14Mon père n'était pas fidèle non plus.
14:16Mais j'en sais rien.
14:17Papa aussi, papa, c'était un galérien.
14:18Tu le sais.
14:19La moto, ça vient de mon père, par contre.
14:20La moto, ça vient de papa.
14:22Il était ingénieur chez Gnoméron,
14:24quand maman était secrétaire chez Gnoméron.
14:26Et j'ai toujours été,
14:27mais toujours, tout gamin,
14:28j'étais en bécane, moi.
14:29Tout le temps, tout le temps.
14:30Tout le temps, tout le temps.
14:31Et alors, ce qui est drôle,
14:31c'est pour finir sans la moto,
14:33c'est que, comme j'étais trop jeune,
14:35j'avais pas le droit de conduire,
14:36malgré qu'on soit un rebelle,
14:37et Anne-Marie,
14:38qui est maintenant l'épouse de Michel.
14:40Anne-Marie Perrier.
14:41Anne-Marie Perrier,
14:41qui passait les vacances avec nous,
14:43qui fait partie de la famille.
14:45C'est elle qui conduisait
14:46quand on traversait les villages.
14:48On était en mobilette tous les deux.
14:49On traversait les villages.
14:50Pouf, elle conduisait.
14:51Et après, je reprenais la mobilette.
14:53Alors, c'est vrai,
14:53Edith Piaf se penche sur ton berceau.
14:56Tout à fait.
14:58Pour s'embrasser le soir.
14:59Elle montait me faire des bis.
15:01On habitait au premier.
15:02C'est pour ça aussi
15:03que je suis devenu batteur ou bassiste.
15:05Enfin, batteur surtout,
15:05mais j'en entendais que là-bas,
15:07c'est la batterie.
15:07Quand tu es à un étage au-dessus,
15:09tout ce que tu entendais,
15:09c'est là-bas, c'est la batterie.
15:10Donc, c'est ce qui m'a imprégné.
15:11Après, je me suis retrouvé
15:12effectivement percussionniste.
15:14Et donc,
15:15elle venait le soir me faire la bise.
15:17Bon, c'était gentil de sa part,
15:19mais je préférais une autre
15:21qui était une très belle dame,
15:23très jolie,
15:24qui sentait très bon
15:25et qui avait des gros plots.
15:26Ça, ça me plaisait.
15:27J'étais bébé.
15:28Elle s'appelle Maria Vincent.
15:29Tu deviens très pote
15:30avec le fils de Marcel Pagnol.
15:32Oui, tout à fait.
15:34qui fabrique des motos,
15:36des trucs et tout pareil.
15:36Des bombes, surtout.
15:37Il fabriquait des bombes.
15:38Ah oui, carrément.
15:39Il n'arrêtait pas.
15:39Il fabriquait des bombes.
15:41On avait les pellicules
15:42qui étaient très, très inflammables,
15:43les pellicules de son père,
15:45de films sublimes.
15:46Et il arrivait à faire...
15:47Dans les ronds comme ça,
15:48il faisait des bombes
15:49avec les pellicules de son père
15:50et on bricolait les motos.
15:51Et alors, le père était souvent sous
15:52et il défonçait la porte.
15:54Il a défoncé.
15:55Marcel Pagnol,
15:55ça ne l'est pas, ça.
15:56Son père, un jour,
15:57avait abusé un peu du Bourgogne
15:58ou des choses comme ça.
15:59Il avait défoncé la porte
16:00de notre maison à Aquini
16:03dans l'heure.
16:04Aquini, que je respecte
16:05et que j'ai toujours aimé
16:06cette petite ville d'Aquini.
16:08Alors, un jour,
16:09dans les coulisses de l'ABC,
16:11tu croises un personnage
16:12un peu particulier
16:13qui s'appelle Michel Sardou.
16:15Oui.
16:15Mais alors,
16:16il est habillé n'importe comment.
16:17Il est, on dirait...
16:18Non, il n'est pas habillé
16:19n'importe comment.
16:20Il a les mêmes pompes
16:21pointues blanches que moi.
16:23Des pompes affreuses,
16:24genre des pompes crèmes
16:25qu'on avait,
16:25qui étaient la mode.
16:26Et on est quand même
16:27très, très, très jeunes
16:28tous les deux.
16:28Et nos parents
16:29sont en train de faire
16:30une pièce
16:30qui s'appelle
16:31l'impasse de la fidélité.
16:34Et nous, là,
16:35donc, maman m'a demandé
16:36de venir
16:37et Fernand a demandé
16:38à son fils de venir.
16:39Et on se retrouve.
16:40C'est la première fois
16:40qu'on s'est rencontrés.
16:41On s'est trouvé très, très sympa.
16:43On les discute il y a un peu.
16:44Et on ne s'est pas vus après
16:45pendant 10 ans.
16:46Oui.
16:4710, 15 ans.
16:48À l'époque,
16:48tu rêvais d'aller au Vietnam
16:50chercher l'aventure.
16:50Alors, moi,
16:51c'est quand j'étais à l'armée.
16:51Moi, je ne suis pas à l'armée.
16:53Je suis parti
16:54tout de suite aux États-Unis.
16:55Donc, moi,
16:56je n'ai pas connu,
16:56malheureusement,
16:57l'époque du golf
16:57et tout ça
16:58parce que je suis parti
16:59aux States assez vite
17:00parce qu'il n'y avait plus
17:01une école qui me voulait
17:02en France.
17:03J'étais nul.
17:03Donc, je me suis retrouvé
17:04aux États-Unis.
17:05Et là, par contre,
17:06je suis devenu
17:06un brillant élève.
17:07On va savoir pourquoi.
17:08Et je voulais, moi,
17:09faire le Vietnam.
17:11Je trouvais que c'était
17:12une expérience intéressante.
17:13On est donc en 1966.
17:16Donc, ce n'est pas encore
17:18le Vietnam le plus terrible.
17:19Ils ont besoin de traducteurs.
17:20Donc, moi,
17:21je voulais faire le Vietnam.
17:22Maman est tout de suite intervenue.
17:23Pof, je n'ai pas fait le Vietnam.
17:24Je me suis retrouvé à Berlin.
17:25Je te l'ai fait vite.
17:26À Berlin,
17:26ça a été formidable aussi
17:27parce que, du coup,
17:28j'ai découvert plein de choses.
17:30Je me suis retrouvé
17:31avec des traducteurs
17:32pour le mur.
17:33Donc, j'ai trouvé ça
17:34très, très intéressant.
17:35Et sorti de là,
17:36je cherchais du boulot
17:37et c'est là
17:37où j'ai retrouvé Sardou.
17:38Et alors là,
17:39il y a une chanson
17:39qui s'appelle
17:39America, America.
17:40Voilà, exactement.
17:41C'est la première collaboration
17:42avec Michel.
17:43Première chanson
17:44qu'on fait ensemble.
17:45Il disait quoi ?
17:46Il disait San Francisco Bridge.
17:48C'était le rêve américain.
17:49Oui, je n'avais pas l'intention
17:50de faire des chansons.
17:52Mais il n'avait pas de succès
17:53à l'époque, Michel, encore.
17:54Non, Michel était...
17:56Je faisais la promo pour lui.
17:58Je me rappelle
17:58parce que j'ai trouvé un job
18:00grâce à un ami de ma mère,
18:05Joss Bazelly.
18:05Grâce à Joss Bazelly,
18:06je me retrouve
18:07aux éditions Barclay,
18:08aux nouvelles éditions Barclay.
18:09J'avais essayé
18:10de faire des boulots avant,
18:11ça ne marchait pas.
18:11Enfin bon, bref,
18:12j'étais nul quoi qu'il arrive.
18:13Et puis timide,
18:14beaucoup trop timide.
18:14Donc je me retrouve
18:15aux éditions Barclay
18:16et là, la première personne
18:17que je rencontre,
18:17c'est Michel.
18:19Voilà.
18:21Je ne savais pas trop
18:21quoi faire aux éditions Barclay
18:22quand il me disait
18:23« Tu n'as qu'à faire de la promo.
18:24Quelqu'un comme moi
18:25qui est timide,
18:26faire de la promo,
18:27c'est une catastrophe.
18:28Une catastrophe.
18:28Je me souviens,
18:29j'ai encore les flashs
18:30de frappants à la porte
18:32des...
18:33Tu sais,
18:33j'amenais les disques
18:33quand tu faisais toutes les...
18:34Ils n'en voulaient pas
18:35les programmataires
18:36des chansons de Sardou.
18:37Ils n'en voulaient pas,
18:37c'est que je n'osais pas
18:37rentrer surtout.
18:38Donc je me rappelle,
18:39j'avais mon paquet de disques
18:40à la main,
18:40je faisais « Toc, toc, toc ».
18:42Personne ne me répondait.
18:43Et moi,
18:43j'avais l'habitude
18:44de n'entrer que
18:45quand on me disait
18:46« Vous pouvez rentrer, monsieur ».
18:47Tu vois,
18:47genre on fait « Toc, toc, toc ».
18:48Et à ce moment-là,
18:48tu avais un autre qui passait,
18:50couvrait la porte
18:50« Bonjour ma chérie »,
18:51enfin etc. »
18:52Moi,
18:52je me suis un petit seman,
19:03et ils s'en allaient.
19:04Et moi,
19:05je ne vous avais toujours pas.
19:06Puis au bout d'un moment,
19:06je faisais « C'est quoi ?
19:08Vous voulez quoi, vous ? »
19:09« Ben jamais lundi,
19:09je vais couvrir une chaîne Sardou.
19:11Oui, posez ça là. »
19:12« Ben non, parce que
19:12vous essayez de l'écouter quand même,
19:14ça me ferait plaisir. »
19:16« Personne n'écoutait. »
19:17« Oui, je verrai, je verrai. »
19:17Et je repartis en disant
19:18« Ce n'est pas un métier pour moi,
19:19ce n'est pas un métier pour moi. »
19:20Et à la fin,
19:21on a fait de la promo discothèque
19:24et Michel venait avec moi.
19:25On se barraient tous les deux
19:26avec nos piles de disques.
19:28Alors, vous faites
19:30tatouer, évidemment,
19:30le même truc avec Michel.
19:31C'est quand ça marche un peu mieux.
19:32Oui, oui.
19:33Ça marche un peu mieux.
19:34Vous faites tatouer un aigle,
19:35chacun.
19:35Le même, hein ?
19:36Vous avez un aigle sur vous
19:37qui est le même.
19:38Tous les trois.
19:39Michel Sardou,
19:40Taobi et moi,
19:41les trois amis
19:43inter-séparables.
19:45Michel avait commencé
19:46à toucher un peu d'argent.
19:47Donc, il nous avait emmenés
19:48avec lui.
19:49Et on est partis,
19:50on est carrément partis
19:51à Los Angeles.
19:52Incroyable.
19:53À tous les trois
19:54à Los Angeles.
19:54Qu'est-ce que vous dire ?
19:55Alors, vous croisez entre temps
19:56parce qu'il y a tellement
19:56de choses dans ce bouquin.
19:57Vous croisez Jim Morrison.
19:58Oui, tout à fait.
19:59Quand même.
19:59Et vous dites,
20:00il est dégoûtant
20:02et Jim Morrison,
20:03il bave.
20:03T'es gros comme une vache.
20:04Vous le croisez chez Barclay ?
20:05Oui, oui.
20:06Je suis resté trois jours
20:07de vacances
20:08s'il était là-bas.
20:09Mais c'était dommage
20:11de voir des gens comme ça.
20:12C'est pour ça que je le dis
20:14bien fort.
20:15La cam est une saloperie,
20:16les mecs.
20:16C'est vraiment une saloperie.
20:17Même tous ceux qui disent
20:18que c'est pas si mal que ça
20:19de légaliser un tel ou un tel
20:20ou un tel ou tel truc.
20:21C'est quand même une saloperie.
20:23Ça ne fait pas des...
20:24Crois-moi,
20:24ça ne fait pas des beaux vieillards.
20:25Oui.
20:26Sûrement pas.
20:26Et alors,
20:27parmi toutes les chansons
20:28que vous allez écrire,
20:29Pierre, évidemment,
20:30des énormes succès.
20:30On va en parler
20:31dans quelques instants.
20:31Il y en a une
20:32qui est évidemment
20:34absolument fantastique,
20:35qui marque la carrière.
20:36Écoutez la carrière de Johnny.
20:37À force de briser
20:39dans mes mains
20:40les guitares
20:42Sur des scènes violentes
20:47Sous des lumières bizarres
20:53À force de forcer
20:55ma force à cet effort
20:58Pour faire bouger mes doigts
21:02Évidemment,
21:03c'est Gilles,
21:03le livre de Johnny.
21:05Et là,
21:05c'est un triomphe.
21:06Oui,
21:06c'est un triomphe.
21:08Alors là aussi,
21:09c'est là où tu t'aperçois
21:10de l'énormité
21:12de gens comme
21:14d'artistes
21:15comme Johnny
21:15ou comme Sardou.
21:16Tu poses ta voix témoin
21:18et ce n'est pas moi
21:19qui l'ai posé
21:19la voix témoin.
21:20C'est un monsieur
21:20qui s'appelle Jacques Cardenas
21:21qui avait posé
21:22la voix témoin.
21:22Formidable chanteur
21:23qui malheureusement
21:24nous a quittés
21:25mais qui était
21:25un formidable chanteur
21:26qui avait posé
21:26la voix témoin
21:27à Toulouse.
21:28Et chantait très très bien.
21:30Mais entre
21:30cette voix témoin
21:32et d'un seul coup
21:33le miracle
21:33de la voix de Johnny
21:34c'est le jour
21:35à la nuit.
21:35Mais c'est arrivé aussi
21:36avec Sardou.
21:37C'est moi qui avais
21:38posé les voix témoin
21:39beaucoup sur plein de chansons.
21:40Alors justement
21:41Pierre,
21:42on va parler de ça
21:43parce qu'évidemment
21:44après vous commencez
21:45vous écrivez pour Sylvie Vartan
21:46ta sœur c'est bien aimé.
21:48Vous voyez d'ailleurs
21:48comment Johnny et Sylvie
21:50ça va plus.
21:51Vous assistez à ça ?
21:53Malheureusement non.
21:54À l'époque.
21:54Ils étaient tellement beaux
21:55tous les deux.
21:56Mais enfin bon
21:58c'était presque
21:59voilà
21:59ils étaient partis
22:00Sylvie était partie
22:02sur quelque chose
22:02qu'elle voulait absolument.
22:04Une espèce de rêve américain
22:05qu'elle a eue finalement
22:06avant Johnny
22:06quand tu réfléchis bien
22:07son rêve américain
22:08elle l'a fait
22:09avant que Johnny
22:10ait le sien.
22:12Et puis Johnny
22:12lui qui était à fond
22:13la caisse
22:14qui marchait
22:14qui faisait 260 dates par an
22:16c'est compliqué
22:16de garder un couple.
22:17c'est vrai qu'un jour
22:18c'est vrai qu'un jour
22:18il dit
22:19David maquette
22:20et vous allez chercher
22:22David
22:22il traverse Paris
22:24en grillant tous les feux
22:25avec sa bagnole
22:25et David arrive
22:26complètement malade
22:27il y vit de restaurant
22:28il dit regarde ça
22:29il va pas bien.
22:30À Montmartre
22:31on était monté
22:31à Montmartre
22:32et donc je vais
22:33Johnny
22:34je rejoins Johnny
22:35à fond la caisse
22:37il va à la Villa Monitor
22:38il récupère
22:39à fond la caisse
22:40le petit
22:40on traverse Paris
22:42à fond
22:42on arrive à Montmartre
22:44et enfin à Montmartre
22:45on commence à dîner
22:47et là le mot
22:48il me dit
22:49non mais attends
22:49je préfère rentrer à la maison
22:50je me sens pas bien
22:52on retraverse Paris
22:53à 250 du début
22:55jusqu'à la fin
22:55on traverse de partout
22:56des pauses
22:57et une fois qu'on se retrouve
22:59tous les deux
22:59dans la voiture
23:00on me dit
23:01tu vois quand même
23:01mon fils m'inquiète
23:02je lui dis attends
23:03il y a des raisons
23:04tu viens de traverser Paris
23:05comme un dingue
23:06t'es un cinglé
23:07c'était vrai
23:07c'était normal
23:09que le pauvre
23:10s'inquiète
23:11alors parmi toutes les chansons
23:13tous ses succès
23:13notre Johnny
23:14évidemment parler de Sardou
23:15je voudrais quand même
23:16qu'on entende ça
23:17écoutez simplement
23:18parce que ça c'est
23:19un énorme succès
23:27s'il y a des mots
23:31qui t'ont fait pleurer
23:32mon ange
23:33et d'autres
23:35qui t'ont révolté
23:37c'est dix ans plus tôt
23:38j'ai adoré
23:40une des plus grosses
23:42ondes de Sardou
23:44et encore une fois
23:45Rovaux
23:45mais c'est pas possible
23:46tout le temps
23:47l'ombre du génie
23:51Michel disait
23:52de Jacques Rovaux
23:53qu'il ferait chanter
23:53une chèvre
23:54ou qu'il ferait chanter
23:54une chaise
23:55voilà
23:56l'un des deux
23:56alors il y a
23:57Je vole
23:59alors je vole
24:00c'est Michel
24:01qui fait la musique
24:02là
24:03et donc c'est toi
24:04qui fais les paroles
24:05de Je vole
24:05je fais une partie
24:06des paroles
24:07mais la grande partie
24:08des paroles
24:08c'est moi
24:09très honnêtement
24:11Michel n'avait que le départ
24:13il ne savait pas où aller
24:14parce que la musique
24:15était tellement excellente
24:16qu'il était compliqué
24:18de faire un développement
24:20musical là dessus
24:21c'était comme une boucle
24:22c'est très moderne
24:23c'est ce qui se passe
24:24il y a un ping pong
24:25comme ça
24:25il y en a un qui a une idée
24:26l'autre envoie l'idée
24:27c'est comme ça
24:27que vous travaillez
24:28avec Michel
24:28ouais je me rappelle
24:29il avait juste
24:31je crois qu'on était
24:32le tout début
24:33on venait de lire
24:34Jonathan Livingstone
24:35de Goéland
24:36et il voulait
24:37un truc qui soit
24:38qui soit vraiment aérien
24:39qui vole
24:40et moi j'ai pensé
24:41je vole oui
24:42mais je vole
24:42avec le môme
24:43qui se fait la malle
24:44de chez lui
24:44tu vois
24:44il vole en réalité
24:46alors il y a plusieurs
24:48réalisations évidemment
24:48d'albums avec Michel
24:50comme il y en aura
24:51avec Johnny
24:52directeur artistique
24:53on va entendre
24:53une autre chanson
24:54de Michel
24:55qui te doit beaucoup
24:57qui est un succès
24:58écoute ça
24:59ça donne envie
25:00d'aller danser
25:00je sais pas
25:01faire la java
25:14c'est donc être une femme
25:16ah ouais
25:17alors être une femme
25:18un des souvenirs
25:19les plus agréables
25:19de chansons de ma vie
25:21ça tu vois
25:21autant certaines fois
25:22les chansons sont
25:23sont durs à faire
25:25compliquées
25:26tu as peur de l'artiste
25:27avec qui tu travailles
25:28tu as peur de l'auteur
25:29avec qui tu travailles
25:29quand tu travailles
25:30avec quelqu'un
25:31comme Delanoé
25:31ou Lemel
25:33tu vois tu sais quand même
25:34avant de dire un mot
25:35tu réfléchis trois fois
25:36en disant
25:36je vais passer pour une burne
25:37ce sont des gens
25:38qui étaient tellement
25:38tellement haut de gamme
25:39pareil pour
25:40enfin bon
25:40tous avec qui tu travailles
25:41mais là ça a été fantastique
25:43parce que chacun
25:44chacun a amené à une phrase
25:45voilà
25:46mais joyeux
25:47comme une tour d'une table
25:48là
25:48écoutez là
25:54ça c'était voilà
25:55chacun a amené à une idée
25:56chacun un mot
25:56bah oui parce que c'était
25:57puisque c'était uniquement
25:59un développement
25:59de tout ce que les femmes
26:00allaient devenir
26:01dans les années 2000
26:02ce qui s'est passé d'ailleurs
26:04alors ça aussi
26:05c'est un truc de fou
26:06tout le monde dit
26:07que c'est
26:08c'est à la gloire des femmes
26:10la chanson
26:11elle est 100%
26:12à la gloire des femmes
26:12Michel a fait cette chanson
26:13pour dire
26:14voilà ce qui va se passer
26:15les gars
26:16elles vont devenir
26:16pilote d'avion
26:17elles vont devenir
26:19ministre de la défense
26:21quelqu'un
26:21elles vont devenir
26:22tu vois c'est ça
26:22voilà ce qui va se passer
26:23Michel n'est pas celui
26:24qu'on croit
26:25mais pas du tout
26:26il n'est pas ce gougron
26:28ce type
26:29non non non
26:30il a une façade
26:31il s'est mis
26:33il s'est mis
26:33une espèce de carapace
26:35éventuelle sur la tête
26:36alors Michel a toujours
26:37été comme ça
26:37voilà la différence
26:38entre Michel et moi
26:40c'est que lui
26:40Michel
26:41quand quelqu'un
26:42l'emmerdait
26:42il y a toujours des gens
26:43tu sens que ça va être
26:44un emmerdeur
26:44il coupait court tout de suite
26:46alors que moi
26:47j'avais tendance
26:48à être gentil
26:48parler et parler
26:49jusqu'au moment
26:49où vraiment
26:50je me fâchais
26:50tellement il était emmerdant
26:51donc lui gagnez du temps
26:52oui une fidélité forte
26:53alors vous racontez
26:54que c'était la grosse
26:55on va dire déconnade
26:56vous vous mettez à poil
26:57dans le lit des hôtels
26:59c'est vrai
26:59de Sophie Darrell
27:00je crois
27:00je ne vais pas vous raconter ça
27:02c'est drôle de voir
27:02ça
27:02c'est drôle
27:03imaginer faire ça
27:04ça parait fou
27:05voilà
27:05c'était des longues tournées
27:07on faisait très très longues tournées
27:08quand on faisait une tournée
27:09on faisait une tournée de printemps
27:10une tournée d'été
27:11une tournée d'automne
27:13une tournée d'hiver
27:14en bref
27:14on était en tournée toute l'année
27:15une tournée de l'année
27:17et on faisait cette tournée
27:18et Sophie était très adorable
27:21très rigolote
27:22présentatrice de la télévision
27:23voilà
27:24la légende des tournées
27:25c'est que généralement
27:26tu arrives toujours
27:27à te faire une fiancée
27:27dans une tournée
27:28c'était pas le cas
27:29personne avait
27:29et je dis
27:30un jour avec Michel
27:32ça va mal finir
27:33cette histoire
27:33il faut absolument
27:34qu'elle ait un peu de légende
27:35cette jeune femme
27:36et on savait
27:37qu'elle prenait son petit déjeuner
27:38une certaine heure
27:39très tôt le matin
27:40on arrive tous les deux
27:42comme ça
27:43comme des
27:43mais vraiment
27:44à pas de loup
27:44on se fait ouvrir la porte
27:46par la dame
27:48qui est de l'étage
27:49on se fit la poêle
27:50on se met dans le lit
27:51un de chaque côté
27:52sans bouger comme ça
27:53sans bouger
27:54immédiat
27:55arrive le petit déjeuner
27:56qui est arrivé
27:57à 9h du matin
27:58le mec ouvre la porte
27:59il ouvre les rideaux
28:00bonjour mademoiselle Darrel
28:02comment allez-vous
28:02il se retrouve
28:03avec les deux mecs
28:04un de chaque côté
28:05en train de dire
28:06dis donc
28:06qu'est-ce que ça s'est bien passé
28:07comment veux-tu
28:08qu'elle raconte quoi que ça
28:09et c'est la vérité
28:10c'est ça
28:10c'est ça aussi
28:11Michel Sardou
28:12ouais c'était sympa
28:13c'était sympa
28:14je voulais qu'on entend
28:15dans un autre chanteur
28:16vous allez peut-être
28:17le reconnaître
28:17on va écouter ça
28:18c'est une voix
28:19et moi personnellement
28:20j'adore
28:21écouter ça
28:22même si je n'atteins jamais
28:32la creuse
28:34je courrai toujours
28:35la gueuse
28:36même si je n'atteins jamais
28:38la creuse
28:38je courrai toujours
28:39la gueuse
28:39c'est pire billon
28:40ouais c'est vrai
28:41quand même
28:42ça fait toujours bien
28:43ça
28:43ouais
28:44avant de faire
28:44la bamba triste
28:45avant de faire tout ça
28:48une voix absolument étonnante
28:50alors la creuse
28:51tu sais pourquoi
28:51c'est parce que c'était
28:52tellement compliqué
28:53ce que j'écrivais
28:53qu'un jour
28:54Régis Tallard
28:55qui est notre grand ami
28:57restera notre ami
28:58à vie
28:59avec Jacques Rovaux
29:00Régis Tallard me dit
29:01c'est bien ce que tu écris
29:02mais ça n'atteindra jamais
29:03la creuse
29:03je dis bon bah allez
29:04même si je l'atteins
29:05et c'est avec ça
29:06que j'ai fait mon tube
29:06comme quoi Régis Tallard
29:08était un génie
29:08et Jacques Rovaux aussi
29:09que c'était des mecs
29:10très très forts
29:10même en essayant de te dire
29:13en essayant de t'expliquer
29:14quelque chose
29:14c'est de t'en donner une phrase
29:15qui fait en sorte que
29:16c'est la seule fois
29:17où tu as fait un tube
29:18je voudrais Pierre
29:19qu'on parle de deux femmes
29:20deux femmes extraordinaires
29:22avant de terminer
29:23cette émission
29:23d'abord on va écouter
29:24la première
29:25c'est complètement inattendu
29:28c'est une voix particulière
29:29écoutée
29:40c'est la vie c'est chouette
29:43et tu chantes ça
29:45et ce sont évidemment
29:46vos mots
29:46vos paroles
29:47alors oui
29:47je ne me rappelle plus
29:48ce que j'ai fait là dessus
29:49pour dire la vérité
29:49c'est vous qui réalisez le disque
29:51et c'est qui qui chante ?
29:52c'est Jodie Foster
29:53t'imagines ce que c'est
29:55Jodie Foster
29:55vous avez fait chanter
29:57Jodie Foster
29:58j'ai fait chanter Jodie Foster
29:59qui avait déjà
29:59je ne sais combien
30:00qui avait déjà
30:00plus d'Oscar
30:01que moi de poids
30:03dans ma salle de gym
30:04tu vois
30:04elle avait des Scars de partout
30:06et une femme absolument charmante
30:08intelligente
30:08parlant français
30:09comme tout
30:10pourquoi et comment
30:11je l'ai fait chanter
30:12je ne peux absolument pas
30:13m'en souvenir
30:13je pense qu'on m'a demandé
30:14de le faire
30:15j'ai rencontré Célie Jotin
30:16j'ai plus jamais rencontré
30:17de ma vie
30:18j'ai suivi sa carrière
30:19bien lui avant
30:19tous ses films
30:20mais alors
30:21il y a un détail
30:22avec elle qui est de rôle
30:22c'est qu'elle ne pouvait pas dire
30:24la vie c'est chouette
30:24quand on a eu l'amourette
30:25parce qu'elle avait
30:26des sifflantes
30:27la vie c'est chouette
30:28quand on a eu l'amourette
30:29et je lui avais filé
30:30du chewing-gum
30:30entre les dents
30:31carrément
30:32tu jures
30:32non
30:33c'est les vibes vrais
30:35authentiques
30:35elle doit s'en souvenir d'ailleurs
30:36ouais
30:37et maintenant je voudrais
30:38qu'on en entende une autre
30:39une autre chanteuse
30:39que moi personnellement
30:40j'adore
30:41et dont vous avez
30:42vous partagé
30:43une vraie histoire d'amour
30:44Pierre
30:44ah oui
30:44on va le dire
30:45avec cette voix là
30:46écoutez
30:53moi aussi j'adore
30:55c'est Joël
30:56chanteuse du groupe
30:56il était une fois
30:58quand je dis une véritable histoire d'amour
30:59parce que vous allez faire
31:00quasiment son dernier disque
31:02avant qu'elle nous quitte
31:02tragiquement
31:03alors c'est drôle
31:04je ne connais pas cette photo
31:05c'est troublant
31:07alors
31:09tu ne peux pas
31:10faire un bon disque
31:11si tu n'es pas amoureux
31:12des gens avec qui tu travailles
31:13voilà
31:13déjà dans un premier temps
31:14c'est très compliqué de dire ça
31:16à ta compagne
31:16quand tu as une compagne
31:17très compliqué
31:18je pense que Jacques Rovaux
31:20parce qu'on va revenir toujours au génie
31:21était fou amoureux de Vartan
31:23comme moi
31:24j'étais fou amoureux de Vartan
31:25quand on a travaillé ensemble
31:26je pense qu'il aurait travaillé avec Joël
31:27il aurait été fou amoureux de Joël
31:29je pense qu'il était amoureux de Sardou
31:30comme moi je le suis
31:31quand on chante ensemble
31:32je pense qu'il était amoureux de Johnny
31:34c'est un été
31:36où tu n'existes pas
31:37je veux dire
31:38sans amour
31:38sans amour
31:39on ne fait pas un bon disque
31:40c'est pas vrai
31:41ouais
31:41mais Joël
31:42écoute-moi
31:43parlez-moi de Joël
31:44Joël Mogensen
31:46chanteuse de ce groupe mythique
31:47qui nous quitte
31:48à l'âge de 29 ans
31:50terrible
31:51on revient au même truc
31:53il y a des trucs
31:53il faut vraiment faire attention
31:55alors j'aurais été
31:56son père
31:57peut-être
31:58je serais passé aussi comme ça
32:00tu ne fais pas attention à tout
32:01malheureusement
32:02tu as de la chance
32:03tu passes au travers
32:04parlons de la drôme
32:04par exemple sur les enfants
32:05tu as de la chance
32:06tu passes au travers
32:07tu as beau essayer de parler
32:08à tes enfants
32:09tu peux dire
32:09attention
32:10ne touchez pas à ci
32:10ne touchez pas à ça
32:11tu as de la chance
32:12tu passes au travers
32:13tu n'as pas de chance
32:14c'est ça que vous dites
32:15Pierre
32:15ouais je pense qu'elle a dû
32:16prendre une saloperie
32:18alors je ne sais pas
32:19ce qui s'est passé du tout
32:20j'ai entendu dire
32:21que la saloperie
32:23qu'elle avait prise
32:23était plus compliquée
32:25que normale
32:25c'est-à-dire
32:26on parle toujours de coke
32:27et je pense qu'il devait y avoir
32:28autre chose là-dedans
32:29mais ce n'est pas du tout
32:30un assassinat
32:31mais qui est dit derrière tout ça
32:32des mauvaises fréquentations ?
32:34c'est une fréquentation
32:36c'est une déception peut-être
32:38on avait fait cet album ensemble
32:39qui avait une jolie accroche
32:42et une jolie écoute
32:43mais pas forcément un triomphe
32:45par rapport à ce qu'elle venait de faire
32:46c'est très compliqué
32:47d'être en solo
32:48tu vois
32:49je ne sais pas
32:50Matt Pokora s'en est sorti
32:51il y a plein de gens
32:52qui sont sortis
32:53mais c'est compliqué
32:54ce n'est pas si simple que ça
32:55donc peut-être
32:56cette déception
32:57à nouveau
32:58une nouvelle équipe
32:59peut-être que cette équipe
33:00était moins au jus de carotte
33:03des gens nocifs aussi
33:04des mauvaises fréquentations
33:05des gens nocifs
33:05dans ce milieu
33:06il y a ça aussi
33:08je ne sais pas
33:09si c'est les gens nocifs
33:10si c'est toi
33:10qui les entraînes
33:11dans ton sillon
33:13ou si c'est eux
33:14qui t'entraînent
33:1529 ans Joël
33:16c'est épouvantable
33:17elle avait tout pour elle
33:18elle aurait fait du cinoche
33:20elle aurait fait peut-être
33:21de la télé
33:21peut-être qu'elle aurait fait
33:22de la télé
33:23c'est une fille
33:23qui parlait plusieurs langues
33:24c'était nécessaire
33:26on remonte à 15 piges
33:27il y a 15 piges de ça
33:28une jolie femme
33:30comme ça
33:30qui parlait plusieurs langues
33:32qui est intelligente
33:33qui connaît bien le métier
33:34aurait fait une merveilleuse
33:35émission de télé
33:36par exemple
33:36elle est là
33:37elle est dans notre coeur Joël
33:38elle l'est
33:39elle sait qu'on l'aime encore
33:40je voudrais avoir
33:41de ce quitté Pierre
33:42qu'on réentende comme ça
33:43je suis touché
33:43touché par cette photo
33:44je ne me rappelais pas
33:45de cette photo
33:45incroyable
33:47dingue
33:48un mot quand on pense à Joël
33:49pauvre petite
33:50avec un clap-trap
33:51il y a un clap-trap
33:52le truc à droite
33:53voilà
33:54elle sera toujours belle
33:56elle sera toujours belle
33:57ouais bien sûr
33:58elle est partie
33:59elle est partie belle
34:00elle va partir
34:01elle fait quand même partie
34:02elle a encore un fan club
34:03incroyable
34:03elle fait partie des héros
34:05c'est héroïque
34:07et puis on se rappellera
34:09surtout des titres
34:10qu'elle a fait
34:11avec Il était une fois
34:12qui était formidable
34:13voilà
34:13on réentendait Joël
34:15mais je voudrais qu'on se quitte
34:16avec la voix de celui
34:18qui est toujours
34:18on the road
34:19il sera toujours
34:20on the road
34:20Johnny
34:22sur la route
34:23quelque part là-haut
34:24il est sur la route
34:24ouais mais il est avec nous
34:25quand on roule
34:27la route
34:28qu'est-ce que c'est
34:28de faire le voyage
34:29quand on est avec les frères
34:30quand on est avec
34:31avec Philippe
34:32et avec Billy
34:33avec tous ceux
34:34qui volent rouler
34:34avec nous
34:35Jégé la dernière fois
34:36qu'est-ce que c'est
34:37c'est
34:37tu regardes la route
34:38et puis le soir
34:39qu'est-ce que c'est
34:40tu débriefes
34:40tu fais ce qu'on faisait ensemble
34:42regarde j'ai vu ci
34:42moi j'ai vu un aigle
34:43ah moi c'est incroyable
34:44parce que moi j'ai vu un lapin
34:45et l'autre il a vu un loup
34:46et puis le troisième
34:47il a vu une vieille voiture
34:48américaine
34:48qu'il voulait acheter
34:49tu débriefes le soir
34:50et qu'est-ce que c'est
34:51c'est pas juste
34:51ces souvenirs
34:52que tu bouffes
34:52tu ramasses
34:54tu ramasses
34:54ces souvenirs de tout le monde
34:55en même temps
34:55allez il est sur la route
34:58bonne route Johnny
34:59on the road
35:00et Johnny quelque part
35:02un aigle
35:02les livres de Pierre Villon
35:04merci Pierre
35:05merci à toi
35:05ça a fait très plaisir
35:06vraiment
35:07merci beaucoup
35:21à force de jeter
35:23mon coeur dans un micro
35:27portant les projecteurs
35:30comme une croix
35:32dans le dos
35:33merci à toi
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