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  • il y a 18 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Allez, à 22h55, si vous nous rejoignez, on vous rappelle l'une des principales informations de ce 72e jour de
00:06guerre.
00:06Donald Trump qui montre un certain engacement. Il a pris connaissance, on vous le disait, de la réponse iranienne au
00:11plan de paix américain et il la juge inacceptable.
00:14Absolument, totalement inacceptable. Même ce sont ces mots écrits en lettres majuscules.
00:18Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas écrit en lettres majuscules le président américain.
00:21Bonsoir, Axel Monnier. Que nous dit précisément ce soir, Axel, le président américain ?
00:32Après avoir publié des messages très longs aujourd'hui qui ne concernaient pas forcément d'ailleurs la réponse iranienne,
00:38c'est un message très court dans lequel il dit « je viens de lire la réponse des soi-disant
00:42représentants de l'Iran, je n'aime pas ça, totalement inacceptable ».
00:46C'est un peu les mêmes mots qu'il avait utilisés il y a deux semaines lorsque la première contre
00:50-proposition de Téhéran était arrivée jusqu'à Washington par le biais du Pakistan.
00:55Et là encore, il avait estimé que c'était inacceptable. Pourquoi ? Parce que les deux pays sont toujours, semble
01:01-t-il, en désaccord sur la question du nucléaire.
01:03Alors la question est désormais de savoir justement quelle sera la prochaine étape pour Donald Trump.
01:08Pour en savoir un peu plus, il a appelé Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien.
01:14D'après le journaliste d'Axios, un site d'information américain, Barack Ravid, la conversation s'est bien déroulée,
01:23puisque Donald Trump lui a même expliqué que les deux hommes s'étaient entretenus,
01:29mais qu'il n'avait pas beaucoup parlé de cette contre-proposition iranienne,
01:32parce que selon Donald Trump, ça n'est pas le problème des Israéliens, mais seulement celui des Américains.
01:38Alors si on écoute l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU, les États-Unis continuent à privilégier l
01:44'option diplomatique et rien d'autre,
01:47malgré les capacités militaires toujours plus importantes dans le golfe Persique.
01:52Alors est-ce réellement le cas ? Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?
01:56Donald Trump, on le sait, veut un accord à tout prix.
01:59Oui, mais jusqu'où peut-il aller alors que le désaccord n'est pas prêt ?
02:03On voit aussi qu'il était prêt à attendre quelques temps, de plus comprendre que le temps diplomatique n'est
02:08pas celui de la communication présidentielle.
02:10Alors que se passera-t-il dans les prochains jours ?
02:13Est-ce que les émissaires de Donald Trump sur la question iranienne continueront de discuter avec les représentants iraniens
02:19et avec ceux du Pakistan qui sert toujours d'intermédiaire ?
02:22Eh bien on espère en savoir un peu plus dans les prochains jours et les prochaines heures.
02:26Axel Monnier en direct de Washington. Merci à vous.
02:29Lieutenant-colonel Guillaume Ancel. Une proposition jugée par Donald Trump, proposition iranienne totalement inacceptable.
02:35On reviendra d'ailleurs en détail sur cette proposition.
02:37Donald Trump qui nous dit dans cette émission de télé Fulmagers, nous avons probablement atteint 70% des cibles,
02:44mais nous avons d'autres cibles que nous pourrions théoriquement frapper.
02:47Comment vous voyez les choses dans les prochaines heures, prochains jours, sachant qu'il y a une visite vendredi à
02:52Pékin de Donald Trump ?
02:53Ce qui est compliqué avec Donald Trump, c'est qu'il dit tout et son contraire toutes les heures.
02:56Donc pour arriver à trouver une cohérence dans ses propos, ça reste une sacrée performance.
03:01Là on est un peu sur la même chose, totalement inacceptable, des cibles à frapper.
03:05Ce qui est inquiétant par contre, c'est que manifestement, la réponse des Iraniens à la proposition américaine,
03:11qui était très attendue, parce qu'on espérait tous qu'on était proche d'un accord.
03:15Et c'est plutôt ça les signes qu'on avait ces derniers jours.
03:18Trump annonçant lui-même que ça se passait très bien, que de toute façon les Iraniens voulaient absolument négocier.
03:23– Discussion très positive, disait-il à plusieurs reprises.
03:25– Tout à fait, la réponse n'est manifestement pas du tout à la hauteur des attentes de Donald Trump
03:32et de son administration.
03:33Et donc maintenant, c'est intéressant de voir si Donald Trump va remettre le couvert sur la guerre,
03:40ce qu'il a évité de faire depuis un mois,
03:42parce que je rappelle que les négociations ont commencé, en tout cas officiellement, le 8 avril dernier.
03:47Donc il y a un mois et deux jours.
03:49Ou s'il va attendre d'aller en Chine, jeudi et vendredi, pour discuter avec la Chine,
03:55dont les Iraniens disent que ça devrait être le garant d'un éventuel accord.
03:59Donc il y a une question assez délicate.
04:02Moi, mon sentiment, c'est qu'il exprime une forme d'humiliation, en tout cas de très grande frustration,
04:08qui fait qu'il pourrait être tenté de donner un coup,
04:12non plus sous la table, comme ils l'ont fait depuis un mois, mais sur la table,
04:15pour montrer aux Iraniens qu'il est déterminé et qu'il est capable de reprendre une phase de combat,
04:20ce qu'il a exactement évité depuis un mois.
04:23Et ça pourrait être quoi comme coup, par exemple, quand vous dites un coup ?
04:25Par exemple, d'aller bombarder une installation pétrolière importante iranienne.
04:29Sur l'île de Karg ?
04:30Sur l'île de Karg, ce serait dramatique pour les Iraniens.
04:33Mais une autre installation, moins centrale,
04:37mais qui montrerait bien aux Iraniens qu'ils risquent gros.
04:39Le problème, c'est qu'ils déclencheraient une riposte.
04:41Bien sûr.
04:42Thierry Arnaud, cette réponse, justement, des Iraniens,
04:45on va en parler un petit peu.
04:47Le Wall Street Journal nous donne quelques indications ce soir.
04:49Il est question, évidemment, d'uranium enrichi.
04:52L'Iran propose de diluer une partie de son uranium
04:54et de le transférer vers un pays tiers.
04:56Mais le régime demande que l'uranium transféré lui soit renvoyé
05:01si jamais les négociations venaient à échouer.
05:05C'est une proposition ou c'est une provocation ?
05:09C'est très farfelu, en tout cas, effectivement.
05:11Parce qu'on imagine bien l'idée selon laquelle,
05:13une fois que l'accord soit devient caduque,
05:16soit est dénoncé, soit que les négociations ne se passent pas très bien,
05:20ce qui se passe si on va chercher Donald Trump pour le dire,
05:22Donald, est-ce que tu veux bien me rendre mon uranium enrichi ?
05:25Je pense qu'on peut assez aisément deviner ce que serait à ce moment-là
05:29la réponse du président américain.
05:32Donc tout ça contribue à donner l'impression, effectivement,
05:36qu'on est plus dans le registre d'une provocation
05:38que dans le registre d'une réponse qui avait vocation à donner aux Américains
05:44quand même un petit signal, quelque part, qu'on était prêt à...
05:47Donc c'est une non-réponse des Iraniens, finalement ?
05:50C'est une façon d'exprimer le fait que ce régime,
05:54aujourd'hui, se sent en situation de force.
05:57Il dit qu'il n'a pas perdu la guerre.
06:00Non seulement il n'a pas perdu la guerre,
06:01mais il a en plus conquis le contrôle du détroit d'Harmouz.
06:04Donc à ce stade, il considère n'avoir aucune raison
06:07de donner des gages au président américain.
06:10Et c'est ça le sens du message qu'il lui envoyait aujourd'hui.
06:14L'Iran continue de dire qu'il veut fixer le rythme, le cadre,
06:19le contenu de ces négociations.
06:21Et c'est la raison pour laquelle le président américain
06:24ne pouvait pas dire autre chose.
06:27J'en profite un passage pour vous dire que depuis qu'il a envoyé
06:29ce message sur l'Iran, Donald Trump a envoyé deux autres messages
06:31sur son réseau social.
06:33Le premier, pour dire qu'il ne faut surtout pas que les démocrates
06:36gagnent les élections en mi-mandat.
06:37Et le deuxième, pour dénoncer une décision de la Cour suprême
06:41qui remonte à plusieurs semaines sur les droits de douane.
06:43Donc tout ça pour vous dire qu'il se bat sur de multiples fronts
06:45à la fois, que dans toutes ces réactions,
06:49il faut aussi avoir comme grille de lecture
06:52les considérations de politique intérieure qui sont très importantes,
06:55le contexte politique dans lequel il se trouve aux États-Unis
06:58et qui, effectivement, est aussi un des facteurs explicatifs
07:03importants de la manière dont il gère ce conflit.
07:05Jean-Claude Beaujour, vous avez la même lecture des choses,
07:08c'est-à-dire que finalement, Donald Trump se bat sur le front iranien,
07:11mais pas que, et il y a surtout un front intérieur,
07:14et il y a des élections, on le sait, qui arrivent à l'automne.
07:16Évidemment, c'est un homme politique, en démocratie,
07:19qui dit homme politique dit aussi base,
07:21et la base, c'est son électorat.
07:24Et précisément, on a un processus électoral
07:26qui arrive assez rapidement, d'une part.
07:28D'autre part, ça va être sa deuxième partie de mandat,
07:33donc il est en fin de mandat.
07:34Vous imaginez très bien que si on venait à s'installer
07:36sur quelque chose de très négatif,
07:38ça pourrait faire un très mauvais mandat pour Donald Trump
07:41qu'il y a deux ans, un peu plus d'un an et demi,
07:44nous avait expliqué qu'on verrait ce que serait son mandat,
07:47ça serait le plus beau mandat qu'un président n'aurait jamais eu,
07:50souvenez-vous, son discours d'investissure.
07:54Donc c'est vrai que sur ces deux sujets,
07:55il a une difficulté politique qui est d'ordre international, finalement.
07:59Et puis, je rajouterai à ce qui vient d'être dit,
08:02c'est qu'au fond, il y a une limite à la communication.
08:04Quand on a dit, et quand il nous a dit,
08:06on est presque, on est à 70%,
08:08mais moi, je ne sais pas ce que c'est que 70% d'un accord
08:11si on ne me dit pas précisément
08:14ce sur quoi on est d'accord,
08:16ce sur quoi on n'est pas d'accord,
08:17et ce qui reste à négocier.
08:19Et où est-ce qu'on veut arriver ?
08:20Et où est-ce qu'on doit arriver ?
08:21Or, si vous regardez bien,
08:23il nous dit beaucoup qu'il est à presque.
08:25Alors moi, je veux bien le croire,
08:26ce n'est pas une question d'être pro ou anti-Trump,
08:28c'est que si vous ne me dites pas ce que vous avez effectivement,
08:31moi, je n'ai pas les moyens de savoir
08:33si vous êtes pour, très près, très proche ou très loin.
08:36Donc, en réalité, on s'aperçoit très bien
08:37que les Iraniens ont aussi joué là-dessus
08:39parce qu'eux, ils font jouer la montre.
08:41Il faut qu'on soit bien conscient de cela,
08:42la montre au maximum,
08:44parce qu'ils savaient très bien
08:45qu'en envoyant cette contre-proposition,
08:47il ne pouvait y avoir qu'une fin de non-recevoir.
08:50Puisque s'il ne s'agit que de dégager le détoit d'Ormouz,
08:53là encore, au risque de nous répéter de plateau en plateau,
08:56c'est une reculade
08:57parce qu'effectivement, on est parti quand même,
09:00le détoit d'Ormouz n'était pas bloqué.
09:02Donc là, on a quand même une grosse épine dans le pied
09:06et pour le monde occidental,
09:08en tout cas pour l'ensemble de la planète.
09:09Alors, peut-être que les Chinois parviendront
09:11à faire entendre raison aux Iraniens
09:14parce qu'il y va aussi de l'intérêt économique
09:16d'une bonne partie de la planète,
09:18à commencer par la Chine.
09:19Guillaume Ancel, je vais vous faire écouter
09:21Benjamin Netanyahou dans l'émission
09:2360 Minutes ce soir sur CBS.
09:25Les deux hommes se sont parlé avec Donald Trump.
09:27Écoutons-le, cette question du nucléaire
09:29est ô combien importante pour lui.
09:31Et je vous interroge un peu.
09:34Comment envisagez-vous le retrait de l'uranium
09:36hautement enrichi d'Iran ?
09:38On y va et on le retire.
09:40Avec quoi ?
09:41Les forces spéciales israéliennes ?
09:43Les forces spéciales américaines ?
09:44Eh bien, je ne vais pas parler de moyens militaires,
09:47mais d'après ce que le président Trump m'a dit,
09:49je veux y aller et je pense que c'est physiquement possible.
09:52Ce n'est pas le problème.
09:54Si vous avez un accord et que vous y allez
09:55pour le retirer, pourquoi pas ?
09:57C'est la meilleure solution.
09:59Guillaume Ancel, il dit, il y a des plans d'ailleurs,
10:02dans la suite de cette émission, il y a des plans.
10:03Donald Trump m'a dit qu'il y avait des plans.
10:05Les deux hommes se parlent.
10:07Ils ne sont pas sur le même registre non plus.
10:09A tel point que Donald Trump dit à Barack Ravid
10:11qu'il avait parlé avec lui que ça a été une courte période,
10:14cette petite question iranienne, en disant
10:15« Mais finalement, c'est mon affaire, pas celle de quiconque d'autre.
10:18Il n'y a que Donald Trump qui va décider d'intervenir
10:21pour aller chercher, récupérer cet uranien enrichi ? »
10:24La réaction de Benjamin Netanyahou n'est pas très surprenante.
10:26On sait que lui, il veut aller jusqu'au bout,
10:28c'est-à-dire qu'il voudrait essayer d'envahir l'Iran.
10:32Évidemment, c'est hors de portée
10:33et ses militaires, ils sont totalement hostiles.
10:37Benjamin Netanyahou veut aussi masquer
10:40un problème qui est apparu aujourd'hui,
10:42c'est qu'en fait, une base secrète israélienne en Irak
10:45a été dénoncée.
10:46On y reviendra dans un instant, c'est prévu.
10:48Probablement de source américaine.
10:50Le problème, c'est que quand une base secrète
10:52est dénoncée dans les médias,
10:54ça veut dire qu'elle est foutue.
10:56Parce que là, c'est très compliqué de la conserver,
10:58sauf à devenir une cible pour tout le monde.
11:00Pour les Irakiens, pour les Iraniens, pour tout le monde.
11:02Et donc, c'est quand même un problème à gérer,
11:06parce que, outre le fait que c'était une humiliation
11:08pour l'Irak, d'apprendre qu'il y avait une base israélienne
11:11qui était installée chez elle,
11:12c'était aussi probablement un point d'appui important
11:15pour les Israéliens.
11:16Je rappelle qu'Israël, physiquement,
11:18est à plus de 1500 kilomètres de l'Iran.
11:20Et donc, aller faire la guerre en Iran,
11:22quand on est à 1500 kilomètres,
11:23c'est compliqué logistiquement.
11:25Et donc, ils ont besoin de ces bases.
11:27Alors, évidemment qu'ils peuvent s'appuyer
11:29sur les bases américaines,
11:30mais les pays du Golfe ne sont pas très,
11:32comment dire, fans de voir arriver
11:35des unités israéliennes sur des bases
11:37dans les pays du Golfe.
11:39La base iracaine était probablement
11:41un point d'appui extrêmement important.
11:42Et le fait qu'ils la perdent aujourd'hui...
11:44Alors, n'allez pas trop vite,
11:45parce qu'on en parlera de cette base iracaine.
11:46Je ne vais pas trop vite.
11:46C'est juste pour dire que Netanyahou,
11:49comme Donald Trump,
11:51essaie toujours d'attirer notre attention
11:52pour masquer des choses
11:53dont il n'a pas envie de parler.
11:55Et c'est un échec pour eux,
11:56le fait que cette base ait été dévoilée.
11:58Si vous nous rejoignez sur BFM TV,
12:00c'est l'une des informations principales
12:02de ce 72e jour de guerre,
12:05cette proposition iranienne jugée inacceptable,
12:08cette réponse iranienne jugée même
12:10totalement inacceptable
12:11par le président américain Donald Trump.
12:14Thierry Arnault, il l'écrit en lettres majuscules,
12:16Donald Trump, message court,
12:18on connaît, on commence à décrypter
12:20le langage du président américain.
12:21Il est énervé, il est humilié,
12:23il est agacé ce soir.
12:24Que va-t-il décider de faire ?
12:25Il ne pouvait pas accepter cette proposition iranienne,
12:28c'est évident,
12:28et la question était de savoir
12:29quels termes il allait choisir pour la rejeter.
12:32Il a choisi des termes forts,
12:34de le dire en majuscule,
12:38et ça le place dans une situation de fermeté.
12:44Et la question qui se pose à lui désormais,
12:46qui se pose à nous aussi,
12:47c'est quelle est la nature de cette fermeté
12:49et jusqu'où il est prêt à aller pour l'exprimer.
12:52Dans la mesure où il a face à lui un Iran
12:54qui considère ne pas avoir perdu cette guerre militairement,
12:59conserver une bonne partie de sa capacité de riposte,
13:03avoir en plus conquis un atout supplémentaire
13:05et considérablement important,
13:07c'est-à-dire le détroit d'Hormuz,
13:10dans ces conditions-là,
13:12et sur la base de ce qui est proposé à Donald Trump,
13:16même si la position iranienne
13:19pouvait évoluer à la marge,
13:21on serait encore très loin et beaucoup trop loin
13:23de ce qui représente un accord acceptable
13:26pour le président américain.
13:28Donc la question qui désormais lui est posée,
13:30c'est comment faire plier le régime iranien ?
13:33Et est-ce qu'il existe encore une voie diplomatique
13:37pour faire plier le régime iranien
13:39et lui apporter la victoire décisive
13:41qu'il attend sur le régime des Mola ?
13:44Et on voit que quelque part,
13:49l'étau est en train de se resserrer.
13:52Et effectivement, l'hypothèse qu'évoquait Guillaume tout à l'heure,
13:57d'une frappe qui ne serait pas la reprise
14:00d'un conflit à grande échelle,
14:01mais qui serait une frappe symbolique,
14:03forte, puissante pour envoyer un message,
14:08et elle prend du poids à la lumière
14:10de ce à quoi on vient d'assister ces dernières heures.
14:15Et donc voilà le contexte dans lequel on se trouve ce soir.
14:18En tout cas, encore une fois,
14:20Donald Trump a besoin que l'Iran cède quelque chose
14:23et sur la base du rapport de force
14:25tel qu'il existe aujourd'hui
14:27et tel qu'il est exprimé par les Iraniens,
14:29il n'a pas fait cédé l'Iran
14:31et on ne voit pas comment s'il ne fait pas bouger quelque chose
14:34de manière importante,
14:36il arrivera à obtenir ce pas en arrière du régime iranien.
14:39Maneli Myrkan, sur la proposition,
14:40enfin sur l'analyse de Guillaume Ancel,
14:43est-ce que de propositions totalement inacceptables,
14:45ça peut donner un coup, là, symbolique,
14:47dans les prochains jours, les prochaines heures selon vous ?
14:50Moi je ne le vois pas.
14:52C'est-à-dire qu'autant on peut effectivement interpréter
14:54ce tweet très cadré, écrit en majuscule
14:58comme une annonce véritable,
15:01autant mis dans le contexte de son voyage en Chine,
15:06mis dans le contexte aussi de ces derniers jours,
15:08de ce qu'on a vu dans le détroit d'Hormuz,
15:10ces provocations répétées,
15:12ces actions même offensives répétées des Iraniens
15:15qui sont restés sans réponse,
15:17je pense que Donald Trump ne va pas enclencher
15:20une action là tout de suite.
15:22Mais ça ne veut pas dire,
15:23et je pense que même dans le cas
15:25où les négociations pouvaient aboutir,
15:28auraient une chance d'aboutir sur le nucléaire,
15:30ça n'excluait pas une action militaire
15:32contre les gardiens de la Révolution.
15:34Parce qu'une fois que le dossier nucléaire est résolu,
15:36le problème reste entier dans le détroit d'Hormuz.
15:39Et est-ce que les Américains peuvent se permettre
15:42de reculer, de laisser le détroit,
15:45de se désengager par rapport à l'ensemble de leurs alliés ?
15:49Je ne le pense pas.
15:49Donc, quelque part, je pense que cette question
15:52de est-ce qu'on va revenir à une étape de guerre ou pas,
15:55elle restera pendant quelque temps encore.
15:58En revanche, vous aviez raison tout à l'heure
16:00de souligner ces soi-disant représentatifs de l'Iran.
16:03Ça, c'est Donald Trump, effectivement,
16:04qui écrit « soi-disant représentant »
16:06en mettant des guillemets à soi-disant sous-entendu.
16:09Ils ne sont pas légitimes.
16:10Ils ne sont pas légitimes.
16:12Et je pense qu'il essaye encore, à tort ou à raison,
16:15mais il essaye encore de favoriser cette division
16:22au sein du régime pour essayer d'écarter
16:25les gardiens de la révolution, des négociations,
16:27et essayer de parler aux véritables
16:28ceux qui, lui, pensent étant plus pragmatiques.
16:32Ce qui serait un jeu dangereux,
16:34parce qu'on sait, nous, de sources internes,
16:36aujourd'hui, que ces pragmatiques-là,
16:38et notamment Qalibov, sont sous menace permanente
16:42de ne pas bouger.
16:43Le président du Parlement iranien.
16:44Le président du Parlement iranien,
16:45qui avait pris le devant pour parler,
16:47pour négocier, pour même concéder sur le nucléaire,
16:50ils sont aujourd'hui sous un véritable menace à l'intérieur
16:55qu'il ne faut pas bouger,
16:56et qu'il ne faut surtout pas négocier,
16:58et qu'il ne faut pas s'exprimer.
17:00Donc, il est vraiment sous tension.
17:03Et là, est-ce qu'il va donner encore une chance
17:06à cette division de se renforcer au sein du régime ?
17:09Ça reste à voir.
17:10– Sergueï Gernoff, on évoquait effectivement
17:12peut-être cette action courte, forte,
17:16ce signe, Thierry Arnaud disait,
17:18peut-être envoyer un message demain aux Iraniens
17:20de la part de Donald Trump.
17:21C'est votre point de vue depuis le début,
17:22ça c'est votre théorie, depuis le début,
17:23on ne peut pas avoir fait venir autant de moyens
17:26dans la zone pour ne pas s'en servir, finalement.
17:28– Oui, pour moi, c'est toujours quelque chose
17:31qui reste dans la région.
17:33Et en réalité, vous savez, pour mettre un tout petit peu
17:37le contexte dans ce qu'on discute,
17:39il y a le ministre des Affaires étrangères iraniens
17:42qui revient de Chine.
17:44Et donc cette réponse, c'est après la consultation
17:47des Iraniens avec les Chinois.
17:50Donc, c'est quelque chose qui prend un entrepoids,
17:53parce que c'est non seulement la décision interne
17:57la plus dure par rapport au régime,
18:01mais en plus appuyée par les Chinois,
18:04et avant, il était à Moscou aussi.
18:07Ça veut dire les deux puissances anti-américaines
18:09qui soutiennent les rangs continuent à le soutenir.
18:14Mais par rapport à ça, Trump qui se prépare
18:17d'aller en Chine, lui, il a parlé à Netanyahou.
18:21Et donc, moi, je ne peux pas exclure,
18:23que lui, il va aller en Chine,
18:25et c'est l'Israël qui va faire quelque chose.
18:29Parce qu'il se concerte, et donc tout est ouvert.
18:33Pour moi, actuellement, nous sommes dans une impasse, clairement.
18:37En fait, l'échange d'aujourd'hui,
18:39il y a eu la proposition qui est en fait une provocation
18:43dans laquelle le pouvoir iranien a dit
18:45« Je n'accepte rien du tout, sauf le petit truc sur les 440 kilos. »
18:51Mais en plus, on ne sait même pas du tout où ça va aller.
18:53– Les 440 kilos d'uranium enrichi.
18:55– L'uranium enrichi, d'un pays tiers.
18:57Ils ont parlé d'un pays tiers.
18:59Ça peut être Moscou, ça peut être Pékin.
19:02Surtout pas Pakistan, parce que sinon, l'Inde ne serait pas d'accord.
19:05Et Trump a réagi d'une manière assez violente.
19:09Parce que vous savez, quand on met les caractères, les grosses caractères…
19:12– Ça fait longtemps qu'on ne les avait pas vus.
19:14– En termes de réseaux sociaux, ça veut dire que vous gueulez.
19:17En fait, vous criez, vous défensez les gens.
19:19Il y a même les raisons sur lesquelles c'est interdit d'utiliser les caractères,
19:22parce que c'est considéré comme si vous preniez un égiaphone
19:29pour multiplier votre puissance.
19:32Donc, je crois que là, aujourd'hui, malgré votre point de vue, Maneli,
19:38que ça ouvrirait quelques trucs,
19:41moi, je crois qu'on est dans un moment assez critique.
19:44– D'accord avec ça, Guillaume Ancel ?
19:46– Je pense qu'aujourd'hui, la question, c'est qu'on est dans une impasse militaire.
19:50En fait, les Américains n'ont pas trouvé les moyens
19:54de faire capituler le régime iranien.
19:56C'est l'échec de Pitexet.
19:57Parce que c'est lui qui avait promis au président américain
20:00qu'après 25 000 frappes,
20:03les autres viendraient donner leur édition sans condition.
20:05Ça n'a pas été le cas.
20:07Et du coup, même si les Américains disaient, on remet le couvert.
20:10Mais en fait, on remet le couvert, pourquoi faire ?
20:12En tout cas, ce n'est pas avec les frappes qu'ils ont faites,
20:14et d'ailleurs, je pense qu'ils n'ont plus tellement de cibles militaires,
20:17où il faudrait qu'ils s'attaquent à autre chose.
20:19On a parlé des infrastructures civiles.
20:21Outre le fait que c'est un crime de guerre,
20:23les Iraniens montrent très bien que, eux,
20:25ils feront la même chose dans les pays du Golfe.
20:27Et donc, il y a une espèce de dissuasion réciproque autour d'eux.
20:31En fait, les deux ont les moyens de frapper,
20:32mais ils n'ont pas les moyens de gagner.
20:34Et c'est pour ça que j'ai publié un article très important
20:38qui s'appelle « Jeux de guerre dans une impasse militaire »
20:40sur « Ne pas subir ».
20:41Parce que je pense qu'aujourd'hui, on joue à la guerre,
20:44mais en fait, on est dans une impasse militaire,
20:46comme l'a dit Sergueï,
20:47et par conséquent, les Américains n'ont qu'une seule solution.
20:51C'est trouver un accord qui ne soit pas trop imparfait.
20:54Et c'est ça, le problème, parce qu'on voit bien que,
20:57dans l'État actuel,
20:58Donald Trump est vexé de la proposition qui lui a été faite,
21:01alors qu'il était persuadé qu'il allait déboucher.
21:04Et Guillaume Marcel, juste, est-ce que le cessez-le-feu, c'était une erreur ?
21:06Est-ce qu'il ne fallait pas y aller un bon coup et ne pas mettre de cessez-le-feu
21:08?
21:09Non, le cessez-le-feu, pour moi, c'est normal après une phase de guerre.
21:12Par contre, le cessez-le-feu est devenu un cessez-la-trêve.
21:16C'est-à-dire exactement, d'ailleurs, comme pour Israël ou Liban,
21:18le cessez-le-feu n'a aucune importance.
21:20On frappe quand on veut, on tire quand on veut.
21:23Donc, le cessez-le-feu n'a plus tellement de sens.
21:25Par contre, ça a quand même été un stop
21:27dans la guerre très puissante qui était menée jusque-là.
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