00:05Générique
00:1122h30 sur BFM TV, merci de nous rejoindre dans BFM Grand Soir avec une accélération, peut-être des tensions, je
00:18dis bien peut-être dans cette guerre au Moyen-Orient.
00:20En ce 72ème jour, Donald Trump montre un certain agacement. Il a pris connaissance de la réponse iranienne au plan
00:27de paix américain.
00:28Et il la juge inacceptable, totalement inacceptable, même il l'a écrit sur ses réseaux sociaux. Bonsoir Axel Monnier, on
00:35vous retrouve à Washington.
00:36Que nous dit précisément ce soir le président américain ?
00:43On attendait cette réaction, la voici enfin par le média social du président, Truth. Il dit « Je viens de
00:49lire la réponse des soi-disant représentants, représentants avec des guillemets, de l'Iran.
00:54Je n'aime pas ça », totalement inacceptable. Donald Trump qui avait déjà auparavant estimé que les Iraniens jouaient à
01:01des jeux avec les Américains
01:02et que cela devait suffire et que bientôt l'Iran aurait fini de rire. Alors comment décrypter ce message ?
01:10Effectivement, ça ressemble à la même réaction que Donald Trump avait eue il y a 15 jours lors d'une
01:15première contre-proposition iranienne,
01:17qu'il avait là aussi jugée inacceptable. Dans le détail d'après le Wall Street Journal, c'est surtout sur
01:24le nucléaire que les Iraniens semblent rechigner,
01:27notamment à laisser filer leurs réserves d'uranium enrichies vers les États-Unis. Ils préféraient que ça aille vers un
01:33pays tiers.
01:34Ils ne veulent pas non plus de la même durée de suspension du programme d'enrichissement nucléaire.
01:38Voilà pour le point sur les détails de cette contre-offre iranienne. Mais il y a eu aussi cet appel
01:45avec Benyamin Netanyahou,
01:47un appel qui s'est bien passé d'après Donald Trump, qui l'a dit au journaliste d'Axios Barakravide,
01:55et qui estime qu'en fait l'Israël n'a rien à voir avec les négociations entre les États-Unis
02:01et l'Iran.
02:02« Ça ne concerne que moi, et c'est moi qui gère ça », dit en substance Donald Trump.
02:07Mais en même temps, on a aussi l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU,
02:12qui estime que les États-Unis continuent malgré tout à donner leur chance et à privilégier la diplomatie, la solution
02:18diplomatique.
02:19Alors qu'est-ce à dire ? Alors qu'il y a une accumulation de ressources militaires dans le golfe
02:25Persique,
02:25alors que Donald Trump semble reprendre un peu son ton menaçant ces dernières heures,
02:29est-il encore prêt à donner une nouvelle chance à un accord avec l'Iran,
02:34malgré le fait qu'il trouve inacceptable cette contre-proposition ?
02:38Eh bien, il va falloir voir les nouvelles réactions du président et ses prochaines actions dans les prochains jours,
02:45pour savoir s'il est prêt encore à discuter et si les canaux de communication entre les deux pays sont
02:50toujours ouverts.
02:51Axel Meunier, direct de Washington. Merci à vous.
02:55Général Sidos, revoici le retour des lettres en gras, en majuscule, totalement inacceptable,
03:00un Donald Trump déterminé en colère. Est-ce qu'il peut attendre les fameux 30 jours ?
03:05Puisque l'Iran dit qu'on négociera les questions nucléaires au cours des 30 prochains jours.
03:09Est-ce que vous le voyez attendre et laisser 30 jours à l'Iran ?
03:12Déjà, il a, effectivement, et tout le monde en parle, et je pense à raison, il y a ce voyage
03:16en Chine,
03:16qui est quand même fondamental, pour voir quand même quelle est l'attitude réelle, la position réelle des Chinois,
03:21puisque les Chinois sont quand même accusés d'avoir soutenu militairement,
03:25par des composants divers et variés, et par des renseignements,
03:30et par des renseignements d'avoir soutenu l'Iran.
03:32Alors, qu'est-ce que Trump va apporter à la table de négociation ?
03:36– Donc vous ne vous dites rien avant vendredi, avant de rencontrer le président chinois ?
03:39– Oui, quelque part, quand même, c'est quand même une carte importante à jouer, quelque part.
03:42Parce qu'effectivement, la Chine, c'est quand même du lourd, c'est quand même un morceau, c'est sérieux.
03:47Et on discute avec la Chine, autant avec les Russes, c'est un petit peu délicat,
03:50tout se fait, de toute façon, un petit peu caché.
03:51Mais là, il a ce rendez-vous avec la Chine, qui est quand même la puissance montante du Pacifique,
03:55qui a une flotte en devenir, qui se...
03:59Il y avait quand même, la semaine dernière, une page quasiment complète du New York Times
04:02sur l'aménagement d'une base navale sur un territoire face au Vietnam que les Chinois élargissaient.
04:09Et puis de la colonne de gauche, vous aviez un article sur le déclin de l'Empire américain.
04:13Et la colonne de droite, vous aviez un article sur l'inefficacité des frappes militaires.
04:18Et au milieu, cet énorme engagement chinois dans la mer de Chine méridionale.
04:24Donc c'est quand même du sérieux, là aussi.
04:25Je veux dire, on a la guerre, effectivement, dans le détroit d'Hormuz.
04:28Mais il y a quand même l'adversaire chinois, qui a quand même été considéré comme l'adversaire principal,
04:34déjà sous la présidence Obama.
04:36Alors je sais bien que Trump n'aime pas Obama.
04:38Mais enfin, là, il est un peu en train de reprendre la stratégie d'Obama.
04:41C'est une réalité qu'il ne peut pas négliger.
04:44Donc il ne veut pas quand même rentrer en guerre contre la Chine.
04:47Il est obligé de tenir compte de la Chine.
04:48Et là, bon, je pense, pour modérer...
04:51Puis de toute façon, il n'y a pas de résultat militaire dans les jours derniers.
04:53La semaine dernière, il n'y a pas eu de résultat militaire.
04:55Donc effectivement, ça a été des escarmouches ou des broutilles, comme il l'a appelé.
04:59Donc relancer dans les quatre jours qui viennent une offensive lourde, sérieuse,
05:04personnellement, je ne le vois pas.
05:05On n'est pas à l'abri d'une surprise.
05:07Vous savez, ça, c'est la précaution oratoire.
05:10Mais non, a priori, non.
05:11Ce sera tranquille jusqu'à la visite en Chine.
05:14Thierry Arnaud, si l'on résume, ce soir, on a un président américain
05:18qui juge totalement inacceptable une réponse iranienne qu'il aura attendu tout le week-end.
05:22On a un président qui s'est entretenu aussi avec le Premier ministre israélien,
05:25principal partenaire dans cette guerre.
05:27Et on a un détroit d'Hormuz sous tension depuis quelques jours.
05:31Qu'est-ce qu'on fait ce soir ?
05:32La chronologie des événements est importante,
05:34et en particulier le fait que ce message soit tombé sur le réseau social de Donald Trump
05:38après sa conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien.
05:42C'est évidemment une donnée importante.
05:44Et dans une certaine mesure, cette réaction, elle est le produit aussi de cette conversation.
05:51Alors, compte tenu du fait que dans ce que l'on sait,
05:54il faut le dire avec prudence, parce qu'on n'a pas lu le document in ex senso présenté par
05:58les Iraniens,
05:58on n'en a que ce que nous ont rapporté les médias qui eux-mêmes ont pu s'informer.
06:04Mais, donc, sur la base de ces informations, que c'est à la fois partiel et indirect,
06:10il est clair que l'Iran n'a rien cédé sur le fond,
06:12et continuait à vouloir fixer le cadre, le rythme et le contenu de ces négociations.
06:19Et pour cette raison, on pouvait se douter que, sous cette forme-là,
06:24les propositions iraniennes n'étaient pas acceptables pour le président américain.
06:27Alors, la question, à partir de ce moment-là, devenait, sur l'échelle du rejet,
06:31où est-ce qu'il allait placer le curseur ?
06:33Et, avec deux mots écrits en lettres majuscules sur son réseau social,
06:38on voit qu'il place le curseur, de manière assez typique pour Donald Trump,
06:42plutôt assez haut, pour faire passer le message que,
06:46un, évidemment, il n'est pas question d'accepter cet accord,
06:48mais que, du coup, effectivement, ça rouvre toutes les perspectives possibles
06:53et que la reprise d'opérations militaires reste une option ouverte pour les Américains.
07:00Il reste confronté à cette contradiction, Donald Trump.
07:04Il a un besoin impératif d'une victoire décisive dans ce conflit.
07:10En même temps, on sent bien qu'il n'a pas vraiment beaucoup d'appétit
07:12pour reprendre une opération militaire massive à l'échelle de ce qui a été mené
07:16entre la fin février et le début du mois d'avril.
07:18Et il est dans la confrontation de ces deux volontés.
07:21Et, à un moment donné, la nécessité, peut-être, dans les semaines à venir
07:25ou dans les jours à venir, de devoir choisir entre les deux.
07:28On va revenir, Maya Khadra, aussi, sur les bribes d'informations
07:31quant à la réponse iranienne dont nous parlait Thierry.
07:33Notamment, c'est le Wall Street Journal qui nous dit, par exemple,
07:36que les questions nucléaires seraient, je dis bien,
07:38seraient négociées au cours des 30 prochains jours.
07:40L'Iran qui propose de faire diluer une partie de son uranium enrichi
07:44et de le transférer, le reste, vers un pays tiers, et qui appelle à des garanties.
07:47On en parlait à l'instant, que l'uranium transféré sera renvoyé
07:49si les négociations échouent, je vais y arriver,
07:52ou si les États-Unis sortent de l'accord à un stade ultérieur.
07:55C'est une non-proposition, pour vous, ou elle tient la route ?
07:59Non, ça va au-delà de la non-proposition.
08:01C'est une provocation.
08:02Une provocation.
08:03Si on n'a pas les garanties qu'on veut, on va faire un chantage
08:07et on va demander aux pays tiers qui, très probablement,
08:10ce serait la Russie ou la Chine, par exemple,
08:13parce que l'Iran pense qu'ils peuvent choisir le pays
08:16où ils veulent transférer leur uranium enrichi,
08:19chose que les Américains n'accepteront jamais.
08:22Je trouve que ça va vraiment dans le sens de l'absurdité totale.
08:28Et en fait, c'est un scénario déjà connu,
08:30et déjà connu surtout par les Européens.
08:32Souvenez-vous, 2021-2022, il y a eu deux tours majeurs
08:37de négociations à Vienne.
08:38C'était sous le mandat de Joe Biden qui a proposé de reprendre
08:42les négociations avec les Iraniens.
08:43Donc, c'était très naturellement à Vienne.
08:46Et les Européens jouaient un peu aux médiateurs.
08:49Et il y avait même à la tête de la diplomatie européenne
08:52le plus diplomate des Européens, Joseph Borrell,
08:54qui, lui, a travaillé le dernier brouillon de la proposition aux Iraniens.
09:00Et malgré cette souplesse européenne qui est entrée en jeu
09:04pour arriver à un JCPOA 2, c'est-à-dire un accord sur le nucléaire iranien,
09:11les Iraniens ont demandé des garanties, une levée totale des sanctions.
09:16Ils ont demandé à garder quand même leur capacité d'enrichissement de l'uranium.
09:22Ils ont refusé d'abandonner leur proxy
09:25et d'abandonner le programme de missiles balistiques.
09:27Et donc, à chaque fois, les Iraniens promènent tout le monde.
09:30Donc, rien ne change, en fait.
09:31Oui, ils perdent le temps non seulement des Américains, des Israéliens,
09:35mais des Européens aussi,
09:36parce que le nucléaire iranien est un problème international.
09:40Ce n'est pas uniquement le problème d'Israël,
09:42ou bien des pays du Golfe, ou bien des États-Unis.
09:44C'est encore moins, je dirais, le problème des États-Unis.
09:48Mais il y a une certaine forme de nonchalance,
09:51de désinvolture dans toutes les réponses rédigées par les Iraniens.
09:56Et en fait, c'est ce qui ouvre nos regards sur la nature profonde de ce régime.
10:00C'est un régime qui existe contre l'Occident,
10:03qui existe contre ses voisins aussi,
10:06contre le monde arabo-musulman aussi qui l'entoure,
10:10que ce soit les pays du Golfe,
10:11que ce soit l'Irak qui l'a complètement occupé,
10:15la Syrie, on l'a vu sous Bachar el-Assad,
10:17le Liban,
10:17il instrumentalise aussi le peuple palestinien.
10:21Donc c'est un régime qui lui-même est le problème aujourd'hui.
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