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  • il y a 7 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:01De retour dans BFM Grand Soir, soyez les bienvenus. Si vous nous rejoignez, on va parler des alliés de l
00:06'Iran à présent et on va commencer par la Chine.
00:08À moins d'une semaine de la visite de Donald Trump à Pékin, ce sera jeudi et vendredi prochain où
00:13il sera évidemment reçu par Xi Jinping.
00:15On a appris que les Etats-Unis venaient de sanctionner trois entreprises chinoises de satellites commerciaux.
00:21Elles sont accusées d'avoir fourni à l'Iran des images satellites permettant de cibler les installations militaires américaines pendant
00:27la guerre.
00:28Pékin n'a eu de cesse de démentir cette collaboration.
00:33Léa Langman, que pensez-vous de ces sanctions à quelques heures, à quelques jours d'une rencontre entre Xi Jinping,
00:39on en parlait tout à l'heure, et Donald Trump ?
00:40Est-ce que c'est un moyen pour le président américain d'arriver finalement en position de force aussi ?
00:45Oui, c'est une façon d'appuyer ou de mettre en place quelques léviers, un peu une pression.
00:51C'est un peu la méthode Trump quand même, c'est toujours la même.
00:54C'est-à-dire on met un maximum de pression.
00:55D'un autre côté, on dit qu'on est là pour discuter, pour parler, puisque Donald Trump fondamentalement croit au
01:02deal, donc à la négociation.
01:03Ce n'est juste pas une négociation dont on a l'habitude.
01:05Mais oui, c'est pour mettre un peu de pression sur la Chine.
01:07C'est une manière de dire aussi, je ne suis pas crédule, je sais ce que vous faites avec les
01:11Iraniens.
01:12Bien sûr, bien sûr, ça c'est clair.
01:13Les règles du jeu, elles sont bien établies.
01:15Enfin, tout le monde sait ce qui se passe.
01:16Et il ne faut pas oublier aussi que le Pakistan, qui Trump est en très très bon terme, le général
01:26qui mène les négociations, Trump a dit que c'est un bon ami, enfin vraiment on est là-dedans.
01:31Sauf que derrière le Pakistan, c'est évidemment la Chine.
01:34Donc, il y a un jeu qui a l'air tout à fait secret, mais il n'est pas tant
01:38secret que ça.
01:39C'est-à-dire que tout le monde maintenant a intérêt à essayer d'arriver à un deal, à une
01:41désescalade.
01:42Et c'est comme ça que c'est fait.
01:44Et on a vu aussi une autre chose très intéressante avec la Chine, le Pakistan.
01:47On a quand même le Qatar qui est revenu dans le jeu de la négociation, parce que Trump a insisté.
01:53Donc, Trump, à la Trump, il fait un hedging en fait des négociations.
01:58Il ne va pas mettre tout dans le même panier.
01:59C'est Libyanne qui a reçu le Qatar d'ailleurs.
02:01Exactement. Et c'est pour ça, parce qu'on a le Pakistan, ok, mais c'est plus pour la forme.
02:07Derrière le Pakistan, c'est la Chine. C'est évident.
02:10Donc, en fait, on a un petit jeu comme ça et Trump veut arriver.
02:12Bon, ok, ce n'est pas des grosses sanctions, il faut le dire.
02:15Mais c'est une manière de dire, n'oubliez pas, je suis sympathique, je rigole, etc.
02:19Mais n'oubliez pas qui je suis, je peux faire pression et j'ai des leviers.
02:23Sergei Jirneuf, on parle donc de quatre entreprises chinoises de satellites commerciaux
02:27qui ont été donc accusés d'avoir fourni à l'Iran des images satellites
02:31qui ont été justement sanctionnées par les États-Unis.
02:35Ce n'est pas anodin l'effet de ce satellite espion acquis, notamment par les Chinois fin 2024,
02:40puisqu'il a permis de cibler des bases, notamment en Jordanie, en Arabie Saoudite,
02:44avec des avions américains qui avaient été touchés par les frappes iraniennes, on s'en souvient.
02:48Oui, mais il y avait aussi les Russes.
02:51Alors, on va en reparler aussi des Russes dans un instant, mais déjà sur ce satellite espion.
02:55Mais effectivement, c'est un acte inamical, c'est un acte même que,
03:02dans une certaine situation, on peut qualifier d'un acte de guerre.
03:05Vous savez, c'est co-billigérance, parce que vous fournissez quand même les données
03:09qui vont permettre à frapper d'une précision beaucoup plus grande ces cibles,
03:15parce que les Iraniens pouvaient les frapper, ils ont quelques capacités dans l'espace,
03:20mais pas suffisantes par rapport aux Chinois.
03:23Donc, en fait, c'est un acte inamical.
03:25Mais Trump, je vous rappelle aussi, dans ce rapport avec la Chine,
03:31il a quand même piqué le pétrole vénézuélien aux Chinois,
03:34parce que quand il a remplacé Maduro, en fait, 90% du pétrole vénézuélien allait en Chine.
03:40Et en fait, quand il a commencé cette guerre en Iran,
03:44il veut récupérer aussi le pétrole iranien,
03:47ça veut dire qu'il veut aussi récupérer le pétrole chinois en Iran.
03:52Donc, ça veut dire que le rapport de force, ils ne sont pas amis amis.
03:57Je ne parle pas de l'endroit, ils ne sont pas très amis.
04:03Et donc, bien évidemment, c'est un rapport de force.
04:06Thierry, on parlait de cette rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump,
04:10qui doit avoir lieu normalement dans une semaine,
04:12elle est toujours prévue, à l'heure où on en se parle.
04:15Ces sanctions et le fait que Donald Trump dise finalement,
04:18je ne suis pas dupe de ce que vous faites,
04:19on se souvient qu'on avait même soupçonné des pétroliers
04:22de pouvoir emmener, continuer à emmener du pétrole en Chine,
04:25est-ce qu'elle pourrait remettre en cause
04:27cette visite très importante ?
04:29Et pas que du pétrole d'ailleurs, peut-être d'autres choses
04:31qui soutiennent l'effort de guerre iranien,
04:33c'est en tout cas une question qui se pose.
04:37Oui, effectivement, la Maison-Blanche veut montrer qu'elle n'est pas dupe
04:43et qu'elle sait, c'est une façon de le dire.
04:46Alors au total, ce sont 11 entités de plusieurs pays
04:50qui sont sous le coût de sanctions de la part du département d'État américain,
04:55mais il y a effectivement ces quatre structures chinoises
04:58et c'est très important, évidemment,
05:00pour les raisons qu'on expliquait il y a quelques minutes,
05:02que les Iraniens puissent disposer d'informations satellites
05:05extrêmement précises sur l'emplacement
05:08et les mouvements des forces américaines, bien sûr.
05:10Alors est-ce qu'il faut aller jusqu'à en conclure
05:13que la visite sera reportée ou annulée ?
05:15Non, je vous rappelle qu'elle a déjà été repoussée une fois
05:17puisqu'elle devait intervenir quasiment au début de la guerre,
05:22juste au moment où on était vraiment dans le dur,
05:24si j'ose dire, des frappes américaines et israélaïennes
05:27massives sur l'Iran et à ce moment-là,
05:28il avait été décidé de reporter cette visite,
05:32il serait vraiment très étonnant que ce soit le cas deux fois de suite
05:35parce qu'évidemment, là, ça serait un signal
05:38de très forte dégradation.
05:39On se disait encore il y a quelques semaines,
05:41il faudrait que la guerre se termine,
05:42il a intérêt à que la guerre se termine
05:43puisqu'il a cette rencontre et qu'il arrive.
05:45Oui, mais alors, on n'en sera évidemment pas là
05:49d'ici une semaine.
05:51En revanche, effectivement, il faudrait que le contexte
05:54ne soit pas un contexte de tensions extrêmes
05:57et qui rendrait les relations évidemment plus difficiles
06:01et cette visite particulièrement tendue,
06:03ce n'est pas le but.
06:04Anthony Davila, je vous entendrai dans quelques secondes sur la Chine,
06:06mais il y a une information qui nous parvient à l'instant
06:08de la part du commandement de la Marine des gardiens de la Révolution.
06:11Je vous la lis, citée par Irib News,
06:13toute attaque contre des pétroliers et des navires commerciaux iraniens
06:15entraînera une attaque de grande envergure
06:17contre l'une des bases américaines de la région
06:19et contre les navires ennemis.
06:21Ce n'est pas une nouveauté puisque déjà,
06:23l'agence Farce relayait ses huit cibles,
06:25notamment dans le Golfe.
06:26Là, visiblement, ça se précise.
06:28On continue à répéter cette menace,
06:30à savoir contre les pays du Golfe.
06:32On pense souvent aussi aux Émirats arabes unis
06:33qui ont été les plus touchés, notamment dans cette guerre.
06:35Oui, tout à fait.
06:36Mais alors, pourquoi ne l'ont-ils pas fait
06:38après l'attaque sur les trois pétroliers ces derniers jours ?
06:41Bon, voilà, c'est la dernière fois.
06:43Attention.
06:44C'est le jeu.
06:44Voilà, donc on ne sait pas pourquoi exactement il n'y a pas eu de représailles
06:50après la destruction ou l'encapacitation des trois pétroliers vides
06:56qui servaient sans doute à venir absorber le surplus dans le Golfe Persique
07:02pour ne pas que les puits de pétrole iraniens doivent fermer.
07:07Juste un élément peut-être de contexte sur les sanctions
07:10sur les entreprises d'observation spatiale chinoise.
07:15Là, c'est vraiment, il faut qu'on prenne conscience de quelque chose.
07:18Il y a vraiment une révolution du spatial
07:20qui est en train de se produire depuis une dizaine d'années.
07:22C'est ce qu'on appelle le « new space »,
07:24c'est-à-dire la multiplication d'acteurs privés dans le spatial.
07:28Il y a beaucoup d'exploitation commerciale du spatial.
07:30On fait des choses vraiment incroyables.
07:33Le coût d'exploitation d'un satellite s'est abaissé.
07:36L'acteur le plus connu, c'est SpaceX.
07:38Ça a divisé par quatre le coût de lancement d'un satellite.
07:40Mais par exemple, aujourd'hui, si vous avez beaucoup de terres à irriguer,
07:43vous allez observer avec des satellites
07:45quel endroit vous devez arroser en priorité.
07:48Si vous êtes armateur d'un bateau,
07:49vous pouvez suivre votre bateau avec des images satellites quasiment heure par heure.
07:53C'est vraiment une utilisation massive.
07:56On utilise plus de 20 satellites par jour sans le savoir
07:59via nos téléphones, via nos banques, via nos ordinateurs.
08:01Et donc, il y aura toujours des moyens de savoir
08:06où sont les bases américaines, où sont les forces.
08:09Et il y aura toujours des entreprises qui devront livrer ça.
08:12Donc, là où je veux conclure, c'est que les sanctions,
08:16c'est plutôt un message pour la Chine en disant
08:19arrêtez de donner des éléments aux Iraniens.
08:22Ne le faites pas.
08:23On sait qu'il y a une porosité entre le privé et le public en Chine.
08:27C'est forcément quelque chose qui est à notre détriment.
08:33Ne soyez pas tant impliqués que ça.
08:35C'est parce que, de toute façon, il y a cette capacité à avoir.
08:39Donc, c'est plus symbolique, c'est plus une mise en garde
08:41qu'une véritable sanction qui va empêcher telle entreprise,
08:44précisément, de fournir des images satellites.
08:46Thierry, vous voulez ajouter ?
08:47Oui, c'est intéressant parce que c'est trois entreprises chinoises
08:49et c'est bien trois qui sont nommées par les sanctions américaines.
08:53En fait, elles sont accusées, pour les trois d'entre elles,
08:55d'avoir fourni des images satellites prises
08:58pendant l'opération Fury et PIC des Américains.
09:02L'une des trois en publiant des images en open source,
09:05en source ouverte, c'est-à-dire accessible à tous.
09:07Les deux autres en ayant fourni spécifiquement des images
09:11aux Iraniens et aux commandements iraniens
09:14sur le déroulement des opérations américaines.
09:17Et l'une d'entre elles, la troisième,
09:19est accusée d'avoir fourni des images
09:22et aux Iraniens sur l'opération Fury et PIC
09:25et aux outils sur certaines opérations
09:28dans cette zone du Yémen
09:30et autour sur les opérations américaines dans la région.
09:34Vous voyez que ce sont des informations
09:34qui sont à la fois multiples et précises
09:37concernant ces trois entreprises
09:39qui sont donc dans le viseur des sanctions américaines.
09:41qui sont dans le viseur des sanctions américaines.
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