00:00Emmanuel Lechypre, ce conflit au Moyen-Orient oblige les banques à se pencher maintenant sur les scénarios noirs de la
00:06crise.
00:06Oui, aujourd'hui, toutes les institutions financières internationales, les grandes banques, les centres de recherche économique
00:12constatent l'enlisement de la guerre en Iran, malgré les bonnes nouvelles récentes, mais enfin ce n'est pas la
00:17première fois qu'on en a.
00:19Et donc tous phosphores pour évaluer l'impact qu'aurait un pétrole durablement cher, voire très cher, sur nos économies.
00:27Des scénarios qui, évidemment, sont rarement diffusés parce qu'ils sont encore jugés peu probables, rarement diffusés,
00:34sauf à des gens sympathiques comme moi qui nous demandent gentiment.
00:38Et qui retraduit ça à la télévision à 6h du matin. Merci Emmanuel.
00:42Et donc il faut bien que je vous fasse part de ces scénarios. Le scénario noir, le moins noir, dirait
00:47Pierre Soulages,
00:48c'est celui d'un pétrole qui se maintient plusieurs mois autour de 120 dollars le baril.
00:52Vous allez me dire, ce n'est pas un scénario qui paraît aujourd'hui totalement improbable.
00:56Ce qui est intéressant, c'est que déjà à ce niveau, il ne reste plus grand-chose de la croissance
01:00en France et en Europe.
01:01Ce serait 0,2-0,3 %, alors qu'aujourd'hui on est encore sur des prévisions à 0,8
01:06-0,9.
01:06C'est une inflation qui passe de 2 à 4 %.
01:09Ça coûte 50 euros par mois à un ménage français moyen et quelques dizaines de milliers d'emplois à l
01:15'économie française.
01:16C'est ce qu'on pourrait appeler un scénario de stagflation.
01:18Autre scénario étudié, 150 dollars le baril de pétrole.
01:20Et ça, c'est un scénario où on considère que là, on bascule dans un autre monde
01:24qui est à partir finalement de la fin du printemps, du début de l'été, un scénario où on aurait
01:30même des pénuries.
01:31Là, on bascule dans la récession.
01:33L'énergie chère devient un impôt massif.
01:35Les ménages réduisent toutes leurs dépenses non contraintes.
01:37Les coûts des entreprises s'envolent.
01:39Le transport, les produits chimiques, la croissance est négative.
01:42Les faillites s'envolent.
01:43Les bourses chutent.
01:45Il y a 5 à 6 % d'inflation.
01:47Il y a 150 euros par mois de dépenses supplémentaires pour les familles françaises.
01:52Plus de 100 000 emplois perdus pour notre économie.
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