- il y a 2 jours
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00:00Musique
00:55Musique
01:19Étudier la vie des océans est une véritable plongée dans l'inconnu.
01:25C'est ce défi que va relever une équipe de 20 scientifiques.
01:29Ils s'apprêtent à embarquer à bord du Zonneux, un navire d'exploration allemand, pour une mission pionnière.
01:39Depuis les premières expéditions océanographiques, la recherche a pu résoudre certains mystères des profondeurs.
01:45Mais la connaissance des grands fonds est toujours parcellaire.
01:49Les scientifiques réunis dans le port de Yokohama au Japon font partie du Marum,
01:54le centre allemand pour les sciences marines de l'environnement.
01:57Leur mission est ambitieuse, explorer les fonds marins japonais pour mieux comprendre les tsunamis.
02:04Leur voyage est programmé depuis des mois et le matériel a déjà été acheminé par voie maritime depuis l'Allemagne.
02:09Pour la première fois, les chercheurs allemands vont travailler main dans la main avec des scientifiques japonais.
02:18Travailler à bord, c'est ce que je préfère dans mon métier.
02:21Chacun est spécialisé dans un domaine et nous faisons des découvertes inédites.
02:24C'est ce qui rend notre métier passionnant.
02:30La destination a de quoi aller chez tous les géologues du monde.
02:34L'épicentre du tremblement de terre qui, le 11 mars 2011, a frappé le nord-est du Japon.
02:45Cette expédition est bien sûr liée aux violents séismes qui se produisent au Japon.
02:51Nous cherchons à mieux anticiper ces phénomènes dans l'intérêt des populations locales.
03:00Le navire océanographique restera quatre semaines en mer, avec une brève escale pour renouveler l'équipage.
03:06Les deux équipes de scientifiques utiliseront des engins sous-marins pour sonder les fonds marins et pour prélever des échantillons.
03:13De gros espoirs sont placés dans la collaboration entre le Maroum et les scientifiques japonais.
03:23Il faut des gens persévérants qui ne se découragent pas au premier échec, des gens énergiques et volontaires.
03:28Et nos confrères japonais le sont.
03:42Quand on n'a pas peur de se trouver sur un bateau au milieu de l'océan,
03:45on développe une véritable fascination pour la mer.
03:49Je ne sais pas combien de levées et de couchées de soleil j'ai vues, mais je ne m'en
03:54lasse pas.
04:03Le navire reste rarement ancré à Brême, son port d'attache.
04:07La plupart du temps, il est en expédition dans les mers et les océans du globe.
04:10A son bord, un équipage de 25 personnes et presque autant de scientifiques.
04:14Le capitaine est le chef de la logistique.
04:18Il faut tout avoir à bord quand on part pour une expédition de 40 jours.
04:23Si on a oublié quelque chose, il faudra faire escale dans un port
04:26ou se faire parachuter une carriaison par avion.
04:29Et ça complique les choses.
04:33Il y a donc une importante logistique derrière tout ça.
04:35Et mon boulot, c'est de tout coordonner.
04:43Avant même que le premier engin soit mis à l'eau,
04:45toutes les personnes à bord participent à un exercice de sécurité.
04:49La mer au large des côtes japonaises est agitée.
04:54Le bateau est un microcosme.
05:01On travaille tous très étroitement les uns avec les autres.
05:04Techniciens, matelots de pont, officiers de navigation et scientifiques.
05:12On trouve tout de suite un langage commun.
05:22Océanographe passionné, le chef de projet Gerold Weffer chapote l'équipe scientifique.
05:30Je trouve motivant d'explorer avec nos confrères japonais
05:33une zone extrêmement intéressante.
05:37Elle l'était déjà avant le séisme,
05:39en raison des émanations de gaz qui ont été observées
05:42et de l'activité tectonique.
05:45C'est toujours passionnant et un véritable défi d'explorer cette zone.
05:54Le Marum est intégré à l'université de Brême en Allemagne.
05:58Cet institut de pointe de renommée internationale
06:01a été créé sous la houlette de Gerold Weffer.
06:05Piloté par l'institut,
06:07géologues, biologistes, océanographes et chimistes
06:09conduisent des travaux de recherche fondamentales
06:12dans toutes les mers du globe.
06:18J'ai une approche innovante de la recherche.
06:27Je m'intéresse à ce qui n'a pas encore été fait,
06:30aux thématiques importantes pour l'avenir.
06:31Je me projette toujours dans 5 ans
06:37pour mieux identifier les orientations à suivre
06:39en fonction des thèmes émergents.
06:48L'étude du tsunami qui a dévasté le nord-est du Japon
06:51ne représente qu'une partie des recherches conduites par le Marum.
06:55Tous les appareils stockés dans cet entrepôt
06:57ont déjà permis d'explorer le Pacifique,
06:58l'Atlantique, la Méditerranée et la Mer Noire.
07:02Ces instruments sous-marins de très haute technologie
07:04nécessitent un perfectionnement constant.
07:11Ces instruments ont été développés
07:13pour répondre à des projets scientifiques précis et urgents.
07:22La moitié d'entre eux sont également utilisés
07:25par d'autres instituts dans le monde.
07:28C'est la preuve que nos appareils sont attractifs.
07:32Certains d'entre eux ne sont détenus
07:33que par 6 ou 8 autres instituts dans le monde.
07:37Disposer de ce type d'appareils
07:38nous permet donc de nous démarquer.
07:43Retour à bord.
07:44Les scientifiques japonais de Jamstack,
07:47l'agence des sciences et technologies marines et terrestres,
07:49ont leur propre mission.
07:51Retrouver les stations de mesure sous-marine
07:53vraisemblablement détériorées par le séisme
07:55et si possible, les réparer.
08:04Nous allons envoyer cet équipement au fond
08:06avec le robot téléguidé.
08:10Et une fois que nous aurons trouvé les stations,
08:13nous les connecterons à cet enregistreur de données.
08:22Ce qui nous intéresse particulièrement,
08:24c'est de comprendre comment le déplacement des fonds
08:27provoqués par le séisme
08:28peut déclencher un tsunami.
08:30Comment des phénomènes tectoniques
08:32peuvent modifier le plancher océanique.
08:38Cap Nord-Nord-Est.
08:40La zone de recherche se situe à 360 km.
08:44Les Japonais cherchent les stations JT1 et JT2.
08:47Le séisme pourrait les avoir ensevelies ou cassées.
08:50Les ravages causés au fond marin par le séisme
08:53n'ont pas été évalués.
08:55Des mesures effectuées par des scientifiques japonais
08:57ont révélé que le fond de l'océan
08:59s'était déplacé de plusieurs mètres à cet endroit.
09:05Bien entendu, la qualité du travail que nous effectuons ici
09:08repose sur notre collaboration avec nos collègues japonais.
09:19J'ai vécu le grand tremblement de terre de Kobe
09:21alors que j'étais au collège.
09:24C'est pour cette raison que je suis devenu géologue
09:27et que je me suis spécialisé dans les séismes.
09:31Je fais ce métier dans l'intérêt de la population japonaise.
09:34Je fais ce métier pour les chいます.
09:37C'est pour la population japonaise.
09:41Je vous ai écouté la population japonaise.
09:43C'est pour cette région, c'est une région japonaise.
09:46C'est pour ça ?
09:56C'est pour la population japonaise.
10:03C'est pour la population japonaise.
10:11C'est parti !
10:39J'étais dans mon bureau, à Tokyo, quand j'ai ressenti une violente secousse qui a duré plusieurs minutes.
10:53On a compris qu'il ne s'agissait pas d'un tremblement de terre ordinaire et qu'il risquait d
11:01'être suivi par un tsunami.
11:08Quelques heures plus tard, c'était la panique totale à Tokyo.
11:13On a vu les premières images à la télévision.
11:19Un tsunami s'approchait des côtes.
11:21Un tsunami s'approchait des côtes.
11:26Un tsunami s'approchait des côtes.
12:21Le tsunami engendré par le séisme du 11 mars 2011 a atteint les côtes japonaises en 20 minutes.
12:27Les tsunamis se déplacent à la vitesse d'un avion à réaction, soit 800 km heure.
12:3312 heures plus tard, la même vague avait rejoint les côtes californiennes.
12:48Nous sommes conscients de l'importance des investissements financiers.
12:54Tous nos instruments valent une fortune.
12:57Le coût de la logistique est faramineux.
13:00Et nous ne savons pas si les conditions météo en pleine mer nous seront favorables.
13:05Nous attendons beaucoup de ces recherches.
13:08Et la pression est grande.
13:14L'AUV, un véhicule sous-marin autonome, est un appareil extrêmement fragile.
13:20Avant sa mise à l'eau, l'équipe doit réparer un dommage survenu pendant le transport.
13:28Au port, le conteneur a été manipulé brutalement.
13:31Et son contenu a reçu de gros chocs.
13:36Trois capteurs du véhicule ont été arrachés de leur support.
13:41Et nous avons été obligés de démonter sa partie arrière.
13:57Grâce à l'AUV, les scientifiques vont pouvoir analyser le relief sous-marin
14:01et dresser des cartes de régions encore inexplorées.
14:18Les géologues ne manquent jamais une occasion d'étudier les fonds marins sur le terrain
14:21plutôt qu'à l'université.
14:23Myriam Römer n'avait pas mis les pieds sur un navire depuis un an.
14:30J'ai déjà participé à cette expédition.
14:32J'ai été enchantée à chaque fois.
14:36Être à bord d'un navire est l'aspect le plus agréable et le plus fascinant de notre métier.
14:52Son travail à bord commence par l'installation du laboratoire embarqué.
15:00On va prélever et analyser des composés gazeux contenant du méthane.
15:05Pour cela, on aspire les gaz dans un récipient pressurisé
15:09maintenu à la même pression que celle des fonds marins.
15:13Une fois remontés, on pourra les libérer de manière contrôlée
15:17et mesurer leur teneur en méthane.
15:30Si tout se passe bien, les scientifiques devraient obtenir des images de ce type
15:35prises par un robot téléguidé lors d'une précédente expédition en mer Noire.
15:40Les variations de la teneur en méthane traduisent des modifications des fonds marins
15:44suite à des séismes qui fissurent ou déforment le sol.
16:07On positionne la lance thermique de cette manière pour l'enfoncer dans le sédiment.
16:12Cette partie est munie de capteurs thermiques qui mesurent la température.
16:16Dès que nous détecterons une anomalie, c'est-à-dire une élévation de la température,
16:20nous saurons qu'il faut chercher de ce côté-là.
16:23Mais dans l'immédiat, je dois d'abord arrimer tous les appareils
16:26car avec la houle, ils risquent de tomber de la table.
16:33Le pont est balayé par les vagues.
16:35Les prévisions météo sont mauvaises.
16:39Sur le pont arrière, on prépare tout de même le ROV pour une première plongée.
16:44Il s'agit d'un véhicule sous-marin contrôlé à distance.
16:51Volker Ratmeyer a piloté l'appareil dans presque toutes les mers du globe,
16:54mais pas encore ici.
17:08Le ROV est équipé de caméras et téléguidé depuis le navire.
17:12Il peut descendre jusqu'à 4000 mètres de profondeur.
17:16Il en existe moins de 10 exemplaires dans le monde.
17:19Pas étonnant.
17:20Le Maroum a dû débourser 4 millions d'euros pour celui-ci.
17:24Il est manœuvré avec d'infimes précautions.
17:39Je suis devenu scientifique parce que les énigmes me fascinent.
17:43C'est passionnant de chercher des solutions aux interrogations de la science,
17:47de mener des recherches dans des conditions totalement nouvelles,
17:50mais aussi d'assurer leur mise en œuvre sur le plan technique.
17:55Et pour ce type d'exploration, on ne peut avoir recours qu'à des technologies de pointe.
18:07Le vent, les vagues et les courants sont les ennemis des chercheurs.
18:13La plongée numéro 318 du ROV est finalement reportée.
18:18Il y a un courant de presque deux nœuds, du vent et une houle de presque trois mètres.
18:25On a tenté une sortie, mais c'est trop difficile de régler le ROV dans ces conditions.
18:33On a finalement renoncé à la plongée, car la mer est de plus en plus agitée.
18:51Il ne faut surtout pas heurter les appareils contre les bordages en les mettant à l'eau ou en les
18:58sortant de l'eau.
19:00Il faut donc évaluer très précisément les risques et ce n'est pas toujours facile de prendre une décision.
19:21Le navire va longer la fosse du Japon, qui traverse le fond de la mer et remonte vers le nord.
19:27Elle s'étire sur 800 kilomètres et son point le plus profond se situe à 9000 mètres en dessous du
19:32niveau de la mer.
19:42À bord, le sondeur multifaisseau balaie le fond et donne des informations sur sa morphologie.
19:52Nous sommes en train de parcourir la partie médiane de la fosse.
19:58On voit ici une élévation du relief, et c'est précisément cette falaise qui réfléchit le signal que nous recevons
20:03ici, de couleur légèrement plus orangée.
20:07Il pourrait s'agir de l'émanation gazeuse que nous recherchons.
20:19Pour détecter ces phénomènes dans les eaux japonaises, il faut impérativement disposer de cartes des fonds marins.
20:25Mais les cartes existantes sont imprécises.
20:28Or, mieux les scientifiques connaissent la topographie des fonds, mieux ils peuvent cibler leur zone de recherche.
20:38Les japonaises nous ont fourni une carte générale, et quelques cartes plus détaillées des endroits où des plongées ont déjà
20:43eu lieu.
20:49Tout le monde est impatient de voir ce qu'on va découvrir.
20:52L'avantage, c'est qu'on peut aussi discuter de ces découvertes.
20:55Si l'un de nous a de nouvelles idées, il peut immédiatement en discuter avec les autres.
21:00Cette manière de travailler est très efficace, car elle permet d'avancer beaucoup plus vite dans la compréhension des phénomènes
21:05observés.
21:13Lors de la réunion quotidienne, les deux équipes déterminent l'itinéraire où seront effectués les relevés.
21:19Le navire a maintenant atteint une position qui intéresse beaucoup les chercheurs japonais.
21:24Ils pensent que le plancher océanique s'est soulevé à l'extrémité d'un talus continental.
21:29Pour l'instant, c'est une simple hypothèse.
21:31Mais si elle venait à se confirmer, ce serait une découverte importante.
21:44La fosse du Japon se caractérise par des versants escarpés sur lesquels se sont accumulés des sédiments.
21:52Des secousses de type sismique peuvent les mettre en mouvement,
21:55et si ces glissements sont de grande ampleur, ils peuvent causer des tsunamis.
22:11Participer à cette expédition est une grande chance pour nous.
22:20Jamstack, notre institut, ne dispose que d'un nombre limité de navires.
22:25Et la plupart sont actuellement mobilisés sur d'autres campagnes de mesure.
22:39Avec un sous-marin de recherche océanographique,
22:42Jamstack a filmé il y a quelques mois une immense faille.
22:46Cette découverte a néanmoins apporté plus de questions que de réponses.
22:50La faille est-elle récente ou ancienne ?
22:53Est-elle consécutive au séisme du 11 mars 2011 ?
23:01L'activité sismique dans la région qui entoure le Japon est la plus forte du monde,
23:05car l'archipel se situe à la jonction de quatre plaques tectoniques.
23:10La Terre y tremble régulièrement et toujours avec une extrême violence.
23:18Pour quelles raisons ?
23:21La science a fourni des premiers éléments de réponse il y a une centaine d'années.
23:25Les plaques tectoniques, qui constituent l'enveloppe externe et rigide de la surface terrestre,
23:30se déplacent en permanence sous l'effet de forces internes
23:33et se frottent les unes contre les autres.
23:36Lentement, mais régulièrement, avec une puissance inimaginable.
23:41Ce phénomène est à l'origine de la séparation et de la dérive des continents.
23:46Il se produira aussi longtemps que la Terre existera.
23:49Les scientifiques sont capables de dire dans quelle direction se déplacent les plaques tectoniques
23:54et de calculer approximativement quelle sera la position des continents dans 50 millions d'années.
24:10Ces plaques se chevauchent au large du Japon,
24:13engendrant d'immenses tensions qui sont à l'origine de séismes.
24:17L'épicentre du séisme du 11 mars se situait à 25 km sous la surface terrestre.
24:27Un des principaux objectifs de la mission est de prélever des échantillons du sol dans la fosse du Japon.
24:33Une première analyse des carottes de sédiments à bord du navire
24:36livrera des premiers résultats en quelques jours.
24:39Les carottes seront ensuite expédiées à Brême pour des analyses plus poussées.
24:50Un tube en acier contenant un autre tube en PVC est suspendu à un câble de 8 km
24:55et descendu jusqu'à ce que le contrepoids touche le fond.
24:58Le déclencheur est alors libéré et le carottier tombe en pénétrant les sédiments.
25:03Il est ensuite remonté sur le navire.
25:08Les échantillons récoltés constituent de précieux éléments pour l'étude des fonds marins.
25:19A bord, l'équipe prélève la moitié de la carotte sédimentaire à des fins d'analyse.
25:24L'autre moitié, qui doit servir de référence, sera conservée intacte dans un entrepôt.
25:44A l'institut de Brême, plus de 150 km de carottes sédimentaires sont conservées dans un entrepôt étanche et réfrigérées
25:51à 4 degrés.
25:53Une véritable manne pour les scientifiques.
25:56Il n'existe que trois centres d'archivage tels que celui-ci dans le monde.
26:00Celui de Brême stocke des carottes prélevées dans l'océan Atlantique, du pôle Nord au pôle Sud.
26:06Parmi elles, une rareté absolue.
26:08C'est un échantillon datant de l'extinction Crétacé-Tertiaire, l'époque de la fameuse chute du météorite connue pour
26:17avoir entraîné la disparition des dinosaures.
26:24L'accumulation de sédiments s'est faite au rythme de 2 cm tous les mille ans, et cette couche est
26:29contemporaine de l'impact.
26:33Elle contient des matériaux fondus, et notamment une couche d'argile contenant un taux très élevé d'iridium, un élément
26:40extraterrestre, dont la présence prouve qu'il y a bien eu un impact de météorite.
26:47Les précieuses carottes sédimentaires attirent chaque année des centaines de scientifiques venus du monde entier et désireux de valider leur
26:54thèse.
27:02A bord du zoneux, les scientifiques disposent d'un équipement vidéographique nommé OFOS, qui est utilisé lorsque la météo ne
27:10permet pas la mise à l'eau du ROV.
27:12Il est remorqué par un câble de 4000 mètres de long.
27:22Cela nous permet d'avoir au moins une vision du fond.
27:24Même si on ne peut pas prélever d'échantillons avec l'OFOS, ça nous donne un aperçu des endroits susceptibles
27:29de nous intéresser.
27:31Quand les conditions météo permettront d'utiliser le ROV, nous saurons où aller.
27:37Voici les premières images du plancher du Pacifique, prises sous trois angles différents.
27:42Repérer des formations intéressantes reste toutefois fastidieux.
27:46La zone de recherche couvre plusieurs centaines de kilomètres carrés, et l'OFOS ne peut se déplacer qu'à la
27:51vitesse du navire.
27:56Nous devons être attentifs à la moindre faille, la moindre cassure, la moindre pente.
28:02C'est toujours le signe que quelque chose s'est produit.
28:08Le navire sonde les fonds marins en suivant des lignes parallèles.
28:12Des mesures sont effectuées tous les 8 kilomètres sur environ 20 kilomètres de long.
28:21Durant la nuit, le dispositif est remonté pour que le navire puisse se rendre plus rapidement vers un autre site.
28:27Cette fois, les images fournissent des informations intéressantes.
28:33On dirait qu'il y a une pente, comme s'il y avait un dénivelé.
28:37Ça semble remonter un peu, de quelques dizaines de centimètres.
28:44On distingue aussi plusieurs failles, mais du dessus, on ne voit pas très bien.
28:49On devrait refaire un passage en partant de là.
28:52Il y en a une autre ici.
28:54Exact.
28:55Mais elles sont toutes orientées dans la même direction.
29:00Oui, elles sont disposées comme celles que les Japonais ont observées quelques kilomètres plus au sud et à l'est.
29:11Le navire se trouve à la limite de sa zone de recherche, à seulement 220 kilomètres à l'est de
29:16Fukushima.
29:18Afin de mieux quadriller la zone, l'équipe décide de recourir à un autre appareil sous-marin, la UV.
29:28Le véhicule sous-marin autonome a pour mission de cartographier les fonds marins.
29:32À ce jour, les cartes existantes sont encore approximatives.
29:36L'AUV est chargée de préparer le terrain pour le ROV, qui sera plus facile à guider à partir de
29:42cartes détaillées.
29:44Les deux équipes de scientifiques déterminent ensemble la zone à cartographier.
29:48Ce sera pour eux l'occasion d'affiner les cartes existantes.
29:58Gerrit Meinecke pilotera l'AUV depuis ce poste de travail.
30:02C'est un véhicule autonome.
30:07Je dois donc le programmer pour qu'il sache ce qu'il aura à faire une fois sous l'eau.
30:14A la surface, il sait très bien où il est grâce à son antenne GPS.
30:19Il connaît donc sa longitude et sa latitude.
30:27Ensuite, on va lui donner l'ordre de passer en mode mission et de rejoindre une position déterminée.
30:34Une fois qu'il l'aura atteinte, il commencera à descendre vers les fonds marins avec un mouvement de spirale.
30:44Ce que nous voyons ici, en haut, c'est la courbe de niveau délimitant les 3450 mètres de profondeur.
30:53On pense poser le véhicule à cet endroit.
30:57L'appareil va descendre à l'aveugle sur plus de 3000 mètres.
31:05Voici à quoi ressemblent les cartes existantes du secteur.
31:08L'AUV va permettre d'établir un relevé plus précis d'au moins une partie de la dorsale.
31:17Ce travail préalable est indispensable si on veut optimiser les plongées du ROV.
31:22L'AUV va générer une carte sur laquelle figure chaque mètre carré et le moindre relief.
31:29C'est aussi pratique qu'un plan de ville.
31:32Moi, je dirige le robot sous l'eau et mes collègues m'orientent grâce à la carte.
31:38Par exemple, ils vont me dire, à tel endroit, il y a une structure avec deux petits monticules.
31:45Fais avancer le robot de 5 mètres, puis tourne à 90 degrés.
31:51Ensuite, continue encore sur 5 mètres.
31:55Et je tombe pile sur le relief identifié sur la carte.
31:59C'est donc extrêmement efficace de travailler avec ces deux véhicules.
32:08Le navire a atteint la zone où les chercheurs japonais veulent positionner leurs balises de mesures sismiques.
32:15Elles font partie d'un réseau d'appareils de mesures installés au large de toutes les côtes japonaises.
32:25L'expédition est l'occasion d'installer de nouveaux capteurs, car le réseau a besoin d'être densifié.
32:35Ces capteurs de pression enregistrent les vagues et les tsunamis.
32:40Si un nouveau séisme suivi d'un tsunami se produit,
32:43et même si celui-ci est de moindre amplitude que celui de l'an dernier,
32:46il sera enregistré et servira à l'étude globale des rats de marée déclenchés par les séismes.
32:56Au Japon, la prévision des tsunamis n'est pas encore assez efficace, selon les scientifiques.
33:01La zone à risque sismique s'étire sur plusieurs centaines de kilomètres le long des côtes de l'archipel.
33:07Il est prévu d'y installer de nouvelles sondes.
33:16Il y a environ 200 sondes en activité, sans compter celles qui sont reliées par câble.
33:25Leur rôle est de détecter les signes avant-coureurs de tsunamis.
33:29Lorsqu'une vague se forme et menace de prendre de l'ampleur,
33:33l'information nous parvient presque en temps réel.
33:37Un programme informatique réceptionne les données,
33:39et déclenche un système d'alerte.
33:42Le tout se déroule en moins de 3 minutes.
33:48Dans le laboratoire embarqué,
33:50les premières analyses des carottes sédimentaires prélevées dans la fosse du Japon progressent.
33:55Les biochimistes commencent par extraire l'eau du sédiment.
33:59Il n'y en a que quelques millilitres,
34:01mais c'est suffisant pour en mesurer le pH, l'alcalinité et la teneur en ammonium.
34:07Ces données permettent de déterminer si l'échantillon de carottes a séjourné dans cette couche depuis longtemps,
34:13ou bien s'il s'y est déposé récemment.
34:18Lorsque les carottes arriveront à Brenne dans quelques mois,
34:21les échantillons seront de nouveau analysés et soumis à d'autres tests impossibles à réaliser à bord du navire.
34:34Les conditions à bord ne sont pas toujours idéales pour effectuer de bonnes mesures.
34:40Nous en revérifions certaines une fois rentrées pour nous assurer que les résultats concordent.
34:48Les prélèvements sont placés dans le passeur d'échantillons.
34:53L'échantillon est aspiré dans le tube,
34:57introduit ici,
34:59dans le nébuliseur,
35:01puis passé à la flamme.
35:05Sous l'effet de la chaleur,
35:07les constituants de l'eau se dissocient.
35:09Et plus il y en a,
35:11plus ça s'éclaire.
35:15Six mois après la campagne d'exploration en mer,
35:18des experts du Japon et du monde entier se retrouvent à Brême.
35:23Durant quatre jours,
35:24tous les résultats sont mis en commun.
35:26Les carottes sédimentaires sont elles aussi réexaminées.
35:29Des analyses chimiques, biologiques et géologiques sont effectuées.
35:34Les chercheurs se réunissent ensuite pour faire un premier bilan.
35:38Les résultats correspondront-ils à leurs attentes ?
35:44Je suis enchanté.
35:47Nous avons ramené beaucoup de carottes sédimentaires extrêmement intéressantes.
35:51Nous avons vu beaucoup de choses que nous espérions trouver
35:53et beaucoup d'autres dont nous n'avions même pas osé rêver.
35:57Et il y a aussi des choses que nous ne comprenons pas
35:59et qui vont nécessiter des recherches plus avancées.
36:02C'est une réussite.
36:07Les scientifiques japonais ne sont pas venus uniquement pour partager leurs résultats.
36:12Ken Ikewana va ramener des échantillons au Japon pour des analyses complémentaires.
36:20Nous essayons de déceler des traces de séismes antérieures dans les sédiments.
36:33Vous savez sans doute qu'un séisme est suivi d'une violente secousse latérale.
36:40Cela peut entraîner des glissements de terrain
36:44et des phénomènes de resédimentation caractéristiques.
36:55Au Japon, les échantillons subiront des analyses chimiques
36:59mais seront également radiographiés
37:01pour permettre aux chercheurs d'examiner les couches les plus fines
37:03susceptibles de receler les traces de séismes récents.
37:12Nous ignorons quelles modifications le plancher océanique a subi par le passé.
37:17C'est pourquoi nous avons besoin d'un marqueur temporel.
37:22Pour obtenir ces données,
37:23nous avons besoin d'un navire d'exploration océanographique tel que le zone.
37:29Celui-ci dispose de l'équipement nécessaire pour prélever des échantillons.
37:34Travailler avec nos homologues allemands
37:35nous permet de comparer nos résultats.
37:38L'étude de ces données est primordiale
37:40pour comprendre la formation
37:42et la structure actuelle de la fosse du Japon.
37:46Cette collaboration est donc cruciale.
37:55La mise en commun des résultats provisoires
37:57a fait progresser la communauté de chercheurs.
38:00Notamment sur la question fondamentale
38:02de l'origine du tsunami du 11 mars 2011.
38:11Nous avons établi que le mouvement des plaques
38:13et le soulèvement du plancher océanique
38:14étaient les principaux facteurs déclencheurs du tsunami.
38:21Nous travaillons actuellement avec d'autres chercheurs
38:23et grâce à des modèles informatiques,
38:25nous allons déterminer si d'autres vagues
38:27ont été générées par ces mécanismes.
38:37jamais un tsunami n'a vu des conséquences
38:39aussi catastrophiques
38:40que celui du 11 mars 2011
38:42dans la région du Tohoku.
38:44L'avancée de la recherche sur les séismes
38:47est donc d'une importance vitale
38:48pour les japonais.
38:55L'expédition scientifique poursuit son autre objectif.
38:58Localiser les stations de mesure JT1 et JT2
39:02et relever leur nouvelle position.
39:18La météo s'est améliorée.
39:20Si les vagues sont encore hautes de 3 mètres,
39:22le vent et le courant faiblissent
39:24et leur offre peut être remis à l'eau.
39:27Les vérifications préalables à sa mise à l'eau
39:29prennent deux heures.
39:37C'est un véhicule sous-marin téléguidé.
39:44Il est capable de plonger à de grandes profondeurs,
39:47d'effectuer divers prélèvements
39:49et diverses mesures.
40:01La communication avec un engin sous-marin
40:03nécessite une technologie fiable
40:05et sans faille.
40:09A partir d'une profondeur de 5 ou 600 mètres,
40:12il n'y a plus de lumière.
40:13Or il en faut beaucoup pour pouvoir filmer
40:15avec des caméras à haute résolution.
40:18Le ROV a une capacité d'éclairage
40:20de 2,4 kW,
40:21assurée par des lampes LED,
40:23des lampes à décharge
40:23et des halogènes.
40:24Le ROV a une capacité d'éclairage
40:25et de l'éclairage.
40:43Le ROV a une capacité d'éclairage
41:20Les bras articulés du robot peuvent prélever des échantillons,
41:25les emballer dans des caisses de transport
41:27et même installer des instruments.
41:54« auch en plus! »
42:17Le ROV a une capacité d'éclairage
44:19Ça se rapproche plus du pilotage que de la conduite, parce qu'on se déplace dans trois dimensions.
44:25Si on faisait rouler le robot au fond de la mer, on soulèverait trop de sédiments.
44:30Quand on veut le déplacer pour aller vers un autre site, on le remonte.
44:35C'est un déplacement dans l'espace, et c'est pour ça qu'on dit qu'il vole.
44:42Le ROV va descendre à 2000 mètres de fond et subir une pression de 200 bar.
44:50Par le passé, on a eu des engins dont la paroi en acier faisait 5 millimètres d'épaisseur.
44:58Quand il descendait à de grandes profondeurs, la paroi a été broyée comme une canette de soda.
45:06Sur le ROV, beaucoup de composants ont des parois bien plus fines, mais elles résistent à la pression parce que
45:12leurs espaces creux sont comblés avec de l'huile.
45:22Le ROV ne trouve pas la station à l'endroit où elle était auparavant.
45:26Dans quelle direction faut-il la chercher ?
45:28Le projecteur n'éclaire qu'à quelques mètres.
45:31Il faut alors se fier au sonar, dont les ondes acoustiques peuvent détecter un objet à 20 ou 30 mètres
45:37de distance.
45:47Je pensais qu'on trouverait plus facilement.
45:53On ne sait pas de combien de mètres le séisme a déplacé la station.
46:04On ne va pas abandonner si vite.
46:10La voilà.
46:14Les scientifiques savent à présent dans quelle direction aller.
46:18Quelques minutes plus tard, ils aperçoivent la station.
46:29La structure en acier de 3 mètres de haut est toujours connectée à la plaque et capte les ondes sismiques.
46:35Mais l'instrument est mal en point.
46:37Il est encore debout, mais la partie supérieure s'est détachée et les câbles sont détruits.
46:49La station est inutilisable.
46:51Kazuya Kitada commente les images pour ses collègues.
46:55Le robot fait lentement le tour de la station pour en visualiser tous les détails.
47:00La fabrication et la mise en place de l'appareil ont coûté des millions.
47:04Le séisme a tout détruit.
47:10Quant à la deuxième station, elle n'est plus à sa position initiale, mais semble encore à peu près fonctionner.
47:16Reste à savoir si elle pourrait être réparée.
47:29Nous noterons ces coordonnées précises quand nous serons au-dessus.
47:34En comparant la position actuelle de la station à sa position initiale, les scientifiques constatent que le séisme a déplacé
47:41le sol de 50 mètres à cet endroit.
47:45Geralt Weffer a pris des risques en conduisant cette opération et son audace a été récompensée.
47:52On a eu de la chance.
47:54On a profité d'une fenêtre météo pour mettre le rove à l'eau et on a pu localiser la
47:59station.
47:59C'est super.
48:03Nos collègues japonais pourront ainsi décider d'installer ou non de nouveaux appareils lors d'une prochaine plongée.
48:12C'est une bonne chose qu'on ait pu descendre.
48:17Cette expédition germano-japonaise ne sera pas la dernière.
48:20Certaines questions ne pourront être résolues qu'à l'occasion d'une prochaine mission scientifique.
48:35L'une d'elles concerne l'analyse plus approfondie du sédiment.
48:41Le chef de projet allemand est très satisfait de cette collaboration avec les scientifiques japonais.
48:48Nous avons recueilli des données extrêmement précieuses.
48:52La position des deux stations de mesure nous a permis d'établir avec exactitude les mouvements du plancher océanique.
49:00Celui-ci s'est déplacé dans des directions totalement différentes.
49:03J'ai été très surpris.
49:14Nous allons poursuivre notre expédition vers le sud, en direction de Tokyo.
49:20Demain matin, nous mettrons des observatoires à l'eau.
49:22Ce sont des instruments de mesure que nous arrimerons dans le sol.
49:26Nous les récupérons lors d'une prochaine expédition.
49:29Puis nous reprendrons la route et en chemin nous effectuerons d'autres mesures des fonds marins.
49:35Le Japon est en vue.
49:37Mais les chercheurs continuent à sonder les fonds marins jusqu'au dernier moment.
49:43Le déplacement du plancher océanique, confirmé lors de cette expédition, a-t-il joué un rôle dans la formation du
49:49tsunami ?
49:54Nous avons obtenu des résultats impressionnants.
50:07Nous pouvons désormais affirmer qu'au large de Fukushima, le talus continental a glissé de 50 mètres à certains endroits,
50:14qu'il s'est élevé de 10 mètres et qu'une sorte de bosse s'est formée sous l'effet
50:19de ces forces phénoménales.
50:25Nous avons la preuve que des masses continentales ont été soulevées par la colonne d'eau avant de se reposer.
50:36L'expédition a-t-elle permis de livrer une explication sur l'origine du tsunami du 11 mars 2011 ?
50:45Le tsunami a été déclenché par le brusque déplacement, la rupture et l'effondrement du tsunami.
50:55Le plancher océanique s'est alors déformé, ce qui a provoqué cette gigantesque vague.
51:04Dans deux jours, le navire océanographique accostera au port de Yokohama.
51:11Puis il reprendra la mer avec une autre équipe et d'autres questions pour tenter d'arracher de nouveaux secrets
51:18au fond marin.
51:20Merci d'avoir regardé cette vidéo !
51:23Merci d'avoir regardé cette vidéo !
51:53Japon, deux ans après...
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