- il y a 2 jours
Protectionnisme agressif, sanctions ciblées, guerre d’influence : depuis son retour à la Maison Blanche en 2025, Donald Trump, entouré de stratèges ultra-conservateurs, utilise l’économie pour asseoir l’hégémonie américaine. Sa ligne ? Tenter d'affaiblir son ennemi juré, la Chine, et imposer un nouvel ordre mondial sonnant le glas du libre-échange.
À peine réélu, Donald Trump a pris tout le monde de court en imposant une hausse brutale des taxes douanières, visant d’abord la Chine, mais aussi de nombreux partenaires commerciaux. Washington ne veut plus composer avec les règles du commerce international, il veut les imposer. Baptisé “Liberation Day” par la Maison Blanche, ce basculement repose sur une logique simple : les taxes douanières doivent permettre de réindustrialiser, protéger l’emploi, répondre au sentiment de déclassement d’une partie de l’électorat, mais aussi contraindre partenaires et rivaux à s’aligner. Ce retour au protectionnisme est complété par une série de coupes budgétaires, notamment dans l’aide internationale. L’agence gouvernementale humanitaire USAID, longtemps pilier du soft power américain, a vu ses financements drastiquement réduits, entraînant la suspension de centaines de programmes à travers le monde. En République démocratique du Congo, les répercussions ont été immédiates. Dans l’espoir de récupérer les aides américaines, le pays doit désormais payer des honoraires mirobolants aux lobbys proches du président. Et confier l’exploitation de ses ressources naturelles à des entreprises américaines…
Ambitions impérialistes
Car derrière ces mesures choc se joue une autre bataille, celle des ressources critiques. Terres rares, cobalt, lithium, nickel : ces matériaux sont indispensables à toutes les technologies modernes, y compris militaire. Pour l’exploitation de certains d’entre eux, comme les terres rares, la Chine domine haut la main, bénéficiant ainsi d’un levier stratégique et économique majeur face aux États-Unis. Pour réduire cette dépendance, Washington cherche des alternatives. Le Groenland, riche en terres rares et situé au cœur des routes arctiques, fait partie des objectifs du président, qui souhaite annexer le territoire malgré ses liens avec le Danemark. Face à la montée en puissance chinoise, l’administration Trump ne cache plus ses ambitions impérialistes et fait fi des anciennes alliances. Le monde s’organise désormais autour de ces rapports de force. L’économie devient le terrain central de la rivalité entre grandes puissances.
À peine réélu, Donald Trump a pris tout le monde de court en imposant une hausse brutale des taxes douanières, visant d’abord la Chine, mais aussi de nombreux partenaires commerciaux. Washington ne veut plus composer avec les règles du commerce international, il veut les imposer. Baptisé “Liberation Day” par la Maison Blanche, ce basculement repose sur une logique simple : les taxes douanières doivent permettre de réindustrialiser, protéger l’emploi, répondre au sentiment de déclassement d’une partie de l’électorat, mais aussi contraindre partenaires et rivaux à s’aligner. Ce retour au protectionnisme est complété par une série de coupes budgétaires, notamment dans l’aide internationale. L’agence gouvernementale humanitaire USAID, longtemps pilier du soft power américain, a vu ses financements drastiquement réduits, entraînant la suspension de centaines de programmes à travers le monde. En République démocratique du Congo, les répercussions ont été immédiates. Dans l’espoir de récupérer les aides américaines, le pays doit désormais payer des honoraires mirobolants aux lobbys proches du président. Et confier l’exploitation de ses ressources naturelles à des entreprises américaines…
Ambitions impérialistes
Car derrière ces mesures choc se joue une autre bataille, celle des ressources critiques. Terres rares, cobalt, lithium, nickel : ces matériaux sont indispensables à toutes les technologies modernes, y compris militaire. Pour l’exploitation de certains d’entre eux, comme les terres rares, la Chine domine haut la main, bénéficiant ainsi d’un levier stratégique et économique majeur face aux États-Unis. Pour réduire cette dépendance, Washington cherche des alternatives. Le Groenland, riche en terres rares et situé au cœur des routes arctiques, fait partie des objectifs du président, qui souhaite annexer le territoire malgré ses liens avec le Danemark. Face à la montée en puissance chinoise, l’administration Trump ne cache plus ses ambitions impérialistes et fait fi des anciennes alliances. Le monde s’organise désormais autour de ces rapports de force. L’économie devient le terrain central de la rivalité entre grandes puissances.
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ÉducationTranscription
00:07Avril 2025, Donald Trump convoque la presse pour annoncer une nouvelle politique commerciale.
00:24Pour renflouer les caisses de l'État, il déclare une guerre économique au monde entier en imposant une augmentation brutale
00:31et simultanée des taxes douanières à tous ses partenaires commerciaux.
00:38Trump pense que les États-Unis peuvent revenir à l'âge d'or industriel qui a suivi la Seconde Guerre
00:45mondiale.
00:46Il pense qu'il a la solution à tous les maux que la mondialisation a fait subir aux travailleurs américains.
00:53Cette nouvelle administration impose des règles du jeu complètement nouvelles, et c'est très inquiétant pour l'économie mondiale.
01:03Certains qualifient notre politique commerciale des taxes douanières de paris risquées.
01:09Je ne pense pas. On remet juste les compteurs à zéro.
01:14Composés d'économistes radicaux, de lobbyistes puissants et de conseillers ultra-conservateurs,
01:21les architectes de cette guerre éclair ont en ligne de mire un ennemi commun qui brigue la place de première
01:27puissance mondiale, la Chine.
01:29La Chine a les moyens d'imposer un rapport de force en sa faveur.
01:34Nous nous engageons dans une Seconde Guerre froide, mais avec des échanges commerciaux intenses entre les deux pays.
01:41Plongée au cœur d'une doctrine économique violente et chaotique,
01:46entre risque d'inflation pour les plus pauvres et profits insensés pour les plus riches.
01:53Un nouveau western orchestré par Donald Trump en personne.
02:00Sous-titrage Société Radio-Canada
02:03Sous-titrage Société Radio-Canada
02:32Sous-titrage Société Radio-Canada
02:37Isabella De Luca a 25 ans.
02:40C'est une des influenceuses conservatrices les plus en vogue du pays.
02:54Égérie de l'Amérique trumpiste, elle a même été graciée par le président
02:58après son inculpation pour l'assaut du Capitole, auquel elle avait participé en janvier 2021.
03:10Aujourd'hui, elle présente une émission d'actualité quotidienne sur East Glory TV,
03:15une chaîne chrétienne très populaire aux États-Unis, suivie par 5 millions de personnes.
03:21Au programme, théorie du complot et fake news.
03:31Les investissements étrangers en Chine ont chuté de 99% en 3 ans.
03:37Ce sont des milliards qui échappent à Pékin et sont injectés directement dans l'économie américaine.
03:43Voilà exactement ce pour quoi j'ai voté.
03:46À longueur d'émission, Isabella vante les mérites du président Trump.
03:51Un président nouvelle version qui, selon elle, rebombe le torse d'une Amérique exsangue après les années Biden.
04:04Quand vous avez un président qui ne sait plus parler, plus communiquer,
04:09a l'air perdu la moitié du temps et tombe des escaliers, vous renvoyez une image de faiblesse.
04:17C'est pour cela que les gens s'identifient à Trump, parce que c'est un businessman.
04:23Il sait conclure des accords et c'est ce que l'on espère d'un président.
04:27On a bien vu qu'avoir des dizaines d'années d'expérience politique ne sert à rien.
04:38Si Isabella loue le sens des affaires de Donald Trump, c'est d'abord parce qu'il déclare vouloir l
04:43'utiliser au profit des Américains.
05:06Quelques semaines après son investiture à la Maison-Blanche, le président réélu s'adresse à ses compatriotes.
05:13Son objectif ? Réparer les dégâts provoqués par des décennies d'accords commerciaux qu'il considère injustes et ainsi libérer
05:22les Etats-Unis.
06:00Pour protéger les intérêts américains, Donald Trump s'attaque de front au reste du monde.
06:08Devant une foule acquise à sa cause, il se lance dans une guerre tarifaire et annonce une augmentation des taxes
06:14douanières pays par pays.
06:54En plus de la Chine, plus de 180 pays sont concernés par ces nouveaux droits de douane.
07:05En quelques minutes, Donald Trump rebat les cartes de la mondialisation et proclame la fin du libre-échange.
07:15Un pari politique qui provoque la sidération des marchés, tout comme celle des médias du monde entier.
07:27Donald Trump a une approche très radicale de l'économie.
07:33Il fait machine arrière sur des décennies de globalisation et de libre-échange, pour d'un coup adopter une approche
07:38très nationaliste.
07:41Vous savez, je pense que c'est une victoire sur le plan économique, car beaucoup d'Américains étaient en colère
07:46contre l'état de notre économie.
07:48Et c'est ce qu'il a utilisé comme tremplin pour lancer son nouveau mandat.
07:52C'est à travers ce prisme qu'il a pris beaucoup de ses décisions politiques, aussi bien nationales qu'internationales.
07:59Et pour en revenir aux taxes douanières, je crois qu'il les utilise comme une punition pour dire « c
08:05'est moi qui commande, vous faites ce que je dis et c'est tout ».
08:11Un des moyens du gouvernement pour protéger les Américains, c'est d'imposer des taxes douanières aux autres pays.
08:18Cela les a forcés à nous écouter.
08:21Car quel pays voudrait payer 90% de taxes douanières supplémentaires sur ces marchandises ?
08:27Aucun.
08:28Donc quand des pays ne veulent pas reprendre leurs migrants illégaux qui ont commis des crimes chez nous,
08:33et que vous leur dites « bon alors, nous allons vous imposer un nouveau droit de douane ».
08:37Eh bien, devinez quoi ? Ils les reprennent. C'est pour ça que ça marche.
08:58Diplomate de carrière, Gérard Haro a été ambassadeur de France aux États-Unis pendant le premier mandat du président Trump.
09:07Jamais ce fin connaisseur de la politique américaine n'aurait imaginé une telle rupture du modèle économique américain,
09:14tant sur le fond que sur la forme.
09:17« Décider face à des pays comme l'Union européenne, c'est 15% de droit de douane, period, et
09:26nous on n'en paiera pas, moi je n'ai jamais vu ça, je n'ai jamais vu ça ».
09:32Trump a beaucoup de qualités, je dirais en particulier, il a la qualité de comprendre les rapports de force.
09:39Et il n'a aucune décence, aucune retenue dans leur utilisation la plus brutale qui soit.
09:45N'est-ce pas ? Comme dirait ma mère, il n'est pas bien élevé.
09:47Donc voilà, il fait ça, parce qu'il parie que les autres pays ont tellement intérêt à l'accès au
09:55marché américain qu'ils n'oseront pas répliquer.
09:59Ce qu'il faut savoir sur Trump et le commerce, c'est qu'il aboie plus fort qu'il ne
10:04mord.
10:06Donc il menace de frapper fort les pays avec les taxes douanières,
10:10mais tout cela est en grande partie destiné à les faire s'asseoir à la table des négociations et obtenir
10:15un meilleur deal pour le pays.
10:19Beaucoup d'électeurs et de travailleurs américains apprécient cela.
10:23Vous pouvez aimer ou haïr Trump, et les Américains ne savent plus quoi penser de lui.
10:28Mais ce qui est sûr, c'est qu'il a une connexion et un talent politique incroyable pour prendre la
10:34température de ses électeurs.
10:39Avec ce coup de force, Donald Trump renoue avec une idéologie fiscale datant du 19e siècle.
10:48Avant la création d'un impôt sur le revenu,
10:51lorsque l'État se finançait uniquement avec les taxes douanières.
11:03L'époque d'un président oublié,
11:06William McKinley,
11:08un modèle pour Donald Trump,
11:10est le symbole d'une Amérique
11:12qui devenait pour la première fois de son histoire
11:14une puissance industrielle majeure.
11:31President McKinley
11:49Trump n'a pas tort d'évoquer le nom de McKinley en ce qui concerne les droits de douane.
11:57Il n'y a pas de politicien américain, de président américain plus associé aux droits de douane que lui.
12:03D'ailleurs, McKinley, alors qu'il était membre du Congrès en 1890, est connu pour avoir mis en place les
12:09plus hautes taxes douanières de l'histoire américaine.
12:11C'était avant le second mandat de Donald Trump, puisque les taux ont atteint 50% de plus sous son
12:17mandat.
12:19Et donc, Donald Trump a pris cela comme exemple.
12:22En tant que protectionniste, il pense vraiment qu'il peut récupérer les industries basiques qui sont parties s'installer en
12:29Chine, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine.
12:33Il y a bien longtemps.
12:35Je ne pense pas que cela va marcher, mais sur le principe, c'est brillant.
12:40C'est génial.
12:41Car cela parle à énormément d'Américains qui se sentent floués à juste titre par la mondialisation,
12:47ou plutôt les effets de la mondialisation.
12:55Insufflé par des économistes radicaux comme Stephen Miran ou Peter Navarro, l'un des conseillers les plus influents du président,
13:04cette hausse des droits de douane, pourtant invalidée par la Cour suprême, est parfaitement assumée par l'administration au pouvoir.
13:14Il y a 250 ans, la nation s'appuyait sur un système de droits de douane qui servait à protéger
13:24nos travailleurs,
13:26la défense du pays et nos industries.
13:29Ce système a été le premier moyen de financer l'État américain jusqu'en 1913.
13:36Et donc, il faut revenir à cette période.
13:43Nous gagnons beaucoup d'argent avec les droits de douane,
13:46et nous devons continuer comme cela jusqu'à ce que les investissements se fassent ici plutôt qu'à l'étranger,
13:55pour produire plus localement, ce qui est le but de cette politique.
14:10Six mois après l'investiture du nouveau président,
14:14les taxes douanières ont déjà rapporté plus de 150 milliards de dollars aux États-Unis.
14:19Quasiment le double de la somme récoltée sur l'ensemble de 2024.
14:26Pourtant, cette politique ne fait pas l'unanimité.
14:33Si la Cour suprême la qualifie d'illégale,
14:36la grande majorité des économistes prédisent qu'elle aura en plus un impact significatif sur le pouvoir d'achat américain.
14:46Les droits de douane, oui, contribuent à créer de l'inflation,
14:50dans le sens où une partie va forcément être répercutée sur les prix aux consommateurs.
14:54Donc c'est un impôt sur la consommation, comme le serait une TVA aux États-Unis.
15:00Mais ça a ce petit parfum de nationalisme et de défense du site de production états-unien
15:07qui plaît beaucoup évidemment à Donald Trump.
15:09À la fin, est-ce que ça va vraiment protéger le site de production états-unien ?
15:15Est-ce que ça va réduire le déficit commercial et augmenter l'emploi industriel aux États-Unis ?
15:19Il y a peu de chance parce que, en fait, pour réindustrialiser ou redonner des emplois bien rémunérés
15:25à toute une partie du pays qui a effectivement subi des pertes d'emplois considérables ces dernières décennies,
15:31il faudrait investir dans les infrastructures, investir dans la formation.
15:36Enfin, il y a une politique finalement qui ressemblerait plus à une politique de réduction des inégalités sociales
15:42et de réinvestissement dans les parties du pays les plus abandonnées, qui n'est pas du tout le projet de
15:48Trump.
15:51Pour l'instant, les entreprises ont absorbé la plupart des coûts supplémentaires, car elles puisent dans leurs stocks.
15:58Mais il est évident que quand de nouveaux biens vont arriver dans le pays,
16:02quelqu'un aux États-Unis va devoir payer plus pour les avoir.
16:05On observe déjà quelques soubresauts de notre économie d'ailleurs.
16:09Par exemple, pour les jouets. Environ 80% des jouets vendus aux États-Unis viennent de Chine.
16:15Dans les mois suivant la mise en place de nouveaux droits de douane,
16:18le prix des jouets a atteint des niveaux records comme jamais dans son histoire.
16:24Quelles seront les conséquences d'une politique économique aussi risquée pour les États-Unis ?
16:31Les taxes douanières, fleurons de l'arsenal Trump, ne sont pas la seule mesure controversée de ce début de mandat.
16:39Licenciement massif, coupes budgétaires monstres, les grands jalons du trumpisme sèment le chaos.
16:47Pourtant, derrière ces décisions, un plan bien précis se dessine.
16:54À la manœuvre, le think tank le plus puissant actuellement aux États-Unis.
16:59La Heritage Foundation, 517 salariés et plus de 100 millions de dollars de budget annuel.
17:09Aussi opaque que conservatrice, l'influence de cette fondation est sans précédent dans l'histoire de la politique américaine.
17:39Stephen Moore connaît parfaitement le fonctionnement de la Heritage Foundation.
17:47Il a commencé à y travailler en 1983 et l'a quitté il y a seulement quelques mois.
17:55La Heritage Foundation a proposé une stratégie au président Donald Trump avant qu'il ne soit élu.
18:01Déjà en 1980, elle en avait proposé une à Ronald Reagan lorsqu'il est devenu président.
18:08Il s'agit d'expliquer comment mettre les choses en place, que changer, comment diriger le pays dans une direction
18:12plus conservatrice.
18:16Concernant l'aspect économique, il s'agit de baisser les impôts, alléger les réglementations et maîtriser les dépenses gouvernementales.
18:37Consigné dans un pavé de 900 pages, nommé Project 2025.
18:48Cette feuille de route de la Heritage Foundation est d'abord moquée par le camp démocrate.
19:04Mais très vite, les sourires laissent place à l'inquiétude.
19:09Car Project 2025 ne s'attache pas uniquement au cadre économique.
19:14Il s'attaque aussi à tous les pans de la société, qu'il imagine ultra-conservatrice, climato-sceptique et anti
19:22-minorité.
19:23Project 2025 calls for ending Head Start.
19:27It also cuts benefits for current disabled veterans.
19:31It calls for every abortion, miscarriage, stillbirth and pregnancy loss from medical treatments such as chemo to be reported to
19:42the federal government.
19:46A large group of protesters gathered outside the headquarters of the Heritage Foundation near the Capitol Sunday afternoon to protest
19:54Project 2025.
19:55Project 2025 is a controversial political initiative run by the Foundation.
20:01Face à la polémique, Donald Trump tente de se détacher de la Heritage Foundation.
20:07Mais les faits parlent d'eux-mêmes.
20:10Dans la première semaine de son mandat, deux tiers des décrets signés par le Président émanent directement de Project 2025.
20:22Je connais bien le Project 2025.
20:25Et je pense qu'il y a beaucoup de fausses informations à ce sujet, à cause de la gauche et
20:30des médias qui le qualifient de projet de la haine.
20:33Anti-trans et anti-gay.
20:35Mais ce n'est pas vrai.
20:38Donald Trump, lors de ce second mandat, a réalisé qu'il devait être plus dur, plus audacieux.
20:44Suivre le projet 2025 est un pas dans cette direction.
20:49Le projet 2025, c'est près d'un millier de pages avec des décisions extrêmement précises.
20:54Du point de vue économique, c'est très libertarien.
20:56Il faut détruire toute intervention de l'État dans l'économie, y compris d'ailleurs en ce qui concerne le
21:03système de santé.
21:04Il faut se débarrasser de toute la réglementation.
21:07Mais en revanche, en politique, il faut se débarrasser de tous ceux qui ne sont pas des Trumpistes inconditionnels.
21:15Pour accomplir cette tâche, la Heritage Foundation ne se contente pas de fournir des idées.
21:22Elle fournit aussi une armée de petits soldats recrutés pour occuper les postes administratifs.
21:30Lorsqu'il est arrivé au pouvoir en janvier 2017, il avait été totalement surpris par son élection.
21:36Et il n'avait pas d'équipe. Il ne connaissait personne.
21:40Et donc, pendant des mois, voire plus, les bureaux étaient vides.
21:43Parce qu'ils ne connaissaient pas qui nommer.
21:46Et donc, c'était assez étonnant d'avoir une administration qui était à ce point dysfonctionnelle.
21:50Donc, cette fois-ci, ils ont décidé, on va avoir des gens, mais pas seulement des conservateurs, mais des Trumpistes.
21:56Donc, pour recruter des fonctionnaires, la Heritage Foundation avait préparé des listes,
22:03avait même fait des auditions de candidats pour être sûr, s'assurer que ces gens-là n'allaient pas reprendre,
22:10finalement,
22:10les ornières traditionnelles du conservatisme, mais allaient être de vrais Trumpistes.
22:17Au total, près de 10 000 missionnaires du Trumpisme auraient été formés par le think tank.
22:27Grâce à ce maillage administratif, le président s'attaque à des réformes de plus en plus radicales.
22:39Comme l'arrêt brutal de USAID, l'agence gouvernementale américaine qui fournissait 42% de l'aide humanitaire mondiale.
22:48Et qui fut longtemps l'image de Mark du rayonnement américain à travers le monde.
22:57Donald Trump pense, et il se trouve que je suis totalement d'accord avec lui,
23:01que USAID et toute la structure d'aide internationale est complètement corrompue.
23:07Nous ne servons pas les intérêts des gens en Afrique ou ailleurs à qui nous avons donné des milliards et
23:12des milliards de dollars d'aide,
23:14puisqu'ils ne sont pas mieux qu'il y a 30 ou 40 ans.
23:19Donc, quelle que soit la nature de l'aide, ça ne marche pas.
23:25Si vous regardez comment l'agence d'aide américaine dépensait l'argent, qui ils sont, c'est un désastre.
23:33Les Américains, les travailleurs américains, ne veulent pas que leur argent soit dépensé de la manière dont cette agence le
23:41faisait.
23:44Ça m'est donc complètement égale, qu'elle soit réformée ou supprimée.
23:53Officiellement, le démantèlement de USAID fait partie du redressement des finances publiques initiées par la nouvelle administration
24:00et profite à l'économie américaine.
24:04La portée de cette décision est pourtant minime, puisque le budget de l'agence représente moins d'un pour cent
24:10de l'enveloppe d'état américain.
24:14Derrière la façade de la chasse au gaspillage pointe en fait une autre réalité.
24:19Une politique du profit qui bénéficie surtout aux proches du président.
24:47Emily Stewart travaille pour Global Witness, une organisation internationale spécialisée dans les enquêtes autour de la corruption et du blanchiment
24:56d'argent.
24:58Son rapport sur les profits immenses réalisés par les cabinets de lobbying appartenant à l'entourage de Trump a fait
25:06grand bruit.
25:09Les sociétés en lien avec Trump et son cercle proche s'enrichissent.
25:13Dans les six mois suivant l'élection de Trump, ils ont négocié des contrats d'une valeur de plus de
25:1717 millions de dollars.
25:21Problème, les profits de ces cabinets de lobbying sont réalisés en grande partie sur le dos de pays qui bénéficiaient
25:28avant de l'aide humanitaire américaine
25:30et doivent désormais payer pour avoir un droit d'accès à l'administration Trump.
25:41Ce que l'on constate, c'est que l'aide est devenue un business.
25:46Depuis la fin de l'USID, on observe que certains des pays les plus pauvres du monde
25:53se précipitent pour engager des gens qui font partie du cercle proche de Trump
25:58dans l'espoir de récupérer une partie des fonds qui les aidaient dans tant de domaines.
26:03Le lobbying à Washington n'est pas quelque chose de nouveau.
26:07Cela existe depuis des décennies.
26:11Mais le fait que des pays pauvres n'aient pas d'autre choix que de travailler avec les sociétés liées
26:17au président, c'est différent.
26:20Ce qui compte désormais, ce n'est plus l'expérience des gens qui travaillent dans ces cabinets
26:26ou leur expertise sur telle ou telle culture,
26:29mais la proximité qu'ils ont ou pas avec Trump.
26:49Brody Mullins est un journaliste d'investigation américain couronné du prix Pulitzer en 2023.
26:57Il a enquêté lui aussi pendant plusieurs mois sur les profits inédits de ses lobbies proches du président.
27:06Parmi eux, Javelin Advisors,
27:10confondés quelques semaines après la réélection de Donald Trump
27:13par son ancien garde du corps, Keith Schiller.
27:18ou encore Ballard Partners,
27:21dont le dirigeant est un des donateurs les plus importants des deux campagnes du président.
27:30Depuis la victoire de Trump, la clientèle de Ballard a explosé.
27:35Il est donc le grand gagnant des lobbyistes sous la présidence Trump
27:40et probablement l'homme non-élu le plus puissant de Washington,
27:44car il a l'oreille du président.
27:50Selon les documents fiscaux fournis au Congrès américain,
27:54le cabinet Ballard Partners aurait cumulé,
27:56dans le premier tiers de l'année 2025,
27:5914 millions de dollars de bénéfices,
28:01tous contrats confondus.
28:03Le triple de l'année précédente à la même époque.
28:11Ballard Partners est rempli d'amis de Donald Trump.
28:15Brian Ballard, le fondateur,
28:17a versé près de 30 millions de dollars pour la campagne de Trump.
28:20Parmi les associés, on retrouve Suzy Wiles,
28:23qui est aujourd'hui chef de cabinet du président,
28:25ou encore Pam Bandy,
28:26qui a démissionné du cabinet pour devenir procureur général.
28:33Donald Trump a redonné au lobby le pouvoir
28:35qu'ils avaient avant l'affaire du Watergate.
28:38Quelques personnes centralisaient le pouvoir à Washington
28:40et il y avait une poignée de lobbyistes.
28:44Ils devaient tous leur succès au fait qu'ils connaissaient les présidents.
28:47Truman, Roosevelt, Johnson ou Eisenhower.
28:51Ils n'avaient pas besoin de connaître des centaines de personnes,
28:55juste trois ou quatre.
28:56Et grâce à ces relations,
28:58ils étaient très influents, riches et puissants.
29:05Son bureau, c'est un happening permanent.
29:08Les portes sont ouvertes et tout le monde rentre.
29:12Mais tout le monde, ça veut dire surtout ses amis, ses copains.
29:15Et les copains de Trump, c'est tous des hommes d'affaires.
29:17Comme je dis souvent, je dis, vous savez,
29:18on dit pendant les travaux, les affaires continuent.
29:20C'est pendant la présidence, les affaires continuent.
29:24Plus étonnant encore que les sommes versées aux proches de Trump
29:27pour ouvrir les portes de son administration,
29:31la nature des concessions demandées aux anciens pays bénéficiaires
29:34pour récupérer l'aide américaine.
29:40Dans ce courrier rédigé par un cabinet de lobbying
29:43représentant les intérêts de la RDC auprès de l'administration Trump,
29:47il est spécifié que le pays, dont 70% de l'aide provenait des États-Unis,
29:53est désormais prêt à négocier l'exploitation de ses ressources naturelles.
29:59Sur le document, on peut lire.
30:01La République démocratique du Congo possède 24 000 milliards de dollars de réserves vierges
30:08avec du cobalt, du cuivre, du lithium, du tantalum et de l'uranium,
30:14tous essentiels aux usines américaines pour la technologie et la défense.
30:20Plus bas, le pays propose de fournir aux sociétés américaines
30:24un accès exclusif à nos réserves de minéraux parmi les plus précieux du monde.
30:35Affaibli par des guerres civiles depuis trois décennies
30:38et les assauts de son voisin rwandais,
30:40le Congo cherche à retrouver la protection américaine par tous les moyens.
30:48D'un côté, vous avez un pays en guerre
30:51qui n'arrive pas à se débarrasser de son agresseur.
30:54De l'autre, les États-Unis qui en profitent
30:57pour lui imposer un accord d'exploitation de ses minéraux.
31:00Depuis la fin brutale de l'aide américaine,
31:03la République démocratique du Congo cherche à passer un accord de sécurité
31:07avec les États-Unis calqué sur ce qui s'est passé en Ukraine,
31:10où les Américains interviennent seulement en échange
31:12de l'exploitation des richesses naturelles du pays.
31:18Et la République démocratique du Congo n'est pas la seule dans ce cas.
31:23Pakistan, Somalie ou Haïti.
31:27Au total, onze pays parmi les plus pauvres du monde
31:30ont signé des contrats d'exploitation de leurs minéraux
31:33avec des cabinets de lobbying liés à Trump
31:35en échange d'une assistance humanitaire ou militaire.
31:43Un reflet de la nouvelle obsession du président pour les ressources naturelles.
31:53Les ressources naturelles sont un élément essentiel
31:58pour construire une industrie de défense solide
32:00et une industrie tout court.
32:03Tout est lié.
32:06Mais à cause de réglementations environnementales
32:09et d'autres considérations,
32:12nous n'avons pas été capables de nous développer dans ce domaine,
32:17ce qui, en retour,
32:19nous a rendus extrêmement dépendants du modèle chinois.
32:26Nous avons appris avec la crise autour des terres rares
32:30que nous ne pouvons pas laisser un pays,
32:35en particulier la Chine,
32:37contrôler des points vitaux de notre économie.
32:47Si Peter Navarro évoque le sujet des terres rares,
32:50c'est que le minerai est un point de friction majeur
32:54entre les deux premières puissances économiques mondiales.
33:00Les terres rares,
33:01après qu'elles soient extraites et traitées,
33:05fournissent des aimants
33:06qui sont essentiels
33:07dans la majorité des technologies modernes.
33:13Le téléphone que vous avez dans la main
33:15a des petits aimants à l'intérieur,
33:18tout comme la voiture dans laquelle vous êtes venus
33:23ou les missiles que nous utilisons
33:26pour nous défendre.
33:32Ici, aux États-Unis,
33:34dans les années 90,
33:37nous avons laissé la Chine
33:38mettre notre dernière mine de terres rares
33:41hors service
33:43en achetant leurs aimants à bas prix,
33:46ce qui a conduit à sa faillite.
33:50La Chine a fait tout cela de manière consciente,
33:54car leur stratégie
33:55était de détruire notre industrie,
33:58mais aussi l'industrie mondiale des aimants,
34:01pour ensuite pouvoir faire ce qu'ils font maintenant,
34:04c'est-à-dire l'utiliser comme un outil de coercition
34:07pour promouvoir leur modèle autoritaire
34:09et leur quête de domination du monde.
34:12Ce que je dis est vrai.
34:14Laissez-moi regarder la caméra et le redire.
34:16C'est vrai.
34:17Ce sont des faits.
34:23Produites à plus de 70% en Chine,
34:26les terres rares sont un levier
34:28de négociations redoutables
34:29pour contrer la guerre commerciale de Donald Trump.
34:34Aux menaces d'augmentation des droits de douane,
34:37la Chine répond par des restrictions
34:39sur l'exportation de ces terres rares.
34:41et les overtures sont plus de 5 ans.
35:13Liu Mingfu est le porte-parole officieux du gouvernement chinois.
35:17Ancien colonel de l'armée populaire de libération, ultra-nationaliste, proche de Xi Jinping, il n'est guère impressionné par
35:25les menaces du président Trump.
35:44L'armée populaire de Chine
35:58Les terres rares chinoises sont vues par les Etats-Unis comme une arme nucléaire en matière de ressources.
36:11Une arme nucléaire que les Etats-Unis ne peuvent pas combattre.
36:23Après une escalade verbale de plusieurs mois,
36:26Donald Trump et Xi Jinping s'assoient à la même table fin octobre 2025 en Corée du Sud.
36:39Merci beaucoup, c'est un grand honneur d'être avec un ami de mes, vraiment pour un long temps maintenant,
36:44si vous pensez à ce que vous pensez.
37:22Malgré les déclarations de Trump, la rencontre se solde par un accord qui sonne comme un aveu d'impuissance.
37:33Face à l'arme des minerais, les Etats-Unis doivent se résigner à baisser de 10% leur taxe douanière
37:39envers la Chine.
37:46Un revers qui symbolise une faille et explique l'extractivisme de la nouvelle administration Trump.
38:00Tout comme Trump avait dit « Fort bébé, fort », aujourd'hui il y a un nouveau consensus, c'est
38:08« Creuse bébé, creuse ».
38:11Précisément parce que nous avons besoin de cuivre, de lithium, d'uranium et de tous ces minéraux qui sont indispensables
38:18à notre ère technologique.
38:20Ce n'est pas seulement une question économique, c'est une question de sécurité nationale.
38:26Les Chinois ont joué la partie très finement et c'est une partie qu'ils jouent depuis longtemps maintenant.
38:31On parle de décennies d'investissement dans des endroits potentiellement risqués, avec des conditions de travail très dures,
38:37pour arriver à se tailler la plus grosse part du gâteau en termes d'approvisionnement.
38:43Les gens ont réalisé que la Chine possède ce goulot d'étranglement.
38:46Et lorsqu'ils le serrent, ils sont capables d'interrompre des secteurs d'industrie aux Etats-Unis ou en Europe.
39:05Pour réduire leur dépendance face à la Chine, les Etats-Unis cherchent un nouvel Eldorado.
39:14Parmi les territoires les plus en vue, une île quatre fois plus grande que la France, le Groenland.
39:22Un territoire autonome situé au nord du Canada et rattaché au Danemark.
39:44Sous ces montagnes de glace se cacheraient les plus grands gisements de terres rares au monde.
39:51Un trésor inestimable pour le futur.
39:54Convoité par la Chine, mais aussi la Russie pour des raisons sécuritaires et stratégiques,
39:59l'accès au Groenland est une des priorités du président Trump.
40:03Pour intimider ses dirigeants, il fait même planer la menace d'une annexion du pays.
40:35Derrière ses revendications sécuritaires et ses voeux pieux se cache une autre réalité.
40:41Un retour de l'impérialisme américain et de son appétit envers les pays riches en ressources naturelles.
40:48Sur place, un homme représente les intérêts du président.
40:53Jorgen Boisson est le président du mouvement trumpiste MAGA au Groenland.
40:59Proche de figures conservatrices comme Charlie Kirk,
41:11Il a organisé la visite de Donald Trump Jr. dans le pays.
41:41Pour Jorgen, le futur du Groenland passe par le pays.
41:45Et par l'exploitation des ressources naturelles locales par les Américains.
41:52Sûr de lui, cet agent d'influence du trumpisme est déjà en prospection.
42:01Je parle avec des directeurs de compagnies minières américaines et ils doivent venir ici pour voir ce qui est faisable.
42:08Nous avons du tungsten, de l'uranium, du zinc, de l'or, de l'argent, du cuivre, tout ce dont
42:14les Etats-Unis ont besoin.
42:16Et nous avons beaucoup de terres rares au Groenland, dans des endroits qui sont encore vierges.
42:27Nous ne sommes que 56 000 ici.
42:30Qui pourrait s'occuper le mieux du pays ?
42:33Sûrement pas la Chine, ni le Danemark.
42:37Le Danemark ne peut pas gérer ça.
42:40La technique des Américains et leur expérience du secteur minier sera plus profitable au peuple groenlandais.
42:47On peut faire comme en Alaska, où les gens reçoivent de l'argent provenant des compagnies minières ou pétrolières.
42:53Pour l'instant, on ne reçoit rien des compagnies minières ici au Groenland.
42:58Elles ferment, puis réouvrent, puis referment, et cela fait 100 ans que ça dure.
43:09Jorgen est optimiste.
43:11Mais la bataille pour les terres rares du Groenland est loin d'être gagnée.
43:15Les sondages sont sans équivoque.
43:19Le dernier en date indique que 85% des habitants sont opposés à une annexion de l'île.
43:31Après l'attaque américaine pour enlever le président Maduro au Venezuela,
43:35les menaces répétées d'annexion de Donald Trump déclenchent une manifestation monstre dans les rues de la capitale.
43:43Nous ne sommes pas intéressés à être américains.
43:52Je pense que nous avons été très clairs sur le sujet.
43:56Le Groenland veut être indépendant.
43:58Nous ne voulons être ni américains, ni danois.
44:05En revanche, je pense que notre pays peut être une alternative au commerce entre la Chine et le reste du
44:11monde.
44:13Nous pouvons être le pays qui permet de diversifier la chaîne d'approvisionnement
44:17et de s'assurer que cela vient d'un pays comme le nôtre.
44:20Une démocratie stable, avec des règles concernant la préservation de l'environnement et des travailleurs.
44:34Le problème, c'est que la Chine a tout simplement pris une avance considérable dans tout cela.
44:49Courses aux ressources naturelles, taxes douanières, protectionnisme.
44:55La politique économique mise en place par les États-Unis reflète une prise de conscience de la puissance chinoise,
45:01mais aussi un sentiment, celui de sa propre perte de vitesse.
45:09Le pays est aujourd'hui plombé par une dette publique dont le montant est le plus élevé au monde.
45:19Je pense que l'agressivité trumpiste ressemble effectivement beaucoup plus à un aveu de faiblesse qu'à une preuve de
45:26puissance.
45:30On est face à un pays et en l'occurrence à un groupe de dirigeants républicains
45:37qui réalisent que les États-Unis sont en train de perdre le contrôle de la planète.
45:40C'est-à-dire que juste pour rappeler les choses, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale,
45:43les États-Unis représentaient jusqu'à 40% du PIB mondial à eux tous seuls.
45:47Ils avaient d'ailleurs 40% des droits de vote au FMI et à la Banque mondiale quand ça a
45:51été créé.
45:51Aujourd'hui, ils sont tombés en dessous de 20%, ils tomberont même en dessous de 5% d'ici la
45:56fin du XXIe siècle.
45:57Et ça, Donald Trump peut sauter sur sa chaise autant qu'il veut, ça ne changera pas.
46:03C'est-à-dire que le poids des États-Unis dans l'économie mondiale est structurellement,
46:07a déjà été divisé par deux depuis les années 50 et va encore être divisé par deux au cours du
46:10XXIe siècle.
46:15Les États-Unis, colosses au pied d'argile, vont-ils faire trébucher l'économie mondiale ?
46:23En 2026, l'OCDE prévoit un passage de la croissance globale sous le seuil des 3%.
46:31Face à ces bouleversements, l'Europe va devoir trouver sa place dans cette tectonique des plaques géopolitiques.
46:44Le président Trump poursuit une politique de « America first ».
46:47Notre réponse à cela doit être en Europe, « Europe United ».
46:52La direction chinoise, sous Xi Jinping, poursuit un objectif ambitieux.
46:57Faire de la Chine, au plus tard d'ici 2049, la première puissance mondiale.
47:04C'est pourquoi il est important que nous poursuivions dès maintenant un agenda ambitieux en matière de politique commerciale
47:11et que nous le mettions également en œuvre afin de réduire par la diversification la dépendance à l'égard des
47:17marchés américains comme chinois.
47:21Concrètement, cela signifie que l'accord UE-Mexique doit enfin être finalisé.
47:25Et les négociations avec l'Inde, l'Indonésie, d'autres États asiatiques et l'Australie doivent être menées rapidement.
47:33Je considère la politique commerciale comme une formidable opportunité pour que l'Union Européenne se positionne mieux sur un marché
47:40mondial de plus en plus complexe.
47:49Trump a été élu deux fois maintenant, en 2016 et en 2024.
47:54Et il a été le premier candidat à être ouvertement hostile à la Chine.
47:59Et je pense que tout le monde devrait considérer la Chine comme un ennemi.
48:03C'est la raison pour laquelle l'Europe a un rôle si important à jouer dans toute cette équation.
48:07Parce qu'il faut désengager, c'est un mot qu'utiliserait Trump, désengager l'économie mondiale de la Chine.
48:14Que Trump réussisse à le faire ou pas, nous verrons bien.
48:17Mais en tout cas, nous ne voulons plus donner de pouvoir à notre ennemi.
48:23L'Europe doit se défendre bien mieux qu'elle ne le fait pour l'instant.
48:28Car la Chine s'attaque au marché européen sans pitié.
48:34Avant même l'arrivée de Donald Trump, l'Europe a perdu de nombreux emplois au profit de la Chine et
48:41de l'Asie,
48:42à cause de pratiques commerciales non réglementaires.
48:48La Chine brade maintenant ses produits vers l'Europe, car elle a perdu le marché américain.
48:55Et l'Europe est trop lente dans sa contre-attaque.
48:58Car vous avez quoi ? 27 pays, je crois.
49:02Et la moitié est complice de la Chine.
49:11Le monde est à la croisée des chemins.
49:15D'un côté, une Chine qui place ses pions.
49:18De l'autre, une Amérique qui s'arc-boute sur un passage en force.
49:24Cette façon de brutaliser tous les pays en imposant des droits de douane de façon complètement arbitraire
49:29ne peut que conduire à mettre beaucoup de pays, notamment du Sud,
49:36en plus grande proximité avec la Chine, la Russie, les BRIC.
49:41Et la Chine a déjà commencé à développer des institutions internationales parallèles
49:45avec une banque de développement basée à Shanghai
49:48pour concurrencer la Banque mondiale basée à Washington.
49:50Et donc là, je pense que c'est une très grande erreur d'aller pousser tous ces pays dans les
49:56bras de la Chine.
49:56Le pari de Trump, c'est que finalement, beaucoup de pays du Sud n'ont pas forcément envie, à terme,
50:02de remplacer la puissance hégémonique états-unienne par une puissance hégémonique chinoise.
50:12Pourra-t-on encore parler d'économie globale dans la prochaine décennie ?
50:17Où l'heure des blocs a-t-elle sonné ?
50:20Si les échanges commerciaux des États-Unis ont ralenti en 2025,
50:25ailleurs, et particulièrement en Asie du Sud-Est, ils ont accéléré.
50:32Une chose est sûre, avec le retour de Donald Trump,
50:36l'intérêt national supplante désormais toute ambition collective.
50:42Et la seule loi qui compte est celle du plus fort.
50:45Sous-titrage Société Radio-Canada
51:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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