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  • il y a 3 heures
"Je suis un orphelin politique": soupçonné de basculer vers l'extrême droite, Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'Économie, s'explique sur BFMTV ce vendredi 1er mai. 

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Transcription
00:00Il faut qu'on parle de vous, puisque votre nom est apparu dans une ou deux publications, justement,
00:05où certains socialistes vous reprochaient d'avoir basculé à l'extrême droite. C'est le cas ?
00:11Ben non, je suis un orphelin en vérité. Un orphelin politique, c'est-à-dire que j'ai rompu intellectuellement
00:20avec la social-démocratie
00:21pour des raisons simples, c'est qu'ils ont accompagné la mondialisation financière qui nous a fait tant de mal.
00:27Ils ont participé à la construction européenne qui nous plombe aujourd'hui. Ils ont abandonné beaucoup de gens, la nation,
00:35les frontières.
00:36Je considère que ce sont des questions fondamentales, qu'ils ont de la souveraineté étrangère à l'ensemble de la
00:43gauche, j'allais dire, socialiste,
00:45qui était ma famille politique depuis de très nombreuses années. Ça ne fait pas de moi quelqu'un d'extrême
00:50droite.
00:51Ça fait quelqu'un, comme d'ailleurs 50 % des Français, un orphelin politique, c'est-à-dire que je
00:59suis sans affiliation.
01:01D'ailleurs, si on cherchait à me mettre dans une case, je dirais que je suis un chevetementiste de droite
01:06et un séguiniste de gauche,
01:07c'est-à-dire une sorte de post-gaulliste cherchant républicain social, cherchant une voie pour notre pays,
01:13mais qui ne peut pas se résumer dans les propositions actuelles. Donc, l'ERN me pose un problème de valeur
01:20et de principe.
01:21Il charrie tout le problème du racisme. LFI me pose un problème de valeur et de principe.
01:27Il charrie tout ce qu'on voit sur l'antisémitisme. Où est la proposition politique, aujourd'hui, qui peut me
01:34convenir ?
01:34Je n'en ai pas. Voilà.
01:35D'accord.
01:36C'est ma position personnelle.
01:38Ce qui ne vous pose pas de problème, mais ce qui pose des problèmes à certains, c'est que deux
01:42de vos entreprises,
01:43on va les rappeler, l'une sur le nucléaire et l'autre qui relance la filière des amendes en France,
01:47sont donc financées par le milliardaire Pierre-Édouard Sterrin. Il faut rappeler qu'il est.
01:50C'est un homme d'affaires dont les idées sont très, très marquées à droite,
01:54qui pense qu'il dit vouloir en France plus de bébés de souche européenne.
01:59Ça, ça ne vous pose pas de problème ?
02:00C'est sa responsabilité, d'abord. Moi, j'ai 12 entreprises. J'ai créé 12 entreprises avec 30 associés.
02:06Donc, j'en ai deux avec M. Sterrin. C'est vrai.
02:09M. Sterrin, il a les opinions qu'il croit devoir défendre.
02:12Ça ne m'engage pas. Et ça n'engage certainement pas les entreprises que je dirige,
02:16dans lesquelles il est associé, dans lesquelles il est minoritaire ou majoritaire, peu importe.
02:21En tout cas, dans l'entrepreneuriat, nous faisons avec des gens qui ont des opinions différentes.
02:28Dans l'entreprise, vous ne demandez pas les opinions des salariés.
02:32Donc, vous dites qu'il n'est pas infréquentable ?
02:34C'est surtout que ce n'est pas le sujet. Moi, je ne fais pas de politique dans les entreprises.
02:40L'amende française, quand on la relocalise, elle ne fait pas de politique.
02:44Vous voyez, elle n'a pas de bulletin de vote, elle n'a pas de couleur politique.
02:46En revanche, la France en a besoin.
02:48Et s'il y a des gens qui ont des idées différentes, qui peuvent s'unir dans l'entreprise,
02:52c'est la beauté de l'œuvre entrepreneuriale que de les unir.
02:55La politique, elle passe son temps à fracturer, à faire des sectes.
02:58La secte Moon, la secte de l'ordre du Temple solaire.
03:02Il ne faut pas se parler, il faut s'entretuer.
03:04Non, dans l'entrepreneuriat, dans l'entreprise, dans la création de valeurs économiques,
03:09on unit des gens qui ont des opinions très différentes et qui font ensemble.
03:13Et néanmoins, je reviens sur Pierre-Édouard Serrat, mais c'est vrai qu'il a quitté la France,
03:16qu'il vit désormais en Belgique et pourtant qu'il finance des idées d'extrême droite.
03:20Tout le temps ne se rendront pas aux convocations de l'Assemblée nationale.
03:25Est-ce que ce n'est pas contraire à vos valeurs, aux valeurs de la République ?
03:28C'est totalement contraire à mes valeurs.
03:30Je lui ai dit d'ailleurs, je suis le contraire de ce que vous êtes
03:33et je lui ai rappelé qu'il était le contraire de ce que j'étais.
03:36Et alors, et quand on a dit ça, il a sa responsabilité, j'ai la mienne,
03:40je suis responsable de mes idées et nous sommes responsables d'une entreprise ensemble.
03:44Et je vais vous dire, j'ai marqué ma désapprobation.
03:47Je lui ai fait le reproche d'être l'exilé fiscal.
03:51Il m'avait dit, je rentre.
03:52Il ne l'a d'ailleurs pas fait.
03:53Je lui ai reproché une deuxième fois.
03:55Il ne l'a pas fait, je ne peux pas l'y contraindre.
03:56Je ne suis pas la police fiscale de l'État, Mme Puerhari.
04:00Vous comprenez ?
04:01Donc, l'entrepreneuriat, l'entreprise est transpartisan.
04:05L'économie est transpartisane.
04:07C'est pour ça qu'on est là.
04:09La souveraineté, elle appartient à tous les Français.
04:12Voilà, ce n'est pas un truc de facho.
04:14Ça appartient à tous les Français parce qu'on en a besoin.
04:16Tout simplement.
04:17Donc, vous dites qu'il y a des bonnes idées à l'extrême droite,
04:19il y a des bonnes idées à gauche aussi.
04:21Mais on m'a reproché d'avoir signé un appel
04:24contre les dérives fédéralistes de l'Union Européenne,
04:26un appel à référendum.
04:27Oui, alors je rappelle quand même qu'il était signé par Nicolas Dupont-Aignan
04:30et qu'il y avait aussi le conseiller du Rassemblement National,
04:33Jérôme Sainte-Marie.
04:34Enfin bref, beaucoup de personnes liées au Rassemblement National.
04:37Il y en avait deux.
04:38Mais ceux qui rappellent ça ont oublié de dire
04:40qu'il y avait quand même Pierre Mazot,
04:42ancien président du Conseil constitutionnel nommé par Jacques Chirac,
04:44qui avait Marcel Gaucher, grand philosophe républicain,
04:49Madame Bechtel, qui est la présidente de la fondation
04:51de Jean-Pierre Chevènement, mon ami,
04:53Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force Ouvrière,
04:57et Marie-Noëlle Lindemann, ancien ministre,
04:58Dionèle Jospin.
04:59Donc vous dites que vous êtes un homme libre,
05:01vous n'êtes pas un homme acheté.
05:02Merci beaucoup.
05:03Je vais le rappeler pour moi.
05:04Merci.
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