00:00Au lieu qu'on soit en train de le faire et d'obliger les puissants à écouter la voix du
00:06peuple et que demandent tous ces manants ?
00:09Que veulent ces gueux ? Travaillez moins et gagnez davantage ? Oui, oui, exactement.
00:16Alors ça, ils ne peuvent pas le comprendre.
00:19Et c'est d'ailleurs pour eux tellement insupportable que ce 1er mai, cette date, qu'est-ce que vous
00:26croyez que c'est ?
00:27Sinon comme un drapeau, comme un cri, comme un message qui s'est déployé à travers le temps depuis 1889.
00:37Voilà, on connaissait travailler plus pour gagner plus. Désormais, c'est travailler moins pour gagner davantage.
00:42Bonsoir Clémentine Autain. Vous êtes députée de la Seine-Saint-Denis, cofondatrice du mouvement L'Après.
00:48Vous avez donc quitté la France insoumise. Et néanmoins, est-ce que vous êtes d'accord avec votre ancien leader
00:52?
00:52C'est possible ? Travaillez moins pour gagner davantage ?
00:54Toute la gauche et les écologistes défendent le maintien de ce 1er mai qui est le seul jour férié échaumé
01:01et ce depuis 1947.
01:03Donc oui, nous y tenons. Et supprimer un jour férié, il faut se le dire, c'est intensifier le travail,
01:10c'est nuire au temps de repos,
01:12aussi à la synchronisation de nos vies. Et c'est enfin s'attaquer à l'histoire du mouvement ouvrier.
01:18C'est un symbole immense puisque le 1er mai, et j'étais tout à l'heure dans la manifestation, c
01:22'est aussi le jour de mobilisation des travailleuses et des travailleurs à l'échelle internationale.
01:27Alors dans un instant, je vais vous laisser répondre à Arnaud Montebeau.
01:30Mais Jean-Luc Mélenchon propose aussi de rajouter des jours fériés, 7 jours fériés supplémentaires,
01:35dont le 16 janvier en référence à la publication de 82 de la cinquième semaine de congés payés,
01:40le 4 février en commémoration du vote en l'abolition de l'esclavage.
01:45Bref, il y en a énormément, 7 jours fériés, le 8 mars.
01:49Ça, vous êtes d'accord ? Tous les deux, il faudrait plus ou moins de jours fériés ?
01:53La France est dans la moyenne européenne, il y a entre 10 et 13 jours fériés.
01:57Dans tous les pays européens, on est à 11.
01:59On est à 11, on est une grande puissance économique, je pense qu'on peut faire mieux.
02:03On est une grande puissance économique en train de s'écrouler, c'est ça le problème.
02:07Certes.
02:07Non, mais c'est ça le problème, Madame Moutard.
02:09Je suis bien d'accord sur le fait que ça ne va pas.
02:10C'est ça le problème, c'est qu'il va falloir quand même qu'on paye nos retraites,
02:15notre modèle social, rembourser la dette, et donc comment on fait si on ne travaille pas et on travaille moins
02:19?
02:19Deux éléments pour répondre à ça.
02:22Le premier, c'est qu'en réalité, quand on a fait les 35 heures, et vous vous en souvenez,
02:27c'est le dernier moment où on a permis de faire reculer le chômage,
02:34et donc en faisant reculer le chômage, c'est aussi des gens qui, dans l'emploi,
02:37permettent de cotiser pour venir consolider notre modèle social.
02:44Ça, c'est la première chose.
02:44Et la deuxième, vous en parliez tout à l'heure, c'est de mettre à contribution les rentiers dans ce
02:49pays.
02:49Et les rentiers, ce sont toute une série de grands groupes économiques
02:52qui font des profits faramineux, des gains de productivité,
02:55qui ne vont jamais dans la poche des salariés,
02:57qui ne vont même pas dans l'investissement, dans l'appareil productif,
03:00et je pense que ça, vous y êtes sensibles.
03:02Et donc, ce dont on n'a plus les moyens aujourd'hui, c'est d'avoir des groupes comme Total,
03:06qui font des profits sur le dos de la guerre et sur le dos des vaches allées que nous sommes
03:12devenus,
03:13et je crois que c'est là qu'il y a la possibilité de transformer notre économie
03:18pour la mettre au service de nos maisons.
03:19Je pense sur l'affaire Total parce que c'est des rentes de guerre inadmissibles
03:23et qu'en plus, ça peut être traité de façon européenne.
03:25On regrette que la France ne soit pas joint aux autres pays qui l'ont demandé.
03:29Mais là, on a, en 1965, il y avait quatre actifs pour un retraité en 25,
03:38c'est-à-dire l'année dernière, c'est 1,7 pour un retraité.
03:42Donc, on n'est plus assez pour travailler.
03:43Donc, il faut qu'on se remette à travailler.
03:45Et notre taux d'emploi global est de 68% en Allemagne, 78%.
03:50Ça veut dire qu'on n'est pas assez nombreux à travailler.
03:52Oui.
03:53Donc, non seulement on n'est pas assez nombreux pour payer tout ça,
03:56mais en plus, on a remboursé ce qu'on a payé par la dette
04:00puisqu'on n'était pas assez nombreux pour le payer.
04:02Donc, comment on fait ?
04:03Il y a plusieurs éléments nouveaux.
04:05D'abord, travailler pour quoi ? Pour produire quoi ?
04:08Et je pense qu'il faut aussi raisonner dans le cadre d'une crise climatique
04:12qui impose que ce que nous produisons soit protecteur des limites de la planète.
04:17Donc, déjà, je pense qu'il faut aussi qu'on raisonne dans un nouveau champ
04:21qui est celui du 21e siècle et qui nécessite un changement
04:25dans ce pour quoi on produit et combien, quelle est la masse aussi de ce que nous produisons.
04:30Donc, ça, c'est un premier élément qui est nouveau.
04:32Vous avez parlé tout à l'heure de l'IA.
04:34C'est aussi un autre élément qui est tout à fait nouveau.
04:36Ça, c'est le problème qui arrive en plus, qui va être très destructeur.
04:39Oui, enfin, c'est bien anticipé.
04:40Alors, vous avez des propositions à ce sujet ?
04:42Moi, je suis pour un État planificateur
04:45qui est capable d'anticiper, justement, les transformations et pas de les subir.
04:49Donc, qu'est-ce qu'on fait de l'IA ? Est-ce qu'on le maîtrise ?
04:52Dans quelle mesure il va transformer notre rapport à l'emploi ?
04:55Est-ce qu'il va nous permettre de gagner du temps et donc de mieux le partager ?
04:59Ces questions-là, il faut les ouvrir.
05:01Mais moi, je suis pour que les progrès technologiques ne se transforment pas en catastrophes pour l'emploi,
05:07en catastrophes pour les relations humaines.
05:10Et c'est aujourd'hui ce qui est en train de se passer
05:12parce que c'est le système capitaliste qui décide de ce qu'on fait de l'IA
05:16et non pas nous toutes et tous dans, justement, une approche démocratiquement décidée.
05:21Bon, on va falloir rentrer dans le détail un jour.
05:23Bien sûr.
05:23Non, non, détails.
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