00:00Alors vous évoquiez justement les sociétés pétrolières qui, eux, ont fait des bénéfices.
00:04Il y en a certains qui disent qu'il faut aller récupérer l'argent.
00:07Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, nous rejoint sur ce plateau.
00:11Il est notre invité ce soir. Bonsoir Olivier Faure.
00:15Merci d'être avec nous.
00:17On le disait, Total a annoncé hier que ses bénéfices au premier trimestre avaient bondi de plus de 50%
00:23par rapport à l'an dernier.
00:24Et l'EPS a annoncé qu'il y aurait une proposition de loi déposée pour taxer les super profits des
00:30entreprises qui profitent de la crise.
00:33Ça veut dire quoi ? Les socialistes trouvent ça scandaleux qu'une entreprise gagne de l'argent ?
00:38Non, pas du tout. J'aime beaucoup qu'une entreprise gagne de l'argent.
00:41Au contraire, si elles pouvaient en gagner davantage et les redistribuer ensuite à leurs salariés, tout le monde s'en
00:45porterait mieux.
00:46Donc bravo Total ?
00:47Non, pas bravo Total. La réalité, c'est que vous avez des profits qui sont liés à des innovations.
00:52Vous avez des entreprises qui font des progrès technologiques, qui produisent des produits nouveaux,
00:57qui, par leur génie propre, arrivent à générer des profits supplémentaires.
01:02Mais là, où est le génie de Total ?
01:04Son génie, c'est d'être capable de vendre davantage, plus cher, à un moment où, en réalité, il y
01:11a une crise,
01:12qui est une crise mondiale, qu'il y a une guerre, une guerre illégale.
01:15Et la vérité, c'est qu'on ne voit pas très bien quelle serait la justification au fait que Total
01:22considère que ces bénéfices sont tout à fait normaux
01:24et qu'il les distribue aujourd'hui à ses actionnaires est après assez épouvantable.
01:29Imaginez qu'il y a des gens qui, aujourd'hui, spéculent sur la guerre, sur la mort, sur un conflit
01:34qui va avoir un impact sur le monde entier
01:37et qui, en réalité, résulte d'une décision prise par Donald Trump, seul, ou avec Netanyahou,
01:44qui nous a mis dans une situation qui est, en fait, impossible.
01:50Et nous allons, maintenant, faire payer aux Français les conséquences.
01:53À qui vous feriez payer, justement, cette taxe ?
01:55Mais pas aux Français, parce que moi, ce que je vois, c'est qu'aujourd'hui, ceux qui la payent,
01:58cette crise,
01:59ce sont ceux qui ne partent plus en vacances.
02:00Et regardez ce qui se passe.
02:02Non seulement il y a des Français qui ne partiront pas, mais il y a aussi des étrangers qui ne
02:05viendront pas.
02:06Et c'est, en fait, un solde commercial qui va se dégrader,
02:09parce que nous avons besoin de ces touristes étrangers, américains, allemands, enfin, européens,
02:14qui viennent sur le sol français, voir Notre-Dame, voir le Mont-Saint-Michel, voir la Croisette,
02:20et qui vont rester, j'allais dire boudés, non, qui vont rester chez eux.
02:24Et donc, cette situation-là, elle suppose, à un moment, qu'effectivement, on repart.
02:28On est à l'instant, Edwige Chevrillon, qui parlait de la croissance zéro au premier semestre,
02:34bon, ben, au premier trimestre, pardon.
02:37Oui, mais elle n'est pas liée à la crise.
02:38Non, qu'elle n'est pas liée à la crise.
02:39Oui, mais vous imaginez ce qui va se passer si, au premier trimestre,
02:43vous avez déjà une croissance zéro, avec la crise qui est une crise que l'on nous dit qu'elle
02:49va durer.
02:50Vous avez vous-même parlé d'un semestre minimum.
02:53Bon, ben, est-ce que vous pensez sérieusement qu'on va pouvoir tenir,
02:57avec des Français qui sont déjà à l'os ?
02:59Moi, je crois qu'effectivement, il faut redistribuer.
03:01Total a décidé de prolonger le plafonnement des prix du carburant,
03:04tant que la crise durera, a dit Total aujourd'hui.
03:061,99 par litre pour l'essence, 2,25 pour le diesel,
03:09des opérations commerciales durant le week-end.
03:12Est-ce que vous saluez cela, quand même ?
03:13Mais s'il n'y a pas de super-profit,
03:15ils n'auront pas à payer la taxe sur les super-profits.
03:18Comprenez bien qu'ils font leur calcul, eux aussi.
03:20Donc, il vaut mieux qu'ils perdent de l'argent.
03:21Mais ce n'est pas ce que je dis.
03:23Ce que nous proposons, c'est que nous prenions la moyenne
03:26des trois dernières années de toutes les entreprises
03:28qui font plus de 750 millions de chiffre d'affaires.
03:31On fait donc une moyenne, et on compare entre cette moyenne
03:34et ce qu'ils font comme profit au cours des prochains trimestres.
03:39Et c'est sur la base de ces sur-profits qu'ils sont imposés.
03:44Qu'est-ce que vous trouvez d'anormal là-dedans ?
03:46Mais c'est une économie dirigée que vous prenez, là.
03:49Là, c'est de la provocation.
03:50Non, ce n'est pas de la provocation.
03:51Écoutez, Total est une entreprise privée
03:53qui fait un geste, comme Guillaume l'a dit.
03:55Ce n'est pas un geste, d'ailleurs.
03:56C'est plus que ça, parce qu'ils ont décidé de plafonner le prix.
04:00C'est une façon de dire, bon, ben voilà.
04:02Et d'ailleurs, les gains dont on parle
04:04et dont Guillaume a souligné l'importance,
04:07ce sont des gains qui n'ont pas été faits avec la crise actuelle.
04:10Ce sont des gains qui ont été faits en vertu d'une spéculation
04:13qui précède la crise actuelle.
04:16Non, la réalité, c'est qu'ils ont acheté, effectivement,
04:22avec le marché.
04:23Bien sûr, au prix du marché.
04:24Mais juste au début de la crise.
04:27Et ils ont profité des prix qui augmentaient.
04:29C'est-à-dire qu'ils avaient un stock qui était acheté à 1
04:32et ils le revendent à 1,5.
04:33En fait, je donne des chiffres au hasard.
04:35Oui, votre question, Olivier Faure.
04:36Alors, ma question...
04:37C'est quand même...
04:38Pardon, mais enfin, c'est de la spéculation
04:40sur le dos des Français.
04:42Il y a toutes les compagnies pétrolières dans le monde
04:45et les 100 premières ont fait des profits
04:47qui sont assez importants.
04:50Mais moi, je ne me limite pas Total.
04:51Si vous pénalisez Total,
04:54est-ce que Total ne va pas se dire...
04:56Écoutez, moi, c'est très simple.
04:57C'est déjà arrivé par le passé.
04:59Je quitte la France et je vais me domicilier ailleurs.
05:02C'est très facile à faire.
05:03Mais moi, je crois au patriotisme.
05:05Contrairement à vous.
05:06Et donc, je crois qu'un grand patron comme Patrick Pouyanné,
05:09c'est un patriote.
05:10Et qu'il ne peut pas dire
05:12parce que je n'arrive pas à faire des surprofits
05:15sur des bases qui sont celles d'une guerre,
05:18je m'en vais m'expatrier ailleurs.
05:19Enfin, vous imaginez la honte pour lui et pour l'entreprise.
05:22Enfin, il y a un préjudice, y compris en termes de réputation,
05:25qui serait terrible.
05:26Évidemment qu'il ne le fera pas.
05:27Ce n'est pas la première fois qu'on taxe sur les surprofits.
05:29Et donc, et je rappelle,
05:30même pour ceux qui n'étaient pas encore nés,
05:32je ne l'étais pas non plus et vous non plus.
05:34Mais enfin, 14 et 18,
05:36il y a une taxe sur les superprofits.
05:38C'est gentil pour lui.
05:3839, 45.
05:40On n'est pas si...
05:41On est à peu près quasiment de la même génération.
05:4539, 45, c'est la même chose.
05:48En fait, on est dans une situation
05:49où, en fait, à l'issue de la guerre,
05:51avec le général de Gaulle,
05:52que vous n'avez pas connu et moi non plus,
05:54mais que vous avez plus aimé que moi,
05:56qu'est-ce qu'il fait ?
05:57Il dit qu'il faut taxer
05:58tous ceux qui ont profité de la crise,
06:01enfin de la guerre,
06:02pendant les quatre années qui ont précédé.
06:04Donc, on est bien là dans une situation
06:06où...
06:06Juste, on peut comprendre votre raisonnement,
06:08ce que je trouve, moi, un peu désagréable,
06:11si vous me permettez cette expression,
06:12d'avoir des profits indécents.
06:14Le but de Total Energy,
06:16c'est une compagnie pétrolière,
06:18donc qui fait de l'énergie,
06:19qui produit du pétrole,
06:20qui extracte du pétrole,
06:21et puis qui en vend.
06:23C'est ça, son business.
06:25Donc, je veux dire,
06:26ce n'est pas eux qui ont déclenché la guerre,
06:28ils ne sont pas responsables de cette guerre.
06:30Évidemment, ça profite à leur activité,
06:32comme ça profite à toute l'industrie de défense,
06:34ou aussi à d'autres secteurs.
06:36Donc, vous voyez,
06:37ce n'est pas indécent, je trouve,
06:38les profits de Total.
06:40Après, c'est la manière
06:41dont c'est quand même perçu,
06:44on va dire, par les Français.
06:45Il faut quand même voir
06:46que la France est un tout petit marché,
06:48c'est tout petit pour Total Energy,
06:49qui est une compagnie mondiale.
06:51Mondiale.
06:51Et ils restent en France,
06:53même s'ils sont quand même
06:54mis à pied aux États-Unis,
06:56puisqu'ils se sont faits maintenant
06:57côté à New York.
06:58Et du coup, certains, effectivement,
07:00se sont inquiétés à ce moment-là,
07:02en disant,
07:02tiens, est-ce que Total
07:03pourrait mettre son siège à New York ?
07:06Ou ça serait sans doute
07:07beaucoup plus facile pour eux ?
07:08Vous avez raison de souligner
07:10le patriotisme de Patrick Puyenet
07:12et de Total.
07:14Alors, la question qu'on peut se poser maintenant,
07:16c'est, est-ce que cet argent,
07:17il faut qu'il le redistribue
07:19entièrement aux Français ?
07:20Il pourrait le faire aussi
07:21à d'autres,
07:23dans d'autres pays.
07:26Oui, en fait,
07:26ça, c'est une possibilité,
07:27mais moi, je ne parle pas...
07:28Là, on s'est concentré sur Total.
07:30Oui, moi, je parle de Total.
07:31Je parle de tous ceux
07:32qui font des profits.
07:32Parce que les 5 milliards,
07:33ils n'ont pas gagné pas en France.
07:34Est-ce que vous ne pouvez pas faire
07:35une proposition d'où ?
07:36Et ça représente combien d'entreprises
07:39pour vous ?
07:40Je ne sais pas combien
07:41elles seront frappées
07:41par l'augmentation,
07:43enfin, les sur-profits.
07:44Je ne sais pas combien
07:45on fait les sur-profits.
07:46Et ça ramènerait combien ?
07:47Nous, on considère
07:48que ça rapporterait 2 milliards
07:49si la tendance se maintient.
07:50Mais sur-profit, c'est quoi ?
07:50C'est-à-dire que si la tendance
07:51ne se maintient pas,
07:52je vous l'ai dit,
07:53c'est-à-dire qu'on fait
07:54la moyenne des 3 années précédentes
07:55et ceux qui ont fait
07:56plus de 20%
07:58de chiffres supplémentaires
07:59par rapport à la moyenne
08:00des années précédentes,
08:00on considère que ce sont
08:01des profits qui sont
08:02de nature différente
08:03et qui sont liés à la crise.
08:04C'est une loi totale ?
08:05Je veux revenir...
08:06Non, pas totale,
08:07c'est une loi totale,
08:08si vous voulez,
08:08mais ce n'est pas une loi pour totale.
08:09Et ce que je voulais revenir,
08:11je voulais revenir d'un mot
08:11sur ce qu'est-ce qu'un profit indécent.
08:15Imaginez une entreprise,
08:16alors là, on ne parle plus du tout de...
08:17Enfin, une entreprise
08:18qui tirerait ses profits
08:21du travail des enfants.
08:22Est-ce que vous trouvez
08:23que c'est indécent ou pas ?
08:24Mais ce n'est pas du tout la même chose.
08:25Vous comparez les bénéfices...
08:26Mais là, c'est pire encore.
08:28On parle de profits
08:30qui sont tirés de la guerre.
08:32Mais ce que je ne comprends pas,
08:34c'est que le réflexe,
08:35quand il y a une crise,
08:36et il y a une crise,
08:37et c'est vrai que les Français souffrent,
08:40beaucoup d'entre eux,
08:42pourquoi à chaque fois
08:43mettre une règle,
08:44qui est une règle de punition,
08:47finalement, vis-à-vis des entreprises...
08:49Mais Yves Tréard,
08:50c'est les Français qui sont punis là.
08:51Ce n'est pas possible
08:52de les laisser comme ça.
08:53Regardez, vous avez quand même là
08:55une entreprise
08:56pour ce qui est Total,
08:57Total Énergie,
08:58qui fait un geste, justement,
09:00qui dit,
09:01je plafonne mon prix de vente.
09:03C'est déjà, me semble-t-il,
09:05Pour vous, c'est suffisant.
09:06C'est déjà énorme.
09:07Mais pour moi, ça ne l'est pas.
09:08C'est beaucoup.
09:08Oui, mais comprenez
09:10que s'ils font ce geste,
09:11regardez ce qui s'est passé
09:12sur le premier trimestre.
09:14Ils ont déjà fait ce geste.
09:15Et ils ont fait
09:165 milliards de profits supplémentaires.
09:18C'est donc
09:18qu'ils ont bien compris
09:19qu'il y avait un intérêt pour eux,
09:21y compris à plafonner,
09:22ce qui n'empêchait pas
09:23de faire des surprenants.
09:24Olivier Faure,
09:25ça n'est pas illégal.
09:26Et vous venez de...
09:27Mais je ne parle pas d'illégal.
09:27Non, mais vous venez quand même
09:28de prendre l'exemple
09:30d'entreprises
09:30qui feraient travailler
09:31des enfants.
09:32Vous comparez Total
09:33avec des entreprises
09:34qui feraient travailler
09:34des enfants.
09:35Vous avez même dit
09:35que ce serait pire.
09:36Qu'est-ce que c'était
09:36qu'un profit indu ?
09:38C'est-à-dire qu'il y a des gens
09:39qui profitent de situations
09:40qui ne sont pas liés
09:41à leur génie propre,
09:42mais qui sont liés
09:43à des situations...
09:44Je ne dis pas que Total
09:45fait travailler des enfants.
09:46Non, mais vous dites
09:46que les profits
09:47dont bénéficient Total,
09:48c'est la même chose
09:49qu'une entreprise
09:50qui feraient des profits
09:50avec des enfants.
09:51Aujourd'hui,
09:52il y a des gens,
09:54des entreprises,
09:55qui font des bénéfices
09:56sur la guerre.
09:57Et la guerre,
09:58pardon de le dire,
09:59mais enfin,
09:59c'est des gens
10:00qui meurent tous les jours.
10:01Vous en avez vous-même
10:02le compte-rendu
10:03que vous faites
10:03à chaque journal.
10:04Et donc, oui,
10:05il est indécent
10:06de dire que dans un moment
10:07où il y a des gens
10:09qui meurent,
10:10où, en fait,
10:11on a une crise économique
10:12mondiale,
10:13où on a des Français
10:14qui se serrent la ceinture,
10:15de dire qu'on ne participe
10:17pas tous...
10:18Et d'abord,
10:19ceux qui le peuvent davantage,
10:20qu'on ne participe pas tous
10:21à l'effort.
10:22Et quand il y a un effort
10:23à faire,
10:23ce sont d'abord
10:24les plus gros
10:25qui doivent payer.
10:25Olivier Faure,
10:26pourquoi mettre
10:26de la morale là-dedans ?
10:29Il n'y a pas de morale
10:30à avoir.
10:31Se faire de l'argent
10:32sur la guerre,
10:33je suis désolé,
10:34mais l'économie de la guerre,
10:35ça existe aussi.
10:36Mais ce que je ne comprends pas,
10:39si vous voulez,
10:40c'est que le projet de loi
10:41que vous portez,
10:42la proposition de loi,
10:43pardon,
10:44que vous portez,
10:44c'est une proposition de loi
10:46qui se veut temporaire
10:47le temps de cette crise
10:49ou elle serait pérenne ?
10:51Non, temporaire.
10:52Parce que ça va encore
10:54défavoriser la France
10:55par rapport à tous
10:56ses partenaires
10:59sur le front économique.
11:00Ça va arriver
11:01dans tous les pays.
11:02Parce que si la crise dure,
11:03tout le monde
11:03cherchera de l'argent
11:04et tout le monde
11:05cherchera à faire en sorte
11:06que, évidemment,
11:08les contribuables,
11:09les moins fortunés
11:10puissent trouver là
11:12un peu d'oxygène.
11:13Si vous suggérez
11:14qu'il faudrait
11:15dans le même temps
11:16plutôt augmenter
11:17les salaires,
11:17je vous suis.
11:18Juste Olivier Faure,
11:19Yves posait la question
11:19des industries d'armement.
11:20Est-ce que ça veut dire
11:21que si les entreprises
11:22d'industrie de l'armement
11:23qui vont faire
11:24plus de bénéfices,
11:25il faut les taxer aussi ?
11:27Moi, ça ne me choque pas, oui.
11:29Ça ne me choque pas.
11:29Ça rentre visiblement
11:30dans les...
11:31Là, on ne parle pas
11:32de la même chose.
11:33Enfin, on est en train
11:33de mettre au sujet.
11:35Est-ce que vous considérez
11:36qu'une entreprise
11:36de l'armement,
11:37en ce moment,
11:38qui a énormément de commandes,
11:39notamment des pays du Golfe,
11:40vous considérez
11:41que ce sera
11:41des profits indécents ?
11:43Il y a des profits
11:44qui sont des profits
11:45parfois induits.
11:46Et là, en l'occurrence,
11:48ce n'est pas tout à fait
11:49la même chose
11:49au sens où, en fait,
11:51une usine d'armement,
11:53c'est bien
11:54par sa production même
11:55et c'est parce qu'elle fait
11:57en plus,
11:57ce n'est pas de la spéculation.
11:59Le missile ne vaut pas plus cher
12:00parce que la guerre a commencé.
12:02Là, ce que je dis,
12:03c'est que sur l'essence,
12:04vous êtes dans une situation
12:04où vous n'avez rien fait de plus.
12:07Vous avez un baril
12:08que vous avez acheté la veille,
12:10vous le vendez
12:11dix jours plus tard
12:12et vous faites...
12:12Mais vous l'avez quand même,
12:13il y a de l'extraction,
12:14il y a de le raffinement.
12:15Oui, je suis là.
12:16C'est leur métier.
12:17C'est leur métier.
12:18Mais je ne dis pas
12:18que ce n'est pas leur métier,
12:19je ne dis pas que c'est illégal.
12:20Je dis simplement
12:21que parfois,
12:22il faut que,
12:23en fait,
12:23dans un moment
12:24où tout le monde
12:24se trouve à la ceinture,
12:25que ceux qui...
12:26Comment vous expliquez ?
12:28Olivier Faure.
12:29Une entreprise qui a fait
12:3011 milliards l'année dernière.
12:31Ce que vous appelez
12:32les profiteurs.
12:33Yves, le débat ne fait que commencer.
12:34En un mot,
12:35Total, c'est une chance
12:35pour la France quand même ?
12:36Mais bien sûr.
12:37Vous en êtes fier ?
12:38Bien sûr.
12:39Mais moi,
12:39je suis fier des entreprises françaises.
12:41Non mais...
12:41Au moins, vous êtes clair.
12:42Ne nous méprenons pas.
12:44Moi, je n'ai rien
12:44contre le monde de l'entreprise.
12:45Je n'ai rien contre les entrepreneurs.
12:46Vous nous l'avez dit.
12:47Je n'ai rien contre celles et ceux
12:53Vous avez dit,
12:53ce sera une loi totale,
12:55pas une loi contre Total.
Commentaires