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  • il y a 2 jours
En 1974, les relations entre l'Algérie et la France traversent une phase de transition délicate, marquée par les conséquences de la nationalisation des hydrocarbures (1971) et les premiers débats sur l'immigration.

Contexte des relations en 1974
Cette année est marquée par plusieurs enjeux clés :Immigration : À la suite de la montée du racisme en France et de crimes racistes à Marseille en 1973, l'Algérie décide de suspendre officiellement l'émigration vers la France.
Énergie : Les rapports restent tendus après la décision souveraine de l'Algérie de nationaliser son pétrole et son gaz en 1971, modifiant durablement l'équilibre commercial.
Politique : En France, l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 ouvre une nouvelle ère diplomatique. En Algérie, le pays se positionne comme "la Mecque des révolutionnaires", soutenant de nombreux mouvements de libération.

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Transcription
00:18Il y a aujourd'hui 2 millions d'habitants à Alger, il y en avait seulement 700 000 en 1962.
00:24Et rares maintenant sont les habitants de la Casbah qui comprennent le symbole de cette rue Médée, empruntée à l
00:31'époque, en 1954, par ceux que l'on appelle les chefs historiques.
00:36L'histoire est encore divisée sur leur compte. 23 chefs historiques pour les uns, 9 pour les autres.
00:43Ils se retrouvaient au café à la riche, aujourd'hui fermé, anonyme, gommé de l'histoire.
00:56On parle souvent de la révolution, sur nos frères martyres, beaucoup.
01:05Puisque la Casbah c'était l'endroit des révolutionnaires. Chaque maison il y a un révolutionnaire.
01:16C'est le café, la riche ça. Vous savez qui est-ce qui s'est réuni dans ce café ?
01:21C'est des révolutionnaires. C'était des révolutionnaires comme Ali Lapointe, comme...
01:26C'était le premier révolutionnaire.
01:27C'était le chef de la OTAN, c'était Yusuf Saadi.
01:33Pour les jeunes Algérois, Yusuf Saadi ou Ali Lapointe riment d'abord avec Massu ou Bijar,
01:38comme si l'histoire ne commençait qu'en 1957, avec la bataille d'Alger,
01:42rejetant presque dans l'oubli ou dans le flou les noms de ceux qui ont participé au soulèvement du 1er
01:47novembre 1954.
01:49A 150 km d'Alger, là où on s'est battu, de l'affrontement ne reste que des Meshta abandonnés
01:55et des Miradors, où les jeunes Français passaient deux belles années de leur vie.
02:04Il y a des terroristes, parce qu'il y a des terroristes, avec les Meshta abandonnés, c'est la même
02:11chose.
02:13Pendant la guerre, il n'y a personne qui habite là-bas, plein d'immunitaires.
02:18Plein d'immunitaires.
02:22Où ?
02:23Là, toute l'endroi, là, comme il était là, ils sont pleins de bétons.
02:36Voici donc Yakouren, un millier d'habitants dont la moitié travaille à Alger, un peu, en France surtout.
02:42Un dimanche après-midi, les jeunes, 70% du village, ici comme pour toute l'Algérie,
02:47n'ont qu'un divertissement, le football à la télé.
03:06Est-ce qu'il y a encore des Européens dans ce village ?
03:09Non, il n'en reste plus.
03:11Il y en avait avant ?
03:12Oui, bien sûr.
03:15Vous, que faites-vous en ce moment ?
03:16Je travaille à Alger.
03:19À Alger ?
03:20Oui.
03:20C'est-à-dire que la majorité des jeunes sont obligés de faire ce village ?
03:23Oui, parce qu'il n'y a pas assez de débouchés, ils sont obligés de démigrer, en quelque sorte.
03:37Mais dans vos familles, on parle encore de la guerre ?
03:39Oui.
03:40On évite d'en parler ?
03:43Non, mais je ne sais pas, je ne pense pas en exemple, par exemple.
03:45On n'hésite pas de parler, mais de temps en temps, on discutait de la guerre.
03:49Oui.
03:50Et les tout petits, comme vous, vous leur expliquez ?
03:53Non, non, non.
03:55On est obligés maintenant, à la guerre, ça.
03:57Quel âge est où ?
03:58Maintenant, 26 ans.
04:01Vous avez participé au combat pour l'indépendance ?
04:04J'étais jeune, oui, enfin, pas au combat, mais, enfin, pas terre, enfin.
04:11On voulait des cartouches, on s'est arrivé quand même.
04:14Oui, c'est ça, c'est ça.
04:16On a l'impression que les Moudjahines, les combattants du village, eux, veulent plutôt rester très discrets.
04:23On n'en voit pas autour de nous, là.
04:25Non, mais il ne faut pas nous en vouloir, c'est, si l'on veut, peut-être qu'ils y
04:30tiennent, qu'ils tiennent encore en cune, parce que, je ne sais pas, ils sont plus marqués que les jeunes.
04:38Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a, pour vous, pour les gens de votre âge, encore
04:42beaucoup de rancœur, d'animosité contre la France ?
04:50Non, mais, on peut, oui et non.
04:55Oui et non, c'est-à-dire que, non, pour la guerre, mais, oui, sur certaines pressions, c'est-à
05:01-dire, surtout sur le racisme qui est actuellement en France, si, on y tient.
05:06Pour tous, la guerre semble donc bien finie, mais le temps sera encore long avant que les arrières-pensées et
05:12les rancœurs soient effacées.
05:14Lourd héritage à partager des deux côtés de la Méditerranée.
05:20Lourd héritage à partager des deux côtés de la Méditerranée.
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