- il y a 2 semaines
Le 19 avril, à Espaly-Saint-Marcel, un retraité aurait tiré sur un groupe d'enfants en proférant des insultes racistes. Pourtant, l'enquête a vite occulté le contexte raciste de l'affaire. On enquête sur place dans ce nouvel épisode de FACTS.
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00:01Il a dit dehors, dehors, sale negre, sale ras.
00:06Je ne vais plus vous voir ici.
00:07Et il a tiré sur mon fils.
00:11Après, Michel, il le fait comme ça.
00:13Je vous laisse imaginer si l'auteur des faits, c'était une personne de couleur noire
00:20qui me ressemble et qui tire sur des enfants de couleur blanc.
00:24Surtout ce qui me révolte, c'est ce que nous, on a vécu.
00:26Je ne veux pas que la deuxième génération, ils le vivent.
00:29Et là, à partir de ce moment-là, j'ai dit, on ne va plus se laisser faire.
00:35Dans cette vidéo, je vais vous raconter une agression raciste qui aurait pu virer au drame.
00:40Comment Michel V, un retraité de 65 ans,
00:44connu dans son quartier pour ses insultes racistes à répétition,
00:47aurait tiré sur des enfants qui jouaient dehors.
00:49Comment ensuite, le parquet du Puy-en-Velay a commencé par écarter le caractère raciste de cette affaire
00:55avant que des habitants ne se mobilisent.
01:02L'histoire se passe le dimanche 19 avril.
01:05On est à Espalie-Saint-Marcel, une petite ville à côté du Puy-en-Velay.
01:09En milieu d'après-midi, une dizaine d'enfants jouent au foot dehors dans le quartier populaire de Larbousset.
01:15Ils s'amusent sur cette place proche de l'appartement de Michel V, le retraité.
01:21Excédé par le bruit, il serait sorti de chez lui une carabine à la main avant de menacer les enfants
01:26et de finir par tirer dans leur direction.
01:29Sur ces photos qui auraient été prises le jour des faits, on le voit déambuler dans le quartier arme à
01:34la main.
01:35On a pu interviewer deux enfants qui étaient présents dans le groupe ce jour-là.
01:40On était avec les potes là, là on était en train de parler, comme ça on parle de foot, on
01:45parle de Neymar et tout.
01:47Après, on a vu, il est sorti par là-bas, il nous a insultés, il nous a dit les arabes,
01:53les noirs, pourquoi vous êtes là, vous pouvez crier fort.
01:56En fait, on a parlé, comment je parle ? Et après, il nous a dit, si vous ne partez pas,
02:02je sors avec la carabine et je vous tape.
02:05Il est sorti par là, on n'a pas vu qu'il sort. Tout le monde, il est parti en
02:09courant.
02:10Le Michel, il est là et Reda, il est là. Il lui dit, monsieur, s'il te plaît, arrêtez.
02:15Après, Michel, il le fait comme ça, paou.
02:18Oui, ça fait paou, comme un ballon qui se déchire.
02:25Il n'a pas tiré en l'air, il l'a frôlé sur Reda et du coup, après, tout le
02:30monde, il est venu et la police, la BAC et tout, ils l'ont arrêté et voilà.
02:36Après, ça ne se passe pas bien parce que là, on a un peu peur et ma famille aussi, moi
02:42aussi, j'ai eu un peu peur.
02:43Dans le groupe des enfants qui jouaient au foot, c'est Reda, le fils de Nourdine, qui aurait été visé.
02:49Dans la plainte déposée par son père, son fils de 10 ans affirme qu'un projectile est passé près de
02:55lui.
02:56Le papa, qui n'habite plus le quartier, a été prévenu par téléphone.
03:00J'étais chez moi comme un dimanche, comme tout le monde, assis devant la télé.
03:05Un coup, en fait, vers les 15h, 15h30, je reçois un coup de fil, c'était ma belle-soeur au
03:09téléphone.
03:10Je décroche le téléphone, elle me dit, viens vite, Reda s'est fait tirer dessus au quartier par un monsieur.
03:17Après de panique, j'ai pensé au pire, je me suis dit, c'est bon, mon fils, je vais le
03:21trouver dans un état critique.
03:23La seule chose que j'ai faite, c'est d'aller chercher mon fils, voir s'il est sain et
03:27soft.
03:27C'est vrai, en fait, je l'ai vu debout sur ses deux pieds, deux pattes, donc je me suis
03:30dit, c'est bon, il n'est pas blessé.
03:33Je le prends, il ne parlait pas, il était choqué, il ne me parlait pas et là, en fait, je
03:37commence à parler aux voisins et aux enfants qui étaient avec lui.
03:41Donc, ils m'ont témoigné un peu les faits et tout ce qui s'est passé.
03:44Il a dit, dehors, dehors, sale nègue, sale arame, je ne vais plus vous voir ici.
03:48Et il a tiré sur mon fils.
03:50Et mon fils, il lui a bien dit, arrête, arrête, arrête, arrête, arrête, arrête, il n'a pas cherché à
03:53comprendre.
03:55Ce n'est pas parce que les enfants, ils font du bruit ou ils jouent à côté la journée que
03:58n'importe qui peut sortir et les terroriser comme ça avec une arme.
04:02Que ce soit une carabine ou n'importe quoi.
04:06Après les faits, Nourdine n'a pu que constater le choc psychologique vécu par son fils.
04:11Il n'a pas voulu manger, il parlait moins, il ne voulait pas dormir seul, il faisait des cauchemars.
04:16À minuit, il s'est réveillé et il me dit, papa, j'ai peur, je vois quelqu'un qui me
04:19court après.
04:21Du coup, on était obligé de le prendre à dormir avec nous dans la chambre.
04:25Toute la semaine, il n'a pas pu aller à l'école, il ne voulait voir personne.
04:29Il a peur de la foule, il a peur du bruit.
04:33C'est un enfant de 10 ans, on ne sort pas une carabine, on ne brondit pas une arme comme
04:37ça devant un enfant de 10 ans.
04:39Après l'agression, Michel V a passé une nuit en garde à vue avant de ressortir libre.
04:44En compréhension totale.
04:46Je vous laisse imaginer si l'auteur des faits, c'était une personne de couleur noire ou qui me ressemble
04:54et qui tire sur des enfants de couleur blanc.
04:57Là, je pense que l'affaire aurait pris une autre tournure et aurait fait le tour du monde.
05:01C'est deux poids de mesure.
05:04Je pense que l'affaire a été prête à la légère au départ.
05:06J'ai voulu contacter Michel V pour avoir sa version des faits.
05:10Allô, monsieur *** ?
05:12Oui ?
05:13Mais le retraité n'a pas souhaité nous en dire plus.
05:15Je n'ai rien à dire de mon analyste.
05:17D'accord ?
05:17Oui ?
05:18Ma version des faits, vous la connaissez tous, de toute façon par vos confrères et tout, il y a surtout
05:24du mensonge.
05:25Donc je fais foutez-moi la paix, s'il vous plaît.
05:29Qu'est-ce qui...
05:38On n'en a pas appris beaucoup plus avec cet appel, mais à sa sortie de garde à vue, il
05:47avait donné sa version des faits à nos collègues de Mediapart.
05:49J'ai dit plein de fois aux enfants de ne pas envoyer les ballons sur les carreaux.
05:53À force d'être harcelé, j'en ai eu ras-le-bol et j'ai voulu leur faire peur.
05:57J'ai pété un câble et j'ai tiré en l'air.
06:00Mais il n'y avait pas de plomb dans la carabine.
06:02C'était une bêtise, parce que je n'avais pas mis la sécurité.
06:05Et à ce moment-là de l'affaire, la circonstance aggravante du caractère raciste de l'agression n'est pas
06:10retenue.
06:11Le procureur de la République du Puy-en-Velay communique même sur le fait qu'aucun témoin n'a fait
06:16état de propos à caractère raciste.
06:19Pourtant, le profil de Michel V est bien connu dans le quartier.
06:22Pendant notre reportage, on a croisé sa voisine du dessus, qui n'a pas souhaité être filmée.
06:28Elle a déjà eu affaire à lui à plusieurs reprises.
06:30Sur cette vidéo, on la voit s'échauffer avec Michel V sur un parking.
06:34On entend le retraité revendiquer clairement son racisme.
06:41Plus loin dans la vidéo, il remet en question la nationalité de sa voisine.
06:49Le 11 avril, 8 jours avant l'agression à la carabine, la voisine a fait remonter au bailleur les incidents
06:56répétés qu'elle raconte subir.
06:58Elle explique dans son mail qu'elle en a marre d'être traité de sale noir.
07:02Michel V s'en prendrait de manière répétée à son fils autiste.
07:06Et elle n'est pas la seule à raconter les insultes racistes de Michel V.
07:10La grande sœur de Reda, Asina, raconte avoir été insultée il y a quelques années par le retraité.
07:16On rigolait, on parlait, on jouait.
07:19C'est à ce moment-là que Michel sort par sa fenêtre et nous dit
07:22« Je regarde la télé, vous me dérangez. Si ça continue comme ça, je sors et vous allez voir. »
07:28Moi, je vais le voir, je lui dis « Mais on ne dérange pas en sachant qu'on est très
07:30loin de ta fenêtre.
07:31On était vraiment à l'autre bout du parc et sa fenêtre est allée de l'autre côté. »
07:34Donc lui, ce qu'il fait, c'est qu'il re-rentre et il ressort avec une batte torse nue
07:39en nous menaçant et en nous traitant de « sale arabe, sale noir, vous n'avez rien à faire ici,
07:44c'est chez moi, je fais ce que je veux. »
07:47Donc les petits, sur le coup, ils ont eu peur.
07:48Du coup, il n'y avait que moi en face de lui, il n'y avait plus personne.
07:51Les autres, ils sont tous partis, ils ont tous pris la fuite.
07:53Et moi, je vais le voir, je lui dis « Mais Michel, tu n'as pas le droit de faire
07:56ça. »
07:57Et il s'approche de moi avec la batte.
07:59Clairement, il voulait me frapper et je lui dis « Si tu me touches, tu n'as pas le droit
08:02de me frapper, Michel. »
08:04Et donc lui, il s'est retourné, il est rentré chez lui et plus rien d'autre.
08:08Autre information connue de tous à Arbousset,
08:11Michel V s'entraîne à tirer à la carabine en plein milieu du quartier.
08:15Sur cette vidéo, on le voit préparer ce qui semble être une cible avec une carabine au pied du mur.
08:21On a pu interviewer Emmanuel, un voisin qui habite juste au-dessus de son garage, où il s'adonne au
08:27tir.
08:27Là, c'est son garage.
08:28Ça veut dire qu'il est dit dans son garage et il tire.
08:31Il ne voit pas celui qui vient à droite ou bien à gauche.
08:34Ce jour-là, il a tiré, je me suis effrayé.
08:37Chance que je n'avais pas mes écouteurs.
08:39On ne peut pas s'entraîner là.
08:40Il avait fait sa cible là-bas.
08:42Je vous montre.
08:43Il a fait sa cible de ce mur-là.
08:46Il avait fait sa cible.
08:48Et il tirait de là à là-bas.
08:51Quand tu rentres du sport, tu rentres comme ça.
08:53Moi, j'ai mon sac, j'ai mes écouteurs.
08:54Je pense que mes écouteurs étaient déchargés.
08:56Ça veut dire, si, quand il a tiré, si je n'avais pas pris ta attention, ça me touchait.
09:01Comment tu vas, toi, le black, tu fais quoi ?
09:03J'ai dit non, moi, je m'en vais au sport, je fais l'aïkido.
09:06Il te dit que ça va dire que tu peux te battre un peu.
09:08J'ai dit non, on n'est pas là pour se battre.
09:09Il dit, ah ouais, donc tu es black, tu es fort, tu es costaud apparemment.
09:12J'ai dit, mais quand tu dis black, ça veut dire quoi ?
09:14Non, parce que vous, les noirs, vous avez un peu une particularité.
09:16J'ai dit, moi, je ne cherche pas de problème.
09:18Ça veut dire qu'il est en train déjà de faire, genre, monsieur, lui, noir et tout.
09:22Il me dit, ah, vous, les noirs, vous êtes un peu, vous voyez ?
09:25Quand il dit, vous, les noirs, vous êtes un peu, j'ai dit, bref.
09:30Pour cette vidéo, on a travaillé avec Hélène Aronnet.
09:33C'est la journaliste qui a révélé l'affaire dans le journal local Le Progrès.
09:38Alors qu'elle avait recueilli plusieurs témoignages sur le contexte raciste de l'agression,
09:42elle a découvert que le sujet était totalement absent du début de l'enquête de police.
09:47J'ai été très étonnée, je ne comprenais pas comment il ne pouvait avoir aucune trace des propos racistes.
09:53Quand moi, c'était très unanime et les gens étaient très enclins à me parler quand je suis venue.
09:57Il y a tous les enfants qui ont été témoins qui sont venus me voir.
10:00Il y avait les familles, les parents.
10:02Il y avait beaucoup de témoignages concordants.
10:03Donc, en plus, ce n'était pas une chose compliquée à voir quand on était sur place.
10:09Donc, c'est pour ça que je n'ai pas compris comment ça n'avait pas pu être évoqué dans
10:12l'enquête.
10:13Le lendemain, du jour où je sors le premier papier, j'appelle le commissaire Dupuis
10:18pour lui demander un renseignement justement pour savoir si Michel était accompagné d'un ou nu d'avocat.
10:23Et à ce moment-là, le commissaire me dit qu'il ne voudra pas communiquer avec moi,
10:29qu'il est fou furieux après l'article que j'ai publié,
10:32que ça n'a rien à voir avec les éléments qu'il m'avait communiqué, qu'il n'y avait
10:36pas de racisme
10:37et que j'avais écrit quelque chose qui était faux, en tout cas qui ne correspondait pas aux éléments qu
10:44'eux avaient.
10:45Ça m'a quand même bien, bien étonné.
10:48Pour les habitants du quartier qu'on a croisé pendant notre reportage,
10:51ce décalage, ça a créé une grande incompréhension.
10:54Et selon Nourdine, ces déclarations sur le racisme de Michel V,
10:58lors de sa première audition, n'ont pas été inscrites dans la plainte.
11:02Il n'y a pas les propos racistes qu'on a bien dit, que mon fils a bien dit à
11:06l'officier.
11:07Ça n'a pas été acté sur la première plainte.
11:10Moi, j'ai signé, je n'ai pas fait attention à la relecture.
11:13J'ai relu, j'ai signé, j'avais la tête ailleurs, franchement.
11:17J'avais la tête ailleurs, je pensais à mon fils plus qu'autre chose.
11:19Le 22 avril, le père de la jeune victime a déposé un complément de plainte au commissariat du Puy-en
11:25-Velay.
11:25Il a aussi fourni le certificat médical qui prescrivait trois jours d'ITT à son fils.
11:30On peut y lire que l'enfant de 10 ans refuse de s'alimenter, a peur de se retrouver dans
11:35le quartier,
11:36peur d'être seul, peur d'aller à l'école, peur d'aller au sport, peur du bruit.
11:42Le même jour, une deuxième procédure pour injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race
11:49ou la religion
11:50a été ouverte par le procureur du Puy-en-Velay, comme il nous l'a confirmé par mail.
11:54Dans le même temps, l'association SOS Racisme a réalisé un signalement au parquet du Puy-en-Velay.
12:00Pour eux, la dimension raciste de l'affaire a largement été sous-estimée.
12:05Pour en parler, j'ai appelé Sacha Algan, membre du Bureau national.
12:10C'est quelque chose de très récurrent dans le genre d'affaires, c'est qu'on écarte déjà toutes les
12:13choses,
12:15racisme, etc., les injures racistes, oui, oui, sans mettre de côté, etc.
12:18On prend l'effet, ce qu'il y a de plus choquant, c'est-à-dire l'effet de violence,
12:21pour le coup, en l'occurrence, pardon, dans cette affaire.
12:23Et voilà, on fait une enquête, qu'est-ce qui s'est passé dans les grands traits, dans les grandes
12:26lignes.
12:27On note, et puis hop, l'enquête allait clôturer, et puis en fait, voilà, ça s'arrête là.
12:30Et nous, c'est ce qu'on dénonce, en fait, très concrètement, c'est que c'est pas comme ça
12:34qu'on peut laisser entendre rendre la justice,
12:36et toujours vis-à-vis des mêmes populations, de cette façon-là, en fait.
12:39C'est qu'à chaque fois, constamment, en fait, quand c'est les Noirs et les Arabes, pour dire concrètement,
12:44en fait, les enquêtes, elles sont bâclées.
12:45On ne rechaîne pas les injures à caractère raciste parce que, bah, voilà, le parquet n'a pas envie de
12:49se saisir de l'affaire de cette façon-là, etc., etc.
12:51Et donc, c'est des choses qui sont évidemment inadmissibles et que nous, on dénonce avec fermeté.
12:55Une semaine après les faits, le samedi 25 avril, les habitants se sont rassemblés pour dénoncer le poison du racisme.
13:03Ils étaient plus de 200 à crier non aux discriminations et à réclamer la paix.
13:08Mais ce jour-là, tous les habitants du quartier n'ont pas manifesté leur soutien.
13:12Dès qu'on est arrivés à l'arbousser pour notre reportage, on a vite compris que l'ambiance était tendue
13:18depuis le tir de Michel V.
13:19À l'entrée du quartier, sous un kiosque, un groupe était réuni, des personnes blanches, et il semblait vraiment à
13:26l'écart.
13:26Pour les citer, ils nous ont expliqué que Michel V emmerdait tout le monde dans le quartier.
13:31Ils ont condamné à demi-mot son agression raciste, mais ont surtout insisté sur les insultes qu'il aurait lui
13:37-même reçues de la part des enfants.
13:39Et on a eu sept discussions sur le racisme.
13:42Ils n'ont pas voulu être filmés, mais je vous laisse écouter.
13:46On a le droit d'être raciste. Quand je dis qu'il y a des gens qui sont racistes, on
13:50ne peut pas leur empêcher d'être raciste.
13:52Mais est-ce qu'on a le droit d'être raciste ?
13:54Moi, j'en sais rien. Il y a de tout, de toute façon. Il y a beaucoup de racistes. Même
14:00eux, ils sont racistes.
14:03Mais lui, s'il dit « je suis raciste, je suis fier », qu'est-ce que vous voulez qu
14:07'on fasse ? On n'a bien le droit de s'exprimer quand même.
14:09Tout à fait.
14:10Bon, pour rappel, le racisme, c'est un délit puni par la loi. Pas une simple opinion, comme c'est
14:16dit dans cet échange.
14:18En tout cas, depuis l'agression du 19 avril, les tentes de Reda, avec d'autres habitants, sont déterminées à
14:24mener le combat contre le racisme.
14:26Surtout, ce qui me révolte, c'est ce que nous, on a vécu. Je ne veux pas que la deuxième
14:30génération, ils le vivent.
14:31Tu vois qu'on banalise le fait qu'on nous insulte. Tu sais, de salles arabes, de bougnoules, de salles
14:36noires, de babouins.
14:37Moi, je l'ai vécu. Et pour moi, ce n'était pas grave. Mais en fait, si, c'est grave.
14:43Tu sais, les bougnoules, rentrer chez vous, ça, on l'a entendu pas mal de fois.
14:48Nous, on nous a éduqués comme ça, on se tait. Nos parents, ils avaient tellement peur de la police.
14:57Même en tant que victime, en fait, on n'a pas de contact avec la police. Du coup, on s
15:03'est laissé faire.
15:04Et moi, là, le message que je veux faire passer, c'est que là, on ne va plus se laisser
15:06faire.
15:07Et que nos enfants aussi, ils ne se laissent pas faire. Voilà. Là, notre combat, c'est ça aujourd'hui.
15:12C'est Michel en premier. Et ensuite, parce que Michel, c'est l'arbre qui cache la forêt.
15:18Michel a sorti son arme à plomb. Mais je pense qu'il y en a plein d'autres qui ne
15:26sortiront pas forcément leur arme.
15:29Mais qui peuvent, qui pourraient éventuellement passer à l'acte quand on voit le bourrage de crâne quotidien.
15:35Qu'il soit politique et qu'il soit médiatique. Je veux dire, il a tenté de viser les gamins.
15:42Mais nous, des coups de carabine, on en prend à chaque fois qu'on allume la télé.
15:46Tu sais pourquoi ? Ils sont matrixés par CNews. Moi, je les pointe du tout à CNews. Je les pointe
15:51du tout. C'est de leur faute.
15:52Tout ce qui se passe à Espali ou ailleurs, c'est de leur faute.
15:55Et à force de raconter des bêtises, des fake news et tout ce que vous voulez, voilà où on en
16:02est aujourd'hui.
16:02On a des Michel qui sortent des carabines aux enfants.
16:05On a interrogé le procureur sur le danger qu'aurait pu représenter Michel V à sa sortie de garde à
16:11vue.
16:11Il nous a expliqué que sa carabine avait été saisie et qu'aucune autre arme n'avait été trouvée chez
16:16lui lors de la perquisition.
16:18Il n'a aussi aucune autre condamnation qui aurait justifié son placement en détention provisoire.
16:24Aujourd'hui, Michel V est poursuivi pour des faits de violence avec arme.
16:27Et la procédure relative au fait d'injures publiques en raison de l'ethnie, la race ou la religion est
16:33en cours.
16:34Dix jours après les faits, Laurent Nunes, ministre de l'Intérieur, s'est exprimé sur le sujet à l'Assemblée
16:40nationale après la question d'une députée écologiste.
16:43Il ne faut pas qu'à partir de cette affaire, vous laissiez à penser qu'il y a deux poids,
16:48deux mesures dans l'action qui est menée par le gouvernement, par le ministre de l'Intérieur, par le garde
16:51des Sceaux.
16:52Il n'y a pas deux poids, deux mesures.
16:53Nous sommes intraitables contre le racisme, quels qu'ils soient.
16:57Et évidemment que ces propos qui ont été tenus, je les condamne, nous les condamnons très fermement.
17:02C'est inacceptable et il sera poursuivi pour cela.
17:05Sur la situation de Michel V, d'après nos informations, il n'habite plus dans le quartier de Larbousset.
17:10Il a été relogé par l'Opac 43, le bailleur social.
17:14On leur a envoyé une liste de questions pour en savoir plus, mais ils ne nous ont pas répondu.
17:18Les habitants de Larbousset qui se sont exprimés dans ce reportage continuent leur combat.
17:22Ils ont prévu de manifester au Puy-en-Velay le 1er mai contre le racisme.
17:27Reda, lui, est retourné à l'école une semaine après les faits.
17:33Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.
17:36Un grand merci aux habitants de Larbousset qui ont accepté de témoigner dans ce reportage.
17:41N'oubliez pas qu'on existe grâce à vos dons et que si on peut faire ce genre de reportage,
17:46c'est uniquement grâce à vous.
17:47Alors soutenez Streetpress et abonnez-vous à la chaîne.
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