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La France hiérarchisait racialement des Blancs ! (1919-1929)

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Emmanuel Abété

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Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Les travailleurs qui soutenaient l'industrie de guerre doivent se mettre au service d'un nouveau monde.
00:08Mais dans tout le pays, un problème surgit.
00:12Les morts sont au cimetière, les blessés enfermés dans leur douleur.
00:16La France manque cruellement de main-d'œuvre.
00:30Ils ne sont plus assez de bras sur les docks à Bordeaux.
00:33Plus assez de travail dans les cimenteries de la vallée de la Seine.
00:36Il n'y a plus assez de labeur dans l'industrie chimique de la vallée du Rhône.
00:41Le gouvernement se résout alors à ouvrir grand les frontières.
00:46L'immigration de masse sera-t-elle notre planche de salut ?
00:52A Marseille, au port de la Joliette, des centaines d'Italiens descendent des paquebots quotidiennement.
01:07Mais à peine ont-ils touché le sol, que naissent racisme et inégalité.
01:13Car le ministère du Travail les classe selon une hiérarchie nationale et raciale.
01:20En haut de la liste, les Italiens, une main-d'œuvre dite « docile et régulière »,
01:26suivent les Espagnols, jugés très bons mais nomades.
01:29Puis les Portugais, les Grecs, les Marocains, les Kabyles et tant d'autres.
01:34En dernier, les Chinois et les Malgaches, estimés médiocres et peu disciplinés.
01:44Certaines régions deviennent emblématiques de cette nouvelle immigration.
01:48A Béthune, dans le Pas-de-Calais, les bars, les commerces et les églises prennent l'accent polonais.
01:53On surnomme certains quartiers « Malopolska », la petite Pologne.
02:08Ils sont tous ici pour la même raison.
02:11Ils viennent travailler dans les mines.
02:18Chez eux, ils étaient paysans et cultivaient la terre.
02:23Désormais, ils vont s'enfoncer dans ces profondeurs et y creuser des galeries.
02:27Ce sont eux, les Polonais, qui partent à l'assaut des houillères, du charbon, des tunnels.
02:36Beaucoup vont chercher à fuir ces boyaux souterrains et leurs conditions de vie atroces, sans succès.
02:43Ces immigrés ne sont accueillis que dans la mesure où ils permettent de produire cette houille indispensable à l'économie
02:49française qui se reconstruit.
03:02En quelques années, le nombre de travailleurs immigrés va doubler pour atteindre 2 millions et demi.
03:11Dans cette France qui se transforme, un lieu incarne toutes les illusions des années 20, l'usine.
03:18Des centaines de milliers de paysans et des travailleurs immigrés s'y précipitent, attirés par la promesse d'une vie
03:24meilleure.
03:30Dans les hauts fourneaux de Lorraine, à l'aube, retentit le signal de l'embauche.
03:35Le jeune Maurice Aline a 14 ans quand il franchit pour la première fois les portes d'une fonderie.
03:41Ses rêves s'envolent aussitôt.
03:49L'usine était peu accueillante, c'est le moins que l'on puisse dire.
03:53A l'intérieur, le vacarme était assourdissant.
03:59Cette cacophonie me faisait peur.
04:01Je me sentais transparent, inexistant.
04:07J'ai fait des efforts pour ne pas pleurer.
04:24Le quotidien de ces hommes et de ces enfants consiste à travailler dans des températures infernales,
04:29dans une odeur à rendre fou.
04:32Après 4 années de tranchée,
04:34beaucoup ont le sentiment qu'ils plongent dans un nouvel enfer
04:36et que celui-ci va durer toute une vie.
04:53Grâce à ces forçats, les mines et la métallurgie sont relancées.
04:57La France devient une usine à ciel ouvert et voie grand.
05:01A Saint-Nazaire, les ouvriers retrouvent le chemin des arsenaux
05:04où ils construisent les plus grands paquebots de l'époque.
05:10A la Rochelle, les pêcheries prennent un virage industriel.
05:17Dans le nord, les femmes ont retrouvé leur métier à tisser des dentelleries.
05:28Partout, la modernité est en sa toile et bouleverse les usages.
05:33Dans ces ateliers, faits nouveaux depuis la guerre,
05:36hommes et femmes travaillent d'égal à égal
05:38et c'est ensemble qu'ils vont découvrir une nouvelle forme de servitude.
05:48Dans les ateliers de l'usine Renault, à Boulogne-Biancourt,
05:52Serge Rabokin, 20 ans, travaille sur la toute nouvelle chaîne de production de moteurs.
05:57Il raconte
05:57« Mon travail à moi consiste à placer une seule goupille dans un rouage de transmission. »
06:04Goupille le matin, goupille l'après-midi, goupille le soir.
06:24Répétez, répétez et répétez encore.
06:27Les ouvriers découvrent un nouveau mode de production, le taylorisme.
06:32Automates à la merci des machines,
06:33ils sont surveillés par des contre-maîtres qui règnent sur les ateliers.
06:44Et payés à la pièce, ils ne récoltent qu'à la mesure de leur labeur.
06:57Est-ce donc cela le capitalisme du XXe siècle ?
07:01Le travail à la chaîne, surveillé 8 heures par jour ?
07:19Confinés dans ces tâches abrutissantes,
07:21naît alors une profonde crise dans le monde ouvrier.
07:25Ils assimilent leur travail à une forme d'esclavage.
07:32Sans ces cohortes d'hommes et de femmes,
07:35jamais l'économie n'aurait pu repartir si vite.
07:37...
07:40...
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