- il y a 22 heures
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00:01...
00:14Depuis 8 ans, l'Afghanistan est sous occupation soviétique.
00:21Nous sommes en 1987. La guerre fait rage.
00:24Malgré les dangers, le journaliste photographe Alain Guillaume
00:28est revenu pour la quatorzième fois faire un reportage.
00:30Les risques sont énormes.
00:32Sa tête est mise à prix comme celle de tous les membres de la presse.
00:35Le 28 août, il est arrêté par les services secrets
00:37et incarcéré à la prison de Kaboul.
00:39Il y restera neuf mois.
00:44Cette incarcération va bouleverser la vie d'Alain Guillot.
00:46Il en écrira un livre, car dans sa cellule de Kaboul,
00:49il affirme avoir reçu une aide mystérieuse.
00:52Des voix sont venues à son secours
00:53et l'ont aidé à transformer un cauchemar en apprentissage.
00:57Ces voix, ce sont celles de ses guides spirituels
01:00qui, pendant ses neuf mois de prison,
01:02vont l'aider par-delà la souffrance
01:03à pénétrer dans un univers de spiritualité
01:06dont il ne soupçonnait pas l'existence.
01:09Accusé d'espionnage,
01:11Alain Guillot sera interrogé pendant quatre mois,
01:13car les services secrets veulent lui faire signer des aveux.
01:34Le journaliste a brusquement été plongé dans l'horreur.
01:52Alain Guillot ne comprend que quelques mots d'Afghan.
01:55Il est perdu.
01:55Il découvre avec angoisse sa première cellule.
01:58On ne l'a pas laissé appeler l'ambassade.
02:00Il n'a pas d'avocat.
02:01Il est totalement seul et désemparé.
02:03Et il est persuadé qu'on va l'exécuter.
02:11Tout est gris, sombre, triste et humide.
02:16Et en entrant là-dedans,
02:17je sens une odeur
02:19que je ne connaissais pas.
02:21J'appelle ça une odeur.
02:23En réalité, j'ai l'impression
02:25que ce que j'ai senti en paix
02:26étant dans cet établissement,
02:27c'est la détresse
02:29des gens qui étaient enfermés là.
02:30Il devait y en avoir peut-être 300 ou 400
02:32tassés dans des petites cellules,
02:35interrogés tous les jours,
02:37battus, torturés.
02:40Les premiers interrogatoires
02:42sont un véritable calvaire.
02:43Pendant des heures,
02:44on va l'interroger.
02:45Mais il ne pourra se défendre,
02:47car il ne comprendra pas ce qu'on lui dira.
03:03Au bout de quelques temps,
03:05Alain Guillot est conduit
03:05dans une nouvelle cellule.
03:07Il doit la partager
03:08avec Mohamed,
03:09un prisonnier afghan.
03:18Salam.
03:20Salam.
03:29Vous pouvez me s'y rester?
03:32Je parle français aussi.
03:35Alain est étonné et méfiant.
03:37Cet afghan qui parle français
03:39n'est-il pas là pour l'espionner.
03:40On était méfiant de l'un de l'autre.
03:43Il m'a dit qu'il est français.
03:45Moi, j'étais choqué
03:46parce que pour moi,
03:47c'était la surprise
03:50de trouver un français
03:51dans ma cellule,
03:52surtout que j'étais soupçonné
03:53d'avoir des relations
03:54avec les occidentaux.
03:57Je me suis dit,
03:58c'est certainement un garçon
04:00qui est envoyé
04:00par les services de renseignement
04:03de façon pour voir
04:04ensuite faire un rapport
04:05sur les conversations
04:07qu'on pourrait tenir.
04:07Alors, pour le mettre à l'aise,
04:09je lui ai dit,
04:09on va te demander
04:10de faire un rapport.
04:12Alors, tu peux,
04:13tu peux raconter
04:14absolument tout ce qui se passe
04:15dans la cellule.
04:15Ma condition,
04:16que tu ne parles que
04:17de ce qui se passe
04:17dans la cellule,
04:18que tu ne cherches pas
04:19à inventer.
04:20Et à partir de ce moment-là,
04:22Mohamed et moi,
04:22nous avons été
04:23les meilleurs amis du monde.
04:25Les interrogatoires continuent.
04:26Alain Guillot
04:27n'a toujours pas d'avocat,
04:28mais on lui a donné
04:29un traducteur.
04:30Un jour,
04:30il va être soumis
04:31à un test inattendu.
04:56L'un d'entre eux,
04:58pour être sûr
04:59que j'étais français,
05:02a commencé par siffler
05:03les tata petits navires
05:04en me demandant
05:05qu'est-ce que c'est
05:06comme chanson,
05:06vous la connaissez.
05:07Heureusement,
05:08je la connaissais.
05:09Il m'a aussi demandé
05:10si j'avais entendu parler
05:11de l'escadrille
05:12normandine-Yémen.
05:13J'avais entendu parler,
05:14donc j'étais bien français.
05:22Une équipe d'interrogateurs
05:25se sont relayés
05:26pour essayer
05:26de me faire avouer
05:29que j'étais un grand criminel,
05:31que j'étais un trafiquant d'armes,
05:32que j'étais, bien entendu,
05:34un espion.
05:35Et c'est là
05:36que je suis resté enfermé
05:38complètement au secret
05:39pendant quatre mois,
05:41le temps que les interrogateurs
05:44se fassent une petite idée
05:45sur qui j'étais,
05:46ce que je venais faire
05:47en Afghanistan.
05:49Alain est désemparé.
05:51De jour en jour,
05:52ses espoirs s'aménuisent.
05:53Il n'a aucune nouvelle
05:54de l'extérieur.
05:55Il est complètement isolé.
06:06Je me suis dit,
06:07voyons,
06:07c'est quand même
06:08invraisemblable
06:09d'être dans cette cellule ici
06:11et de ne pas pouvoir
06:13rentrer en contact
06:14avec le monde extérieur.
06:16Et puis,
06:16une idée saugrenue,
06:18farfelue.
06:19C'est arrivé,
06:20mais et la transmission
06:21de pensée ?
06:23La transmission de pensée,
06:24j'en avais entendu parler,
06:26bien entendu,
06:26comme tout le monde.
06:27Je n'avais jamais
06:28rien à expérimenter
06:29de semblable.
06:33Rien,
06:34rien ne se passait.
06:35Rien ne se passait.
06:36Je me suis dit,
06:37oui, bien entendu,
06:37tous ces phénomènes,
06:39ces bidons,
06:40ça ne marche jamais.
06:42Ce n'est pas la peine.
06:44Et au bout du quatrième
06:45ou du cinquième jour,
06:47alors que j'avais laissé tomber,
06:49j'étais donc assis par terre.
07:05Je me suis aperçu
07:06que mon index
07:08dessinait des lettres.
07:09Et l'index écrivait
07:10« Qui es-tu ? »
07:11Là, je ne me suis pas
07:12senti très bien.
07:15Cet index
07:17qui marche
07:18alors que,
07:20consciemment,
07:20je ne lui donne pas
07:21l'ordre de bouger,
07:24c'est quand même
07:24assez bizarre.
07:25Est-ce que je ne suis pas
07:26en train de
07:29devenir fou ?
07:32C'est intéressant,
07:33cette question.
07:33Parce que je me suis dit
07:34« Tiens, mais c'est
07:34de l'écriture automatique. »
07:36Et j'avais entendu aussi
07:37parler, comme tout le monde,
07:38de l'écriture automatique.
07:39Mais ça doit être ça,
07:39l'écriture automatique.
07:40Et tout un dialogue
07:41commence à s'installer.
07:45Alain ignore
07:46que cet étrange phénomène
07:47va prendre une dimension
07:48hors du commun.
07:54Alain,
07:56je suis là.
07:57Alain,
07:58qui es-tu ?
07:59Alain,
08:00je suis là.
08:01Alain,
08:03je suis là.
08:04Alain,
08:06je suis là.
08:08Et très vite,
08:09très vite,
08:11lorsque mon doigt
08:12se déplaçait,
08:13j'ai commencé
08:14à entendre
08:14une voix,
08:15une voix intérieure
08:18qui parlait,
08:20qui parlait en même temps
08:21que le doigt
08:22tracait le texte,
08:24écrivait.
08:25Puis très vite,
08:26je n'ai plus eu besoin
08:26de mon doigt
08:27puisque j'avais directement
08:28le contact
08:28avec les voix intérieures.
08:30Et c'est là
08:30que les phénomènes
08:31ont commencé
08:32à se déclencher.
08:33Mon père est mort.
08:35Ma mère est morte.
08:36Alain a décidé
08:37de ne donner
08:38aucune information
08:39sur sa famille
08:39ou ses amis.
08:40Ce serait trop dangereux.
08:41Il ne veut pas
08:42compromettre ses proches.
08:43J'ai une vieille tante
08:45et je ne sais plus,
08:46je ne la vois plus.
08:47Je vais prendre
08:48les dents
08:48et je vais prendre
08:49mon iPhone
08:49pour que je reste.
08:52Même à son compagnon
08:53de cellule,
08:54Alain n'a rien révélé
08:55de sa vraie vie
08:56ni de cette voix étrange
08:57qui lui parle
08:58depuis quelques temps.
09:00Alain,
09:01réveille-toi.
09:04Mouhamad.
09:13Mouhamad.
09:15C'est toi
09:16qui m'appelle?
09:17Non.
09:20Je te réveille
09:20par la la d'une femme.
09:24Dans ma rêve,
09:25je me trouvais
09:27en France
09:29avec plusieurs personnes
09:32que je ne connaissais
09:33pas du tout
09:36dans une maison
09:38de campagne.
09:41Alors,
09:41il y avait
09:41plusieurs personnages
09:43autour de moi.
09:44Mouhamad raconte
09:46son rêve.
09:47Alain est stupéfait.
09:50Dans ce rêve,
09:51il a réussi
09:52à me décrire
09:52au moins une dizaine
09:54de personnages
09:54qui étaient très proches
09:55de moi
09:56et qui étaient morts
09:56alors que je ne lui en avais
09:58jamais parlé.
09:59Et là,
09:59je me suis mis
10:00brusquement
10:01à prier
10:02très profondément
10:03ce qui ne m'était
10:04jamais arrivé
10:05auparavant
10:06parce que j'ai commencé
10:07à comprendre
10:08qu'autour de moi,
10:09il y avait peut-être,
10:10peut-être
10:12des parents,
10:13des ancêtres.
10:14Ces voix qu'Alain entend
10:16viendraient-elles
10:16de l'au-delà?
10:25Les phénomènes
10:26se sont amplifiés.
10:28J'ai visité
10:29des univers merveilleux.
10:30J'étais plongé
10:31dans un monde
10:31où j'avais l'impression
10:33de faire partie
10:34d'une immense intelligence,
10:35une intelligence
10:36qui me dépassait
10:37totalement
10:38et dont je faisais partie.
10:40Et alors que j'étais
10:41en plein état d'éveil,
10:44allongé sur ma couchette,
10:47j'étais emmené
10:48dans des voyages
10:49où on sent
10:51que rien ne peut
10:52vous apparaître.
10:52Où on sent
10:53qu'on est entouré
10:55d'affection.
10:56On ne voit rien d'autre
10:57que de la lumière.
10:59Et là,
10:59pendant 4 ou 5 jours,
11:00j'ai pu voir
11:01tout autour de moi
11:02un monde doré,
11:04d'ailleurs dans une magnifique lumière,
11:06y compris les gardiens.
11:08à tel point
11:09que je me suis dit
11:10mais attention là,
11:11est-ce qu'ils ne seraient pas
11:12en train d'essayer
11:12de me casser intérieurement
11:14en mettant
11:15dans l'eau que je bois
11:16ou dans la nourriture
11:17qu'ils me donnent à manger,
11:18en mettant des produits chimiques,
11:20il n'y a qu'une seule façon
11:21de savoir,
11:21c'est d'arrêter de manger
11:22et d'arrêter de boire.
11:25Si les phénomènes
11:25sont provoqués
11:26par des drogues
11:27mises dans ces aliments,
11:28le jeûne aurait dû
11:29mettre fin.
11:30Mais au bout de 10 jours
11:31d'abstention totale
11:32de nourriture,
11:33les voix sont toujours là.
11:34Et curieusement,
11:34Alain n'est même pas affaibli.
11:40Cela fait 3 mois
11:41qu'Alain a complètement disparu.
11:43Jeanne, sa compagne
11:44et quelques amis
11:45alertent les médias.
11:49On signalait
11:50qu'il était mort,
11:51ce français,
11:52puis qu'il était blessé,
11:53puis qu'on avait trouvé
11:54un sac bleu marine
11:55et puis ça se précisait
11:57de jour en jour
11:58et finalement son nom
11:59est tombé,
12:00Alain Guillot
12:01est capturé.
12:02C'est environ 15 jours
12:04après la nouvelle
12:05quand c'était vraiment
12:06tout à fait sûr
12:07par des tas de détails
12:09que nous avons décidé
12:10de créer tout de suite
12:11un comité de soutien
12:12et d'intervenir
12:13auprès du quai d'Orsay.
12:14Alain ne peut toujours pas
12:16avoir de contact
12:16avec l'extérieur.
12:21Alain,
12:22tu ne peux pas parler ainsi
12:24avec des êtres vivants.
12:25Tu ne peux parler qu'aux morts.
12:27Les voix sont de plus en plus présentes.
12:30Elles le harcèlent.
12:31Sont-elles bien réelles
12:32ou Alain est-il en train
12:33de devenir fou ?
12:34Je peux parler avec lui
12:37longuement de son expérience
12:40en Afghanistan.
12:41Et j'ai vu devant moi,
12:44j'ai senti,
12:45j'ai rencontré un homme
12:47qui était sincère,
12:51qui avait toutes ses facultés
12:57intellectuelle,
12:58mentale,
13:00et qui était en possession
13:02de toutes ses forces.
13:06Je n'ai pas eu
13:08l'impression
13:10d'être devant
13:12un cas pathologique,
13:15par exemple,
13:16d'un schizophrène
13:17ou de quelqu'un
13:19qui porte une autre maladie mentale.
13:22maintenant,
13:23les voix ont pris le dessus.
13:32Il les entend jour et nuit.
13:40Il n'en peut plus,
13:41il veut en finir.
13:54Alain s'est jeté
13:55de toutes ses forces
13:55contre le mur de sa cellule.
13:57Malgré la violence des chocs,
13:58il n'aura presque rien.
14:00Les voix ont cessé.
14:01Une seule restera,
14:02le protégeant,
14:03le conseillant.
14:05Le 4 janvier 1988
14:07a lieu le procès.
14:08Alain Guillot a enfin
14:09un avocat commis de fils,
14:11mais il restera muet
14:12pendant toute la durée
14:13du procès.
14:14Le journaliste sera condamné
14:15à 10 ans de prison.
14:17Les Afghans diffusent
14:18les images du procès
14:19à la télévision.
14:20La nouvelle du verdict
14:21consterne la France.
14:28Le reporter photographe
14:29Alain Guillot
14:30condamné à 10 ans de prison
14:31hier à Kaboul
14:32un verdict unanimement
14:33décrié par les hommes
14:34politiques de tous bords.
14:35Les médias se mobilisent.
14:37Le comité de soutien
14:38pour la libération
14:39d'Alain Guillot
14:39est reçu par le quai d'Orsay.
14:41Les hommes politiques français
14:42font pression
14:43sur le gouvernement de Kaboul.
14:46Quatre mois plus tard,
14:47le 28 mai 1988
14:48à 7 heures du matin,
14:50Alain Guillot
14:51atterrit à Roissy.
14:54Cette détention a duré
14:56neuf mois jour pour jour.
15:00J'en suis sorti.
15:04Je suis heureux de l'avoir vécu.
15:07Ce que j'ai découvert,
15:10ce que j'ai appris
15:11a complètement changé mon regard,
15:14le regard que je porte sur le monde.
15:16Ce qui m'intéressait au parten
15:18ne m'intéresse plus tellement aujourd'hui.
15:20et par contre,
15:21tout un univers nouveau
15:22d'interrogations,
15:24de recherches
15:25me tient maintenant
15:26vraiment très occupé.
15:28Que s'est-il vraiment passé
15:30dans cette cellule ?
15:31Alain Guillot a-t-il pu
15:32inconsciemment provoquer
15:33les voix qu'il entendait
15:34pour arriver à survivre ?
15:36Ou ces voix étaient-elles
15:37celles de guides spirituels
15:39qui se sont manifestées
15:40de l'au-delà
15:41pour le protéger ?
15:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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