- il y a 2 jours
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Londres, 1888. Capitale mondiale de l'industrie et du commerce.
00:05Cette année-là, Londres sera le théâtre d'une série de meurtres épouvantables.
00:14L'assassin s'est donné pour nom Jacques Léventreur.
00:17Aujourd'hui encore, son identité reste un mystère.
00:219 novembre 1888. Thomas Boyer se rend chez Mary Jane Kelly pour percevoir un loyer en retard.
00:36Jacques Léventreur a encore frappé.
00:42Depuis la fin du mois d'août, l'assassin attaque de nuit les prostituées du sorti de quartier de Whitechapel.
00:48J'en ai après les putains. Et je n'arrêterai de les éventrer que lorsque je serai bouclé.
00:55Ces crimes, tous commis le week-end et dans le même périmètre, sont d'une atroce sauvagerie.
01:00Ils marquent d'autant plus la population que le meurtrier inonde les enquêteurs de Scotland Yard
01:04de lettres moqueuses et menaçantes que les journaux s'empressent de reproduire.
01:18Vous entendrez bientôt parler de moi et de mes drôles de petits jeux.
01:24La police interrogera de nombreux suspects.
01:27Un avocat, le chirurgien de la reine, le duc de Clarence, petit-fils de la reine Victoria,
01:34un journaliste, sans oublier non plus Michael Ostroge, un criminel notoire.
01:45Faute de preuve, aucun ne sera inculpé.
01:48Le mystère de Jacques Léventreur entre dans la légende.
01:53Bonne chance.
01:55Votre humble serviteur, Jacques Léventreur.
02:03Jacques Léventreur, comme tous les serial killers modernes, comme tous les tueurs en série,
02:08ce sont des types d'assassins extrêmement difficiles à capturer,
02:12parce que ce sont des meurtres qui n'ont que des motivations sexuelles,
02:17qui sont donc inhérents au fantasme propre des tueurs.
02:21Il n'y a souvent aucune rencontre préalable entre le tueur et sa victime,
02:28sauf au moment du crime en lui-même.
02:30Donc il est très difficile de poursuivre et d'enquêter sur ce type de crime sans motif apparent.
02:38Depuis plus d'un siècle, les historiens, les écrivains, les enquêteurs cherchent encore de nouveaux indices.
02:43Cependant, l'histoire rebondit souvent là où on ne l'attend pas.
02:47Nous sommes en 1991, dans un quartier ouvrier de Liverpool.
02:51Tony Devoreux est célibataire.
03:02Il n'a qu'un seul ami, Mike Barrett.
03:04Tony va lui faire un bien étrange cadeau.
03:08Mike, Mike!
03:10Mike est loin de se douter que cette enveloppe va changer sa vie
03:12et provoquer l'émoi de tous les criminologues du Royaume-Uni.
03:16C'est un registre d'époque victorienne.
03:21C'est un journal intime.
03:24Avec une bague à mon doigt et un couteau dans ma main,
03:28je tuerai toutes les garces et ne verserai pas une larme.
03:34Ce Jim les coupe toutes
03:36avec son couteau dans son sac.
03:47Mike est fasciné.
03:50Il va lire toute la nuit.
03:51Je place ceci dans un endroit où on le trouvera.
03:55Votre humble serviteur,
03:57Jack Leventreur.
04:00Jack Leventreur.
04:02Je ne peux pas y croire.
04:06On ne peut pas croire à des choses pareilles.
04:08Alors j'ai téléphoné à Tony
04:10et j'ai demandé à Tony à quoi il jouait.
04:14C'est comme ça qu'on vit ici à Liverpool.
04:16C'est une blague ou quoi?
04:18La réponse de Tony a été non.
04:21Décidément, Mike a du mal à y croire.
04:23Il faut que Tony passe aux aveux.
04:25Mais son ami est inflexible.
04:26Que Mike se débrouille et qu'il essaie d'en tirer quelque chose.
04:32Tony ne révélera jamais son secret.
04:34Il est mort d'une crise cardiaque quelques mois après.
04:39Pour Mike, c'est le début d'un véritable parcours du combattant.
04:42Il met tout son temps libre à profit pour écumer bibliothèques et librairies.
04:46Et un jour, alors qu'il feuillait un livre consacré à l'affaire Maybrick,
04:50une des grandes affaires criminelles de la région de Liverpool,
04:52Mike Barrett va faire une découverte capitale.
04:56J'étais en train de lire et soudain, je suis tombé sur le nom de la maison de James Maybrick.
05:01Elle s'appelait Battlecris.
05:03Alors là, mon cœur s'est mis à battre parce que dans le journal, il y a aussi Battlecris.
05:08Pour la première fois, j'avais le lien Battlecris dans le journal, Battlecris dans le livre.
05:15J'étais très excité, je dois le dire, très excité.
05:20Mais je me méfiais encore.
05:22Alors j'ai décidé de vérifier tout ça.
05:24Plus je lisais sur James Maybrick, plus je lisais sur Florence Maybrick, et plus ça collait.
05:31C'est peut-être dans cette maison de Battlecris, à Liverpool, que se trouve la clé du mystère.
05:36James Maybrick est un riche négociant en coton.
05:38Il a épousé Florence, une jeune américaine.
05:41Mais le ménage bat de l'aile et James soupçonne sa femme d'être infidèle.
05:49Toutes les garces paieront pour la douleur avant que j'en ai terminé.
05:54Toute l'Angleterre connaîtra le nom que je me suis donné.
06:00James Maybrick passe fréquemment ses week-ends à Londres.
06:02Il parcourt assidûment les rues de Whitechapel, le quartier des prostituées.
06:10Depuis des années, Maybrick se drogue à l'arsenic et à la stricknine.
06:19Il est hanté par l'image de Florence, sa femme infidèle.
06:24Dear God, oh mon Dieu, je ne sais plus où j'en suis.
06:30Je ne peux pas vivre sans mon médicament.
06:36Des visions de ma chère Bunny macabre.
06:40Je l'aime encore, mais comme je la ai.
06:52Je l'ai frappé plusieurs fois.
07:02Au diable des garces !
07:04En 1889, Florence est emprisonnée à la suite du décès de son époux.
07:08Accusée de l'avoir empoisonnée, elle est condamnée à être pendue.
07:11Elle sera graciée après 15 ans d'emprisonnement.
07:14Depuis la mort de Maybrick, les crimes ont cessé.
07:16Cette tombe cacherait-elle la dépouille de Jacques Léventreur ?
07:19Il est arrivé un moment où j'étais totalement convaincu, absolument convaincu, que j'avais le journal de Jacques Léventreur.
07:25Et je ne savais pas où aller, je ne savais pas quoi faire.
07:28Avec ma femme, nous en avons parlé et parlé.
07:30Et le 13 avril, j'ai rencontré Shirley Harrison, qui est écrivain et enquêtrice professionnelle.
07:38Shirley Harrison et Mike Barrett vont reprendre l'enquête à zéro.
07:41C'est au British Museum, la plus grande bibliothèque de Londres, qu'ils vont commencer leurs recherches.
07:55J'étais inquiète, parce que je suis journaliste depuis 40 ans
08:00et que je savais que mon devoir était de prouver que ce journal était un faux, s'il était faux.
08:04Je devais rester objective.
08:07Alors, je pensais qu'en allant au British Museum, on répondrait immédiatement à toutes mes questions, tout de suite.
08:12Bien sûr, j'avais peur, j'étais inquiète aussi, parce que naturellement, je voulais que ce soit un vrai,
08:16tout en sachant que je devais rechercher les erreurs et les problèmes.
08:24Dans la salle de lecture de la British Library, ils auront un accès direct à tous les documents nécessaires.
08:29Mais avant tout, Shirley Harrison veut examiner le manuscrit.
08:32Shirley est une enquêtrice chevronnée.
08:34Le sujet la passionne, mais elle est effarée par certains passages du journal.
08:38Se pourrait-il que Jacques Léventreur en soit véritablement l'auteur ?
08:45Je prie pour que quiconque lira ses pages et le cœur ne me pardonne.
08:53J'essaie de combattre mes pensées.
09:02Je parcours les rues jusqu'à l'aube.
09:05Je n'ai pas pu frapper.
09:20L'écriture dans le journal reflète très bien la manière dont les drogues affectent son esprit.
09:27Je savais qu'il fallait trouver des experts pour dater l'encre, pour dater le papier,
09:32pour déterminer quand l'encre avait été appliquée sur le papier.
09:36Il fallait regarder l'écriture et si possible, retrouver l'écriture de James Maybrick pour les comparer.
09:43Parce qu'à ce moment-là, nous saurions qui avait écrit et nous saurions si Jacques Léventreur était James Maybrick.
09:50Le manuscrit va passer entre les mains de toute une série d'experts.
09:53C'est ici, au laboratoire de l'université d'Oxford, que l'enquête commence.
09:57Un échantillon du journal est prélevé et est étudié à l'aide d'un microscope à protons.
10:17J'ai analysé l'encre et le papier.
10:19Je n'ai rien trouvé qui puisse prouver que ce n'est pas un journal d'époque victorienne.
10:25Cependant, je pense qu'on devrait poursuivre les analyses
10:28pour prouver définitivement que c'est bien un journal victorien.
10:36Le journal retourne ensuite à Londres.
10:38L'écriture est passée au peigne fin par un graphologue
10:40qui doit ensuite la comparer à des documents de la main de Maybrick
10:43et aux lettres reçues par la police et signées Jacques Léventreur.
10:55Nous avons comparé l'écriture du journal avec des exemples connus de l'écriture de Maybrick
10:59et bien sûr avec les lettres de Jacques Léventreur qui ont été publiées par la presse.
11:03Car dans le journal, il dit les avoir écrites.
11:06Rien ne correspond à rien.
11:07Mais ce qui est intéressant, c'est qu'en même temps,
11:09je poursuivais mes recherches historiques
11:11et que nous commencions à découvrir qu'il y avait des indices.
11:14de petits indices, mais ils étaient là,
11:16de l'histoire dans le journal qui n'aurait pas pu être l'oeuvre d'un faussaire
11:19car jusqu'à maintenant, ils n'avaient pas publié.
11:23Je n'arrête pas de voir des flots de sang jaillir de ces garces.
11:28Je prendrai la première venue
11:30et lui montrerai ce qu'est vraiment l'envers.
11:34C'est vraiment comme...
11:59Un des crimes décrits en détail dans le journal
12:02est celui de la prostituée Catherine Eddowes.
12:23La garce n'a pas poussé un cri.
12:30J'ai éventré, mon Dieu.
12:32J'ai emporté tout ce que je pouvais avec moi.
12:35On retrouvera près du corps une boîte métallique vide.
12:38Cet objet est mentionné dans le journal de Maivric.
12:41Cherchait-il des allumettes pour mieux observer son macabre ouvrage ?
12:54Une boîte en métal vide, c'est très important.
12:57Ça n'a jamais été révélé dans la presse.
12:59Personne n'en a parlé jusqu'en 1987
13:02dans un livre publié en Angleterre.
13:06Si le journal était un faux,
13:08en aucune manière le faussaire en 1888
13:12aurait pu connaître l'existence de la boîte en métal.
13:16À ce sujet, je dirais tout de suite
13:18que la découverte de ce boîtier en métal
13:21figure dans un article de la presse publiée à l'époque
13:26et figure également dans les rapports de police de l'époque.
13:30Il ne s'agit donc pas pour moi d'une preuve concluante
13:34apportée au fait que Maivric serait Jacques Léventreur.
13:53L'autre chose intéressante et très importante sur Catherine Eddowes
13:58c'est que dans ses joues étaient taillées deux formes de V
14:01qui réunis forment la lettre M.
14:07Cette initiale M comme Maivric
14:10apparaît encore dans le meurtre suivant
14:12le meurtre de Mary Jane Kelly.
14:26J'ai lu le récit de ma dernière, la meilleure de toutes.
14:30Elle m'a rappelé Panné.
14:32Si jeune, pas comme moi.
14:37Contrairement aux autres,
14:38Mary Jane Kelly, la cinquième et dernière victime de Léventreur
14:41n'est âgée que d'une vingtaine d'années.
14:43De plus, elle ressemble étrangement à Florence,
14:46la femme de James Maivric.
15:00Je n'ai rien laissé de son visage.
15:03J'ai dépiauté tout ce que je pouvais
15:04et rire pendant que je le faisais.
15:10Récemment, on a découvert dans les archives de Scotland Yard
15:13des rapports de police
15:14et des rapports de médecins légistes
15:16arrivés les premiers sur les lieux
15:17qui indiquent de façon irréfutable
15:20qu'un dessin mutilé avait été passé
15:22sous la tête de la victime
15:23et l'autre près de son pied droit.
15:26Ce qui est en totale contradiction
15:28avec ce qui est indiqué dans le journal de Jacques Léventreur.
15:32Je ne crois pas que dans l'état où étaient les témoins,
15:34dans l'état où devait être la police
15:36quand ils ont vu ce meurtre,
15:38ils aient pu faire un rapport exact
15:39sur ce qui s'est passé.
15:42Je ne crois pas non plus que l'assassin,
15:44James Maivric,
15:45ait pu se rappeler précisément
15:47ce qu'il avait fait dans l'état où il était.
15:59Il y a des photos prises à l'époque
16:01où l'on peut clairement voir l'initial M
16:03et juste à côté, avec un microscope,
16:05il y a les traces de ce qui reste d'un F,
16:08Florence Maivric.
16:12Je place ceci dans un endroit
16:14où on le trouvera.
16:15Je prie pour que quiconque l'aira ces pages
16:18et le cœur de me pardonner.
16:21Johans,
16:23votre humble serviteur,
16:26Jacques Léventreur.
16:31La première fois que j'ai vu le journal,
16:33j'étais très sceptique.
16:35J'ai vécu 18 mois avec
16:37et j'en suis venu à croire fermement
16:39que ce journal n'est en aucune manière un faux.
16:42Et je le crois surtout à cause des preuves qu'il contient,
16:45l'atmosphère, les sentiments qui se dégagent du journal,
16:49les mots.
16:51Parce que les experts, disons-le,
16:52ne sont pas d'accord les uns avec les autres.
16:55Je sais que c'est un vrai.
16:56Il est probable que la controverse s'alimentera la chronique
16:59pour de nombreuses années à venir.
17:00En ce moment même,
17:02les experts pour et contre s'emploient à rechercher
17:04de nouveaux éléments à verser au dossier.
17:06Il existe un nombre infini d'indices
17:08tout aussi troublants les uns que les autres.
17:10Comme par exemple,
17:11la frappante ressemblance entre un des portraits robots
17:14établis à l'époque par les inspecteurs de Scotland Yard
17:16et la photo de James Mebrick.
17:26Mais malgré toutes les études,
17:29malgré toutes les recherches,
17:30il n'est pas du tout certain
17:31que quiconque soit en mesure de révéler un jour
17:33de manière irréfutable
17:35la véritable identité du légendaire
17:38chaque léventreur.
17:40Bien, l'enquêterie
Commentaires