00:02Nous sommes le 20 octobre 1980 dans la banlieue parisienne.
00:06Monsieur et Madame Bianchi viennent de dîner avec des amis au restaurant.
00:09Ils vont raccompagner Pascal, un ami de leur fils, qui habite près de chez eux.
00:24Le repas était excellent et l'humeur joviale.
00:27Les Bianchi sont ravis de l'agréable soirée qu'ils viennent de passer.
00:35Il a plu quelques heures auparavant et Monsieur Bianchi conduit prudemment, car la chaussée à certains endroits est encore glissante.
00:43Et tout à coup, c'est la catastrophe.
00:51Pascal qui était assis à l'arrière n'est pas blessé. Il va pouvoir sortir de la voiture.
00:56Monsieur Bianchi semble inconscient.
01:00Ce que j'ai pensé, moi, c'est sortir de la voiture surtout.
01:03Puis sortir des occupants.
01:05Alors j'ai sorti Madame Bianchi.
01:07Puis après j'ai essayé d'aller voir Monsieur Bianchi, le conducteur.
01:10Puis là je ne voyais rien à faire. Il était quand même entouré de tôle.
01:16C'était dur à supporter. Ça me faisait mal intérieurement.
01:18Surtout on ne savait pas s'il allait vivre après ça.
01:21Vu dans l'état où j'avais trouvé.
01:26Heureusement, l'accident est survenu à quelques centaines de mètres d'une gendarmerie
01:30près de laquelle stationnait un véhicule du SAMU.
01:33Quelques minutes à peine après l'accident, les secouristes sont sur les lieux.
01:43Madame Bianchi semble gravement blessée.
01:45Et Pascal est très inquiet.
01:48Il faut bouger les jambes.
01:49Allez, il faut un peu, on peut réagir un peu.
01:53Bougez cette main, bougez cette main, on peut réagir un peu.
01:55Tout le temps après il y a eu le SAMU, les pompiers, les gendarmes qui sont arrivés.
02:00Madame Bianchi l'a parlé un petit peu.
02:02J'ai sauté très vite en fin de compte.
02:03Je n'ai pas eu le temps de voir l'état dans lequel elle était.
02:07Madame Bianchi est emmenée en ambulance
02:09et c'est sur le chemin de l'hôpital
02:11qu'elle va vivre une expérience extraordinaire.
02:14Un voyage fantastique.
02:17Serrez-moi la main là.
02:20Serrez-moi la main.
02:33Serrez-moi la main là.
02:59Il y avait une grande clarté,
03:02mais pas une lumière telle qu'on l'entend
03:05au point de vue lampe, éclairage, etc.
03:08C'était plutôt comme un brouillard lumineux.
03:11Je ne peux pas vous dire s'il avançait sur moi
03:13ou si c'est moi qui avançais sur lui.
03:15Je ne peux pas vous dire.
03:17Je n'ai vu personne.
03:19J'avais l'impression de ne pas avoir de corps.
03:22Et pourtant j'avais un sentiment, je ressentais quelque chose.
03:25La sensation c'est d'être très léger
03:28dans un bien-être total, une quiétude extraordinaire.
03:33Ce n'était pas dans mon corps que j'étais bien
03:35puisque je ne le ressentais pas.
03:37C'était dans mon esprit, cette tranquillité,
03:40cette légèreté.
03:44Je suis en train de ne pas pouvoir mieux l'expliquer.
03:47Mais franchement je regrette
03:48parce que j'ai un bouffleur passager.
03:50Et je ne peux pas.
03:54À l'instant où j'ai repris conscience
03:56dans le couloir de l'hôpital,
03:57je sais que je me suis dit
03:59il faut tout recommencer.
04:00J'ai eu la sensation
04:03d'avoir vu quelque chose
04:05sans l'expliquer.
04:07Je ne me le suis pas expliqué
04:07et je n'ai pas cherché d'explication.
04:10C'est resté quelque chose de mystérieux
04:13et quelque chose qui m'était très intime.
04:16Je n'ai pas voulu en parler,
04:17je n'en ai parlé à personne.
04:18qui ne voulait pas qu'on prenne pour quelqu'un de fou.
04:21Mais après la vision de la mort
04:24change d'aspect.
04:25Je ne la crains pas.
04:29Pendant ce temps-là,
04:31les pompiers tentent de dégager
04:32M. Bianchi de l'amas de tôle
04:34dont il est prisonnier.
04:35Il est inconscient,
04:36sa vie est en danger.
04:43Et pourtant,
04:44lui aussi est en train de vivre
04:46une chose merveilleuse.
04:49quel est ce brouillard lumineux
04:50vers lequel il semble s'avancer.
04:52Il ne ressent plus aucune douleur.
04:54Il glisse calmement
04:56vers cette lumière qu'il attire.
05:14Je ne me souviens pratiquement de rien.
05:17J'ai dû avoir un coma,
05:20une perte de connaissances,
05:21je ne sais pas,
05:22je ne suis pas assez qualifié pour en parler,
05:24mais c'est à ce moment-là,
05:25à ce moment-là seulement,
05:26que je me suis senti très bien.
05:29Ensuite,
05:30quand on m'emmène à l'hôpital,
05:31j'avais l'impression
05:33de voler au-dessus des gens.
05:35Je voyais quelqu'un qu'on opérait,
05:38mais je ne peux pas dire que c'était moi.
05:40Ça a duré, je ne sais pas,
05:43disons 15, 20 secondes
05:45de voir toutes ces personnes
05:46autour de cette personne
05:48parce que je ne l'ai pas reconnue, en fait.
05:52Je me suis évadé, disons,
05:55pratiquement du corps
05:57pour partir.
05:58J'étais très, très bien.
06:00Alors, je me voyais dans un tunnel,
06:04dans un ronde-voo,
06:06quelque chose comme ça.
06:08La sensation, c'est comme les parachutistes
06:11qui ont les jambes et les bras écartés.
06:13Et je volais vers une espèce de lumière intense,
06:16diffuse et complète.
06:18Je me sentais bien, bien, bien.
06:20Je me sentais léger
06:22et je me sentais très, très bien.
06:24Parce que je pensais que
06:25ce bout de tunnel allait m'amener
06:28voir mon fils,
06:29que j'avais perdu il y a quelques ans.
06:31Et je pensais que j'allais vers lui.
06:35Je vous assure,
06:36on est très, très, très, très, très bien.
06:39Sincèrement, je n'ai pas l'impression
06:40d'avoir rêvé.
06:42C'est une sensation
06:44que j'ai ressentie profondément.
06:46C'était vous, ça.
06:48Vous vous sentez léger, bien.
06:51Je ne sais pas.
06:52Je ne peux pas l'expliquer.
06:54Ce qui est incroyable,
06:56c'est que M. et Mme Bianchi
06:57ne sont pas les seuls
06:58à avoir vécu cette merveilleuse expérience
07:00au seuil de la mort.
07:01Des centaines de personnes
07:02ont fait et décrit
07:04un voyage identique.
07:07Les époux Bianchi
07:08ont vécu
07:09une sortie du corps,
07:10le passage dans un tunnel,
07:12la perception de lumière,
07:13la présence,
07:14la vibration de cette lumière.
07:16Ceux-ci,
07:17ce sont les caractéristiques
07:18les plus communes,
07:19et je pourrais dire,
07:20essentielles
07:21de l'expérience au seuil
07:22de la mort.
07:23Tout comme M. Bianchi,
07:24un nombre important
07:25de personnes
07:26sont sorties de leur corps,
07:27sont allées la plupart du temps
07:28au plafond
07:29et observent ce qui se passe
07:30dans l'environnement immédiat,
07:31c'est-à-dire
07:31la salle de réanimation.
07:32Devant la multitude
07:34des témoignages,
07:35le corps médical
07:36commence à s'intéresser
07:37à ce mystère.
07:39Les époux Bianchi
07:40ont vécu
07:41un traumatisme grave
07:42et ils relèvent
07:44et révèlent
07:45une expérience intéressante,
07:48troublante.
07:49Il s'agit
07:50d'avoir une attitude
07:51pragmatique,
07:53il s'agit d'avoir
07:54une attitude
07:54de recherche
07:56afin de,
07:58ensuite,
07:59de pouvoir
07:59modifier notre attitude
08:01et notre comportement
08:03de médecin
08:03vis-à-vis
08:04de ces patients.
08:07Comment expliquer
08:08cette expérience ?
08:09S'agit-il
08:10d'une hallucination
08:11liée à une réaction
08:12chimique du cerveau
08:13ou d'un réel voyage
08:14dans l'au-delà ?
08:16Nul ne le sait encore.
08:17Mais pour tous ceux
08:18qui sont entrés
08:19dans ce tunnel de lumière,
08:21plus rien n'est comme avant.
08:36pourquoi est-ce qu'il ne faut pas laisser l'eau ?
08:38Au moment où je me suis réveillé,
08:40j'étais donc en réanimation.
08:42Je n'étais pas tellement content,
08:43en fait.
08:44Et j'ai même dit,
08:44je crois que c'était un surveillant,
08:46j'ai dit,
08:46vous auriez dû me laisser où j'étais,
08:47j'étais tellement bien
08:49que vous auriez dû me laisser où j'étais.
08:51C'est difficile à expliquer
08:52avec des mots de tous les jours
08:54parce que c'est une sensation
08:55que l'on n'éprouve pas,
08:58j'allais dire,
08:59ici,
09:00dans notre environnement.
09:01C'est un bien-être,
09:03un bien-être extraordinaire.
09:04On se sent très léger
09:07et excessivement bien,
09:08mais vraiment très, très, très bien.
09:10Trois mois après ce terrible accident,
09:13accompagné d'un ami,
09:14Madame Bianchi,
09:15qui se remet lentement de ses blessures,
09:17rend visite à son mari
09:18qui est encore en rééducation.
09:24Madame Bianchi est inquiète.
09:26L'état de son mari demeure incertain
09:27et chaque fois qu'elle pénètre
09:29dans cette salle,
09:30elle revoit l'accident.
09:36Vous êtes sûr que ça va ?
09:37Vous n'allez pas vous asseoir ?
09:38Non, non.
09:39C'est surtout pour lui
09:40que je m'inquiète.
09:42Monsieur Bianchi souffre
09:43de multiples fractures
09:44et la rééducation est difficile.
09:49David, mon mari,
09:50a été opéré plusieurs fois.
09:51Donc, j'allais le voir régulièrement
09:54à la maison de rééducation.
09:56Et un jour,
09:57lorsque je suis arrivée,
09:58il était très, très déprimé.
09:59Il avait vraiment le cafard.
10:00On venait lui annoncer
10:01qu'il devait subir une énième opération.
10:05Et sa première phrase a été
10:07« J'étais dans un endroit très bien
10:08et j'aurais voulu qu'on m'y lèche,
10:10j'aurais voulu y rester. »
10:11Et alors, à ce moment-là,
10:12bon, j'ai mis « Mais quel endroit ? »
10:14Je te jure.
10:16Si je devais rester strompier,
10:18j'aurais préféré rester là-haut.
10:20J'étais bien là-haut.
10:22J'étais comment, là-haut ?
10:24Et c'est ce jour-là
10:25que M. et Mme Bianchi comprennent
10:27qu'ils ont vécu la même expérience
10:29après la collision.
10:31Avec émerveillement,
10:32ils vont se raconter les détails
10:33de ce périple étrange
10:35qui leur a laissé un souvenir éblouissant.
10:37Oui, une lumière.
10:39Elle m'a dit « Mais effectivement,
10:41moi aussi, j'ai eu le même truc.
10:42C'était une espèce de grande voûte.
10:45Tout à l'heure, on est resté une heure,
10:46en fait, à parler, à palabrer là-dessus.
10:50On n'a raconté l'histoire à personne
10:51parce que les gens vont dire
10:53« Celui-là, il faut l'emmener à l'Asie.
10:56Ce n'est pas possible. »
11:06Peut-être que par hasard,
11:07il y a peut-être mémoire.
11:08J'ai appris que nous n'étions pas les seuls.
11:10Au contraire, il y avait pas mal de gens.
11:12Et que ce sentiment,
11:13ces sensations que je croyais
11:14qui nous étaient très, très personnelles
11:16et qui ne nous appartenaient qu'à nous,
11:18en fait, étaient partagées par beaucoup de gens.
11:21Et qu'à ce moment-là,
11:22ce n'était plus dévoiler quelque chose d'intime
11:26que d'en parler
11:26puisqu'en fait, ça concernait pas mal de personnes.
11:30J'ai l'impression d'avoir fait un voyage
11:33qui arrivait aux limites.
11:35Mais je me suis pas passée de l'autre côté.
11:37Mais si l'amour, c'est ça, je signe demain.
11:45Où sont-ils allés ?
11:46Qui y a-t-il au bout de ce tunnel ?
11:50Là est le véritable mystère.
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