Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Dans son édito du 29/04/2026, Thomas Bonnet revient sur la loi en lien avec l'aide à mourir.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00C'est un texte qui occupe la vie politique depuis de longs mois, des années même,
00:03impacté par l'instabilité politique née de la dissolution.
00:06Le chemin parlementaire de la proposition de loi, dite fin de vie,
00:10est un parcours sinueux et cabossé.
00:12Ce chemin nous conduit donc aujourd'hui au Sénat pour une nouvelle lecture en commission des affaires sociales.
00:17Quatre mois après son rejet, rien n'a changé ou presque.
00:20Ceux qui sont contre le sont toujours, et ceux qui veulent un texte maximaliste sont toujours aussi déterminés.
00:26Ce qui a changé en revanche, c'est une forme d'urgence,
00:28puisque si le Sénat ne parvient pas à voter le moindre texte au mois de mai et le rejette à
00:33nouveau,
00:34alors on le sait, c'est l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot.
00:37Et les députés pourront trouver une majorité sur un texte, même au rabais,
00:42mais qui ouvrira le droit à l'euthanasie et toutes les dérives que cela peut entraîner.
00:46Voilà donc les sénateurs de droite face à un dilemme.
00:49Voter un texte minimaliste et espérer peser dans le jeu parlementaire,
00:53notamment via une commission mixte paritaire,
00:54ou alors prendre le risque de laisser passer une loi si importante sans avoir leur mot à dire.
01:00Thomas, vous dites que c'est trop important pour que ce ne soient pas les Français qui tranchent.
01:04Oui, sur un sujet qui constitue une rupture anthropologique majeure
01:07et qui pourrait faire basculer la médecine devant le vertige du geste létal autorisé,
01:12on ne peut pas prendre le risque de s'exposer aux conséquences du jeu politique.
01:16Autrement dit, il faut faire trancher la question au peuple français,
01:19soit par référendum, soit, et ce serait à mon avis la meilleure option,
01:23profiter de la présidentielle pour en faire un thème de la campagne.
01:27En profiter aussi pour entrer pleinement dans les détails,
01:30éclairer pleinement les Français sur les réelles possibilités
01:33que pourrait permettre un tel dispositif d'aide à mourir.
01:36Il faut se rendre compte de cette situation où un Parlement quasiment privé de textes importants,
01:41en attendant l'élection de l'année prochaine,
01:43pourrait avoir à décider d'une question si essentielle, une question de vie ou de mort.
01:47Certains semblent pourtant particulièrement pressés.
01:50Oui, et ça en deviendrait presque suspect.
01:52Comment expliquer une telle impatience de Yael Brown-Pivet, par exemple ?
01:55La présidente de l'Assemblée nationale disait hier sur notre antenne,
01:58au micro de Laurence Ferrari, vouloir que la loi soit votée avant l'été.
02:02On ne sait pas bien à quoi correspond cette échéance,
02:05sinon à imaginer qu'il s'agit avant tout d'un impératif politique
02:08et que ce texte est en fait perçu comme une possible victoire du camp des progressistes.
02:13Comme Emmanuel Macron qui a fait de cette loi sociétale son ultime caprice
02:18avant de rendre les clés de l'Elysée.
02:20Il veut laisser son empreinte et il imagine que ça doit passer par cette réforme
02:23présentée comme un texte de fraternité, ce sont ses mots,
02:26mais qui va surtout ouvrir la boîte de Pandore.
02:28Partout où elle a été légalisée, l'euthanasie a suscité des dérives majeures
02:33sur lesquelles il est à chaque fois impossible de revenir.
02:36C'est donc un président affaibli sur le départ qui presse une assemblée au ralenti
02:41de lui offrir ce qui ressemble à un cadeau de départ.
02:44Le sort des malades comme celui des familles ou même des médecins
02:47mérite mieux qu'une bataille politicienne.
Commentaires

Recommandations