00:00Oui, alors dans le message de la première partie,
00:02il n'y a pas d'effondrement du régime pour l'instant,
00:05au contraire, il y a une recomposition avec des ultra-conservateurs,
00:08des Pazdaran, des membres de la dernière révolution.
00:09En revanche, l'économie, oui.
00:11Pourquoi ? Parce qu'en fait, elle est très affectée par ce blocus, évidemment,
00:14et même les Pazdaran, les dernières révolutions,
00:16qui vivaient à peu près à 60% sur l'économie iranienne,
00:21donc sur la maîtrise, on va dire, de différents secteurs de l'économie,
00:24dont les hydrocarbures, vont en souffrir.
00:26Mais en même temps, c'est un pays qui est préparé à l'économie de guerre
00:29depuis 1980, depuis le début de la guerre Iran-Irak, 1980-88.
00:34Et il y a eu d'ailleurs cette fameuse guerre des pétroliers des années 84,
00:37avec ces vedettes rapides qui étaient mises en place par la guerre de la révolution.
00:40Donc en fait, les sanctions qui sont à l'œuvre par les Américains
00:43depuis la prise d'otage des 444 jours, elles fonctionnent encore maintenant,
00:47mais qui en a pâti ? C'est le peuple iranien, le régime beaucoup moins.
00:50Après, il y a la question du temps et la temporalité jouent beaucoup.
00:53Oui, mais quand vous commencez à demander au peuple, par exemple,
00:54de réduire sa consommation d'électricité, ce genre de choses...
00:57Tout à fait. Mais nous sommes dans une dictature.
00:59Nous sommes dans une maularchie qui devient une dictature de plus en plus,
01:02entre guillemets, laïque, un peu plus militaire que religieuse.
01:05Et le peuple est obligé de suivre.
01:07Donc la répression est là.
01:08Il y aura un impact, c'est certain.
01:10Mais en même temps, c'est un double tranchant,
01:12parce que les sanctions, enfin les sanctions,
01:13le blocus et la fermeture du Détroit
01:17ont des dommages, évidemment, pour les Iraniens,
01:19mais ont également des dommages pour les Américains,
01:21avec ces pressions du monde entier.
01:24Et bien sûr, et surtout, l'augmentation du prix du galon des 4 litres,
01:27donc sur le marché américain.
01:28Ça pèse quand même sur la base Maga.
01:30Ça risque de buser sur les mid-terms.
01:31Les mid-terms, c'est en novembre, donc ça nous fait quoi ?
01:33Dans 6-7 mois, c'est quand même assez proche dans la temporalité.
01:37Donc je ne veux pas dire que les Iraniens ont le temps pour eux,
01:39mais c'est une arme parmi d'autres.
01:40Deuxièmement, c'est une économie assez résiliente.
01:44Les sanctions, je vous donne un exemple.
01:46Quand il y a eu les sanctions américaines dès le début,
01:48les Iraniens ont un vrai problème de pièces détachées
01:50pour les hydrocarbures.
01:51Donc, à un moment, et on a vu ça,
01:54tu as vu voir ça, toi aussi, Didier, en Irak,
01:55des camions de pétrole brut iraniens
01:57allaient au Kurdistan d'Irak,
01:59se faire raffiner en Irak
02:00et revenaient pour livrer de l'essence aux voitures.
02:02C'est un exemple, mais il y a un vrai système de débrouille.
02:05Et pour finir, le système financier est totalement bloqué,
02:08évidemment, avec le système SWIFT.
02:09Il y avait ce qu'on appelle le Hawala,
02:11le système de transfert alternatif, la STA,
02:13comme on dit dans le jargon de l'ONU.
02:14Ça marche un peu moins parce que Dubaï,
02:16qui était la grande chambre de compensation,
02:18la banque, évidemment, de l'autre côté du Golfe,
02:20travaillait là-dessus avec au moins 300 entreprises iraniennes.
02:23Ça, c'est fini.
02:24Mais la compensation continue par d'autres moyens.
02:26Il y a même les banques turques, d'ailleurs,
02:28qui ont des relais de par le monde
02:29avec certaines autorités iraniennes.
02:31Donc, l'économie n'est pas morte.
02:34En revanche, grosse inflation,
02:36grosse pénurie sur des produits médicamenteux,
02:39première nécessité aussi.
02:40Et le peuple, évidemment, iranien, en souffre en premier.
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