- il y a 2 jours
Selon un sondage CSA, 67 % des Français reconnaissent l’existence d’un racisme anti-Blancs. Réalité niée, phénomène exagéré ou tabou instrumentalisé ? Pourquoi ce sujet fracture-t-il autant la société française ? Témoignages rares, parfois sous couvert d'anonymat, analyses et confrontation des discours politiques. Nous avons enquêté au cœur de cette polémique.
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00:00Pour certains, il s'agit d'un fantasme de l'extrême droite.
00:04Racisme anti-blanc, qui, je le rappelle, est une invention de l'extrême droite.
00:08Racisme anti-blanc, ce fléau qui touche, d'après les chiffres de l'INSEE, absolument personne.
00:14Pour d'autres, c'est une réalité implacable.
00:16Le racisme, il peut être un racisme anti-blanc.
00:18Ça existe, le racisme anti-blanc ?
00:20Bien sûr qu'il existe.
00:22Plus que jamais, le racisme anti-blanc est au cœur de tous les débats.
00:25Tout blanc, tout moche que vous êtes.
00:27Tout blanc, tout moche.
00:28Si jamais Marine Le Pen tenait ce discours-là en sens inverse, la polémique serait monstrueuse.
00:33Alors que 67% des Français reconnaissent son existence,
00:37enquête sur un sujet qui fracture profondément la société française dans la rue.
00:42Et là, elle est au téléphone avec sa pote, elle dit
00:45« Ouais, je vais les gifler ces blancs de merde, toujours les mêmes. »
00:48Ça n'arrive pas, ça passe pas.
00:49Je vois un blanc, bref.
00:51Dans les écoles.
00:52Dans la classe, on était 3 ou 4 blancs.
00:54On subissait les insultes quasiment tous les jours.
00:56La plus commune, c'était Salle Céphron, Salle Blanc, Salle Baptou.
01:00Dans certains quartiers, mais aussi sur les réseaux sociaux.
01:04C'est une Baptou, ma gueule.
01:05Est-ce que le racisme anti-blanc, ça existe ?
01:07Non.
01:08Nous sommes allés à la rencontre de ceux qui dénoncent.
01:11Le racisme anti-blanc existait bien.
01:14Le racisme anti-blanc, je pense sincèrement qu'il est là, il est présent.
01:16T'as peur, hein ? T'as peur, Salle Blanche.
01:18Si ça, c'est pas un acte de racisme anti-blanc, il faudra m'expliquer ce que c'est.
01:23Et d'autres qui contestent fermement son existence.
01:27Moi, je considère que ça n'existe pas, le racisme anti-blanc.
01:30Racisme anti-blanc.
01:32Le terme me pose un problème.
01:34Ces gens-là voudraient se rassurer.
01:36Et surtout, ils ne veulent pas être confrontés à leur propre racisme.
01:41Il y a tout un discours tenu par les antiracistes qui considère qu'il ne peut pas y avoir de
01:47racisme anti-blanc
01:48parce que les blancs seraient pour toujours des coupables du colonialisme.
01:53Alors, pourquoi le racisme anti-blanc divise-t-il à ce point ?
01:56Focus sur un tabou français.
02:11La publication d'un sondage CSA a fait l'effet d'une bombe.
02:15Selon cette étude, 67% des Français estiment qu'il existe un racisme anti-blanc.
02:2267% des Français, c'est considérable, c'est plus de deux tiers.
02:25Et ce chiffre prend dix points dans la catégorie 18-24 ans.
02:2978% des jeunes de 18-24 ans pensent que le racisme anti-blanc est une réalité.
02:35En 2026, une enquête IFOP réalisée à la demande de la LICRA révèle par ailleurs que 46% des Français
02:41déclarent avoir déjà été victimes d'une agression ou d'une discrimination à caractère raciste.
02:47Si la majorité des victimes sont perçues comme noires ou arabes,
02:51une autre catégorie émerge de plus en plus, celle des personnes perçues comme blanches,
02:55elles aussi confrontées à des actes ou des propos racistes.
03:00Effectivement, le chiffre est beaucoup plus élevé quand vous êtes une personne noire,
03:02vous êtes plus susceptible d'être victime de racisme dans votre vie.
03:06Par contre, quand vous reportez ces chiffres à l'ensemble de la population française,
03:10vous comprenez rapidement que c'est un chiffre extrêmement important de victimes pour les personnes blanches.
03:1639% de la population française perçue comme blanche dit avoir été victime de racisme.
03:22Si vous ramenez ça par une règle de trois à la population française, c'est un chiffre colossal.
03:26On parle de 20 millions de personnes, donc c'est énorme.
03:30C'est un phénomène qui est en train de se généraliser.
03:32Il est encore à mon sens minoré parce qu'il y a un phénomène de sous-déclaration.
03:37Mais là, on a un phénomène de non-déclaration.
03:40Pour vérifier si ces chiffres correspondent à la réalité du terrain, nous sommes allés à la rencontre des Français dans
03:46la rue pour recueillir leur opinion sur le racisme anti-blanc.
03:50Si certains réfutent totalement son existence...
03:53Moi, je considère que ça n'existe pas, le racisme anti-blanc.
03:56Si une personne blanche est en minorité, à un moment donné qu'elle subit de la haine, ça relève plus
04:01de la discrimination que du racisme.
04:02Pour moi, c'est trop fort de parler de racisme alors que ça...
04:05En touchant au racisme et au homo-racisme, on touche à tout ce qui s'est passé pendant l'empire
04:11colonialiste.
04:13D'autres reconnaissent qu'il s'agit bien d'une réalité.
04:16Le racisme anti-blanc existait bien.
04:19Le racisme anti-blanc, on en a beaucoup.
04:21Le racisme anti-blanc, il existe aujourd'hui. Je pense sincèrement qu'il est là, il est présent.
04:25Quand on injure des Français parce qu'ils sont blancs, on leur dit petit Blatou, petit Blanco ou petit Français
04:32de souche.
04:33Certains affirment même avoir été victimes de racisme anti-blanc de manière plus ou moins directe.
04:37Je me suis mariée avec un blanc. J'ai des enfants métissés.
04:41Et j'avais une voisine qui ne pouvait pas ni me parler ni me parler à mes enfants parce qu
04:47'ils étaient blancs pour elle.
04:48Il y a certains blancs qui n'aiment pas les noirs. Il y a certains noirs qui n'aiment pas
04:53les blancs.
04:54C'est-à-dire qu'ils ne se mélangent pas, ils n'approchent pas les blancs.
05:02Donc on rentrait de soirée, il était 23h environ.
05:06Donc on était en jupe, talons, enfin bien apprêtés.
05:09Et en fait, il y a une voiture sur le bas-côté qui commence à ralentir.
05:12Donc les fenêtres se baissent.
05:15Donc c'était des personnes issues de l'immigration, des personnes maghrébines qui commencent au début à nous dire
05:19« Oh là là, vous avez une démarche magnifique, mesdemoiselles, etc. »
05:23On leur répond qu'on n'est pas intéressés.
05:25Et donc là, on a eu le droit à « Je vais violer sale blanche. »
05:30T'as peur, hein ? T'as peur, sale blanche.
05:31Et voilà.
05:32Et c'était ça sur 20 mètres.
05:37Ce Lyonnais d'une trentaine d'années raconte avoir subi une agression raciste un soir dans le métro.
05:42Je sortais avec un ami.
05:44Et il y a un monsieur de cinquantaine d'années qui commençait à écouter des...
05:49Ce qui ne s'est pas arrêté au courant, mais ultra fort, sans écouteurs.
05:53Et en fait, je suis gentiment allé le voir pour lui demander s'il pouvait éteindre au moins, mettre des
05:57écouteurs.
05:58Après, il y a eu une groupe d'une dizaine de jeunes qui sont venus nous embrouiller,
06:01donc moi et mon ami, entre une salle française et en nous, littéralement, en crachant au visage.
06:06Une salle française de merde, un crach à la gueule.
06:08Et avant, il y avait eu des salles gouères et des salles blancs.
06:11Salles quoi ?
06:11Salles gouères.
06:13Gouères est un terme d'origine ottomane, une insulte utilisée en Afrique du Nord
06:17pour désigner une personne blanche, issue du monde occidental, ou un chrétien.
06:21Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient.
06:24Et là, elle est au téléphone avec sa pote, elle dit
06:27« Ouais, je vais les gifler ces blancs de merde, toujours les mêmes et tout. »
06:32En plein Nice, comme ça, il est minuit, on veut juste un burger tranquille, on n'a rien demandé.
06:37Et t'as une meuf qui nous dit « Je vais les gifler ces blancs de merde. »
06:41Waouh, la claque !
06:44Tout comme les propos qui s'apparentent à du racisme visant les personnes blanches.
06:48T'as un blanc de merde, si tu es blanche !
06:51T'as un blanc de merde, si tu es blanche !
06:54T'as un blanc de merde !
06:55Les blanches sont mâches !
06:57T'es quoi ?
06:58Tous les blancs sont mâches !
07:02Pas les blancs, les gouères !
07:03J'arrive pas, ça passe pas !
07:04C'est physiquement, c'est mentalement, c'est tout !
07:08Je vois un blanc !
07:09Et au-delà des incidents du quotidien, vous allez voir que ce phénomène peut, dans certains cas,
07:13engendrer des drames.
07:21Bien que l'apparition des condamnations pour racisme anti-blanc soit plutôt récente,
07:26les affaires tendent à se multiplier en France ces dernières années.
07:30La première condamnation pour racisme anti-blanc, c'est en 2014, donc c'est vraiment très très tard.
07:35Il y a eu une augmentation des histoires où on est confronté à du racisme anti-blanc.
07:40Là, c'est une certitude, on le constate en faisant une revue de presse tous les jours.
07:45Il y a une affaire emblématique pour moi, c'est la plus emblématique, c'est l'affaire de Lyon.
07:52Nous sommes en plein centre-ville de Lyon à l'automne 2021.
07:55Un homme venu défendre sa fiancée, insulté de salle blanche, est violemment pris à partie avant d'être passé à
08:02tabac.
08:02Place hétéro, 2h, 3h du matin, des amis sortent d'une soirée, un couple, disons une trentaine d'années.
08:11Et la jeune fille est abordée par deux ou trois individus d'origine maghrébine.
08:18Et ils font un plan de rague extrêmement lourd en présence du petit copain.
08:23Mais les autres insistent, notamment un en particulier, qu'il devient de plus en plus lourd, qu'il l'insulte,
08:30qu'il la traite de sale pute de blanche.
08:32Du coup, le petit copain qui est assez costaud va essayer de calmer le jeu, il va s'en mêler.
08:38Et là, il va être insulté, sale fils de pute de blanc, sale blanc.
08:44Et là, commence une bagarre.
08:45Une bagarre qui va être rouée de cou.
08:48Mais quand je dis rouée de cou, c'est rouée de cou.
08:50Il est jeté au sol, on lui met des coups de pied, des coups de poing.
08:52Il se fait massacrer.
08:56Alors que l'intervention des forces de l'ordre tarde, les agresseurs prennent la fuite sans être inquiétés dans les
09:01médias.
09:02La police arrive enfin, je crois, au bout de 35 minutes.
09:05Et là, la jeune fille dit, écoutez, moi, je peux les reconnaître.
09:08Est-ce que si on monte dans votre voiture, est-ce qu'on peut faire une patrouille et les retrouver
09:13?
09:14Et les policiers ont refusé en disant, écoutez, non, vous n'avez pas le droit de monter dans un véhicule
09:18de police.
09:18On a le signalement, c'est bon, on va s'en occuper.
09:21Inutile de vous dire qu'ils ne les ont jamais retrouvés.
09:24Ces jeunes ne seront ni identifiés ni poursuivis.
09:27Une forme d'impunité qui pose question et pourrait favoriser la répétition de ce type d'actes.
09:33Donc, il n'y a aucune espèce de bonne raison qu'ils arrêtent de se conduire comme ça.
09:39Donc, ils voient une belle nana dans la rue, ils la draguent, ils allaient avec son mec, c'est pas
09:42grave.
09:43Il y a deux mecs, c'est pas grave, de toute façon, ils sont trois et puis s'ils sifflent,
09:46ils sont dix.
09:47Donc, il n'y a aucune raison que ça s'arrête.
09:50Ils sont dans une impunité totale.
09:52Et même lorsque la justice se saisit du problème, ce genre de propos racistes ne sont en réalité que très
09:57peu réprimés.
09:59Il y a une loi qui interdit bien évidemment d'obtenir des propos racistes.
10:02Je crois que le maximum de la peine, c'est un an de prison ferme.
10:05Et on sait par définition qu'un an de prison ferme, même quand c'est prononcé, c'est pas effectué.
10:11On va les compter à 45 000 euros d'amende.
10:13Ils n'ont pas un rond.
10:15Donc, ils ne paieront jamais.
10:17Donc, ils n'iront pas en prison, ils ne paieront pas l'amende.
10:21Résultat, ça glisse comme l'eau sur la peau d'un canard.
10:26Autre affaire, direction Saint-Etienne lors des émeutes de 2023, suite à la mort du jeune Naël.
10:34Léo, un étudiant, est pris à partie en raison de sa couleur de peau.
10:37En marche de ces émeutes, la Saint-Etienne, il y a un jeune homme qui est sur sa bicyclette.
10:43Il se retrouve à un moment donné encerclé par plusieurs femmes voilées, jeunes filles voilées,
10:49qui se mettent à l'insulter, à le traiter de sale blanc, de sale français.
10:53Les insultes à caractère raciste fusent et la situation dégénère rapidement.
11:00Il arrive à ce moment-là un individu qui a un couteau à la main et qui va lui planter
11:05à quatre reprises des coups de couteau.
11:07Il va avoir le poumon perforé.
11:10Donc, et honnêtement, ce Léo, il n'a rien à voir avec cette histoire.
11:17Si ça, ce n'est pas un acte de racisme anti-blanc, il faudra m'expliquer ce que c'est.
11:27L'agresseur, auteur de coups de couteau, sera finalement condamné à sept ans de prison, dont un avec sursis.
11:32Une peine jugée clémente par certains.
11:34Moi, je veux bien, mais je trouve que ce n'est pas très cher pays.
11:39Ces dernières années, l'affaire de Crépole s'est imposée comme l'un des cas les plus emblématiques des soupçons
11:44de mise à l'écart de la dimension raciale.
11:48Le 19 novembre 2023, dans ce petit village de la Drôme, le jeune Thomas, 16 ans, a été poignardé à
11:54mort lors d'une violente Rix.
11:56Ça se passe dans un petit village. Il y a quelques centaines d'habitants dans ce village, à Crépole.
12:01Il y a un bal, une soirée dans la salle communale du village.
12:07Et tout le monde s'amuse. Il y a une équipe de rugby qui est sur place, qui s'amuse,
12:11ils font la fête, ils picolent un peu.
12:13Tout se passe plutôt bien jusqu'à ce qu'arrive une bande de la cité d'à côté.
12:19Ils viennent pour chercher la bagarre. Ils la trouvent d'ailleurs assez facilement et ça finit à coups de couteau.
12:25Et ça se finit quand même par la mort d'un jeune de 16 ans, Thomas Perrotto.
12:31Au cours de l'attaque, plusieurs témoins affirment avoir entendu des propos à caractère raciste.
12:35Le témoin dit clairement, moi j'ai entendu les agresseurs, quand ils sont arrivés, dire on est là pour tuer
12:43des blancs.
12:44Mais la justice ne retiendra pas la qualification raciste dans ce dossier.
12:48Si certains dénoncent une instrumentalisation de l'affaire par l'extrême droite, d'autres regrettent la décision de la justice.
12:54Ils sont venus, ils sont venus tuer du blanc, ils l'ont dit.
12:57Maintenant, il faut arrêter de faire croire aux gens que ce n'est pas vrai.
13:00Dix jours après, c'est la première chose qu'on a demandé, c'est que ce soit reconnu comme un
13:04crime anti-blanc.
13:05Parce que c'est exactement ce qui s'est passé.
13:07Je suis surpris par cette décision de l'instruction actuelle.
13:13Je pense que ça contribue d'ailleurs à alimenter ce sentiment d'impunité.
13:23Autre point de tension, Laurent de Béchade et son association n'ont pas été autorisés à se constituer partie civile
13:28dans cette affaire.
13:29Et il nous a été rétorqué que les insultes qui ont été diffusées dans la presse, donc à savoir «
13:36salgouère », « on va planter des blancs »,
13:39il a été considéré que ces termes ne visaient pas explicitement l'ensemble des personnes blanches, a priori.
13:47Que ce n'était pas un terme suffisamment généraliste pour que l'association puisse se constituer partie civile.
13:54Suivant le racisme combattu, l'homme dénonce une forme de deux poids deux mesures.
13:58Je tiens à préciser que dans d'autres procédures, avec des termes qui touchent peu à peu, peu ou prou
14:07un peu aux mêmes typologies de mots,
14:09qui concernent des actes anti-musulmans ou anti-arabes, notre association a pu se constituer partie civile.
14:16Donc il y a un blocage, je pense, qui est politique aujourd'hui pour les associations sur cette procédure.
14:22Vous parlez de racisme anti-blanc, vous êtes renvoyé en permanence à la catégorie infamante d'extrême droite.
14:28Donc les journalistes ne font que traduire dans l'espace médiatique, ce qui se dit dans l'espace savant universitaire.
14:40Malgré les chiffres et les faits concrets, une partie de la population continue de nier l'existence du racisme anti
14:46-blanc.
14:47Racisme anti-blanc est une expression que nous banalisons.
14:49Ce terme a été inventé par les blancs occidentaux pour éviter de s'éduquer sur le racisme et pour nier
14:55leurs privilèges.
14:56Racisme anti-blanc, le terme me pose un problème.
15:00En fait, c'est une manière de couper l'herbe sous le pied des gens qui se battent réellement contre
15:06le racisme.
15:06C'est pour dire, voilà, vous êtes tout le temps en train de vous plaindre, vous êtes toujours dans la
15:12victimisation.
15:13Ils ne comprennent pas au fait la douleur que ça représente pour quelqu'un, l'humiliation que ça représente pour
15:21quelqu'un quand il subit ça.
15:26Une position que l'on retrouve notamment dans certains courants des sciences sociales.
15:30Pour les sciences sociales, le racisme anti-blanc n'existe pas.
15:32Je donne quelques exemples. Éric Fassin, qui est le pape des études de genre, de racialisme, qui a chevalé entre
15:39la France et les Etats-Unis, nous dit que pour les sciences sociales, ça n'existe pas.
15:43Vous prenez un personnage aussi éminent que Hervé Le Bras, qui a été le grand patron de l'INED, l
15:48'Institut national de la démographie, le racisme anti-blanc n'existe pas.
15:51Vous prenez le Collège de France, c'est-à-dire l'institution la plus prestigieuse en France, universitaire, savante.
15:56Et bien Éric Fassin nous dit que ça n'existe pas, parce qu'elle ne conçoit le racisme que d
16:01'une façon asymétrique.
16:03Des dominants, en l'occurrence les blancs, qui sont les oppresseurs, ce sont ces termes, je reprends les termes de
16:08la gauche, contre les dominés ou les oppressés, qui sont les racisés.
16:12Donc c'est un racisme qui est à sens unique.
16:17François Bousquet fait figure de pionnier sur le sujet.
16:20Dans son ouvrage Salles Blancs, il compile des dizaines de témoignages de Français, affirmant avoir été victime de racisme en
16:26raison de leur couleur de peau.
16:28Personne n'a jamais travaillé sur ce sujet-là, c'est ça qui est fascinant.
16:30Si vous allez dans une bibliothèque universitaire, il y a des kilomètres de lignières, mais des kilomètres de bouquins, pour
16:35nous expliquer que les blancs sont racistes, sont ataviquement racistes, sont structurellement racistes.
16:41Il n'y a rien, nada, il n'y a rien du tout sur le racisme anti-blanc, il n
16:45'y a pas une seule enquête.
16:46Ne pas reconnaître l'existence du racisme anti-blanc dans les disciplines académiques, sociologiques, que sais-je, etc.
16:53Toutes les sciences sociales, c'est ouvrir la porte au racisme, c'est le légitimer.
16:58Tout ce qui n'est pas interdit est autorisé.
17:00Et même au sein d'organisations historiquement engagées dans la lutte contre les discriminations, comme la LICRA au SOS Racisme,
17:07« La question du racisme anti-blanc semble, pour certains observateurs, peu abordée. »
17:12La question du racisme anti-blanc, c'est l'angle mort de l'antiracisme aujourd'hui.
17:17L'antiracisme, aujourd'hui institutionnel en France, ne souhaite pas spécialement aborder ce sujet.
17:23À travers les plus grosses associations, moi je pense particulièrement à SOS Racisme aujourd'hui,
17:27qui est une association qui est anti-universaliste,
17:30qui dénonce l'ensemble des formes de racisme, qui se refuse à employer l'expression de racisme anti-blanc.
17:35Comme s'il y avait une gêne, Dominique Sopo, qui est son président, et anti-universaliste.
17:39Et moi je ne comprends pas aujourd'hui comment en France on continue de financer les associations anti-universalistes,
17:44qui ne sont pas des associations anti-racistes rassembleuses,
17:48mais qui excluent donc des personnes, des communautés, ou en tout cas c'est perçu comme tel.
17:52Et en les excluant, elles créent des tensions énormes.
17:55À partir du moment où vous expliquez qu'en réalité la réalité est plus complexe,
17:59que les Blancs eux-mêmes, mais tout simplement que les classes populaires,
18:02les Français ordinaires peuvent eux aussi être victimes de racisme,
18:07ou bouleverser le grand récit anti-raciste qui a été mis en place.
18:12Ce discours vient perturber ceux qui ont fait de l'anti-racisme une rente,
18:17ceux qui en ont fait un métier quasiment,
18:20qui préfèrera qu'on s'en tienne à une lecture totalement manichéenne.
18:27Face à ce constat, Laurent Béchade a créé l'association Léa,
18:30avec pour objectif la lutte contre toutes les formes de racisme,
18:34mais aussi le fait de dénoncer ce qu'ils considèrent comme des inégalités,
18:38au sein même de l'anti-racisme.
18:40Quand on a créé l'association Léa, on a remarqué qu'effectivement,
18:44la question du racisme anti-Blanc et du manque d'universalisme,
18:47mais aussi des dérives de l'anti-racisme, émergeaient.
18:51On s'est dit qu'il y avait vraiment un problème,
18:54c'est qu'il manquait un acteur véritablement universaliste
18:57qui allait parler de tous les sujets sans faire d'exception
19:00et qui allait être réellement rassembleur.
19:02Moi, ce que je constate encore aujourd'hui,
19:04c'est que l'anti-racisme faillit à sa tâche, il l'exclut,
19:07et en plus, il stigmatise et il crée des tensions encore plus énormes.
19:12Les associations antiracistes existent depuis 40 ans.
19:15Est-ce que vous croyez qu'en France, aujourd'hui,
19:16la société est plus apaisée qu'avant ? Je ne pense pas.
19:19Je pense que c'est un échec complet,
19:20et que l'anti-racisme manque d'universalisme
19:23et qu'il faut aujourd'hui lui donner un second souffle.
19:30Mais c'est sans doute dans le champ politique
19:32que le sujet cristallise le plus de tensions,
19:34notamment au sein du parti d'extrême-gauche,
19:36la France Insoumise.
19:39En mars dernier, lors d'un meeting,
19:41son leader, Jean-Luc Mélenchon,
19:42prononce une phrase qui suscite la polémique.
19:45Il y a même bien fallu qu'il y en ait un jour
19:47un ou une qui se mette debout sur ses pattes
19:49à l'autre bout du continent africain
19:51pour qu'à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins,
19:54tout blanc, tout moche que vous êtes.
19:55Bon, alors...
19:58Ces propos, qui s'apparentent clairement
19:59à du racisme anti-blanc,
20:01n'ont pas suscité de condamnation claire,
20:03ni bénéficié d'une large couverture médiatique.
20:06Mélenchon a le droit de le dire,
20:07ça entraîne des micro-polémiques,
20:09mais pas une polémique nationale.
20:10Parler de racisme anti-blanc,
20:12je sais qu'il y a beaucoup de gens qui en ont peur.
20:14Je pense que c'est un sujet
20:15sur lequel, effectivement, certains médias
20:17ne veulent pas aborder
20:18parce qu'ils ont peur que ça puisse stigmatiser
20:20d'autres communautés,
20:21alors que c'est pas du tout le cas,
20:22c'est tout l'inverse, justement.
20:23Je pense qu'encore une fois,
20:24si on libérait la parole sur cette thématique,
20:27la société se porterait mieux.
20:29Tout blanc, tout moche que vous êtes.
20:31Bon, alors...
20:32Donc, il y a un discours qui est autorisé.
20:35Tout blanc, tout moche.
20:36Si jamais Marine Le Pen,
20:38tenez ce discours-là,
20:39ou Jordan Bardella, peu importe,
20:40ou Éric Ciotti,
20:41je veux dire, élargissons la focale,
20:43ou David Lina, voilà.
20:44C'est comme ça qu'on parle des ALR.
20:46Tenez ce discours-là en sens inverse,
20:48la polémique serait monstrueuse.
20:52Au-delà de la polémique,
20:54un point interroge.
20:55Ses propos ont été tenus
20:56par une personnalité elle-même blanche,
20:58une situation révélatrice d'un paradoxe,
21:01où l'appartenance à un groupe
21:02n'empêcherait pas l'adhésion
21:04à des discours critiques,
21:05voire hostiles,
21:06à l'égard de celui-ci.
21:07C'est un peu une sorte de masochisme occidental,
21:10encore que lui-même,
21:13dans son inconscient tourmenté,
21:15ne se voit pas vraiment comme un blanc.
21:18Quand quelqu'un traite quelqu'un de beauf,
21:21c'est quoi le beauf ?
21:22C'est que lui-même
21:24ne se conditaille pas comme son frère.
21:27Eux sont déjà ailleurs.
21:30Faut comprendre ça.
21:34Et question racisme anti-blanc,
21:36Jean-Luc Mélenchon est loin d'être
21:38un cas isolé au sein de la France insoumise.
21:40À la Courneuve,
21:41le nouveau maire Ali Duara
21:42a récemment expliqué
21:43ne pas souhaiter intégrer
21:44de personnes blanches
21:45sur sa liste électorale.
21:46La première fois que je me suis présenté,
21:48je te promets,
21:49on m'a dit deux choses.
21:51Un,
21:53mets un blanc dans ton équipe.
21:55Si tu veux, faire un score.
21:57Je lui ai dit,
21:57non, c'est pas comme ça que ça marche.
21:59C'est fini ça.
22:00Je préfère perdre 5 points,
22:0210 points,
22:02mais rester sur la conviction.
22:04Autre exemple,
22:05le député Carlos Martens Bilongo,
22:07qui évoquait une pauvreté intellectuelle
22:09dans le nord de la France.
22:10Il y a eu des ouvrages là-dessus,
22:11sur le statistique
22:12par rapport au racisme.
22:13C'est-à-dire le territoire
22:14où les gens n'ont pas de diplôme.
22:16Là où tu as une pauvreté intellectuelle,
22:17dans les territoires,
22:19dans le nord de la France,
22:20les racistes sont en avant.
22:21Quant à Thomas Porte,
22:22député LFI de Seine-Saint-Denis,
22:24il a dénoncé un rugby
22:25qu'il juge raciste
22:26en soulignant la couleur de peau
22:28de ceux qui le pratiquent
22:29au niveau amateur.
22:30J'ai joué depuis que je suis petit au rugby
22:32et on n'était quasiment que des blancs.
22:33Et en plus,
22:34là, je vois la vidéo
22:34de la...
22:36Le...
22:37Le cliché !
22:38Le cliché !
22:38de cette catastrophe-là,
22:39c'est la cérémonie
22:40de Coupe du Monde
22:41avec Jean Dujardin,
22:42la baguette de pain,
22:43le Marcel et la moustache.
22:45Je veux dire, c'est bon, quoi.
22:46C'est caricatural ?
22:47Bien sûr.
22:49L'extrême-gauche d'aujourd'hui
22:52ne défend plus
22:54le prolétaire blanc.
22:56Elle racise
22:57tous les rapports humains.
22:59LFI racialise à outrance
23:01le corps social.
23:02Ils ne font que ça.
23:03Donc, en réalité,
23:04c'est très ironique
23:05de les voir dénoncer le racisme
23:07alors qu'ils sont porteurs
23:08d'une vision racialiste.
23:09Ils ne le savent pas eux-mêmes.
23:11Mais ils sont dans une soumission
23:15intellectuelle
23:15et quasi physique
23:17par rapport à ce qu'ils appellent
23:19la Nouvelle France.
23:20Pour autant,
23:21certaines voix à gauche
23:22se démarquent,
23:23comme celle de Fabien Roussel,
23:24secrétaire national
23:25du Parti communiste français.
23:27Ça existe,
23:27le racisme anti-blanc ?
23:28Bien sûr qu'il existe,
23:29mais le racisme anti-blanc,
23:30le racisme anti-noir,
23:31le racisme anti-chinois,
23:32anti-asiatique.
23:33Une prise d'opposition
23:35qui a suscité
23:35de vives réactions,
23:37notamment de la part
23:37de l'eurodéputé LFI,
23:39Rima Hassan,
23:39qui s'en est vivement prise à lui
23:41sur les réseaux sociaux.
23:42« Je suis outré
23:43par cette communication.
23:44Vous n'avez eu aucune retenue
23:45pour parler de racisme anti-blanc
23:47sur ces news.
23:48Vous vous foutez vraiment
23:49de notre gueule
23:49du matin au soir. »
23:51Rima Hassan,
23:52qui appelait par ailleurs récemment
23:53à privilégier les candidats
23:54d'y raciser
23:55au sein même
23:56de son camp politique,
23:57au détriment,
23:58à force yori,
23:58des candidats blancs.
24:00« Dans un État raciste
24:01qui relativise
24:02son histoire coloniale,
24:04voire qui la glorifie,
24:05il n'y a qu'une seule façon
24:06de s'affranchir
24:07de ces chaînes,
24:09élire celles et ceux
24:10qui nous ressemblent
24:11et qui parlent à vos cœurs
24:12plutôt qu'à vos peurs.
24:14Ali,
24:16Mohamed
24:16et Betty
24:17et la liste
24:18Nous la Courneuve
24:19qu'ils portent
24:20sont de cela. »
24:26Derrière ces prises de position,
24:28un concept revient régulièrement
24:29dans le débat public,
24:30celui de racisme systémique.
24:32« Le racisme anti-blanc
24:34n'existe pas.
24:35Le racisme
24:36s'est fait de manière systémique
24:38et ça peut empêcher
24:39une personne
24:40d'accéder à un statut social. »
24:41Autrement dit,
24:42des mécanismes de discrimination
24:43intégrés dans certaines structures
24:45de la société,
24:46comme l'accès à l'emploi
24:47ou au logement.
24:48« La question du racisme,
24:49on le vit au quotidien
24:50lorsque vous cherchez
24:52un appartement,
24:53évidemment,
24:54lorsque vous cherchez
24:55un travail,
24:56lorsque vous cherchez
24:57même un stage.
24:59Évidemment que c'est
25:00toujours plus simple
25:01pour toi
25:01quand tu t'appelles
25:02les gens,
25:03quand tu t'appelles
25:04Mohamed,
25:04c'est une réalité.
25:06On se mentirait
25:07si on disait
25:08que ce n'était pas vrai. »
25:09Selon le rappeur
25:10engagé Rost,
25:11c'est ce racisme systémique
25:12qui pousserait
25:13certains jeunes
25:14à sombrer
25:14dans la délinquance.
25:15Certains là
25:16qui font les trafics,
25:18quand on discute
25:19avec eux,
25:20ils vous disent clairement,
25:21ils disent « Regarde,
25:21moi j'ai mon grand frère,
25:22il a un bac plus 5,
25:25il a fait des grandes études,
25:27il est formé,
25:29il ne trouve pas de boulot,
25:30ça fait des années
25:31qu'il ne trouve pas de boulot.
25:32En attendant,
25:33je suis désolé,
25:33mais c'est moi
25:35qui emmène de l'oseille.
25:38qu'est-ce que vous voulez dire
25:39à ce gosse ?
25:41Qu'est-ce que vous voulez dire
25:42à ce gosse ? »
25:46Si les formes
25:47et les conséquences
25:48du racisme visant
25:48les personnes noires
25:49ou arabes
25:50ne sont pas identiques
25:51à celles du racisme anti-blanc,
25:53Laurent Béchade
25:53rappelle néanmoins
25:54qu'il est impossible
25:55d'en nier l'existence.
25:56Le racisme anti-blanc
25:57n'est pas un racisme
25:58à proprement dit
25:59ségrégatif.
26:00C'est-à-dire que
26:00vous n'avez pas forcément
26:01de difficulté
26:02à avoir un emploi,
26:04à rechercher un appartement.
26:06Donc c'est un état de fait,
26:07c'est un racisme
26:08qui est non-ségrégationniste
26:10mais qui se traduit
26:11parfois ou majoritairement
26:13plutôt par de la violence verbale
26:14et de la violence physique.
26:15Et ça,
26:16c'est important de le souligner
26:17parce que ça témoigne
26:18de sa réalité.
26:19Ce n'est pas parce qu'il est différent
26:20des autres formes de racisme
26:21qu'il n'existe pas.
26:24Parmi les nombreux témoignages
26:26que nous avons recueillis,
26:27beaucoup trouvent leur origine
26:28dans l'enfance
26:29et plus particulièrement
26:30dans le cadre scolaire.
26:32Dans la classe,
26:33on était 3 ou 4 blancs,
26:35pas plus.
26:36On subissait des insultes
26:37quasiment tous les jours.
26:38La plus commune,
26:39c'était Salle Céphron,
26:41Salle Blanc,
26:41Salle Baptou,
26:42mais surtout Salle Céphron.
26:43On retourne en permanence
26:44sur l'adolescence
26:45parce que les univers adolescents
26:47sont des univers désinhibés.
26:48C'est au collège principalement
26:49que ça se manifeste
26:50à la jointure
26:51de la France des quartiers
26:52et de la France périphérique.
26:55Très élite,
26:56j'ai été prise pour SIEM.
26:58On me disait
26:59Salle Baptou,
27:00Tapette française,
27:01trop blanche pour être
27:02dans ce collège
27:02et plein d'autres insultes
27:04du même genre.
27:05Le harcèlement,
27:05ça n'arrêtait pas.
27:09D'anciens élèves
27:10prennent aujourd'hui la parole
27:11mais bien souvent,
27:12ils préfèrent rester anonymes
27:14par crainte de représailles.
27:15J'ai une centaine de témoins
27:16mais je pourrais en avoir
27:17beaucoup plus
27:18même s'il est difficile
27:18au début d'avoir des témoins
27:19parce qu'ils ont tous peur.
27:20Il y a un mécanisme
27:22d'inversion accusatoire.
27:23Trouver un témoin
27:24qui veuille apparaître
27:25face caméra,
27:26ça relève de la gageure.
27:28Tellement ils ont peur
27:28de perdre leur emploi,
27:29de se fâcher
27:30avec leur cercle amical,
27:31de sociabilité.
27:33Les tensions ne se limitent pas
27:35à la cour de récréation.
27:36Elles se manifestent aussi
27:38à la cantine.
27:39Au moment du ramadan,
27:40il y avait 12 élèves
27:41qui mangeaient à la cantine
27:42sur l'ensemble
27:42de l'établissement.
27:44Alors ça ne veut pas dire
27:45qu'ils étaient tous musulmans.
27:46Ça veut dire
27:47que les autres avaient peur
27:48parce que tous les élèves
27:49qui mangeaient à la cantine
27:50se faisaient tabasser à la sortie.
27:52Donc les élèves préféraient
27:53ne pas manger,
27:54se cacher pour essayer
27:55de boire quelque chose
27:56dans les toilettes.
27:57Mais ils n'osaient pas
27:58parce que c'était considéré
28:00comme de la provocation
28:01de manger à ce moment-là.
28:02Même parmi les professeurs,
28:03beaucoup ne mangeaient pas
28:04à la cantine.
28:04On se planquait
28:05dans la salle des profs
28:06pour manger.
28:08Une professeure exerçant
28:10en banlieue parisienne
28:10se souvient, elle,
28:12d'élèves devenus hostiles
28:13lorsqu'elle évoquait
28:14son attachement à la France.
28:16J'avais des élèves
28:16qui éclataient de rire.
28:18Vraiment,
28:18tout le monde croyait
28:19que c'était la meilleure blague
28:21quand je leur avais dit
28:22que j'aimais la France
28:23et que c'était un beau pays.
28:24Il y avait aussi
28:25un autre élève
28:25d'origine italienne,
28:26il s'appelait Joseph.
28:27Sa mère était venue me voir
28:28paniquer,
28:29une croix autour du cou.
28:30Mon fils,
28:31il me dit
28:33que j'ai le choix
28:34entre le faire sortir de l'école
28:36ou qu'ils se convertissent
28:37à l'islam
28:38pour survivre.
28:41C'est aussi à l'école
28:43que l'on aborde l'histoire,
28:44notamment le passé colonial
28:45de la France.
28:46Un enseignement essentiel
28:48mais qui peut parfois
28:48être détourné
28:49par des élèves
28:50pour viser d'autres camarades
28:51en les renvoyant
28:52à une responsabilité historique
28:54qu'ils n'ont pas vécue.
28:56Quand on parlait
28:57de la guerre d'Algérie
28:57par exemple
28:58qui est au programme
28:59au lycée,
29:00les Français
29:01c'est vraiment
29:01les méchants,
29:03tout ce qu'on a fait
29:04c'est mauvais,
29:05on a tué des milliers
29:06de personnes,
29:07on est horrible
29:07et puis ces personnes-là
29:08qui sont issues
29:09de l'immigration
29:09et qui sont algériennes,
29:11vous sentez un peu
29:12leur regard sur vous
29:13quand on explique ça.
29:15Vous le sentez
29:16que vous êtes
29:17un peu pointé du doigt
29:18à un moment donné
29:18c'est tes ancêtres
29:19qui ont fait ça
29:19mais t'as pas honte.
29:21Pendant deux ans
29:21j'étais la seule blanche
29:23de ma classe.
29:24Dans le collège
29:25sur à peu près
29:26300 élèves
29:26on n'excédait pas
29:27une dizaine.
29:28Je ne m'étais jamais
29:29posé la question
29:29de ma couleur de peau
29:30ou de mes origines
29:32et eux l'ont mis en avant.
29:33Ça a découlé
29:35beaucoup de questions
29:35et beaucoup d'exclusions aussi.
29:37Les cours d'histoire
29:38étaient très compliqués
29:39parce qu'en fait
29:40tout était de ma faute.
29:41Toute cette repentance
29:42je l'ai sentie aussi
29:43au travers de mes camarades
29:44de classe.
29:45On me volait mes affaires,
29:47on téléphone,
29:48ce genre de choses.
29:49À la fin de la sixième
29:51ça a été des coups
29:52parce qu'au bout d'un moment
29:53j'en avais marre
29:53de me laisser faire.
29:54La première fois
29:55que j'ai répondu
29:56après ça a été des coups
29:57pendant un an et demi.
30:00La France a une histoire,
30:01elle a une histoire coloniale
30:03et donc il y a des gens
30:04qui sont encore
30:04dans cet état d'esprit-là.
30:06Et donc il y a un fonctionnement
30:08d'un système
30:09qui est insidieux
30:11mais qui a ces conséquences-là.
30:13Que nous ayons notre part
30:14de faute,
30:15ça tombe sous le sens.
30:16Chaque peuple a un passif
30:17mais chaque peuple a un actif.
30:19Or à écouter nos historiens
30:22mainstream,
30:22Collège de France,
30:24nos journalistes,
30:25des médias centraux,
30:27nous sommes globalement coupables.
30:29Notre passé est un passif
30:31et je le redis,
30:33si je me réclame de mon père,
30:35je me réclame de la totalité
30:36de mon père.
30:37Ce qu'il a fait de bien
30:38et ce qu'il a fait de mal.
30:39Or aujourd'hui
30:40on se réclame que
30:41de ce que nos parents
30:41ont fait de mal
30:42et nos grands-parents
30:43ont fait de mal.
30:44Donc c'est ce récit national
30:45qu'il faut restaurer.
30:47Il faut en finir
30:48avec ce masochisme.
30:49Il y a tout un discours
30:50tenu par les antiracistes
30:52qui considère
30:53qu'il ne peut pas y avoir
30:54de racisme anti-blanc
30:56parce que les blancs
30:57seraient pour toujours
30:58des coupables
31:00du colonialisme,
31:01du racisme
31:02et donc que les racisés
31:03comme ils disent
31:05sont des victimes
31:06paressants.
31:06Je crois que c'est
31:07une vision absolument
31:08manichéenne
31:09qui oppose les personnes
31:11les unes aux autres
31:12et moi je suis pour un
31:13un antiracisme
31:14universalisme.
31:15On sait bien
31:15que le sentiment raciste
31:17peut exister
31:17dans toutes les cultures,
31:19dans tous les pays
31:21et en faire simplement
31:23l'apanage des blancs,
31:24je crois que c'est
31:26se tromper.
31:32Et si la progression
31:33de ces actes
31:34était aussi alimentée
31:35en partie par certains
31:36discours venus
31:37du monde médiatique
31:38et culturel.
31:39Récemment,
31:39un humoriste
31:40de l'émission quotidien
31:41présenté par Yann Barthès
31:42affirmait ne pas croire
31:44à l'existence
31:44du racisme
31:45visant les personnes blanches.
31:46L'autre grande victime
31:47de cette finale
31:48c'est évidemment Marine,
31:50victime comme CNews
31:51l'avait rappelé
31:51de racisme anti-blanc.
31:53Ce fléau
31:54qui touche
31:55d'après les chiffres
31:55de l'INSEE
31:56absolument personne
31:58et qui fait
31:59zéro dégâts
32:00dans des régions
32:01comme Nulle part sur Loire.
32:03De son côté,
32:04l'humoriste
32:04Mustapha El Atraci
32:05s'en est pris
32:06violemment aux blancs
32:07qu'il appelle
32:08les gouères
32:08dans l'un de ses spectacles.
32:09Tout le temps qu'on perd
32:10à s'insulter
32:11entre Marocains
32:11et Algériens
32:12c'est du temps perdu
32:13à insulter les gouères.
32:15Libérer du temps
32:16pour les gouères.
32:17Toi c'est très risqué
32:18ce que tu fais.
32:20Vous allez où ?
32:22Ça y est ?
32:23Mais pourquoi ?
32:26En vrai ?
32:27C'est Tunisien ?
32:29Ben t'es qui alors ?
32:32Et alors ?
32:36C'est fou ça ?
32:39Aucune sanction
32:40n'a été retenue contre lui.
32:42Enfin, en 2018,
32:43le rappeur Nick Conrad
32:44publie un morceau
32:45au titre à peine croyable
32:47« Pendez les blancs ».
32:51Le clip,
32:52aujourd'hui retiré
32:53des plateformes,
32:54était d'une violence inouïe.
32:55Dans le clip,
32:56on voyait une incitation
32:58au fait d'assassiner
32:59des personnes blanches.
33:00Il y avait une jeune fille blanche
33:01qui se faisait étrangler
33:02par le rappeur
33:04et de manière
33:05totalement explicite.
33:06Pour avoir publié
33:07ce morceau
33:08incitant clairement
33:09à la haine
33:09et la violence
33:10envers les blancs,
33:11Nick Conrad
33:11n'écopera que
33:12d'une sanction symbolique.
33:13Il a été condamné
33:15à 5000 euros
33:16avec sursis.
33:18C'est-à-dire qu'on est loin
33:19des condamnations pénales
33:22habituelles
33:23en matière de racisme.
33:25Les juges
33:26ont induit
33:27par exemple
33:28le fait que le rap,
33:29la culture du rap
33:31serait violente.
33:32Donc,
33:33si le rappeur
33:35est violent
33:36avec les mots,
33:38eh bien,
33:38on ne peut pas
33:39l'en blâmer judiciairement
33:40puisque ça fait partie
33:42de sa culture.
33:43C'est quelque chose
33:44d'horriblement pernicieux.
33:46Il faut voir
33:47jusqu'où se loge
33:49le déni
33:50du racisme anti-blanc.
33:53Des salles de classe
33:54au terrain de sport,
33:56des faits divers
33:56aux débats politiques
33:57et culturels,
33:58une même fracture apparaît.
34:00Reste à savoir
34:01si dans les années à venir,
34:03la société française
34:03choisira d'affronter
34:04toutes les formes
34:05de racisme
34:06avec la même exigence
34:07ou si certaines
34:08continueront d'être minimisées
34:10au risque de voir
34:11les tensions s'aggraver.
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