Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Document CNews sur le racisme anti-blanc

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Pour certains, il s'agit d'un fantasme de l'extrême droite.
00:04Racisme anti-blanc qui, je le rappelle, est une invention de l'extrême droite.
00:08Racisme anti-blanc, ce fléau qui touche d'après les chiffres de l'INSEE, absolument personne.
00:14Pour d'autres, c'est une réalité implacable.
00:16Le racisme, il peut être un racisme anti-blanc.
00:18Ça existe le racisme anti-blanc ?
00:20Bien sûr qu'il existe.
00:21Plus que jamais, le racisme anti-blanc est au cœur de tous les débats.
00:25Tout blanc, tout moche que vous êtes.
00:26Tout blanc, tout moche.
00:28Si jamais Marine Le Pen tenait ce discours-là en sens inverse, la polémique serait monstrueuse.
00:33Alors que 67% des Français reconnaissent son existence, enquête sur un sujet qui fracture profondément la société française dans
00:41la rue.
00:42Et là, elle est au téléphone avec sa pote, elle dit « Ouais, je vais les gifler ces blancs de
00:47merde, toujours les mêmes. »
00:48J'arrive pas, ça passe pas.
00:49Je vois un blanc de blanc.
00:51Dans les écoles.
00:52Dans la classe, on était 3 ou 4 blancs.
00:54On subissait des insultes quasiment tous les jours.
00:56La plus commune, c'était Salsé-Franc, Sals-Blanc, Sals-Baptou.
01:00Sur les terrains de football.
01:01Cette année, j'ai qu'un seul blanc dans l'équipe.
01:04Souvent, on peut me vanner parce qu'on va me dire le petit blanc, la blondinette, tout ça.
01:08Dans certains quartiers, mais aussi sur les réseaux sociaux.
01:11C'est une Baptou, ma gueule.
01:13Est-ce que le racisme anti-blanc, ça existe ?
01:15Non.
01:16Nous sommes allés à la rencontre de ceux qui dénoncent.
01:19Le racisme anti-blanc existait bien.
01:21Le racisme anti-blanc, je pense sincèrement qu'il est là, il est présent.
01:24T'as peur, hein ? T'as peur, ça le blanche.
01:26Si ça, c'est pas un acte de racisme anti-blanc, il faudra m'expliquer ce que c'est.
01:31Et d'autres qui contestent fermement son existence.
01:35Moi, je considère que ça n'existe pas, le racisme anti-blanc.
01:38Racisme anti-blanc.
01:40Le terme me pose un problème.
01:42Ces gens-là voudraient se rassurer.
01:44Et surtout, ils ne veulent pas être confrontés à leur propre racisme.
01:49Il y a tout un discours tenu par les antiracistes qui considère qu'il ne peut pas y avoir de
01:54racisme anti-blanc
01:56parce que les blancs seraient pour toujours des coupables du colonialisme.
02:01Alors, pourquoi le racisme anti-blanc divise-t-il à ce point ?
02:04Focus sur un tabou français.
02:19La publication d'un sondage CSA a fait l'effet d'une bombe.
02:23Selon cette étude, 67% des Français estiment qu'il existe un racisme anti-blanc.
02:3067% des Français, c'est considérable, c'est plus de deux tiers.
02:33Et ce chiffre prend dix points dans la catégorie de 18-24 ans.
02:3778% des jeunes de 18-24 ans pensent que le racisme anti-blanc est une réalité.
02:42En 2026, une enquête IFOP réalisée à la demande de la LICRA révèle par ailleurs que 46% des Français
02:49déclarent avoir déjà été victimes d'une agression ou d'une discrimination à caractère raciste.
02:55Si la majorité des victimes sont perçues comme noires ou arabes,
02:58une autre catégorie émerge de plus en plus, celle des personnes perçues comme blanches,
03:03elles aussi confrontées à des actes ou des propos racistes.
03:07Effectivement, le chiffre est beaucoup plus élevé quand vous êtes une personne noire,
03:10vous êtes plus susceptible d'être victime de racisme dans votre vie.
03:14Par contre, quand vous reportez ces chiffres à l'ensemble de la population française,
03:18vous comprenez rapidement que c'est un chiffre extrêmement important de victimes pour les personnes blanches.
03:2439% de la population française perçue comme blanche dit avoir été victime de racisme.
03:30Si vous ramenez ça par une règle de 3 à la population française, c'est un chiffre colossal.
03:34On parle de 20 millions de personnes, donc c'est énorme.
03:38C'est un phénomène qui est en train de se généraliser.
03:40Il est encore, à mon sens, minoré, parce qu'il y a un phénomène de sous-déclaration.
03:45Mais là, on a un phénomène de non-déclaration.
03:48Pour vérifier si ces chiffres correspondent à la réalité du terrain,
03:52nous sommes allés à la rencontre des Français dans la rue
03:54pour recueillir leur opinion sur le racisme anti-blanc.
03:58Si certains réfutent totalement son existence...
04:01Moi, je considère que ça n'existe pas, le racisme anti-blanc.
04:04Si une personne blanche est en minorité, à un moment donné qu'elle subit de la haine,
04:08ça relève plus de la discrimination que du racisme.
04:10Pour moi, c'est trop fort de parler de racisme alors que ça...
04:12En fait, en touchant au racisme et au mot racisme, on touche à tout ce qui s'est passé pendant
04:19l'empire colonialiste.
04:21D'autres reconnaissent qu'il s'agit bien d'une réalité.
04:24Le racisme anti-blanc existait bien.
04:27Le racisme anti-blanc, on en a beaucoup.
04:29Le racisme anti-blanc, il existe aujourd'hui.
04:31Je pense sincèrement qu'il est là, il est présent.
04:33Quand on injure des Français parce qu'ils sont blancs,
04:36ils leur disent « petit blanco » ou « petit français de souche ».
04:40Certains affirment même avoir été victime de racisme anti-blanc, de manière plus ou moins directe.
04:45Je me suis mariée avec un blanc.
04:47J'ai des enfants métissés.
04:49J'avais une voisine qui ne pouvait pas ni me parler ni me parler à mes enfants
04:54parce qu'ils étaient blancs pour elle.
04:56Il y a certains blancs qui n'aiment pas les noirs.
04:59Il y a certains noirs qui n'aiment pas les blancs.
05:01C'est-à-dire qu'ils ne se mélangent pas, ils n'approchent pas les blancs.
05:10On rentrait de soirée, il était 23h environ.
05:14On était en jupe, talons, bien apprêtés.
05:17Il y a une voiture sur le bas-côté qui commence à ralentir.
05:20Les fenêtres se baissent.
05:22C'était des personnes issues de l'immigration, des personnes maghrébines,
05:25qui commencent au début à nous dire
05:27« oh là là, vous avez une démarche magnifique, mesdemoiselles, etc. »
05:31On leur répond qu'on n'est pas intéressés.
05:33Et donc là, on a eu le droit à « je vais violer sale blanche ».
05:37« T'as peur, hein ? T'as peur, sale blanche. »
05:40Et voilà. Et c'était ça sur 20 mètres.
05:45Ce Lyonnais d'une trentaine d'années raconte d'avoir subi une agression raciste un soir dans le métro.
05:50Je sortais avec un ami et il y a un monsieur de cinquantaine d'années
05:54qui commençait à écouter ce qui se paraîtait au courant, mais ultra fort, sans écouteurs.
06:01Et en fait, je suis gentiment allé le voir pour lui demander s'il pouvait éteindre, au moins mettre des
06:04écouteurs.
06:06Après, il y a eu une dizaine de jeunes qui sont venus nous embrouiller.
06:09Donc moi et mon ami, on est en train d'une salle française et en nous, littéralement, en crachant au
06:13visage.
06:14Une salle française de merde, un crachat à la gueule.
06:16Et avant, il y avait eu des sales gouères et sales blancs.
06:18Sales quoi ?
06:19Sales gouères.
06:21Gouère est un terme d'origine ottomane, une insulte utilisée en Afrique du Nord pour désigner une personne blanche,
06:27issue du monde occidental ou un chrétien.
06:29Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient.
06:32Et là, elle est au téléphone avec sa pote, elle dit « Ouais, je vais les gifler ces blancs de
06:37merde, toujours les mêmes et tout. »
06:40En plein Nice, comme ça, il est minuit, on veut juste un burger tranquille, on n'a rien demandé.
06:44Et t'as une meuf qui nous dit « Je vais les gifler ces blancs de merde. »
06:49Waouh ! La claque !
06:51Tout comme les propos qui s'apparentent à du racisme visant les personnes blanches.
07:14Et au-delà des incidents du quotidien, vous allez voir que ce phénomène peut dans certains cas engendrer des drames.
07:29Bien que l'apparition des condamnations pour racisme anti-blanc soit plutôt récente,
07:34les affaires tendent à se multiplier en France ces dernières années.
07:38La première condamnation pour racisme anti-blanc, c'est en 2014.
07:42Donc c'est vraiment très très tard.
07:43Il y a une augmentation des histoires où on est confronté à du racisme anti-blanc.
07:48Là, c'est une certitude.
07:50On le constate en faisant une revue de presse tous les jours.
07:53Il y a une affaire emblématique pour moi, c'est la plus emblématique, c'est l'affaire de Lyon.
08:00Nous sommes en plein centre-ville de Lyon à l'automne 2021.
08:03Un homme venu défendre sa fiancée, insulté de salle blanche, est violemment pris à partie avant d'être passé à
08:09tabac.
08:10Place hétéro, 2h, 3h du matin, des amis sortent d'une soirée.
08:16Un couple, disons une trentaine d'années.
08:19Et la jeune fille est abordée par 2 ou 3 individus d'origine maghrébine.
08:26Et ils font un plan drague extrêmement lourd en présence du petit copain.
08:31Mais les autres insistent, notamment un en particulier, qui devient de plus en plus lourd,
08:37qui l'insulte, qui la traite de sale pute de blanche.
08:40Du coup, le petit copain qui est assez costaud va essayer de calmer le jeu, il va s'en mêler.
08:46Et là, il va être insulté, sale fils de pute de blanc, sale blanc.
08:52Et là, commence une bagarre.
08:53Une bagarre où il va être roué de cou.
08:56Mais quand je dis roué de cou, c'est roué de cou.
08:58Il est jeté au sol, on lui met des coups de pied, des coups de poing.
09:00Il se fait massacrer.
09:04Alors que l'intervention des forces de l'ordre tarde,
09:06les agresseurs prennent la fuite sans être inquiétés dans les médias.
09:10La police arrive enfin, je crois, au bout de 35 minutes.
09:13Et là, la jeune fille dit, écoutez, moi, je peux les reconnaître.
09:16Est-ce que si on monte dans votre voiture, est-ce qu'on peut faire une patrouille et les retrouver
09:21?
09:22Et les policiers ont refusé en disant, écoutez, non, vous n'avez pas le droit de monter dans un véhicule
09:26de police.
09:27On a le signalement, c'est bon, on va s'en occuper.
09:29Inutile de vous dire qu'ils ne les ont jamais retrouvés.
09:32Ces jeunes ne seront ni identifiés ni poursuivis.
09:35Une forme d'impunité qui pose question et pourrait favoriser la répétition de ce type d'actes.
09:41Donc, il n'y a aucune espèce de bonne raison qu'ils arrêtent de se conduire comme ça.
09:46Donc, ils voient une belle nana dans la rue, ils la draguent, ils allaient avec son mec, c'est pas
09:50grave.
09:51Il y a deux mecs, c'est pas grave, de toute façon, ils sont trois.
09:53Et puis, s'ils sifflent, ils sont dix.
09:55Donc, il n'y a aucune raison que ça s'arrête.
09:57Ils sont dans une impunité totale.
10:00Et même lorsque la justice se saisit du problème, ce genre de propos racistes ne sont en réalité que très
10:05peu réprimés.
10:07Il y a une loi qui interdit, bien évidemment, de tenir des propos racistes.
10:10Je crois que le maximum de la peine, c'est un an de prison ferme.
10:13Et on sait par définition qu'un an de prison ferme, même quand c'est prononcé, c'est pas effectué.
10:18On va les compter à 45 000 euros d'amende, ils n'ont pas un rond.
10:23Donc, ils ne paieront jamais.
10:25Donc, ils n'iront pas en prison, ils ne paieront pas l'amende.
10:28En résultat, ça glisse comme l'eau sur la peau d'un canard.
10:34Autre affaire, direction Saint-Etienne lors des émeutes de 2023, suite à la mort du jeune Naël.
10:42Léo, un étudiant, est pris à partie en raison de sa couleur de peau.
10:45En marche de ces émeutes, la Saint-Etienne, il y a un jeune homme qui est sur sa bicyclette.
10:51Il se retrouve à un moment donné encerclé par plusieurs femmes voilées, jeunes filles voilées,
10:57qui se mettent à l'insulter, à le traiter de sale blanc, de sale français.
11:01Les insultes à caractère raciste fusent et la situation dégénère rapidement.
11:08Il arrive à ce moment-là un individu qui a un couteau à la main et qui va lui planter
11:12à quatre reprises des coups de couteau.
11:14Il va avoir le poumon perforé.
11:19Et honnêtement, ce Léo, il n'a rien à voir avec cette histoire.
11:25Si ça, ce n'est pas un acte de racisme anti-blanc, il faudra m'expliquer ce que c'est.
11:35L'agresseur, auteur de coups de couteau, sera finalement condamné à sept ans de prison, dont un avec sursis.
11:40Une peine jugée clémente par certains.
11:42Moi, je veux bien, mais je trouve que ce n'est pas très cher payé.
11:47Ces dernières années, l'affaire de Crépole s'est imposée comme l'un des cas les plus emblématiques
11:51des soupçons de mise à l'écart de la dimension raciale.
11:56Le 19 novembre 2023, dans ce petit village de la Drôme, le jeune Thomas, 16 ans, a été poignardé à
12:02mort lors d'une violente rixe.
12:04Ça se passe dans un petit village.
12:06Il y a quelques centaines d'habitants dans ce village, à Crépole.
12:09Il y a un bal, une soirée dans la salle communale du village.
12:15Et tout le monde s'amuse.
12:16Il y a une équipe de rugby qui est sur place, qui s'amuse, ils font la fête, ils picolent
12:21un peu.
12:21Tout se passe plutôt bien jusqu'à ce qu'arrive une bande de la cité d'à côté.
12:27Ils viennent pour chercher la bagarre.
12:29Ils la trouvent d'ailleurs assez facilement et ça finit à coup de couteau.
12:33Et ça se finit quand même par la mort d'un jeune de 16 ans, Thomas Perrotto.
12:38Au cours de l'attaque, plusieurs témoins affirment avoir entendu des propos à caractère raciste.
12:43Le témoin dit clairement, moi j'ai entendu les agresseurs quand ils sont arrivés dire on est là pour tuer
12:51des blancs.
12:52Mais la justice ne retiendra pas la qualification raciste dans ce dossier.
12:55Si certains dénoncent une instrumentalisation de l'affaire par l'extrême droite, d'autres regrettent la décision de la justice.
13:01Ils sont venus, ils sont venus tuer du blanc, ils l'ont dit.
13:05Maintenant il faut arrêter de faire croire aux gens que ce n'est pas vrai.
13:08Dix jours après, c'est la première chose qu'on a demandé, c'est que ce soit reconnu comme un
13:12crime anti-blanc.
13:13Parce que c'est exactement ce qui s'est passé.
13:15Je suis surpris par cette décision de l'instruction actuelle.
13:20Je pense que ça contribue d'ailleurs à alimenter ce sentiment d'impunité.
13:31Autre point de tension, Laurent de Béchade et son association n'ont pas été autorisés à se constituer partie civile
13:36dans cette affaire.
13:37Et il nous a été rétorqué que les insultes qui ont été diffusées dans la presse, donc à savoir «
13:44sale gouère », « on va planter des blancs »,
13:47il a été considéré que ces termes ne visaient pas explicitement l'ensemble des personnes blanches, a priori.
13:55Que ce n'était pas un terme suffisamment généraliste pour que l'association puisse se constituer partie civile.
14:02Suivant le racisme combattu, l'homme dénonce une forme de deux poids deux mesures.
14:06Je tiens à préciser que dans d'autres procédures, avec des termes qui touchent peu ou prou aux mêmes typologies
14:17de mots,
14:17qui concernent des actes anti-musulmans ou anti-arabes, notre association a pu se constituer partie civile.
14:24Donc il y a un blocage, je pense, qui est politique aujourd'hui pour les associations sur cette procédure.
14:30Vous parlez de racisme anti-blanc, vous êtes renvoyé en permanence à la catégorie infamante d'extrême droite.
14:36Donc les journalistes ne font que traduire dans l'espace médiatique ce qui se dit dans l'espace savant universitaire.
14:48Malgré les chiffres et les faits concrets, une partie de la population continue de nier l'existence du racisme anti
14:54-blanc.
14:55Racisme anti-blanc est une expression que nous banalisons.
14:57Ce terme a été inventé par les blancs occidentaux pour éviter de s'éduquer sur le racisme et pour nier
15:03leurs privilèges.
15:04Racisme anti-blanc, le terme me pose un problème.
15:08En fait, c'est une manière de couper l'herbe sous le pied des gens qui se battent réellement contre
15:13le racisme.
15:14C'est pour dire, voilà, vous êtes tout le temps en train de vous plaindre, vous êtes toujours dans la
15:20victimisation.
15:21Ils ne comprennent pas, en fait, la douleur que ça représente pour quelqu'un, l'humiliation que ça représente pour
15:29quelqu'un quand il subit ça.
15:34Une position que l'on retrouve notamment dans certains courants des sciences sociales.
15:37Pour les sciences sociales, le racisme anti-blanc n'existe pas.
15:40Je donne quelques exemples.
15:42Eric Fassin, qui est le pape des études de genre, de racialisme, qui a choisi entre la France et les
15:48Etats-Unis, nous dit que pour les sciences sociales, ça n'existe pas.
15:50Vous prenez un personnage aussi éminent que Hervé Le Bras, qui a été le grand patron de l'UNED, l
15:56'Institut national de la démographie, le racisme anti-blanc n'existe pas.
15:59Vous prenez le Collège de France, c'est-à-dire l'institution la plus prestigieuse en France, universitaire, savante.
16:04Eh bien, Eric Fassin nous dit que ça n'existe pas, parce qu'elle ne conçoit le racisme que d
16:09'une façon asymétrique.
16:11Des dominants, en l'occurrence les Blancs, qui sont les oppresseurs, ce sont ces termes, je reprends les termes de
16:16la gauche,
16:17contre les dominés ou les oppressés, qui sont les racisés.
16:20Donc, c'est un racisme qui est à sens unique.
16:25François Bousquet fait figure de pionnier sur le sujet.
16:28Dans son ouvrage Salles Blancs, il compile des dizaines de témoignages de Français,
16:32affirmant avoir été victime de racisme en raison de leur couleur de peau.
16:36Personne n'a jamais travaillé sur ce sujet-là, c'est ça qui est fascinant.
16:38Si vous êtes dans une bibliothèque universitaire, il y a des kilomètres de linières,
16:41mais des kilomètres de bouquins pour nous expliquer que les Blancs sont racistes,
16:46sont ataviquement racistes, sont structurellement racistes.
16:49Il n'y a rien, nada, il n'y a rien du tout sur le racisme anti-Blanc, il n
16:53'y a pas une seule enquête.
16:53Ne pas reconnaître l'existence du racisme anti-Blanc dans les disciplines académiques, sociologiques,
17:00que sais-je, etc., toutes les sciences sociales, c'est ouvrir la porte au racisme.
17:04C'est le légitimer, quoi.
17:06Tout ce qui n'est pas interdit est autorisé.
17:08Et même au sein d'organisations historiquement engagées dans la lutte contre les discriminations,
17:12comme la LICRA au SOS Racisme,
17:14la question du racisme anti-Blanc semble, pour certains observateurs, peu abordée.
17:19La question du racisme anti-Blanc, c'est l'angle mort de l'antiracisme aujourd'hui.
17:25L'antiracisme aujourd'hui institutionnel en France ne souhaite pas spécialement aborder ce sujet.
17:31À travers les plus grosses associations, moi je pense particulièrement à SOS Racisme aujourd'hui,
17:35qui est une association qui est anti-universaliste,
17:37qui dénonce l'ensemble des formes de racisme,
17:40qui se refuse à employer l'expression de racisme anti-Blanc.
17:42Comme s'il y avait une gêne, Dominique Sopo, qui est son président,
17:46et anti-universaliste.
17:47Et moi je ne comprends pas aujourd'hui comment en France,
17:49on continue de financer les associations anti-universalistes,
17:52qui ne sont pas des associations anti-racistes rassembleuses,
17:55mais qui excluent donc des personnes, des communautés,
17:58ou en tout cas c'est perçu comme tel.
18:00Et en les excluant, elles créent des tensions énormes.
18:02À partir du moment où vous expliquez que en réalité, la réalité est plus complexe,
18:07que les Blancs eux-mêmes, mais tout simplement que les classes populaires,
18:10les Français ordinaires peuvent eux aussi être victimes de racisme,
18:15ou bouleverser le grand récit anti-raciste qui a été mis en place.
18:20Ce discours vient perturber ceux qui ont fait de l'anti-racisme une rente,
18:25ceux qui en ont fait un métier quasiment,
18:28qui préfèreraient qu'on s'en tienne à une lecture totalement manichéenne.
18:35Face à ce constat, Laurent Béchade a créé l'association Léa,
18:38avec pour objectif la lutte contre toutes les formes de racisme,
18:42mais aussi le fait de dénoncer ce qu'ils considèrent comme des inégalités
18:46au sein même de l'anti-racisme.
18:48Quand on a créé l'association Léa,
18:51on a remarqué qu'effectivement, la question du racisme anti-Blanc
18:53et du manque d'universalisme,
18:55mais aussi des dérives de l'anti-racisme,
18:58émergeaient.
18:59On s'est dit qu'il y avait vraiment un problème,
19:02c'est qu'il manquait un acteur véritablement universaliste
19:05qui allait parler de tous les sujets sans faire d'exception
19:08et qu'allait être réellement rassembleur.
19:10Moi, ce que je constate encore aujourd'hui,
19:11c'est que l'anti-racisme faillit à sa tâche.
19:14Il exclut et en plus, il stigmatise
19:17et il crée des tensions encore plus énormes.
19:20Les associations anti-racistes existent depuis 40 ans.
19:23Est-ce que vous croyez qu'en France, aujourd'hui,
19:24la société est plus apaisée qu'avant ?
19:26Je ne pense pas.
19:26Je pense que c'est un échec complet
19:28et que l'anti-racisme manque d'universalisme
19:31et qu'il faut aujourd'hui lui donner un second souffle.
19:38Mais c'est sans doute dans le champ politique
19:40que le sujet cristallise le plus de tensions,
19:42notamment au sein du parti d'extrême-gauche,
19:44la France insoumise.
19:47En mars dernier, lors d'un meeting,
19:49son leader Jean-Luc Mélenchon
19:50prononce une phrase qui suscite la polémique.
19:52« Il y a même bien fallu qu'il y en ait un jour
19:55un ou une qui se mette debout sur ses pattes
19:57à l'autre bout du continent africain
19:59pour qu'à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins,
20:01tout blanc, tout moche que vous êtes. »
20:03Bon, alors...
20:06Ces propos, qui s'apparentent clairement à du racisme anti-blanc,
20:09n'ont pas suscité de condamnation claire
20:11ni bénéficié d'une large couverture médiatique.
20:13« Mélenchon a le droit de le dire,
20:15ça entraîne des micro-polémiques,
20:17mais pas une polémique nationale. »
20:18« Parler de racisme anti-blanc,
20:20je sais qu'il y a beaucoup de gens qui en ont peur.
20:22Je pense que c'est un sujet sur lequel,
20:23effectivement, certains médias ne veulent pas aborder
20:26parce qu'ils ont peur que ça puisse stigmatiser
20:28d'autres communautés, alors que c'est pas du tout le cas.
20:30C'est tout l'inverse, justement.
20:31Je pense qu'encore une fois,
20:32si on libérait la parole sur cette thématique,
20:35la société se porterait mieux. »
20:37« Tout blanc, tout moche que vous êtes. »
20:39Bon, alors...
20:40« Donc, il y a un discours qui est autorisé,
20:43tout blanc, tout moche.
20:44Si jamais Marine Le Pen tenez ce discours-là,
20:47ou Jordan Bardella, peu importe,
20:48ou Éric Ciotti, je veux dire,
20:49c'est élargissons la focale,
20:51ou David Linard, voilà.
20:52C'est comme ça qu'on parle des ALR.
20:54Tenez ce discours-là en sens inverse,
20:56la polémique serait monstrueuse. »
21:00Au-delà de la polémique, un point interroge.
21:02Ses propos ont été tenus par une personnalité
21:05elle-même blanche,
21:06une situation révélatrice d'un paradoxe,
21:08où l'appartenance à un groupe
21:10n'empêcherait pas l'adhésion
21:12à des discours critiques,
21:13voire hostiles, à l'égard de celui-ci.
21:15« C'est un peu une sorte de masochisme occidental.
21:18Encore que lui-même,
21:21dans son inconscient tourmenté,
21:23ne se voit pas vraiment comme un blanc.
21:26Quand quelqu'un traite quelqu'un de beauf,
21:29c'est quoi le beauf ?
21:30C'est que lui-même ne se condicte pas comme son frère.
21:35Eux sont déjà ailleurs.
21:38Il faut comprendre ça. »
21:43Et question racisme anti-blanc,
21:44Jean-Luc Mélenchon est loin d'être un cas isolé
21:46au sein de la France insoumise.
21:48À la Courneuve, le nouveau maire Ali Diouara
21:50a récemment expliqué ne pas souhaiter intégrer
21:52deux personnes blanches sur sa liste électorale.
21:54« La première fois que je me suis présenté,
21:56je te promets, on m'a dit deux choses.
22:00Un, mets un blanc dans ton équipe.
22:03Si tu veux, faire un score. »
22:05Je lui ai dit « Non, c'est pas comme ça que ça marche.
22:07C'est fini ça.
22:08Je préfère perdre 5 points, 10 points,
22:10mais rester sur la conviction. »
22:12Autre exemple, le député Carlos Martens-Bilongo,
22:15qui évoquait une pauvreté intellectuelle
22:17dans le nord de la France.
22:18« Il y a eu des ouvrages là-dessus,
22:19sur les statistiques par rapport au racisme.
22:21C'est un territoire où les gens n'ont pas de diplôme.
22:24Là où tu as une pauvreté intellectuelle,
22:25dans les territoires, dans le nord de la France, etc.,
22:28les idées racistes sont en avant. »
22:29Quant à Thomas Porte, député LFI de Seine-Saint-Denis,
22:32il a dénoncé un rugby qu'il juge raciste
22:34en soulignant la couleur de peau
22:36de ceux qui le pratiquent au niveau amateur.
22:38« J'ai joué depuis que je suis petit au rugby
22:39et on n'était quasiment que des Blancs.
22:41Et en plus, là, je vois la vidéo
22:42de ce symbole de cette catastrophe-là.
22:47C'est la cérémonie de Coupe du Monde
22:48avec Jean Dujardin, la baguette de pain,
22:51le Marcel et la moustache.
22:53Je veux dire, c'est bon. »
22:54« C'est caricatural, mais bien sûr. »
22:57« L'extrême-gauche d'aujourd'hui
22:59ne défend plus le prolétaire blanc.
23:03Elle racise tous les rapports humains. »
23:07LFI racialise à outrance le corps social.
23:10Ils ne font que ça.
23:11Donc en réalité, c'est très ironique
23:13de les voir dénoncer le racisme
23:15alors qu'ils sont porteurs d'une vision racialiste.
23:17Ils ne le savent pas eux-mêmes.
23:19Mais ils sont dans une soumission intellectuelle
23:23et quasi physique par rapport à ce qu'ils appellent
23:27la Nouvelle France.
23:28Pour autant, certaines voix à gauche se démarquent
23:30comme celle de Fabien Roussel, secrétaire national
23:33du Parti communiste français.
23:34« Ça existe, le racisme anti-blanc ? »
23:36« Bien sûr qu'il existe, mais le racisme anti-blanc,
23:38le racisme anti-noir, le racisme anti-chinois, anti-asiatique. »
23:42Une prise d'opposition qui a suscité de vives réactions,
23:44notamment de la part de l'eurodéputé LFI,
23:47Rima Hassan, qui s'en est vivement prise à lui
23:49sur les réseaux sociaux.
23:50« Je suis outré par cette communication.
23:52Vous n'avez eu aucune retenue pour parler
23:54de racisme anti-blanc sur ces news.
23:56Vous vous foutez vraiment de notre gueule du matin au soir. »
23:59Rima Hassan, qui appelait par ailleurs récemment
24:01à privilégier les candidats d'y raciser
24:03au sein même de son camp politique,
24:05au détriment, à fortiori, des candidats blancs.
24:08« Dans un État raciste,
24:09qui relativise son histoire coloniale,
24:11voire qui la glorifie,
24:13il n'y a qu'une seule façon de s'affranchir de ses chaînes,
24:17élire celles et ceux qui nous ressemblent
24:19et qui parlent à vos cœurs plutôt qu'à vos peurs.
24:23Ali, Mohamed et Betty,
24:25et la liste Nous, la Courneuve,
24:27qu'ils portent, sont de cela.
24:34Derrière ces prises de position,
24:35un concept revient régulièrement dans le débat public,
24:38celui de racisme systémique.
24:40« Le racisme anti-blanc n'existe pas.
24:43Le racisme s'est fait de manière systémique
24:45et ça peut empêcher une personne d'accéder à un statut social. »
24:49Autrement dit, des mécanismes de discrimination
24:51intégrés dans certaines structures de la société,
24:54comme l'accès à l'emploi ou au logement.
24:56« La question du racisme, on le vit au quotidien.
24:59Lorsque vous cherchez un appartement, évidemment.
25:02Lorsque vous cherchez un travail,
25:04lorsque vous cherchez même un stage,
25:07évidemment que c'est toujours plus simple pour toi
25:09quand tu t'appelles Jean,
25:10quand tu t'appelles Mohamed.
25:12C'est une réalité.
25:13On se mentirait si on disait que c'était pas vrai. »
25:17Selon le rappeur engagé Rost,
25:19c'est ce racisme systémique qui pousserait certains jeunes
25:21à sombrer dans la délinquance.
25:23« Certains là qui font les trafics,
25:26quand on discute avec eux,
25:28ils vous disent clairement,
25:29ils disent « Regarde, moi j'ai mon grand frère,
25:30il a un bac plus 5,
25:33il a fait des grandes études,
25:35il est formé,
25:37il trouve pas de boulot,
25:38ça fait des années qu'il trouve pas de boulot.
25:40En attendant, je suis désolé,
25:41mais c'est moi qui emmène de l'oseille.
25:46Qu'est-ce que vous voulez dire à ce gosse ? »
25:49« Qu'est-ce que vous voulez dire à ce gosse ? »
25:54Si les formes et les conséquences
25:55du racisme visant les personnes noires ou arabes
25:58ne sont pas identiques à celles du racisme anti-blanc,
26:00Laurent Béchade rappelle néanmoins
26:02qu'il est impossible d'en nier l'existence.
26:04« Le racisme anti-blanc n'est pas un racisme
26:06à proprement dit ségrégatif.
26:08C'est-à-dire que vous n'avez pas forcément
26:08de difficulté à avoir un emploi,
26:11à rechercher un appartement.
26:13Donc c'est un état de fait.
26:15C'est un racisme qui est non ségrégationniste,
26:18mais qui se traduit parfois,
26:20ou majoritairement,
26:21plutôt par de la violence verbale,
26:22de la violence physique.
26:23Et ça, c'est important de le souligner
26:25parce que ça témoigne de sa réalité.
26:27Ce n'est pas parce qu'il est différent
26:28des autres formes de racisme
26:28qu'il n'existe pas.
26:32Parmi les nombreux témoignages
26:34que nous avons recueillis,
26:35beaucoup trouvent leur origine dans l'enfance
26:37et plus particulièrement dans le cadre scolaire.
26:40Dans la classe, on était 3 ou 4 blancs, pas plus.
26:43On subissait des insultes quasiment tous les jours.
26:46La plus commune, c'était Salse-Franc,
26:48Salblanc, Salbaptou.
26:50Mais surtout Salse-Franc.
26:51On retourne en permanence sur l'adolescence
26:53parce que les univers adolescents
26:54sont des univers désinhibés.
26:56C'est au collège principalement
26:57que ça se manifeste,
26:58à la jointure de la France des quartiers
27:00et de la France périphérique.
27:03Très vite, j'ai été prise pour SIEM.
27:06On me disait Salblanc ou Tapette française,
27:09trop blanche pour être dans ce collège
27:10et plein d'autres insultes du même genre.
27:13Le harcèlement ne s'arrêtait pas.
27:17D'anciens élèves prennent aujourd'hui la parole
27:19mais bien souvent,
27:20ils préfèrent rester anonymes
27:21par crainte de représailles.
27:23J'ai une centaine de témoins
27:24mais je pourrais en avoir beaucoup plus
27:25même s'il est difficile au début d'avoir des témoins
27:27parce qu'ils ont tous peur.
27:29Il y a un mécanisme d'inversion accusatoire
27:31trouver un témoin qui veuille apparaître face caméra
27:33ça relève de la gageur.
27:35Tellement ils ont peur de perdre leur emploi,
27:37de se fâcher avec leur cercle amical,
27:39de sociabilité.
27:41Les tensions ne se limitent pas
27:43à la cour de récréation.
27:44Elles se manifestent aussi à la cantine.
27:46Au moment du ramadan,
27:48il y avait 12 élèves qui mangeaient à la cantine
27:50sur l'ensemble de l'établissement.
27:52Alors ça ne veut pas dire
27:53qu'ils étaient tous musulmans.
27:54Ça veut dire que les autres avaient peur
27:56parce que tous les élèves
27:57qui mangeaient à la cantine
27:58se faisaient tabasser à la sortie.
27:59Donc les élèves préféraient ne pas manger,
28:01se cacher pour essayer de boire quelque chose
28:03dans les toilettes.
28:05Mais ils n'osaient pas
28:06parce que c'était considéré
28:07comme de la provocation de manger à ce moment-là.
28:09Même parmi les professeurs,
28:11beaucoup ne mangeaient pas à la cantine
28:12ou se planquaient dans la salle des profs pour manger.
28:16Une professeure exerçant en banlieue parisienne
28:18se souvient, elle,
28:20d'élèves devenus hostiles
28:21lorsqu'elle évoquait son attachement à la France.
28:23J'avais des élèves qui éclataient de rire.
28:26Vraiment, tout le monde croyait que c'était la meilleure blague
28:29quand je leur avais dit que j'aimais la France
28:31et que c'était un beau pays.
28:32Il y avait aussi un autre élève d'origine italienne,
28:34il s'appelait Joseph.
28:35Sa mère était venue me voir paniquer,
28:37une croix autour du cou.
28:38Mon fils, il me dit que j'ai le choix
28:42entre le faire sortir de l'école
28:44ou qu'ils se convertissent à l'islam
28:46pour survivre.
28:49C'est aussi à l'école que l'on aborde l'histoire,
28:52notamment le passé colonial de la France.
28:54Un enseignement essentiel,
28:55mais qui peut parfois être détourné par des élèves
28:58pour viser d'autres camarades
28:59en les renvoyant à une responsabilité historique
29:02qu'ils n'ont pas vécue.
29:04Quand on parlait de la guerre d'Algérie,
29:05par exemple, qui est au programme au lycée,
29:08les Français, c'est vraiment les méchants.
29:11Tout ce qu'on a fait, c'est mauvais.
29:13On a tué des milliers de personnes.
29:15On est horrible.
29:15Et puis, ces personnes-là,
29:16qui sont issues de l'immigration
29:17et qui sont algériennes,
29:19vous sentez un peu leur regard sur vous,
29:21en fait, quand on explique ça.
29:23Vous le sentez que vous êtes un peu pointé du doigt.
29:26C'est tes ancêtres qui ont fait ça,
29:27mais t'as pas honte ?
29:28Pendant deux ans,
29:29j'étais la seule blanche de ma classe.
29:31Dans le collège,
29:33sur à peu près 300 élèves,
29:34on n'excédait pas une dizaine.
29:36Je ne m'étais jamais posé la question,
29:37ma couleur de peau, mes origines.
29:40Et eux l'ont mis en avant.
29:41Ça a découlé beaucoup de questions
29:43et beaucoup d'exclusions aussi.
29:45Les cours d'histoire étaient très compliqués
29:47parce qu'en fait,
29:48tout était de ma faute.
29:49Toute cette repentance,
29:50je l'ai sentie aussi
29:51au travers de mes camarades de classe.
29:53On me volait mes affaires,
29:55on téléphone,
29:56ce genre de choses.
29:57À la fin de la sixième,
29:59ça a été des coups
30:00parce qu'au bout d'un moment,
30:01j'en avais marre de me laisser faire.
30:02La première fois que j'ai répondu,
30:04après, ça a été des coups
30:05pendant un an et demi.
30:08La France a une histoire.
30:09Elle a une histoire coloniale.
30:11Et donc, il y a des gens
30:11qui sont encore dans cet état d'esprit-là.
30:14Et donc, il y a un fonctionnement
30:16d'un système qui est insidieux,
30:19mais qui a ces conséquences-là.
30:21Que nous ayons notre part de faute,
30:23ça tombe sous le sens.
30:24Chaque peuple a un passif,
30:26mais chaque peuple a un actif.
30:27Or, à écouter nos historiens,
30:29mainstream,
30:30Collège de France,
30:32nos journalistes,
30:33des médias centraux,
30:34nous sommes globalement coupables.
30:37Notre passé est un passif.
30:39Et je le redis,
30:41si je me réclame de mon père,
30:42je me réclame de la totalité de mon père.
30:45Ce qu'il a fait de bien,
30:46ce qu'il a fait de mal.
30:47Or, aujourd'hui,
30:48on ne se réclame que de ce que
30:49nos parents ont fait de mal
30:50et nos grands-parents ont fait de mal.
30:52Donc, c'est ce récit national
30:53qu'il faut restaurer.
30:55Il faut en finir avec ce masochisme
30:56Il y a tout un discours
30:58tenu par les antiracistes
31:00qui considère
31:01qu'il ne peut pas y avoir
31:02de racisme anti-blanc
31:04parce que les blancs
31:05seraient pour toujours
31:06des coupables
31:07du colonialisme,
31:09du racisme.
31:10Et donc,
31:11que les racisés,
31:11comme ils disent,
31:13sont des victimes paressants.
31:14Je crois que c'est une vision
31:15absolument manichéenne
31:17qui oppose les personnes
31:19les unes aux autres.
31:20Et moi,
31:20je suis pour un antiracisme
31:22universaliste.
31:23On sait bien que
31:23le sentiment raciste
31:25peut exister
31:25dans toutes les cultures,
31:26dans tous les pays
31:28et en faire simplement
31:30l'apanage des blancs,
31:32je crois que c'est
31:33se tromper.
31:37Et l'école n'est pas
31:38le seul lieu concerné.
31:39Dans les clubs de football aussi,
31:41la question fait débat.
31:43Récemment,
31:43les propos du chroniqueur sportif
31:45Pierre Ménès
31:45ont suscité
31:46de vives réactions.
31:47Mon fils,
31:48je l'ai mis au club de Torcy,
31:49qui est un club très connu
31:50de l'île de France.
31:51Et au bout de trois entraînements,
31:52mon fils dit
31:53« j'y vais plus ».
31:55Il avait 11 ans.
31:56J'ai dit « mais pourquoi
31:57tu n'y vas plus ? »
31:58Il me dit « écoute,
31:58il ne me passe pas la balle,
32:01il m'engueule quand j'ai le ballon,
32:02et ils ne prennent pas la douche
32:03avec moi,
32:03je me casse ».
32:05Et évidemment,
32:06je suis désolé de le dire
32:08parce que c'était la vérité,
32:09dans l'équipe,
32:10il n'y avait que des Maghrébins
32:11et des Noirs.
32:12Dans l'actualité,
32:14plusieurs polémiques
32:14ont émergé
32:15autour d'un possible racisme
32:16visant des joueurs blancs
32:17dans certains clubs.
32:18Mais qu'en est-il réellement
32:19sur le terrain ?
32:22Épinay sur scène,
32:23dans le 93.
32:25Ça va bien ?
32:27Sabri est éducateur sportif
32:29au sein du club de football
32:30de la ville.
32:31Ce français d'origine algérienne
32:32reconnaît un manque de mixité
32:34au sein de son équipe.
32:35Cette année,
32:35je n'ai qu'un seul blanc
32:36dans l'équipe.
32:39Alors ça fait sourire.
32:41Nous, quand on fait le bilan,
32:42on se dit
32:42« Ah, j'avoue,
32:43moi, cette année,
32:43j'ai qu'un blanc. »
32:44J'ai un blanc sur 18 voix.
32:46Mais c'est aussi dû peut-être
32:49à l'endroit où l'on est.
32:51On vit à Épinay-sur-Seine,
32:53on vit dans le 93.
32:54Il y a peut-être plus
32:55d'immigration ici qu'ailleurs.
32:57Et pour moi,
32:59la réponse,
33:00elle est tout simplement là,
33:01en fait.
33:03Mais pour lui,
33:04il n'existe pas
33:05de phénomène massif
33:06de racisme anti-blanc
33:07dans le football amateur.
33:08Il conteste même fermement
33:09les propos de Pierre Ménès.
33:11Moi, je vais te dire
33:11la vérité, au moins.
33:13Le fils de Pierre Ménès,
33:14il était juste nul, en fait.
33:16Il faut dire ce qu'il y a.
33:17Le fils de Pierre Ménès,
33:18c'était juste nul.
33:18Pour ceux qui disent
33:19que peut-être être blanc
33:21dans un environnement
33:22avec beaucoup de mixité
33:24dans les clubs de foot,
33:25c'est un problème,
33:26moi, je t'invite
33:27à venir voir mon match
33:30avec mon seul blanc,
33:31entre guillemets,
33:31et de voir
33:32est-ce qu'il est acclimaté
33:33comme les autres
33:34ou est-ce que c'est différent.
33:37Si on ne fait pas la passe,
33:38c'est que tu n'es pas
33:38un bon joueur.
33:39Ça n'a rien à voir
33:39avec ta couleur.
33:42Alors, là, moi,
33:43je vous présente Jérôme,
33:45donc le papa du...
33:48du SBE player ?
33:49C'est quoi le SBE player ?
33:51C'est le seul blanc
33:51de l'équipe à cheveux longs.
33:53Le seul qui fait tâche
33:54dans l'équipe.
33:56Aujourd'hui,
33:57Théo est le seul joueur blanc
33:58de l'équipe.
33:59Il reconnaît être parfois
34:00la cible de moqueries
34:01liées à sa couleur de peau.
34:02Mais selon lui,
34:03cela reste du registre
34:04de la plaisanterie.
34:05Souvent, on nous dit
34:06que je suis le seul blanc
34:07au milieu de plein de renois,
34:08etc.
34:09Que je suis le seul blanc
34:11dans une équipe
34:12de 15 personnes
34:13qui sont tous des renois.
34:14Mais en vérité,
34:15ce n'est pas la même chose.
34:17Après, souvent,
34:18on peut me banner
34:19parce qu'on va me dire
34:19le petit blanc,
34:21la blondinette,
34:21tout ça.
34:22Mais en réalité,
34:22ça ne va jamais plus loin que ça.
34:26Pourtant,
34:26plus jeune,
34:27dans un autre club,
34:28il affirme avoir été mis à l'écart,
34:30précisément parce qu'il était
34:31le seul joueur blanc.
34:32Oui, chez les petits,
34:33il peut avoir du racisme
34:33contre les blancs
34:34parce que c'est souvent
34:35quand on est petit,
34:36on a des préjugés,
34:37il y a des stéréotypes
34:38et les gens ne réfléchissent pas
34:39plus que ça.
34:40Mais plus on grandit,
34:41plus ça change.
34:42Des fois,
34:42j'étais un peu à l'écart des vestiaires.
34:44Petit,
34:44dans un autre club,
34:45il a pu avoir
34:46un peu de mise à l'écart.
34:47On jouait peut-être moins avec lui.
34:49On ne lui faisait pas trop de passes,
34:50en fait.
34:51Je pense que ça peut être dû
34:52au fait que ce soit le seul blanc.
34:54Maintenant,
34:55qu'on a évolué
34:56dans les âges,
34:57dans les catégories,
34:58ça a changé.
34:59Maintenant,
34:59tout le monde est avec tout le monde
35:00et tout le monde rigole.
35:01Si entraîneurs et joueurs
35:03réfutent l'existence
35:03d'un racisme
35:04au sein de leur club,
35:05le ressenti
35:06de certains habitants
35:07diffère.
35:08À quelques centaines
35:09de mètres de là,
35:10nous rencontrons Karen.
35:11Cette mère de famille
35:12de confession juive
35:13avoue qu'elle a fait un choix.
35:15Elle n'inscrira pas
35:16ses enfants
35:16dans le club de foot
35:17de la ville.
35:19On n'inscrira pas
35:20nos enfants
35:21dans des clubs
35:24avec d'autres personnes
35:28qui ne sont pas
35:29notre communauté.
35:29Pourquoi ?
35:31Parce que c'est un risque
35:32qu'on les exposerait
35:34bêtement à des disputes,
35:35à des histoires,
35:36du racisme,
35:38des insultes,
35:39des agressions,
35:41des moqueries,
35:42tout ça.
35:43On reste entre nous,
35:44on joue dans les maisons
35:45les uns des autres
35:46ou bien dans les parcs
35:47quand il n'y a pas grand monde.
35:48Par rapport au racisme
35:49anti-blanc,
35:50on essaie de faire attention.
36:00Et si la progression
36:02de ces actes
36:02était aussi alimentée
36:03en partie
36:04par certains discours
36:05venus du monde
36:05médiatique et culturel.
36:07Récemment,
36:08un humoriste
36:08de l'émission quotidien
36:09présenté par Yann Barthès
36:11affirmait ne pas croire
36:12à l'existence du racisme
36:13visant les personnes blanches.
36:15L'autre grande victime
36:16de cette finale,
36:17c'est évidemment Marine,
36:18victime,
36:19comme CNews l'avait rappelé,
36:20de racisme anti-blanc.
36:22Ce fléau qui touche,
36:23d'après les chiffres de l'INSEE,
36:24absolument personne
36:27et qui fait zéro dégâts
36:28dans des régions
36:29comme Nulle part sur Loire.
36:31De son côté,
36:32l'humoriste Moustapha
36:33El Atrassi
36:34s'en est pris violemment
36:35aux blancs
36:36qu'il appelle les gouères
36:37dans l'un de ses spectacles.
36:38Tout le temps qu'on perd
36:39à s'insulter
36:39entre Marocains et Algériens,
36:41c'est du temps perdu
36:42à insulter les gouères.
36:43Libérer du temps
36:44pour les gouères.
36:46Toi, c'est très risqué
36:46ce que tu fais.
36:48Vous allez où ?
36:51Ça y est ?
36:52Mais pourquoi ?
36:54En vrai ?
36:56T'es Tunisien ?
36:58Bah t'es qui alors ?
36:59La gouère.
37:00Et alors ?
37:04C'est fou ça ?
37:07Aucune sanction
37:08n'a été retenue contre lui.
37:10Enfin, en 2018,
37:12le rappeur Nick Conrad
37:13publie un morceau
37:14au titre à peine croyable.
37:15Pendez-les blancs.
37:16Pendez-les, pendez-les,
37:18pendez-les, pendez-les, pendez-les,
37:19pendez-les blancs.
37:19Le clip,
37:20aujourd'hui retiré
37:21des plateformes,
37:22était d'une violence inouïe.
37:24Dans le clip,
37:25on voyait une incitation
37:26au fait d'assassiner
37:28des personnes blanches.
37:29Il y avait une jeune fille blanche
37:30qui se faisait étrangler
37:31par le rappeur
37:33de manière totalement explicite.
37:35Pour avoir publié
37:36ce morceau
37:36incitant clairement
37:37à la haine
37:38et la violence
37:38envers les blancs,
37:39ni Conrad
37:40n'écopera
37:40que d'une sanction symbolique.
37:42Il a été condamné
37:43à 5 000 euros
37:44avec sursis.
37:46C'est-à-dire qu'on est loin
37:47des condamnations
37:49pénales
37:51habituelles
37:51en matière de racisme.
37:53Les juges
37:55ont induit,
37:56par exemple,
37:56le fait que le rap,
37:58la culture du rap
37:59serait violente.
38:00Donc,
38:01si le rappeur
38:03est violent
38:04avec les mots,
38:06eh bien,
38:07on ne peut pas
38:07l'en blâmer judiciairement
38:09puisque ça fait partie
38:10de sa culture.
38:11C'est quelque chose
38:13d'horriblement pernicieux.
38:14Il faut voir
38:15jusqu'où se loge
38:18le déni
38:18du racisme anti-blanc.
38:22Des salles de classe
38:23au terrain de sport,
38:24des faits divers
38:25aux débats politiques
38:26et culturels.
38:27Une même fracture apparaît.
38:28Reste à savoir
38:29si dans les années à venir,
38:31la société française
38:32choisira d'affronter
38:33toutes les formes
38:34de racisme
38:34avec la même exigence
38:36ou si certaines
38:37continueront d'être minimisées
38:38au risque de voir
38:39les tensions s'aggraver.
Commentaires

Recommandations