- il y a 2 heures
A l'occasion de la semaine de la vaccination, une tribune portée par l'Institut Pasteur, signée par près de 300 personnalités, appelle à une mobilisation contre la désinformation concernant les vaccins. Les scientifiques appellent à une mobilisation collective face à la désinformation et aux remises en cause de la science par l'administration Trump. Arnaud Fontanet, médecin épidémiologiste, chercheur et professeur au collège de France, signataire de cette Tribune est l'invité de RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 27 avril 2026.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 27 avril 2026.
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00:01L'invité d'RTL Soir
00:03Des médecins, des scientifiques, d'anciens ministres de la santé
00:06lancent un cri d'alarme face à la progression des thèses anti-vax.
00:10Ils dénoncent dans une tribune la méfiance qui s'installe
00:12et le retour de maladies que les vaccins avaient fait disparaître.
00:15Le professeur Arnaud Fontanet, médecin épidémiologiste,
00:18chercheur, professeur au Collège de France et le grand invité de RTL Soir.
00:22Bonsoir Arnaud Fontanet.
00:23Bonsoir.
00:23Alors pourquoi ce cri d'alarme ?
00:26Y a-t-il eu une bascule ?
00:27Est-ce que les Français n'ont plus confiance dans les vaccins ?
00:29Alors c'est un cri d'alarme qui est lancé à l'occasion de la semaine pour la vaccination
00:34décrétée par l'OMS qui débute le 27 avril.
00:38C'est dans une ambiance plutôt de progression de la désinformation
00:41qui touche tous les secteurs de la société, y compris la santé, y compris la science,
00:46que nous, scientifiques, chercheurs, médecins, avons voulu rappeler
00:51l'efficacité de la vaccination et l'importance qu'elle joue dans notre quotidien
00:56par rapport à des rumeurs qu'on entend à gauche et à droite
00:59qui touchent plusieurs vaccins de façon assez désordonnée.
01:03Alors qu'on sait aujourd'hui que les vaccins, par exemple, ça sauve 4 millions de vies
01:07chaque année dans le monde et que c'est un progrès majeur dans notre prévention
01:11et notre protection contre les maladies.
01:14En France, on n'est pas les pires.
01:15Je crois qu'il y a 8 Français sur 10 qui sont favorables à la vaccination
01:18selon le baromètre de santé publique France.
01:20C'est plutôt un bon score ?
01:23Oui, en fait, je crois qu'il y a...
01:25Ce qui nous inquiète plus, c'est le risque posé par des rumeurs assez insidieuses
01:29qui peuvent se propager, notamment quand elles sont reprises, comme on le voit, aux Etats-Unis
01:33par des politiques où vous avez l'équivalent du ministre de la Santé, Robert Kennedy,
01:37qui remet en doute le fait que le vaccin de la rougeole est un vaccin très sûr
01:43et qui protège très efficacement.
01:45Il prétend qu'il pourrait y avoir des liens avec l'autisme.
01:47C'est une histoire qu'on entend depuis 40 ans, un papier qui a été depuis retiré du Lancet.
01:51Et Donald Trump l'a soutenu aussi.
01:52Et Donald Trump l'a soutenu.
01:53Alors, quand les politiques reprennent là-dessus ce type de thèse,
01:56ça instille en fait dans un groupe de la population qui s'interroge de façon assez légitime
02:00par rapport à tous ces vaccins.
02:02Est-ce qu'ils sont réellement sûrs ?
02:03C'est là où les dégâts peuvent avoir lieu.
02:06Il y a une frange très minoritaire de ce qu'on appelle les antivax
02:09qui, de toute façon, sont réfractaires à tout argument.
02:12Mais en revanche, c'est cette population des 20% de gens qui s'interrogent à juste titre,
02:18finalement, qu'on a peur que cette désinformation gagne du terrain
02:21et nous fasse perdre quelques points sur la couverture vaccinale.
02:23Mais qui porte l'idéologie antivax en France ?
02:26Est-ce qu'elle est incarnée par un courant particulier ?
02:29Alors, c'est un groupe qu'on a vu pendant la Covid,
02:34vraiment se révéler parce qu'effectivement,
02:36dans une crise sanitaire de cette ampleur, les enjeux étaient très importants.
02:40c'est plutôt du tendance populiste, complotiste.
02:48Donc, on y retrouve des populations,
02:52mais qui, une fois de plus, restent très minoritaires pour nous.
02:545% peut-être de la population française,
02:56et encore, ce chiffre me paraît élevé aujourd'hui.
02:59Et finalement, les thèses qu'ils propagent ne sont peu impactantes,
03:03tant qu'effectivement, comme je le disais,
03:05elles ne sont pas reprises par les politiques,
03:06et c'est là que les dégâts commencent.
03:07Parce que le principe de la vaccination même n'est pas compris, en fait.
03:12Alors, il y a des arguments scientifiques qu'on pourrait développer,
03:15mais qui restent quelquefois assez complexes,
03:18sur la façon avec laquelle le vaccin va induire une réponse immunitaire
03:23contre des virus, des bactéries, et nous protéger.
03:28Ce qu'il faut savoir, c'est que les vaccins sont évalués
03:30de façon extrêmement rigoureuse.
03:32Il y a d'abord des essais comparatifs,
03:36qu'on appelle randomisés,
03:38avec tirage au sort contre des placebos,
03:40pour voir si les gens vaccinés sont mieux protégés
03:42que ceux qui ont reçu un placebo,
03:44qui ne sont pas vaccinés,
03:45pour voir aussi s'il y a des effets indésirables
03:47qui sont associés au vaccin.
03:48Il peut y avoir des effets indésirables avec le vaccin.
03:51On a tous une petite rougeur pendant 2-3 jours.
03:53Il peut y avoir des effets plus graves à distance,
03:55mais tout ça est suivi d'extrêmement près.
03:57Il y a ensuite ce qu'on appelle une pharmacovigilance
03:59qui est mise en place à l'échelle du pays,
04:01et pas simplement de la France, à l'échelle mondiale,
04:03qui nous permet de recueillir des effets indésirables
04:05beaucoup plus rares, plus graves.
04:07Et puis là, on a des experts,
04:08en France c'est la Haute Autorité de Santé,
04:10qui se réunissent,
04:11qui reprennent toutes les données disponibles,
04:13et qui établissent ce qu'on appelle
04:14un rapport bénéfice-risque,
04:16qui, le plus souvent, est très en faveur du vaccin,
04:19et qui permet du coup de faire des recommandations
04:21qui sont d'ailleurs ciblées par catégorie d'âge.
04:23On ne va pas vacciner tout le monde contre tout,
04:25mais pour les catégories concernées,
04:27là on sait que le rapport bénéfice-risque est favorable,
04:29et une fois de plus,
04:30ces décisions qui sont prises,
04:31pesées par des groupes d'experts,
04:32et très réfléchies,
04:33et réétudiées chaque année,
04:35à la lumière des nouvelles données.
04:36Alors, il y a ceux qui peuvent se dire,
04:38après tout, pour moi, le vaccin, je n'en veux pas,
04:40les autres font ce qu'ils veulent,
04:41mais en fait, ça ne marche pas comme ça.
04:43Il faut qu'il y ait une majorité
04:45de la population qui se fasse vacciner
04:47pour que ça marche, c'est ça ?
04:48Alors, en fait, il y a deux objectifs.
04:50Il y a votre protection individuelle.
04:51Alors, vous pouvez effectivement vous dire,
04:53moi, je suis en très bonne santé, etc.
04:54Ce n'est pas forcément un bon calcul.
04:56Si vous êtes dans des cibles vaccinales,
04:58c'est qu'on pense que pour vous,
05:00dans votre catégorie d'âge,
05:01le vaccin va être utile,
05:02quelle que soit votre perception même
05:03de votre état de santé.
05:05Mais il y a en plus un effet collectif.
05:06C'est vrai que si on se vaccine très largement,
05:09à ce moment-là,
05:09on permet d'arrêter la circulation du virus
05:12dans une population,
05:13et on peut aller vers l'élimination
05:14de certaines maladies.
05:15On n'était pas très loin
05:16de l'élimination de la rougeole.
05:19Et c'est ça qu'on ne veut pas perdre.
05:21Il faut arriver à des couvertures vaccinales
05:22très élevées pour la rougeole
05:24parce que c'est un virus très contagieux.
05:27Mais si on atteint 95% des enfants
05:29de 2 ans, par exemple,
05:31là, on peut espérer l'éliminer.
05:32Donc, voilà, c'est des objectifs
05:34qu'on a à l'échelle du pays,
05:35mais également à l'échelle mondiale
05:37et qu'il faut soutenir par tous les moyens.
05:39À l'échelle mondiale,
05:40parce que s'il y a eu quelques cas
05:41de rougeole en France,
05:42aux Etats-Unis,
05:43il y en a eu des milliers.
05:44Alors, aux Etats-Unis,
05:45où effectivement, aujourd'hui,
05:47comme je le disais précédemment,
05:49on a eu des prises d'opposition
05:50de leur ministre de la Santé,
05:52Robert Kennedy,
05:55qui questionnait
05:55la sûreté du vaccin de la rougeole.
05:58On voit,
05:59ils ont la pire épidémie de rougeole
06:00depuis 30 ans.
06:01Ils ont pour la première fois
06:02des morts de la rougeole.
06:03Ils n'avaient pas eu ça depuis 20 ans.
06:04Donc, on voit très bien
06:05que dès qu'on relâche un peu la vigilance,
06:07on prend le risque de voir ces épidémies éclater.
06:10Pour une maladie comme la rougeole,
06:11c'est vraiment tellement dommage
06:13parce que là,
06:13on a un vaccin qui est très sûr
06:14et très efficace.
06:15Les Etats-Unis ont aussi coupé
06:16toutes les aides
06:17pour le développement
06:18des vaccins à ARN messager.
06:21Ça, c'est une folie.
06:22C'est vraiment un espoir majeur
06:24de la recherche,
06:24l'ARN messager ?
06:25Non, c'est très étonnant
06:26parce qu'à la limite,
06:27pendant le Trump 1,
06:29on avait eu...
06:30C'était un succès.
06:32Un milliard de dollars
06:33qui avaient été dédiés
06:34à la recherche pour les vaccins
06:35et notamment avec Moderna,
06:37l'ARN messager
06:37qui a permis quand même
06:38le vaccin Covid,
06:39c'est 20 millions de vies
06:41sauvées à l'échelle de la planète
06:42pendant la première année
06:43d'administration de ce vaccin.
06:44Donc, ça a très très bien marché.
06:45Et puis voilà que Trump 2,
06:47cette fois-ci,
06:48a décidé de retirer
06:49leur soutien à Moderna.
06:50J'avoue,
06:50c'est totalement incompréhensible.
06:52Le mois dernier,
06:52il y a eu un foyer
06:53de contamination
06:53de méningite
06:54en Angleterre,
06:56dans le Kent,
06:57à cause d'une contamination
06:58dans une discothèque.
06:59Il y a eu deux morts.
07:00Il y a eu près d'une trentaine de cas,
07:01dont un Français.
07:02Est-ce que le vaccin
07:03contre la méningite
07:04et la méningocoque
07:05est sous-utilisé ?
07:06Est-ce qu'on ne communique pas
07:07assez à destination
07:07des publics jeunes ?
07:09Alors, il a déjà été introduit
07:11dans une version élargie
07:12qui permet de couvrir
07:12un panel beaucoup plus large
07:14de sous-types
07:14chez les très jeunes,
07:17dans les deux premières années
07:19de la vie.
07:19Et puis, il faut faire un rappel
07:21à l'adolescence
07:22parce qu'effectivement,
07:23de façon assez particulière,
07:24c'est dans des collèges,
07:26dans des universités
07:27que se développent ces clusters
07:28sur la population
07:29des adolescents
07:30et jeunes adultes.
07:31Et chez eux,
07:31il faut effectivement
07:32faire ce rappel
07:33pour mieux se protéger
07:34contre le méningocoque.
07:35Il y a aussi
07:35l'autre vaccin
07:37qui concerne les jeunes,
07:38le vaccin contre le HPV,
07:39le papillomavirus.
07:41Il y a des pays
07:41comme l'Australie
07:42qui éradiquent le HPV.
07:44Ça, on peut le faire en France ?
07:45Alors, c'est un virus,
07:48le papillomavirus,
07:48qui est responsable
07:49des cancers du col de l'utérus.
07:51Et entre autres,
07:52il y a d'autres cancers.
07:54Et là, on a un vaccin
07:56qui est efficace,
07:57qu'il faut administrer
07:58aux jeunes gens,
07:59garçons et filles,
08:01avant les premiers rapports sexuels.
08:03Ça marche mieux
08:03si vous êtes vacciné
08:04avant les premières expositions
08:06puisque le papillomavirus
08:07se transmet par voie sexuelle.
08:08Et des pays comme l'Australie,
08:10la Suède,
08:10la Finlande,
08:11l'Angleterre
08:11ont réussi déjà
08:13à atteindre
08:13des couvertures vaccinales
08:14très élevées.
08:15Et en Australie,
08:16ils pensent pouvoir éliminer
08:17le cancer du col de l'utérus
08:19en 2035,
08:19ce qui serait encore
08:20un succès majeur.
08:21Et ça, c'est entre nos mains.
08:22On peut le faire aussi.
08:23Exactement.
08:24Merci beaucoup,
08:25Arnaud Fontanet.
08:26Et je rappelle donc
08:27cette tribune,
08:28ce cri d'alarme
08:29pour appeler donc
08:31les Français
08:32à ne pas bouder les vaccins
08:33parce qu'ils sauvent
08:34des vies,
08:34des millions de vies.
08:35Merci beaucoup.
08:36Dans un instant,
08:37on retrouve
08:37la petite bande
08:38d'RTL Soir.
08:39La Tentation du Soir
08:40fait revivre
08:40les dessins animés
08:41des années 80,
08:43Capitaine Flamme,
08:44Albator,
08:44Candy,
08:45grâce à un documentaire
08:46sur Gully.
08:47Et le petit phénomène,
08:48c'est un robot
08:48qui va aider
08:49les enfants malades
08:50à prendre leurs médicaments.
08:51Enfin, l'info
08:52qu'on a failli rater,
08:53c'est une arnaque
08:53au crématorium.
08:54On a tout de suite.
09:00Tous les jours,
09:01toute la journée,
09:04c'est R.
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