00:00Dans le dossier du 13h, on se pose la question de la sécurité de nos présidents.
00:03Aux Etats-Unis, c'est le Secret Service qui est en charge et chez nous.
00:07Comment ça se passe ? Qui gère la protection de nos présidents et comment ?
00:11Et avec nous pour en parler, Bruno Pommard et le général Passot.
00:14D'abord, Bruno, les chiffres, l'unité, c'est 80 personnes, policiers, gendarmes ?
00:19Oui, pour le GSPR, vous parlez.
00:20Un service dédié.
00:21Oui, c'est le service de la protection.
00:23C'est un service évidemment qui est au ministère de l'Intérieur,
00:26dirigé par un contrôleur général.
00:27Il y a 1 500 personnes et il y a des équipes totalement dédiées au Premier ministre
00:31et au Président de la République.
00:34C'est entre 70 et 80 personnes.
00:36Des équipes mixées entre des anciens du RAID et du GIGN.
00:39C'est intéressant.
00:39Donc des pros, des commandos, des interventions d'urgence.
00:42Absolument, absolument.
00:42Qui sont formés à la protection rapprochée parce que ce sont des hommes d'intervention à l'origine
00:46mais qui travaillent sur toutes les techniques de protection
00:48et qui encadrent évidemment les déplacements du Président
00:51avec aussi une coordination sur le terrain avec d'autres services de police.
00:55Vous savez que la préparation d'un déplacement est bien plus importante, je dirais,
00:59que le déplacement lui-même en matière de sécurité.
01:01Si le travail de précurseur est bien fait,
01:05visiblement sur Trump il y a eu quelques petits cafouillages dessus,
01:09mais de façon générale la sécurité rapprochée peut vivre tranquillement ce moment.
01:13Donc c'est des moments qui sont compliqués aussi pour nos forces de l'ordre,
01:17compte tenu du contexte que nous connaissons tous
01:18et pour Emmanuel Macron en particulier.
01:21On l'a vu il y a peu de temps, il a pris une gifle parce qu'il était sorti
01:24du dispositif
01:25alors que les effectifs de sécurité n'étaient pas au courant.
01:28On va aller voir, vous sautez un petit peu, on est en avance,
01:32mais après tout vous avez raison parce que c'est intéressant de faire la comparaison
01:35entre les Etats-Unis, on voyait les images à l'instant,
01:38et ça remonte à l'été 2021, Emmanuel Macron qui, on le voit,
01:43fait courir ses gardes du corps, les prend de court
01:44et reçoit une gifle d'une spectatrice.
01:47C'est aussi, il faut marquer la différence, aux Etats-Unis,
01:50les présidents sont censés faire ce que, ou d'un jeune homme d'ailleurs,
01:53j'ai mal vu les images, aux Etats-Unis,
01:56les présidents doivent faire ce que le Secret Service leur ordonne.
01:59Absolument.
02:00En France, visiblement, ils sont beaucoup plus libres.
02:02C'est beaucoup plus libre, le SDLP a moins de souplesse, je dirais,
02:06pour, comment dire, intimer l'ordre au président
02:10de ne pas aller dans tel secteur ou dans tel secteur.
02:12Aux Etats-Unis, effectivement, le Secret Service est le patron,
02:15ça passe au-dessus du président, même de la Maison-Blanche,
02:18pour dire, il peut ou il ne peut pas,
02:20rentrer dans telle pièce ou dans tel événement.
02:22Donc ça, c'est un élément qui me paraît important.
02:24En France, évidemment, ça s'est resserré,
02:27compte tenu du contexte terroriste que nous connaissons tous.
02:30Donc le président Macron a une équipe renforcée,
02:33dans laquelle on trouve d'ailleurs un appui du RAID,
02:35comme un peu le 4, la fameuse équipe antiterroriste,
02:38et qui sont venus après sur le podium entourer la sécurité du Secret Service
02:42et du président, qui était en tenue lourde,
02:45avec des gilets pare-balles lourdes.
02:46Mais voilà, le RAID fait aussi ce genre d'accompagnement.
02:48On appelle ça l'appui-feu, c'est-à-dire des équipes
02:51qui sont capables de monter à l'assaut d'assaillants
02:53qui viendraient évidemment en découdre avec le président
02:57et sa sécurité privée.
02:58Donc voilà, le schéma est toujours le même, il faut le dire.
03:02C'est démultiplié aux Etats-Unis,
03:03parce que ce sont les Etats-Unis et ils peuvent faire beaucoup plus.
03:07Mais en France, le SELP fait un travail formidable
03:09en matière de sécurité rapprochée.
03:11Il y a d'autres différences d'approche générale
03:12entre ce que font les Américains et ce que font les Français ?
03:16Non, je crois que Bono a parfaitement bien expliqué
03:20la logique et la manière dont les déplacements étaient préparés.
03:25C'est un dialogue permanent, je pense,
03:27je ne suis pas un spécialiste de cette question,
03:29entre le protocole et la partie GSPR.
03:37Un dialogue qui peut être un peu tendu
03:39et qui peut prendre les apparences d'un bras de fer parfois
03:42lorsqu'il s'agit de mettre le président
03:44dans des conditions un peu plus exposées.
03:48Et puis il y a également la dimension du pays hôte
03:52lorsque le président se déplace.
03:54Et donc les services locaux prennent une importance souvent prépondérante
04:00et parfois jugée trop intrusive.
04:03Il y a toujours un garde du corps dans le véhicule du président
04:06du pays qui est visité.
04:09Et puis après, il y a l'appétence plus ou moins importante du président
04:12pour la liberté, le bain de foule.
04:15On se rappelle du président Chirac,
04:16donc c'est l'histoire de notre président Macron
04:20qui ont sans doute généré quelques sueurs froides
04:24aux responsables de la Sécurité.
04:25Oui, vous évoquiez les Champs-Élysées, Jacques Chirac,
04:27qui était pris pour cible sur les Champs-Élysées,
04:31Maxime Brunery,
04:32lors d'un défilé du 14 juillet,
04:33là aussi avec la foule autour.
04:35C'est une exposition permanente,
04:36vous savez, ce n'est pas simple
04:37parce que le président est là aussi
04:38pour aller au contact de la foule,
04:39quoi qu'il en coûte parfois, évidemment.
04:41Et quand on est dans des périodes de terrorisme
04:44plus, plus, plus comme on a actuellement,
04:45effectivement, c'est compliqué.
04:46C'est d'autant plus compliqué, d'ailleurs,
04:48pour le Sécurité de Service aux États-Unis
04:49que le président Trump fait un peu ce qu'il veut.
04:52Vous l'avez sûrement vu.
04:56Il a mis du temps à partir
04:57parce qu'il voulait savoir ce qui se faisait.
04:58Et puis, à un moment donné, on l'a présente.
04:59Il l'a dit lui-même.
05:00J'aurais mis des bâtons dans les roues.
05:02Je voulais voir, je voulais rester.
05:03Je voulais voir ce qu'il se passait.
05:04Oui, donc ça, c'est compliqué.
05:05Il faut que ces services de sécurité,
05:07donc le Sécurité de Service,
05:07s'adaptent, effectivement, aux situations.
05:09Ce n'est pas toujours évident.
05:10Deux images sur lesquelles on voulait vous entendre,
05:11Bruno Pommard d'abord,
05:12ce qui s'est passé dans le Hilton de Washington,
05:14où on voit qu'il y a un membre du Sécurité de Service
05:16qui fait obstacle de son corps,
05:18qui se met devant,
05:19on va voir ces images dans un instant,
05:21devant Donald Trump,
05:22comme pour le protéger, on va dire, physiquement.
05:25Et puis, on la verra.
05:27Voilà, c'est ça.
05:28Donc, on a des hommes qui se mettent en position devant.
05:31Et l'autre image, c'est un peu étonnant,
05:32parce que nous, on a en tête aussi d'autres choses.
05:35Les mallettes en Kevlar,
05:36les parapluies en Kevlar,
05:38on sait que ça existe,
05:39et c'est d'autres images qu'on va voir.
05:40On les utilise souvent en extérieur.
05:42On les utilise souvent en extérieur.
05:43Là, effectivement, il y a eu précipitation,
05:45quand même,
05:45parce qu'on ne s'attend pas à ce qui se passe.
05:47Évidemment, il y a toujours ce côté sidération,
05:49même de la part des services de sécurité,
05:50même s'ils ont entraîné.
05:51Là, il y a eu une réaction
05:52de l'équipe de protection rapprochée
05:54qui est venue faire la carapace autour du président.
05:56On voit le fameux parapluies en Kevlar
05:58qui résiste visiblement à des balles,
06:00aux lance-flammes.
06:01On les teste avant.
06:02Oui, absolument.
06:02Mais le grand public ne sait pas forcément que ça existe.
06:04Vous n'avez jamais vu ces images ?
06:05On voit souvent les officiers de sécurité
06:06avec une mallette,
06:07on dirait une mallette diplomatique,
06:08tout simplement,
06:08mais c'est une mallette par balle
06:10qu'on met sur le dos.
06:11Un bouclier.
06:11Oui, pour éviter de se faire descendre.
06:15Ce qui est important à voir dans ces images,
06:18c'est qu'il y a plusieurs éléments.
06:19Les officiers de sécurité
06:20qui encadrent la sécurité
06:22et l'évacuation du président,
06:25protégés, évacués.
06:26Vous avez le 4,
06:26le fameux groupe antiterroriste
06:28qui est l'équivalent du RAID
06:29ou des SWAT
06:30qui sont là pour sidérer en même temps
06:33et pour regarder ce qui se passe dans la foule
06:34avec des fusils d'assaut.
06:36Ce qui peut poser quelques questions
06:37concernant les fusils d'assaut
06:38parce que c'est des fusils en calibre 156
06:40qui tirent des balles subsoniques.
06:42On est dans un endroit clos,
06:43ça peut poser des interrogations.
06:45Mais ils sont là pour impressionner aussi,
06:46pour protéger,
06:47avec des gilets pare-balles lourds,
06:49avec des sur-fire,
06:51des lumières pour pouvoir éblouir,
06:53éventuellement si quelqu'un veut
06:55tirer dans cette direction,
06:56il est émouillé.
06:57Donc il y a un paravent
07:00qui s'est mis face au président
07:02et puis cet officier de sécurité
07:03du secret de service
07:04qui a mis son corps en avant
07:05pour protéger le président.
07:06C'est son job.
07:08Il y a aux Etats-Unis des règles
07:10en matière de personnalité présente
07:12dans la même pièce.
07:12Il y a toujours un survivant désigné.
07:14Est-ce qu'il y a ça aussi en France ?
07:15Ou est-ce qu'on peut rassembler
07:16dans la même pièce le président,
07:17le président du Sénat,
07:18le président de l'Assemblée nationale,
07:19l'ordre de succession ?
07:20Vous savez, le niveau, encore une fois,
07:22de sécurité en France
07:23n'est pas le même qu'aux Etats-Unis.
07:24Normalement, on ne devrait pas le faire.
07:26Je vais vous prendre un exemple
07:27très simple, le Bataclan.
07:28Le Bataclan, il y a eu ce qu'on a connu,
07:30malheureusement.
07:31Et lorsque ça s'est posé,
07:33à un moment donné,
07:33on a vu arriver toutes les autorités.
07:37Hollande, Cazeneuve, le ministre intérieur,
07:38et le Premier ministre, Manuel Valls.
07:41Évidemment, il y aurait dû avoir quelqu'un
07:42qui dise à un moment donné
07:43« Hop, attention, parce que pourquoi ? »
07:44Il peut y avoir un sur-attentat,
07:46une voiture piégée, etc.
07:47Donc là, c'est une véritable question.
07:49Il ne faut pas que l'ensemble
07:50des autorités du gouvernement
07:51soient présentes au même endroit,
07:52au même moment.
07:53Merci beaucoup à tous les deux.
07:54On a appris plein de choses.
07:55Restez avec nous dans un instant,
07:56l'édition spéciale.
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