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  • il y a 2 jours
MEDI1TV Afrique : 100 corps, un coeur : Casa Urban Gnawa, un spectacle de Khalid Benghrib - 26/04/2026

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00:00C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouve sur Médien TV pour l'Afrique en culture.
00:17On fera bien sûr comme à notre habitude un tour complet de l'actualité artistique ou encore culturelle sur notre
00:22continent.
00:23Dans quelques minutes, avant de parler cinéma, nous parlerons photographie avec Ishola Akpo, un jeune photographe béninois très prometteur.
00:33On en parlera dans quelques instants, nous parlerons également littérature.
00:37Mais avant toute chose, place à la danse contemporaine avec notre invité du jour.
00:48Et aujourd'hui dans l'Afrique en culture pour notre invité du jour, nous avons l'immense plaisir de recevoir
00:54un chorégraphe Orpère Khalid.
00:57Un chorégraphe constamment sur le seuil qui voit la danse comme quelque chose d'organique, de viscéral, d'instinctif.
01:05Formé par les plus grands, notamment le regretté Lehsen Zinoun.
01:09Bonjour Khalid.
01:11Bonjour Lalla.
01:13Merci d'être avec nous aujourd'hui.
01:16Et donc cet événement extraordinaire, unique en son genre, le Casa Urban Group.
01:21Et avant de rentrer peut-être plus dans le détail de l'événement même, il y a une question que
01:26je voudrais vous poser en tout premier.
01:27C'est pourquoi avoir choisi la ville de Casablanca ?
01:31Est-ce que c'est une ville qui par essence impose son propre rythme, sa propre écriture chorégraphique ?
01:39Enfin, la ville de Casablanca est un processus de propre rythme.
01:44Elle propose le rythme marocain parce que c'est la capitale de la dynamique, c'est la capitale de la
01:54puissance de la jeunesse marocaine.
01:57Et puis, indénéablement, je suis Casablanca d'origine, donc la moindre région, c'est de commencer par la ville.
02:07Et comme donné, le projet, de toute façon, il fallait qu'il trouve un initial, et son initial, le Casablanca
02:14sous l'apropole,
02:15pour moi, c'est toute la représentation symbolique de ce que ça peut être aussi la performance à l'extérieur.
02:24Et donc, bien évidemment, le choix de Casablanca pour commencer, et le choix de la jeunesse pour commencer,
02:29elle était d'une logique non nature, mais réelle.
02:35– Je voudrais savoir comment est née l'idée de ce projet, très concrètement,
02:42parce que c'est vrai que déjà, faire une chorégraphie avec une troupe des professionnels
02:49est une chose assez complexe, on le sait, mais c'est vrai que cette idée,
02:55voilà, plusieurs corps qui se rencontrent et qui finissent par battre à l'unisson comme un seul et même cœur,
03:02comment est née cette idée ?
03:06– Écoutez, depuis que j'ai commencé à travailler au Maroc, je ne fais qu'ouvrir des fenêtres.
03:11Donc, ouvrir la première fenêtre de la création, puis la fenêtre de la formation,
03:16et puis la fenêtre de la sensibilisation.
03:19Et aujourd'hui, on touche la fenêtre de la performance amateur participative.
03:24En fait, l'idée, c'est qu'en tant qu'artiste, je me suis engagé dans son évolution du début
03:33jusqu'à la fin.
03:34Et on est encore à nos concours, parce qu'il y a encore des projets pour les enfants,
03:40il y a encore des projets pour les communautés culturelles, etc.
03:43Et donc, l'idée de ramener la construction de la proposition contemporaine à travers les rites et les rituels
03:53que vous commencez à explorer depuis maintenant une vingtaine d'années,
03:58c'est tout simplement une logique qui est inscrite dans un nouveau prolongement.
04:04Après avoir fait plusieurs créations, on se retrouve aussi à réfléchir,
04:11c'est tout qu'on peut amener de plus à la scène contemporaine et aussi à la scène marocaine.
04:18L'idée de faire un projet de sorte de nature-là, de cette envergure-là,
04:23d'un accompagnement, c'est juste extraordinaire.
04:27Et je voudrais savoir...
04:30Oui, allez-y, je vous en prie.
04:33Oui, et donc, inattendu, et on est très content de pouvoir y arriver.
04:38Vous savez, ce n'est pas évident aujourd'hui au Maroc
04:47de faire des actions sans briser un système établi.
04:53Et donc, arriver à porter ces actions-là tout en complétant ce qui existe
04:58est quelque chose qui est relativement complet.
05:00Et nous, il arrive en gros que ce genre de fenêtres,
05:03à les initier, à les installer,
05:05et j'espère qu'il y a d'autres aspects qui font la relève.
05:09La relève, justement, et vous le disiez à l'instant,
05:12c'est vrai que la danse contemporaine,
05:15c'est quelque chose d'entre guillemets très neuf au Maroc.
05:19Il faut une sensibilisation, il faut connaître entre guillemets la chose
05:23pour pouvoir y adhérer.
05:25Mais on voit également, en parallèle, que ce soit au Maroc
05:28ou même sur tout le continent africain,
05:31un véritable intérêt pour cet art magnifique.
05:35Et vous, qui invitez cette jeunesse à participer.
05:38Parfois, c'est ce qu'on appelle des danseurs qui ont été formés à la rue,
05:43donc des autodidactes, tout simplement.
05:45Et vous, qui invitez cette jeunesse,
05:48qu'est-ce qui vous touche le plus
05:49et qu'est-ce qui vous frappe dans cette nouvelle génération ?
05:55En fait, ce qui me touche d'une manière générale,
05:59c'est la fragilité humaine et c'est la sensibilité au dialogue.
06:04Après, par rapport à la jeunesse d'aujourd'hui,
06:07pour moi, il n'est pas moi au plus qu'une autre jeunesse.
06:10C'est la jeunesse.
06:13Et sa puissance, elle réside dans sa jeunesse.
06:16Et donc, c'est ça qui m'intéresse et que j'aime beaucoup accueillir.
06:22Néanmoins, le projet qu'on s'est construit par rapport à la jeunesse d'aujourd'hui au Maroc,
06:29on voit qu'il y a une vraie évolution qui s'est établie
06:32depuis mon arrivée, par exemple, au Maroc en 1999.
06:37Et comment les choses prennent forme et se construisent et se construisent.
06:42Donc, on est tout simplement honnête par rapport à ce qui peut passer
06:48en étant pionnier de la danse contemporaine au Maroc.
06:51Je voudrais savoir également un peu l'image d'un de vos maîtres,
06:56le regretté, le très grand, l'Hassine Zinoun.
07:00Vous avez été nourri par la culture marocaine,
07:05notamment la musique guénaoui.
07:07Et c'est vrai que quand on a cette double culture,
07:12est-ce que ça change notre approche à la danse contemporaine
07:17plus que quelqu'un qui a une seule et unique culture ?
07:24C'est sûr.
07:26C'est sûr.
07:28L'approche émotionnelle, philosophique est très importante.
07:36L'approche culturelle, elle est fondamentalement l'assise
07:41qui fait la différence.
07:44Parce que là, on parle de l'identité.
07:48L'art, il n'est pas juste une matière humaine.
07:51Il est aussi une matière de représentation
07:53à la fois de l'individu et à la fois de la communauté.
07:56Et ce qui fait qu'à un moment donné,
07:58l'art, il devient le caractère porteur d'une identité
08:01d'aucune nature qu'il soit.
08:03La nôtre, il est aussi imprégnée de ce contexte-là.
08:08Il est imprégnée de ces fragmentations.
08:10Et ces fragmentations font qu'il y a une différence.
08:13Quand on voit un corps qui évolue
08:17avec une dynamique instituée par un environnement,
08:20par un ensemble d'héritages culturels,
08:24il y a une différence.
08:26Et donc, bien évidemment, c'est cette différence-là
08:28qui me préoccupe pour que je puisse être
08:32le plus juste possible à continuer à la développer.
08:36C'est la notion de l'identité chorégraphique marocaine.
08:41Et avant de nous quitter, Khalid Benrib,
08:45on va revenir au Casa Urban Groove.
08:48Si vous deviez résumer, selon vos propres mots,
08:51votre propre ressenti en tant qu'homme
08:54et également en tant qu'artiste, cet événement ?
08:57C'est très simple.
09:00Avant, on avait Zawaya.
09:02Et Zawaya, ils ont envoyé Tawa'ef.
09:05Et Tawa'ef qui jouent le Mdina,
09:07enfin, ils viennent dans les villes
09:08pour partager leur moment de trans.
09:14Et ça a disparu.
09:16Ça a totalement disparu.
09:17Maintenant, il n'y a plus de Tawa'ef.
09:21Et en fait, j'ai recréé la trans contemporaine participative
09:27comme ça l'était dans mon enfance.
09:31Et aujourd'hui, il est partagé avec gré,
09:34avec acceptation, avec joie.
09:36Et il est partagé.
09:38Il n'est plus solvable à la donation,
09:44mais il est recevable à la donation.
09:48C'est ça qui est très intéressant.
09:51Recevable à la donation.
09:52En tout cas, merci d'avoir été avec nous
09:54et merci encore pour ce genre d'initiative.
09:58C'est tout à votre honneur.
09:59Et c'est vrai que moi, j'ai beaucoup aimé
10:00l'idée du projet,
10:03de la définition que vous en donnez.
10:06Merci infiniment Khalid Boundrelev.
10:08Merci de m'avoir invité.
10:11Et vraiment, je suis très reconnaissant.
10:15Merci infiniment.
10:16Bonne journée.
10:17Merci à vous aussi.
10:18Merci, au revoir.
10:28Et tout de suite, dans l'Afrique en culture,
10:31après avoir parlé dans ce contemporain,
10:33nous parlons photographie,
10:34avec le travail de Ishola Akpo,
10:37qui s'ancre profondément dans une réflexion
10:39sur la mémoire,
10:41entendue à la fois comme archive intime
10:42et construction collective.
10:44L'artiste béninois développe une pratique photographique
10:47qui dépasse, bien sûr, largement la simple captation du réel,
10:51puisqu'il collecte, recompose et met en scène
10:53des images issues d'albums familiaux,
10:56de récits aux roues, de documents historiques.
10:59L'un de ses projets les plus significatifs,
11:01l'album de Danji Nou,
11:04qui illustre cette démarche en retraçant la vie
11:06d'une femme béninoise à travers des photographies d'époque,
11:09enrichies d'interventions contemporaines.
11:11Et par ce geste, il ne se contente pas de préserver une mémoire,
11:16mais au contraire, il la réactive, la questionne
11:18et la réinscrit dans un présent,
11:20révélant aussi les mécanismes de transmission
11:22et les zones d'oubli qui traversent les sociétés africaines.
11:26On l'écoute tout de suite.
11:28Je m'appelle Ishola Akpo,
11:31je suis artiste visuel,
11:33je viens du Bénin.
11:35Et ma présence, c'est à la villa Nda,
11:38à Saint-Louis,
11:41et m'amène
11:42à travailler autour d'un projet
11:46que j'ai démarré
11:47fin 2019
11:48au Bénin
11:51avec la Fondation Zissou.
11:54Et ce projet
11:56qui questionne
11:58la mémoire
11:59des femmes
12:00et post-coloniales
12:05qui ont lutté
12:06pour préserver
12:07leur territoire
12:09vers le XVIIe, XVIIIe siècle.
12:15Ces femmes
12:16dont les histoires
12:19ne sont pas tracées
12:21dans nos livres d'histoire
12:22et moi,
12:24je questionne
12:25la mémoire
12:26et je questionne
12:28des archives
12:29sur l'histoire
12:31de ces femmes.
12:32Donc,
12:33on peut retrouver
12:35l'histoire
12:36de la reine
12:37Nzinga
12:37en Angola,
12:38donc,
12:39on peut retrouver
12:39l'histoire
12:40de la reine
12:41Yala Ndate
12:43au Sénégal,
12:44le royaume
12:45Ouallor,
12:46ou on peut retrouver
12:47l'histoire
12:48de la reine
12:48Tassirangbe
12:50dans le royaume
12:51du Dens romain.
12:53Et donc,
12:53moi,
12:54j'arrive
12:54à Saint-Louis
12:56pour questionner
12:57la mémoire
12:59de la reine
12:59Yala Ndate
13:00qui est l'une
13:03des figures
13:04de résistance
13:06dans le royaume
13:07de Ouallor
13:07face au colom.
13:09Et donc,
13:09son histoire
13:10m'intéresse
13:12et je veux,
13:13je suis en train
13:14d'explorer
13:16son histoire.
13:17Et,
13:19ce qui est
13:20important
13:21pour moi
13:21dans ce projet,
13:23c'est de
13:26restituer
13:27ou de parler
13:28de ces femmes
13:30dont les histoires
13:32ont été effacées
13:33volontairement
13:33par des hommes,
13:35de pointer
13:36du doigt
13:37en fait
13:37leurs histoires
13:40et de toucher
13:41en fait
13:41leur mémoire.
13:43Et donc,
13:43ce que je fais ici,
13:44c'est de chercher
13:46les archives
13:46autour
13:47de ces femmes
13:49de résistance,
13:51il n'y a pas
13:51que la reine
13:52Yala Ndate,
13:53mais il y a aussi
13:54la reine
13:55de la Casamance
13:57comme la reine
13:59Sibeth.
14:00Donc,
14:00je cherche
14:01en fait
14:01à remettre
14:03leurs histoires
14:04sur la table
14:06en faisant
14:07par exemple
14:07de la couture,
14:09du collage
14:09à partir des archives
14:10que je trouve.
14:11Là où,
14:12par exemple,
14:13il y a des rois
14:14où on raconte
14:14des histoires
14:15des rois
14:15alors que
14:16c'est des femmes
14:18qui ont lutté
14:19dans cette période-là
14:21dont les histoires
14:22ont été données
14:24à ces hommes,
14:25moi,
14:25je coupe la tête
14:27si je peux le dire,
14:29coupe la tête
14:30et je remplace
14:32ces figures
14:34masculines,
14:35pas des figures
14:36féminines,
14:37de ces femmes
14:38de pouvoir
14:40de ces femmes
14:40de résistance.
14:42Donc,
14:43mon travail consiste
14:44à récréer
14:45des archives,
14:47à faire la couture,
14:48la broderie,
14:49du collage
14:49à partir
14:51des images
14:52d'archives.
14:54Dans une seconde partie
14:56de son travail,
14:57Ischola Akpo
14:57interroge également
14:58les constructions
14:59sociales,
15:00notamment celles liées
15:01au genre,
15:01à la famille,
15:02à l'héritage culturel.
15:04Il s'intéresse
15:04particulièrement
15:05aux figures féminines
15:06souvent marginalisées
15:07ou réduites
15:08à des rôles secondaires
15:09dans les récits
15:10historiques officiels
15:11et en les plaçant
15:11au centre de ses œuvres,
15:13il propose une relecture
15:14critique de ces mêmes
15:15narrations,
15:16ces compositions
15:17qui mêlent une mise
15:18en scène,
15:18stylisation réellement
15:19symbolique,
15:20déconstruisent les stéréotypes
15:22et ouvrent de nouvelles
15:23perspectives sur la place
15:25des femmes dans la société
15:26béninoise et plus largement
15:28africaine.
15:29En tout cas,
15:29cette approche confère
15:30à son travail
15:31une dimension à la fois
15:32politique et poétique
15:33où l'image devient
15:35un outil de revendication
15:37et de réappropriation
15:38identitaire.
15:40Ma résidence
15:41a commencé
15:44d'abord
15:44par une recherche
15:45au niveau
15:46du CRDS
15:50et au niveau
15:51aussi
15:52des universitaires,
15:54des personnes
15:55aux ressources
15:56qui sont
15:57soit basées
15:59à Saint-Louis,
16:00sur l'île de Saint-Louis,
16:02soit des personnes
16:03qui sont de passage,
16:04mais qui sont des
16:05personnes aux ressources
16:06qui détiennent
16:06des informations.
16:08Voilà,
16:09ma recherche
16:10a commencé
16:11par ce genre
16:12de personnes.
16:13Après,
16:14ça a démarré
16:15aussi par des recherches
16:16d'archives
16:17dont j'ai parlé
16:17tantôt
16:18au CRDS
16:20et à la bibliothèque
16:21de l'Institut français
16:23de Saint-Louis.
16:25Ensuite,
16:26pour élargir
16:28mes recherches
16:29et les conversations,
16:31il y a un atelier
16:32qui a été initié
16:33par la villa
16:35et en collaboration
16:37avec le musée
16:39de la photographie
16:40de Saint-Louis
16:40où il est question
16:42de partager
16:44mon expérience
16:45de travail,
16:48ma manière
16:48de travailler
16:49et aussi
16:52il y a eu
16:53une discussion
16:54qui a été
16:55ouverte
16:56avec les participants
16:58de ce talk,
17:01de cet atelier
17:01par exemple
17:02où il y a eu
17:03des discussions.
17:04Donc cet atelier
17:05a duré deux jours
17:06où on a vraiment
17:07discuté
17:08de comment
17:09on peut arriver
17:12à produire
17:13un travail photographique
17:15à partir
17:16d'une idée
17:17et je ne me suis pas
17:19basé sur la technique
17:20mais plus
17:21dans la profondeur,
17:22dans le fond
17:23d'un travail photographique,
17:24comment on peut partir
17:25des archives
17:26pour pouvoir créer
17:28des histoires,
17:29des histoires collectives,
17:31comment on peut partir
17:32d'une histoire personnelle
17:33par exemple
17:34pour pouvoir
17:36la mettre
17:37dans un contexte
17:38collectif.
17:39Voilà,
17:40il s'agissait
17:40de ce genre
17:42de questions.
17:44Enfin,
17:45la singularité
17:45de la démarche
17:46de Yisholakpo
17:47réside également
17:48dans son usage
17:49hybride
17:49des médiums
17:50et des techniques.
17:51Bien que la photographie
17:52constitue le point
17:53de départ
17:53de sa pratique,
17:54il y a
17:54très fréquemment
17:55des procédés
17:56issus du collage,
17:57de l'installation
17:57et des arts textiles.
17:58Les motifs,
17:59les textures
18:00et les couleurs
18:01jouent un rôle essentiel
18:02dans la construction
18:03de ces images créant
18:04des œuvres
18:05à la frontière
18:05entre documents
18:06et fiction.
18:07Et cette hybridation
18:08lui permet
18:09de dépasser
18:09les limites
18:10du médium photographique
18:11traditionnel
18:12et de proposer
18:13par la même occasion
18:13des narrations
18:14visuelles complexes
18:15où se croisent
18:16passé et présent,
18:17réalité et imaginaire.
18:19Et en cela,
18:19son travail
18:20s'inscrit pleinement
18:21dans les dynamiques
18:21de l'art contemporain
18:22africain caractérisé
18:24par une volonté
18:25d'expérimentation
18:26formelle,
18:27une réflexion critique
18:28sur les héritages
18:29culturels
18:30et historiques.
18:32Que tu sois
18:33du sud
18:34ou du nord,
18:36c'est une histoire
18:36qui nous interpelle
18:37tous.
18:38Je viens du Bénin,
18:40je suis Yoruba
18:41d'origine,
18:42donc mes ancêtres
18:44viennent du Nigeria,
18:46je suis né
18:47en Côte d'Ivoire
18:48et ma mère
18:49bénénoise,
18:50donc je vis
18:51dans cette diversité
18:52culturelle.
18:53Je suis photographe
18:55disons à la base,
18:56je n'aime pas trop
18:56dire photographe
18:57parce que mon travail
18:59n'est pas que
19:01photo,
19:02mais elle rassemble
19:03beaucoup plus
19:04de médiums
19:05que la photographie,
19:07donc on a la photo,
19:10je fais de la sculpture,
19:12je suis dans la tapisserie
19:14et donc dans les installations
19:16en gros.
19:17Et ce que je remarque
19:18en fait,
19:19parce que j'ai toujours
19:20vécu dans une famille
19:21où c'est ma grand-mère,
19:24ma mère qui prend
19:25le pouvoir,
19:25qui décide de ce
19:26qu'on doit faire
19:28et mon père,
19:30voilà,
19:31ne prend pas
19:31les grandes décisions,
19:33c'est ma mère
19:34ou ma grand-mère
19:34qui prend
19:35les grandes décisions.
19:36Et donc pour moi,
19:37c'est quelque chose
19:38qui m'a interpellé
19:39parce qu'on nous a toujours
19:40dit qu'on vit
19:41dans une société
19:43patriarcale
19:43et moi,
19:45c'est tout le contraire
19:48dans ma famille.
19:49Donc j'ai commencé
19:50par rechercher
19:51les femmes
19:52qui ont eu
19:54des places importantes
19:55dans le royaume
19:56de Nankoumé.
19:57Et ce que je vois,
19:59je ne vois que des hommes,
20:00je ne vois que des rois,
20:02des rois,
20:04même au niveau
20:04de nos sociétés
20:08traditionnelles,
20:09parlant du Vaudou,
20:10il n'y a que
20:11des têtes couronnées,
20:13donc des têtes couronnées
20:14masculines.
20:15Il y en a très peu
20:18de femmes
20:19que je vois
20:19dans ces archives.
20:21Donc,
20:22en tant qu'artiste,
20:23j'ai commencé
20:23par recréer
20:25des archives.
20:26Donc,
20:27faire des photos
20:28de ces femmes
20:29qui n'ont aucun contact
20:30avec la photographie
20:31ni avec les réseaux.
20:34J'ai commencé
20:34par aller dans les villages,
20:36aller les rencontrer
20:37pour leur demander
20:38de me raconter
20:39leurs histoires.
20:40Pourquoi
20:41elles sont invisibles ?
20:44Et c'est à partir
20:45de leur témoignage
20:46que j'ai commencé
20:47par recréer
20:48des archives
20:49en leur faisant
20:50des photos
20:50et remplacer
20:52dans nos archives
20:52la tête des hommes
20:54par la tête des femmes.
20:57Et quand j'ai commencé
20:59ce travail,
21:00le métier que je trouve
21:02qu'on donne aux femmes
21:04dans les villages
21:05quand la femme
21:06ne va pas à l'école,
21:08elle n'a pas le droit
21:09d'aller à l'école,
21:10c'est soit
21:11tu vas aller faire
21:11la couture,
21:13la couture basique.
21:15Donc,
21:15pour moi,
21:16je reviens
21:17sur cette forme
21:18de relier
21:19en fait
21:20toutes ces histoires
21:21de ces femmes,
21:22que ce soit
21:23les femmes actuelles,
21:24que ce soit
21:25les femmes
21:25dans nos foyers,
21:27les femmes
21:27à des niveaux différents.
21:30Toutes ces histoires,
21:31je peux les recoller,
21:33les rassembler
21:33à partir de la couture
21:35de l'aiguë.
21:36Et donc,
21:37pour moi,
21:37à chaque fois
21:38que je pèse le papier,
21:40parce qu'il y a
21:41cette fragilité
21:42du papier
21:43et la résistance
21:44du métal.
21:50Et on parle tout de suite
21:52cinéma
21:52avec un film
21:53qui a fait
21:53beaucoup parler
21:54de lui,
21:55Chez les ébus francophones,
21:56signé par le réalisateur
21:58Malkash,
21:59Lova Nante Naina,
22:01qui nous plonge
22:01au cœur
22:01d'un village rural
22:02de Madagascar
22:03menacé par la construction
22:04d'une route
22:05à travers le destin
22:06de quelques habitants.
22:08Il raconte
22:08une lutte silencieuse,
22:09celle d'un peuple
22:10attaché à sa terre,
22:11à ses traditions
22:12et à sa langue.
22:13Face aux promesses
22:14ambiguës du développement,
22:15le film,
22:16à la fois poétique
22:16et politique,
22:17interroge
22:18sur ce que signifie
22:20habiter un lieu,
22:21parler une langue,
22:22résister à l'effacement.
22:23On regarde tout de suite
22:24un extrait
22:24de la bonne annonce.
22:55Tel un crocodile
22:56qui rentre dans l'eau
22:57sans avoir besoin
22:58de remonter sa jupe,
22:59je prends la parole.
23:00Nous allons faire un bois
23:02du travail qui est
23:04de la bonne annonce.
23:04Et ça,
23:12tu ne sais pas,
23:14tu ne sais pas,
23:16Tu ne sais pas,
23:18tu ne sais pas,
23:20tu ne sais pas,
23:21tu ne sais pas,
23:22tu ne sais pas.
23:27I love you, I love you.
23:53It's not a long time.
23:56It's not a long time.
24:23and others, those of a world where the time does not exist but share.
24:27And this immersion does contrast with the brutality of the management project
24:31which is a symbol of the mondialisation and of its promises, sometimes trompeuses.
24:35In all this film distinguishes from its simplicity,
24:38luminous, not an effect, not a pathos, but an attention to the beauty of the gestures,
24:42to the grin of the face, to the words of the village.
24:45Lova Nante Naïna donne à voir, sans juger, à entendre, sans traduire,
24:49laissant résonner la pluralité des voix malgaches comme un acte de résistance à l'uniformisation linguistique.
24:56Le titre à la fois ironique et tendre révèle toute l'ambiguïté du propos chez les ébus francophones,
25:01c'est-à-dire chez ceux que la modernité voudrait civiliser,
25:04mais qui détiennent en réalité la sagesse d'un autre rapport au monde et à l'autre.
25:08Le film devient alors une fable contemporaine sur la dignité du local face au global,
25:13sur la force des communautés oubliées.
25:15Chez les ébus francophones n'est pas seulement un film sur Madagascar.
25:18C'est une méditation universelle sur la terre, la mémoire et la parole.
25:28Et avant de nous quitter, on parle littérature avec l'autre émoi qui exporte la rencontre avec l'altérité
25:34et la manière, bien sûr, dont on perçoit cet autre,
25:39cet autre jeu qui parfois nous fait face et que l'on voudrait sonder.
25:43Je vous propose tout de suite de regarder un extrait et on se retrouve juste après.
25:48L'autre émoi, c'est un ouvrage écrit sous forme de dialogue intérieur entre le personnage principal et lui-même.
25:55C'est un dialogue dans lequel on se souvient en tout cas de beaucoup de choses qu'il a vécu
26:00à travers une voie intérieure.
26:02C'est ce qu'on appelle l'endophasie.
26:04L'endophasie, c'est cette communication qui s'établit entre l'individu et lui-même.
26:10Donc, c'est une sorte de communication dans laquelle la personne en profite pour s'interroger sur elle-même,
26:20faire une sorte d'introspection pour se resouvenir en tout cas de beaucoup de choses qu'il a vécu.
26:25Alors, quelles sont mes inspirations ?
26:28Je pense que ça part en fait au-delà de... ça peut venir comme ça peut ne pas venir.
26:33Mais moi, en tout cas, en ce qui me concerne, on ne peut pas écrire qu'au-delà de ce
26:37que nous vivons
26:37ou au-delà de ce qu'on nous a raconté ou ce qui interpelle en tout cas notre inquiétude ou
26:44notre étonnement.
26:46L'autre émoi, la narration, la première personne rend bien sûr ce récit intime et engageant
26:53à travers des réflexions personnelles et des anecdotes.
26:56Niang invite à observer nos préjugés et nos perceptions.
26:59Un livre donc à découvrir d'urgence.
27:02Et on arrive à la fin de l'Afrique en culture.
27:05Merci encore une fois d'avoir été avec nous.
27:07Eh bien, on se donne rendez-vous bien sûr dès la semaine prochaine.
27:10D'ici là, portez-vous bien.
27:19Sous-titrage ST' 501
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