00:00On va à présent revivre avec vous, Pascal Bito-Panelli, le moment précis où les services de protection du président
00:08entrent en action pour évacuer les personnalités présentes à ce dîner.
00:12On va se rapprocher de ce mur, on va vous montrer trois séquences et on va essayer de les décrypter
00:18ensemble.
00:19Première séquence, alors là c'est une vue du dîner, les coups de feu viennent juste d'être échangés.
00:24Au premier plan on a les journalistes et puis là le président qui semble ne pas trop comprendre ce qui
00:28se passe.
00:28Voilà, alors si vous voulez, dans ces dîners il y a beaucoup de bruit et le président il est entouré,
00:34il est en pleine discussion et c'est plutôt la sécurité qui va entendre les premiers messages d'alerte.
00:40Donc au départ le président ne se rend pas compte de ce qui se passe, effectivement.
00:44Donc les alertes arrivent dans les oreillettes de la sécurité et logiquement à ce moment-là, à ce niveau de
00:51protection...
00:52Tout de suite il y a un homme qui se met devant lui.
00:53Voilà, on a un officier de sécurité du président qui vient faire un premier barrage sur l'avant en attendant
01:03que le reste de son dispositif prenne place autour du président.
01:07Donc là on voit, voilà.
01:09Là il y a le mentaliste.
01:10Qui est en train de faire un petit spectacle et qui ne comprend pas trop ce qui se passe.
01:12Voilà, donc il y a toujours cet effet, non pas de sidération mais de compréhension.
01:18Donc heureusement les forces de sécurité se placent devant.
01:21Le dispositif, le box, la bulle de protection...
01:24C'est un devant et deux derrière c'est ça ? C'est ce qu'on dit maintenant ou pas
01:27?
01:27Beaucoup plus.
01:28Beaucoup plus.
01:28Une bulle avec plusieurs éléments avancés latéraux arrière.
01:33Un élément extracteur et Kevlar, bon là on n'a pas vu de Kevlar.
01:37Et des éléments arrière vont se positionner juste derrière le président avant que le chef de ce groupe qu'on
01:43appelle un team leader donne un ordre plus précis d'évacuation.
01:47Le rôle précis de cet homme c'est toujours de se mettre devant le président.
01:49Tout à fait, il fait bouclier.
01:50Il sait qu'il se passe quelque chose, c'est le bouclier du président.
01:52Couper l'interaction visuelle et physique en face à l'entente.
01:56Et lui j'imagine porte un gilet pare-balles contrairement au président derrière.
01:59Absolument.
01:59Est-ce qu'on se dit que cette procédure elle date depuis Kennedy ?
02:02On avait dit moult choses sur justement la protection du président Kennedy.
02:06Est-ce qu'elle a été revue à ce moment-là ou est-ce que ça date de plus longtemps
02:09?
02:09Alors la protection des présidents madame, c'est des services d'élite qui procèdent dans la protection très rapprochée, tous
02:18de la même manière.
02:19Ce qu'on a revu à partir de l'assassinat du président Kennedy, c'est que le fait qu'il
02:24ne fallait pas travailler que sur la zone d'opération,
02:27mais sur les zones d'intérêt et d'influence, c'est-à-dire voir beaucoup plus en amont, faire des
02:32points hauts et traiter tout ça,
02:33et travailler bien sûr aussi beaucoup avec le renseignement.
02:37Alors il y a une deuxième séquence qu'on va découvrir ensemble, là où les services secrets vont entrer en
02:42action.
02:42Expliquez-nous, parce qu'on a dit que GDVN avait été sorti le premier.
02:46Est-ce que c'est parce qu'il est le plus proche de la sortie ? Est-ce que parce
02:49qu'il y a deux services qui rentrent ? Comment ça se passe ?
02:51Alors écoutez, je pense que c'est parce que ces hommes ont réagi plus vite que ceux du président.
02:56Ce n'est pas les mêmes, pardon ?
02:57Ce n'est pas les mêmes.
02:58En tout état de cause, à ce moment-là, maintenant, ils ont dû entendre dans les oreillettes « armes »
03:03ou « arme à feu » ou « détonation ».
03:05Donc là, le team leader, le chef d'équipe…
03:08Chacun son équipe, un pour GDVN, c'est un pour le président.
03:10Oui, bien sûr, bien sûr, décide de protéger, d'évacuer, de procéder à une évacuation immédiate du président Trump.
03:17Bon, un peu confuse, mais techniquement positive.
03:22On voit la force avec laquelle il la grippe, il ne lui parle même pas, c'est-à-dire qu
03:26'il l'embarque.
03:26C'est une question de seconde.
03:27Il l'embarque, c'est une question de seconde ?
03:28On va déjà totalement le protéger et faire une espèce de carapace.
03:32Tellement rapide d'ailleurs que le président Trump tombe, même trébuche.
03:34Tout à fait.
03:35Une carapace à 360 degrés.
03:37Dans les services français, l'élément arrière, sur cette carapace, dépôt un Kevlar pour protéger complètement le président
03:44et l'évacuer pour le mettre hors de contact visuel.
03:47C'est un bouclier, c'est ça ?
03:48Comment ?
03:49C'est une mallette qui permet qu'elle est liable et qui permet d'avoir une protection supplémentaire.
03:55On voit que cet agent qui protège le secteur arrière et qui est évacué est équipé aussi d'un gilet
04:00pare-balles.
04:01On dit que ça a duré 20 secondes en moyenne.
04:03Est-ce qu'il y a un timing au-dessus duquel on se dit là on est en danger ?
04:07Ça doit être immédiat, ça doit être en moins d'une minute.
04:10Très rapide.
04:10En sécurité, on dit, vous savez, quand il y a un doute, il n'y a pas de doute.
04:14À ce niveau de menace, au moindre doute, on évacue.
04:17Les services de protection ne sont pas des services de combat.
04:19On ne va pas au feu.
04:21On évite que son VIP soit mis en danger.
04:24Donc l'évacuation, c'est quelque chose que les services d'élite répètent des milliers de fois.
04:29On appelle ça le drill.
04:31C'est un automatisme opérationnel.
04:33Donald Trump dit qu'ils ont fait du bon boulot hier soir.
04:35Quand vous voyez ces images, vous dites qu'il n'y a pas eu de raté ?
04:38Écoutez, le résultat est bon.
04:41Le président est toujours en vie.
04:43Techniquement, on n'est pas à 20 sur 20.
04:46Alors, qu'est-ce qui fait des fois ?
04:47Vous parlez de confusion.
04:48Qu'est-ce qui manque, là, pour qu'on soit à 20 sur 20 ?
04:50Je pense que...
04:51Alors, ce n'est pas une critique.
04:53Non, non, bien sûr.
04:53Tout va très vite.
04:54Parce que c'est quelque part de mes anciens collègues.
04:55On décrypte les images pour l'instant.
04:56Je pense qu'on aurait pu anticiper l'évacuation.
05:00Pourquoi ?
05:01Parce que je vois des invités qui se protègent sous les tables
05:04avant même que le secret de service réagisse.
05:07Et je pense qu'on aurait pu être plus rapides et protégés
05:12que des malades Kevlar, le président.
05:14Mais le reste est bien.
05:15Techniquement, on est sur quelque chose qui tient la route, heureusement.
05:19Dernière séquence qu'on voulait décrypter avec vous,
05:23celle du tireur qui force le barrage de sécurité.
05:27On voit le tireur arriver de très loin, d'une cinquantaine de mètres,
05:30a même dit Donald Trump, et qui prend totalement par surprise
05:34ce point de sécurité, ces agents qui semblent un petit peu dépassés d'ailleurs,
05:38qui se retournent au dernier moment pour essayer de tirer,
05:40mais il est déjà parti.
05:42Alors, c'est la difficulté de ces événements, bien les sécuriser,
05:45que le personnel garde ce qu'on appelle un l'état mental d'alerte permanent,
05:51ne se relâche jamais.
05:52On voit cet individu qui marche normalement
05:54et qui, sur ce barrage filtrant, soudainement accélère
05:58pour pénétrer et passer en force.
06:00Et effectivement, il y a un petit effet sidération
06:04qui crée un temps de retard sur la réaction des agents.
06:07Mais on dit que les agents étaient de dos.
06:09Ce n'est pas la position idéale, ça ?
06:10Non, non.
06:11C'est vrai que là, sur la technique, le positionnement des agents,
06:15par contre, professionnellement, on est un peu juste.
06:18Moi, je vois ce petit portique de sécurité, là.
06:20J'ai l'impression que ce n'est pas plus grand
06:22qu'un portique de sécurité classique dans un supermarché
06:25ou quelque chose comme ça.
06:26On sécurise un tel événement avec aussi peu de sécurité à l'entrée ?
06:30C'est-à-dire que non.
06:31Dans un pays où il y a une ou cinq armes par habitant
06:36avec le niveau de menace du président, vous savez ce qu'on dit.
06:39La sécurité, c'est une affaire de trois vecteurs.
06:42Le dosage, l'anticipation, le professionnalisme.
06:46Là, maintenant, il faut tout revoir et voir ce qui s'est passé.
06:48Il n'y a pas plusieurs degrés de filtrage, normalement,
06:50avec un tel événement ?
06:53Il y a plusieurs zones, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs zones.
06:54Une zone publique, une zone contrôlée, une zone sécurisée.
06:58Qu'est-ce qui n'a pas été fait, là ?
06:58Une zone rouge où on met le président,
07:01avec le niveau d'accès le plus élevé.
07:03Qu'est-ce qui s'est exactement produit ?
07:05Comment s'est pratiquée la collaboration inter-service
07:09dont je vous parlais tout à l'heure ?
07:10Il faut établir les responsabilités
07:12et voir où on a eu des points de faille exploitables.
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