00:00Vous voyez, vous êtes l'ancien président de l'Union Nationale des Propriétaires Immobiliers.
00:04Merci d'être notre invité.
00:05Quelle est votre réaction ?
00:07Je suppose que ça va dans le bon sens.
00:08Dans ce flot de mauvaises nouvelles que nous annonçons,
00:11que nous aigrénons depuis le début de cette émission,
00:12là, il y a une lueur d'espoir.
00:15Une toute petite lueur, on allait dire, Thierry Cabane.
00:18Parce que moi, ce que je remarque quand même,
00:20c'est qu'en réalité, on a une fable qui nous est racontée.
00:24C'est-à-dire que depuis 2021,
00:26en réalité, depuis la mise en place du DPE opposable,
00:30on a un problème avec les diagnostics énergétiques
00:33et l'agent immobilier qui parlait, l'a fort bien dit.
00:36En réalité, qu'est-ce qu'on a ?
00:37On a aujourd'hui un Premier ministre en 2026
00:40qui nous dit qu'il va y avoir le choc de l'électrification
00:42et qu'on va interdire les chaudières à gaz.
00:44Ça, c'est un premier point.
00:45Et à côté de ça, en parallèle,
00:47ce qu'il faut voir, c'est que depuis 2021,
00:50l'énergie électrique la plus décarbonée du monde,
00:53je dis bien l'énergie électrique la plus décarbonée du monde,
00:57est hyper sanctionnée sur le DPE.
01:00C'est-à-dire que les Français qui se chauffent à l'électrique,
01:03les propriétaires qui ont un chauffage électrique
01:05et les propriétaires bailleurs, encore pire,
01:08qui ont un chauffage électrique,
01:11se voient pénalisés par un coefficient
01:13qui multiplie aujourd'hui par 1,9 le rendement.
01:17C'est-à-dire que, vous voyez, on est presque au double.
01:19Donc, en réalité, tout ça, c'est une fable.
01:21Le vrai sujet, c'est de changer le coefficient
01:26sur l'énergie électrique.
01:28Ce que vous chauffiez au gaz,
01:29que vous chauffiez au foule, au fioul, au bois,
01:32au pétrole, au lampin, au charbon,
01:34à ce que vous voulez,
01:35vous avez un coefficient de 1.
01:37Pour les Français qui ont le malheur
01:39d'être au chauffage électrique,
01:42de se chauffer au chauffage électrique
01:43ou de donner à bail avec un bien au chauffage électrique,
01:47vous êtes pénalisés à 1,9.
01:49Alors, il faut voir d'où on part.
01:51En 2021, et Dieu sait qu'à l'époque,
01:53moi, en tant que président, j'avais prévenu,
01:55j'avais prévenu solennellement,
01:56et à l'époque, c'était la ministre Emmanuel Bargon,
02:00j'avais prévenu, attention, il va y avoir de la casse,
02:02on va fermer des logements,
02:03ce n'est pas possible,
02:04l'énergie est particulièrement pénalisée,
02:07les petites surfaces sont particulièrement pénalisées,
02:10et pire, il y a des régions entières
02:12qui sont hyper sanctionnées, Thierry Cabane.
02:15Si vous prenez, par exemple,
02:17les arcs sur les côtes,
02:19toute la côte, on est à zéro d'altitude,
02:21donc là, vous n'avez pas de pénalisation,
02:23pratiquement, par rapport,
02:24parce qu'on est aussi pénalisé avec l'altitude,
02:27mais dès que vous allez un petit peu
02:29dans la moyenne montagne
02:30ou dans la moyenne montagne,
02:32vous vous retrouvez avec un marché
02:33avec 35%, je dis bien 35% et plus,
02:37de logements qui sont en F et en G,
02:39idem pour Paris,
02:40toutes les petites surfaces,
02:42on ne va pas les mettre des pompes à chaleur,
02:43sur les façades haussmaniennes
02:46ou sur les balcons.
02:48Donc, en réalité, je veux dire,
02:49il serait peut-être temps,
02:51au bout de bientôt 5 ans,
02:53de se réveiller
02:53et d'enfin changer ce coefficient
02:57sur l'énergie électrique.
02:59Alors, Christophe Demers,
03:00on a décidé d'être pratico-pratique
03:02dans cette édition,
03:03de donner la parole aux Français,
03:04de donner la parole
03:05à ceux qui connaissent les dossiers,
03:07et vous en faites partie.
03:08Qu'est-ce que vous pouvez dire
03:09aux Français qui nous regardent
03:11en vertu de toutes ces annonces ?
03:13Alors là, vous voyez,
03:14j'étais quand même modéré,
03:15j'ai dit peut-être une lueur d'espoir
03:17et vous avez stoppé mon enthousiasme,
03:19mais j'étais quand même
03:20relativement modéré quand même,
03:21parce qu'il y a quand même
03:22pas mal de conditions.
03:23Mais qu'est-ce que vous pouvez dire
03:24aux Français qui nous regardent ?
03:25Qu'est-ce que vous pouvez leur dire
03:26par rapport à ce qu'on a pu annoncer ?
03:30Moi, je leur dirais surtout
03:31d'être prudents
03:32et de ne pas céder
03:32à ces effets de panique.
03:34Si vous regardez,
03:35vous savez, aujourd'hui,
03:36le Premier ministre Le Cornu,
03:38en 2018,
03:39qui nous disait
03:39qu'on allait fermer Fessenheim
03:41et puis qu'il a mis 79 milliards
03:43sur la table pour le démantèlement
03:44et puis que tout allait bien se passer
03:47et puis qu'après,
03:48l'année d'après,
03:49on allait fermer les centrales,
03:5114 autres centrales nucléaires.
03:53Aujourd'hui,
03:54on nous raconte autre chose.
03:55Ce qu'on veut, nous,
03:55les propriétaires,
03:56ce qu'ils veulent,
03:57c'est de la stabilité législative,
04:00c'est de la stabilité réglementaire
04:02et c'est de la stabilité fiscale.
04:04Aujourd'hui,
04:05on n'a rien d'étroit
04:06et tous les jours,
04:07on a des effets d'annonce
04:08parce que l'effet d'annonce,
04:09Thierry Cabane,
04:10il faut remarquer une chose aussi.
04:11Bientôt,
04:12il va y avoir la transcription
04:13du DPE européen,
04:15fin mai.
04:16Et là,
04:17ça va être une autre histoire
04:17parce que nous,
04:18la France,
04:18vous savez,
04:19on fait tout mieux que les autres.
04:20Nous,
04:20on est beaucoup plus intelligents,
04:22surtout pour faire des conneries.
04:24Donc nous,
04:24aujourd'hui,
04:25on a mis l'interdiction de louer.
04:26Alors maintenant,
04:27comment on fait ?
04:28On se rend compte
04:28qu'il y a des régions
04:30avec un tiers du parc
04:31qui va être fermé.
04:32Donc on dit,
04:33ah ben oui,
04:33mais vu qu'on ne veut pas
04:34changer le coefficient
04:36parce qu'on veut maintenir
04:37des prix élevés
04:38et puis qu'on veut maintenir
04:39la pression
04:40sur les propriétaires
04:42et sur les propriétaires bailleurs
04:43et accessoirement
04:44faire baisser les prix
04:45artificiellement,
04:46on essaye de jouer
04:47au chat à la souris.
04:48En réalité,
04:48c'est un jeu de bonnes taux.
04:50Mais tout ça,
04:51en réalité,
04:52honnêtement,
04:52c'est pufable.
04:53Comment les Français
04:54peuvent s'y retrouver ?
04:55On dit,
04:55ouais,
04:55pompe à chaleur,
04:56électrique,
04:57etc.,
04:58allez-y gaiement.
04:58Non, mais au final,
04:59on fait quoi ?
05:01Au final,
05:02on fait ce qui se passe
05:03et ce qu'on avait dit,
05:04vous savez,
05:04à chaque fois qu'on discute,
05:06on voit ça.
05:07Au final,
05:08on ne fait que des Français.
05:09Et quel Français
05:10qui nous écoute parmi nous
05:11n'a pas dans sa famille
05:12un jeune qui est obligé
05:13de galérer,
05:14je dis bien de galérer
05:15à Paris
05:16et dans les grandes métropoles
05:17et de faire 80 bandes
05:18pour essayer de trouver
05:19un petit appartement
05:20alors qu'il y en a des milliers
05:21qui sont fermés ?
05:22Pourquoi ?
05:22Tout simplement
05:23parce qu'ils sont en F
05:24et qu'ils sont en G.
05:25Mais il y a encore
05:26autre chose aussi derrière.
05:27Et ça,
05:28le gouvernement
05:28ne communique pas beaucoup
05:29là-dessus,
05:30mais je vous ferai remarquer,
05:31c'est que depuis 2022,
05:34blocage des loyers
05:35sur le F et sur le G,
05:36c'est-à-dire qu'en réalité,
05:38le gouvernement,
05:39il se dit
05:39« Oui, mais là,
05:40les loyers vont augmenter,
05:41il faut qu'on fasse attention
05:42parce que ça,
05:43ce n'est pas bon
05:43pour les élections. »
05:45si les loyers augmentent,
05:46et c'est mauvais,
05:48donc on dit
05:48« On maintient facilement,
05:50artificiellement,
05:51j'allais dire,
05:52la tête sous l'eau
05:52des propriétaires
05:53parce que les propriétaires,
05:54les trois quarts du temps,
05:55même quand ils ont fait
05:56des travaux énormes
05:57qui ne sortent pas
05:58du F et du G,
05:59c'est pour ça
05:59qu'il ne faut pas raconter
06:00de fables.
06:01Et en réalité,
06:02on se trouve piégé
06:03et on se trouve
06:03dans une impasse.
06:05Merci,
06:05j'aime votre franc parler
06:07en tous les cas.
06:09Christophe Demerso,
06:09on se trouve dans une impasse.
06:13– Sous-titrage Société Radio-Canada
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