Plongez au cœur de l'impact du colonialisme sur l'identité congolaise ! Découvrez comment l'imposition des langues européennes a non seulement cherché à dominer, mais aussi à hiérarchiser les cultures, créant un sentiment d'infériorité profondément ancré.
Explorez le concept d' "évolués", une construction visant àSeparator les Congolais de leur propre héritage. La langue, pilier de l'identité, est analysée comme un outil de pouvoir utilisé pour asseoir la supériorité perçue des cultures occidentales.
Cette analyse révèle comment l'endoctrinement colonial a conduit à une dévalorisation des langues et cultures africaines, un phénomène qui persiste encore aujourd'hui. Apprenez comment surmonter cet héritage et retrouver une estime de soi essentielle pour s'épanouir.
Un parcours personnel nous éclaire sur les défis liés à la représentation dans les institutions culturelles et l'importance de la persévérance face aux obstacles. Une invitation à réfléchir sur l'identité, l'histoire et les voies de la résilience.
#Colonialisme #IdentitéAfricaine #LanguesCongolaises #PaulineMalengaMwanga
Explorez le concept d' "évolués", une construction visant àSeparator les Congolais de leur propre héritage. La langue, pilier de l'identité, est analysée comme un outil de pouvoir utilisé pour asseoir la supériorité perçue des cultures occidentales.
Cette analyse révèle comment l'endoctrinement colonial a conduit à une dévalorisation des langues et cultures africaines, un phénomène qui persiste encore aujourd'hui. Apprenez comment surmonter cet héritage et retrouver une estime de soi essentielle pour s'épanouir.
Un parcours personnel nous éclaire sur les défis liés à la représentation dans les institutions culturelles et l'importance de la persévérance face aux obstacles. Une invitation à réfléchir sur l'identité, l'histoire et les voies de la résilience.
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ÉducationTranscription
00:00Ce qu'on a fait au Congo, en fait, c'est, et je pense que Mickaël sait beaucoup plus l
00:05'expliquer que moi,
00:06mais en fait, ils ont appris nos langues pour après les façonner pour que ce soit facile pour eux,
00:15pour après l'utiliser pour nous dominer, ce qu'ils ont fait avec le Lingala et la force publique et
00:20tout ça,
00:20mais en faisant ça aussi, ils ont hiérarchisé nos langues,
00:27donc le français, les langues européennes, en fait, étaient vues comme les langues de la civilisation, du développement,
00:35et donc il y a beaucoup de personnes qui croient que, en fait, par exemple au Congo,
00:40qu'on a renforcé les personnes, les Congolais à apprendre le Lingala, à apprendre le français,
00:45mais en fait, ils n'ont même pas essayé de faire ça parce qu'ils disaient, en fait,
00:48les Congolais sont trop bêtes pour apprendre une langue aussi développée que le français.
00:52Et donc, l'attention Mickaël a aussi expliquée, avec les évolués, c'est un concept, en fait,
00:59parce que le noir ne pouvait pas jamais être au même niveau qu'un blanc.
01:04La même chose avec, par exemple, nos rois et nos chefs de terre.
01:07Les rois, les chefs de terre sont des rois, mais comme on ne peut pas avoir un statut aussi haut
01:13que le plus haut statut qu'un blanc, ce sont devenus des chefs de terre.
01:17Et la même chose, en fait, qu'avec le concept d'évoluer.
01:21Donc, on veut montrer, parce qu'effectivement, l'idée, on est parti au Congo pour aller civiliser les pauvres Congolais.
01:26Et donc, à ce moment-là, il faut montrer une certaine civilisation aussi,
01:31envers pas seulement la Belgique, mais aussi d'autres pays à l'international,
01:35parce que la Belgique essayait de se mettre sur la carte, comme c'était un pays assez nouveau.
01:41Et donc, ce qu'ils ont fait avec le concept des évolués,
01:44c'est que vraiment, les Congolais devaient se dédouaner de tous ceux qui étaient liés à leur propre identité.
01:52Et la langue est très importante quand on parle d'identité et d'histoire.
01:55Et donc, ça a vraiment été utilisé comme, voilà,
01:58les évolués, c'est vraiment la classe, la classe civilisée,
02:02la classe la plus hautement civilisée des Congolais.
02:05Et donc, malheureusement, cette idée-là, que le français et les langues européennes sont plus développées que nos langues,
02:15qui sont déjà beaucoup plus complexes et qu'ils ont une histoire aussi vraiment très ancrée dans nos royaumes,
02:23mais ça, c'est quelque chose d'autre,
02:25ben, elles ont vraiment été, comment dire ça,
02:28elles ont été, je cherche le mot, c'est pas discriminé,
02:31elles ont été ravissées, tout à fait.
02:34Et donc, dans ce mécanisme-là,
02:38les Congolais ont commencé à s'approprier, malheureusement, cette histoire-là.
02:44Par exemple, quand tu vas au Congo aujourd'hui, tu parles français aux âmes, tu es quelqu'un.
02:49Donc, le statut que le français ou la culture européenne,
02:53qui est beaucoup plus haute que la culture congolaise ou les cultures africaines,
02:58ben, malheureusement, elles ont vraiment été ancrées,
03:00l'indultrination coloniale a vraiment fonctionné.
03:04Et de cette manière-là, je pense que c'est important de connaître beaucoup de langues,
03:10parce que, ben, c'est aussi une manière, c'est une manière de pouvoir,
03:15mais le problème devient que quand tu parles, toi, quatre langues européennes,
03:20et tu ne sais pas parler ta propre langue maternelle,
03:22en sorte que moi-même, je crois en moi, pour que je perds cette complexité, en fait,
03:27qui était quand même présente.
03:30Et donc, on m'a dit, toi, l'université, ça ne sert à rien, tu ne vas pas le faire.
03:35Tu vas peut-être essayer, mais ça ne va agoutir à rien.
03:37Donc, regarde pour les études professionnelles.
03:40Et comme une fois, encore une fois, à ce moment, j'ai dit non.
03:43Et j'ai commencé mes études en sciences pédagogiques,
03:46qui m'a vraiment beaucoup apporté,
03:48parce que je voulais, en fait, comprendre pourquoi un humain est ce qu'il est aujourd'hui,
03:53pourquoi mon identité est celle qu'elle est aujourd'hui,
03:57comment mon environnement influence tout ça.
04:02Et donc, pendant ces études-là, je trouvais ça assez dommage, en fait,
04:06que c'était très canalisé à l'expérience, encore une fois, beige,
04:09et je ne me sentais pas à ma place.
04:11Et à ce moment-là, mon fiancé, que je remercie énormément aujourd'hui,
04:15parce que je ne serais pas où je suis aujourd'hui sans lui,
04:17qui m'a dit « Écoute, Pauline, je vois vraiment que tu es intéressée à l'histoire,
04:22la politique, ces aspects-là.
04:24Essaye de trouver un autre chemin, faire un master en sciences po. »
04:29Et je me rappelle que je ne voulais pas,
04:32parce qu'encore une fois, j'avais vraiment un très...
04:36mon estime de soi était vraiment très basse.
04:38Et aussi parce que c'était un master en anglais,
04:41et je me disais « J'ai une base, mais ça ne va pas aller. »
04:45Et pour couper le cours, j'ai fait mon master,
04:47et j'ai fini avec une grande distinction.
04:54Mais malheureusement, mon copain ne s'est pas arrêté là,
04:56parce que j'ai terminé mes études.
04:59Et en fait, il n'y a pas assez de personnes de représentation
05:02dans les institutions culturelles.
05:05Pourquoi ?
05:05Parce qu'on n'est pas...
05:07Nos parents ne vont pas nous dire
05:08« Aujourd'hui, il fait une science pédagogique,
05:10ou il devient artiste, ou je ne sais pas quoi,
05:11parce qu'il n'y a pas cette représentation-là. »
05:13Et comme j'ai dit, eux, ils se sont vraiment battus
05:15pour qu'on ait une vie meilleure.
05:17Et donc, ils cherchent...
05:18On connaît les classiques, hein.
05:20On fait du droit, on fait de la médecine.
05:22Mais moi, je savais que ça ne m'intéressait pas.
05:24Et donc, après mes études,
05:25je trouvais ça très difficile de rentrer dans le milieu culturel,
05:28ce que j'ai toujours voulu faire.
05:31Et je recevais des noms, des noms, oui, bref.
05:36Et donc, à ce moment-là, je me suis dit
05:38« En fait, peut-être que si je veux être aidée,
05:41je dois aller regarder dans ma propre communauté. »
05:44Et à ce moment-là, j'ai pris contact
05:46avec un garçon qui s'appelle Yvonne Kaldolo,
05:48qui faisait des conférences et tout ça.
05:51Et je me suis dit
05:52« Je sais que je veux faire ce qu'il fait,
05:54mais je ne sais pas comment y arriver. »
05:56Et à travers Leibn, je suis arrivée au Cerf Congolais,
06:00Congolais-Skring, en irlandais.
06:03En fait, le Cerf Congolais,
06:04c'est une réalisation de la diaspora congolaise en Flandre
06:09qui se focus sur la réappropriation de notre histoire,
06:14de notre identité, nos langues et tout ça.
06:16Et donc, à partir du Cerf Congolais,
06:18j'ai commencé à faire des conférences,
06:20j'ai commencé à parler,
06:21à organiser des activités pour les jeunes de la diaspora
06:25pour se reconnecter avec leur identité,
06:27avec leur langue, leur histoire,
06:28qui a complètement été perdue,
06:30pas seulement à cause de la période coloniale,
06:32mais aussi parce qu'il y a un détachement
06:34à travers nos parents,
06:35à cause du traumatisme qui vient à cause de la période coloniale,
06:39ce qui est normal.
06:40Et donc, on cherchait une manière, en fait,
06:43de reconnecter ces jeunes à leur identité, en fait.
06:48Et à ce moment-là, j'ai appris à connaître Nadiane Saï.
06:51C'est peut-être que des personnes la connaissent.
06:54En fait, c'est une femme dans la diaspora congolaise,
06:57mais en Flandre,
06:58qui a vraiment bouffé beaucoup de choses,
07:02des expositions et tout ça,
07:03qui se passe souvent avec des institutions
07:05comme l'Africa Museum, où elle a travaillé.
07:08Et à travers Nadia,
07:09j'ai commencé à travailler à l'Africa Museum
07:11en tant que responsable de presse.
07:13Et là, j'étais confrontée à un espace,
07:16un espace très violent,
07:17mais aussi à un espace où je voyais d'autres personnes,
07:20la majorité, en fait, des Européens,
07:22qui parlaient des personnes comme moi,
07:24qui parlaient de ma culture,
07:25qui parlaient de notre héritage,
07:27mais je ne voyais pas.
07:31Et il y a une personne,
07:32son nom me dépasse,
07:34mais il dit tout le temps,
07:35ce que vous faites, pour nous,
07:37sans nous, c'est contre nous.
07:40Et mon expérience à l'Africa Museum
07:43m'a vraiment révoltée.
07:46Oui, cette expérience-là, apparemment,
07:48il y a aussi.
07:48Oui, merci.
07:49Merci, au Mandela.
07:51Et donc, cette expérience-là
07:53m'a vraiment révoltée
07:54et a fait en sorte que,
07:56en fait, je sais,
07:57je l'ai vécu moi-même,
07:58il y a beaucoup de personnes dans la communauté
08:00qui sont vraiment talentueuses.
08:03Là, je parle spécifiquement
08:04de la diaspora congolais
08:05ou de la communauté congolaise
08:06parce que c'est celle que je connais le mieux.
08:08on est la communauté en Belgique
08:11avec les plus hauts diplômes,
08:14mais on est très souvent sous-qualifiés.
08:17Donc, on prend des positions
08:18qui sont en dessous de notre qualification.
08:20Et tout ça, en fait,
08:21c'est lié vraiment à la conceptualisation
08:24de l'Africain comme plus bas
08:28qui a été, en fait, forgé
08:30pendant la période coloniale
08:31et qui a été installé vraiment
08:33dans la structure,
08:34dans la société belge.
08:36Et c'est ces témoignages-là,
08:37en fait, que je voulais apporter
08:41à travers ma recherche.
08:42Et pour être très spécifique,
08:44en fait, aujourd'hui,
08:45je fais de la recherche
08:46sur comment la période coloniale,
08:47en fait, a façonné l'identité
08:49des jeunes de la diaspora en Belgique,
08:51des jeunes de la diaspora du Congo,
08:53et comment, en fait,
08:54ça se traduit à travers la relation
08:57qu'on a avec nos langues congolaises.
08:59parce que le Lingala, c'est bien beau,
09:01mais on a le Chiluba,
09:02on a le Tetela,
09:03on a le Kikongo,
09:04on a le Swali,
09:05on a plus de 240 langues
09:08à Kinshasa,
09:09et ces langues sont aussi à Kinshasa,
09:10je veux dire, au Congo,
09:12et ces langues sont liées
09:14à nos histoires,
09:16à nos coutumes,
09:17à notre identité, en fait.
09:22Par exemple, moi, je l'ai dit,
09:24ma mère, elle est Mouluba,
09:26il y a quelque chose
09:27qui s'appelle le Kachala chez nous,
09:29et donc, c'est une manière
09:31un peu poétique,
09:32mais aussi historique
09:34de retrouver une connexion,
09:36en fait, avec nos ancêtres,
09:38et tout ça, en fait,
09:39c'est qu'un exemple,
09:40mais c'est des pratiques ancestrales
09:43que nous, on a perdues
09:44et qui continuent à être perdues,
09:47en fait,
09:47parce que cette connexion
09:49avec les langues aussi,
09:50elle n'est pas nécessairement là.
09:52Et donc, c'est un peu ça
09:54que ma recherche essaye
09:57de rechercher,
09:58d'examiner, en fait.