00:00Alors justement, c'est là que c'est une des questions qui se posent. Est-ce que les États-Unis
00:03ont une interrogation sur leur stock d'armes ?
00:06On va voir ça en détail, Noémie Vira. Qu'est-ce qui justifie cette interrogation ?
00:10Justement, Donald Trump s'est exprimé hier à ce sujet sur CNBC. Regardez ce qu'il a dit.
00:15Nous sommes parfaitement armés, nous sommes bien plus puissants qu'avant le cessez-le-feu.
00:21Nous avons profité du cessez-le-feu pour reconstituer nos stocks. Alors, dit-il vrai ? Oui et non.
00:26Oui, les États-Unis ne manquent pas d'armes au sens global. Ils restent la première puissance militaire mondiale.
00:32Ils ont encore les moyens de poursuivre cette guerre. Mais derrière cette démonstration de puissance, certaines réserves clés ont en
00:39réalité été entamées.
00:40C'est ce que disent plusieurs analystes. Alors, pas toutes les armes, mais les plus sophistiquées. Environ 45% des
00:48missiles de frappe de précision ont été utilisés.
00:51Près de 50% des systèmes de défense antimissiles TAD et autour de 50% des missiles de défense ARN
00:59Patriot et d'autres systèmes, aussi comme les Tomahawk,
01:03auraient diminué de 20 à 30%, avec plus de 850 tirés en un mois contre l'Iran.
01:11Alors, pourquoi ? Parce que les États-Unis utilisent des missiles extrêmement complexes, extrêmement coûteux. Parfois, plusieurs millions de dollars
01:19pièces pour intercepter des menaces bien moins chères,
01:22comme les drones. Vous voyez ici, le Patriot, qui est aux alentours de 3 à 6 millions de dollars. Ces
01:27missiles ne se remplacent pas rapidement.
01:29Il faut parfois des années pour reconstituer ces stocks. On parle de 3 à 5 ans.
01:33– Axel Meunier, vous êtes à Washington. Ces préoccupations sur les stocks d'armes aux États-Unis, est-ce que
01:38ça peut faire partie des choses
01:39qui expliquent les hésitations, les tergiversations de Donald Trump ?
01:46– Alors, a priori, non. Parce que, d'après les experts, ici, les États-Unis n'ont pas à s
01:52'inquiéter dans un avenir très proche.
01:54Ils ont de quoi voir venir si les hostilités devaient reprendre face à l'Iran.
01:59Le problème se poserait si un autre conflit devait arriver, et notamment, un, que les États-Unis ne maîtriseraient pas.
02:06Admettons que dans les 2-3 ans, les États-Unis doivent faire face, par exemple, à la Chine ou à
02:10un autre pays comme ça, armé et puissant.
02:14Là, il risque d'y avoir des problèmes. Effectivement, Donald Trump, quand il est revenu au pouvoir, revenu à la
02:20Maison-Blanche,
02:21en janvier 2025, il a tout de suite essayé de refaire fabriquer des armes par l'industrie américaine.
02:27Mais, évidemment, ça prend du temps. Et on n'y est pas encore.
02:31Du coup, les stocks, effectivement, se refont très petit à petit. Et il y a encore besoin de temps.
02:36Et c'est pour ça, d'ailleurs, que la semaine dernière, il y a eu une réunion, ici même, à
02:40la Maison-Blanche,
02:41avec un groupe d'industriels, des industriels tels que Ford, General Motors ou encore General Electric, Aerospace,
02:48pour demander à ces groupes civils de participer à l'effort de guerre et de participer à la fabrication de
02:55certains missiles et de certaines armes.
02:58Ça veut dire qu'on est en train de passer, côté américain, à une économie de guerre.
03:02Parce que c'est exactement ce qui s'est passé, par exemple, lors de la Seconde Guerre mondiale.
03:05Donc, voilà l'état de la situation. Les Américains n'ont pas un besoin dramatique à l'instant T.
03:13Mais ça pourrait le devenir. D'abord, si le conflit se prolongeait vraiment beaucoup face à l'Iran.
03:18Et certains craignent, effectivement, un enlisement.
03:21Ou alors, si un autre conflit devait venir juste derrière, dans les 2, 3, 4 ans.
03:26Le problème, Amiral Villemont-Roussel, c'est que ces armes américaines n'ont pas fait céder l'Iran.
03:32Et qu'elles coûtent cher par rapport aux armes employées par les Iraniens eux-mêmes ?
03:36Oui. Alors, pour revenir sur l'état des munitions américaines,
03:41il ne faut pas oublier que les Américains dimensionnent leur stock en fonction de l'ennemi potentiel.
03:47Je pense qu'aujourd'hui, c'est plutôt l'Achid qui est en phase 2.
03:51Et pour plusieurs années, parce que finalement, ils ont eu des expériences comme le Viettim,
03:55qui a été une expérience de très longue année.
03:58Et donc, ils dimensionnent en fonction de l'ennemi qui sera le plus dimensionnant en phase 2.
04:06Donc, je pense que pour l'instant, effectivement, la réponse, c'est qu'ils ont encore ce qu'il faut.
04:10C'est bien évident.
04:11Mais peut-être qu'ils n'ont plus la réserve qui leur permettrait immédiatement
04:16de rentrer dans un conflit majeur pour plusieurs années.
04:20C'est peut-être ça qui était...
04:21Mais je pense qu'aujourd'hui, ils sont parfaitement capables de mener cette guerre sans difficulté.
04:26D'autant qu'il y a l'Ukraine, il y a l'Iran.
04:28Et puis encore une fois, c'est une guerre qui coûte très cher aux Américains
04:32et qui pèse également forcément sur le quotidien de l'Amérique.
04:37Oui, tout à fait.
04:38Alors, il y a eu une rallonge de 200 milliards du budget de la défense pour pouvoir financer cette guerre.
04:43En revanche, si on lit bien les chiffres qui ont été donnés, il y a 50% d'intercepteurs.
04:48Donc, les Américains sont prêts pour un deuxième round, si vous me permettez l'expression.
04:53Et les missiles de précision et les Tomahawk, qui sont donc pour l'offensive,
04:59ils peuvent être compensés par des missiles et des missions plus risquées, un peu moins précises,
05:05mais qui s'approchent plus près parce qu'il n'y a plus de défense aérienne en vie au-dessus
05:10de l'Iran.
05:10Donc, ça permet d'utiliser des missiles qui sont un peu moins chers
05:13et qui sont en quantité assez abondante.
05:19Il y a donc la possibilité.
05:20On a eu une pause stratégique.
05:22Dans toute guerre, on ne peut pas…
05:24C'est comme le championnat de foot.
05:25À un moment, il faut qu'on s'arrête un mois ou deux pour que les gens reprennent leur force.
05:28Mais là, pendant 15 jours, ça a permis effectivement de faire de la maintenance, de reconstituer les stocks.
05:32Tout à fait.
05:33Et ça a permis de retendre les énergies, les volontés,
05:37de faire une analyse un peu de qu'est-ce qui a bien marché, qu'est-ce qui a moins
05:41bien marché.
05:42Ça, Clausewitz l'expliquait déjà très bien.
05:44Il y a des rythmes dans la guerre.
05:45C'est sinusoidal.
05:47Et là, on est peut-être dans un creux avant la reprise des affrontements.
05:51Parce que, dirais Arnaud, il y a les armes qui sont utilisées pour l'offensif,
05:53mais il y a aussi les armes que les États-Unis utilisent pour se défendre.
05:56Et là aussi, on a vu que l'Iran avait causé des pertes assez considérables.
06:00Je pense notamment à cet avion Hawks qui a été complètement détruit.
06:03Les bases américaines très endommagées.
06:04D'un coup, évidemment, absolument considérable.
06:06Les bases américaines ont été beaucoup plus endommagées
06:09que ce que les Américains ont bien voulu dire ou montrer.
06:12On nous a raconté, par exemple, qu'une grande partie du personnel de ces bases
06:17avait dû être délocalisé.
06:19Certains travaillaient dans des locaux provisoires, dans des bureaux, dans des hôtels
06:22pour pouvoir continuer à mener leurs opérations.
06:25Donc, les dégâts ont été importants.
06:27Et il ne faut pas oublier non plus quand même,
06:29même si c'est un sujet que Donald Trump n'aborde jamais,
06:3213 morts du côté américain depuis le début de ce conflit,
06:36200 blessés tout de même, dont certains le sont évidemment gravement.
06:41Et ça, c'est aussi une dimension évidemment que le président américain
06:43ne peut pas ignorer parce qu'elle serait pour lui assez dramatique
06:48si elle devait s'alourdir.
06:50La leçon des éléments des dernières heures et des derniers jours
06:53est quand même assez claire.
06:55Donald Trump veut se donner les moyens de ne pas avoir à reprendre la guerre.
06:59Général.
06:59Je pense que le problème n'est pas tant dans les munitions
07:01que dans les équipages des bateaux.
07:04Parce que vous prenez, par exemple, le porte-avions Gérald Ford,
07:06il a dépassé les 300 jours à la mer.
07:08Et là, sur les frégates, les destroyers qui sont sur jaune,
07:13ça, c'est un véritable problème.
07:15Parce que c'est quand même des espaces de promiscuité.
07:17Vous avez une tension permanente.
07:19Et c'est très difficile de relever les équipages.
07:23En fait, vous êtes obligé de relever le bateau.
07:26Et là, l'endurance à la mer, c'est un facteur clé
07:29et dont on ne parle pas suffisamment pour relier à ce néphi.
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