00:00Vous, c'était il y a 7 ans, c'était il y a 6 ans. Qu'est-ce qu'on
00:06dit dans ces cas-là à la famille ? Vous nous avez dit tout à l'heure, les mots comptent,
00:09mais les actes comptent peut-être encore plus.
00:12Qu'est-ce qu'on dit à une famille qui vient de perdre un jeune homme de 31 ans ?
00:17D'abord, on apprécie d'être informé. Ensuite, on est sensible au fait que l'institution prend les choses en
00:28main.
00:29Je vous donne un exemple que j'ai vécu de deux manières, d'ailleurs, je peux le dire. C'est
00:34celui de l'arrivée des corps, du ou des, c'était 13 camarades en l'occurrence.
00:41Et donc, le moment d'intimité que peuvent avoir les familles, juste après l'arrivée des corps, donc à Persy
00:49ou dans un autre hôpital d'instruction des armées.
00:53Et figurez-vous que vous rappeliez mes fonctions précédentes. Quand j'étais secrétaire d'État à la Défense, j'étais
01:00à l'arrivée des corps pour les morts de 2008, en Afghanistan, dans le Jbim.
01:0910, 11, tu es. Et c'est un moment fort. Ensuite, je me souviens également, comme membre du gouvernement, j
01:18'accompagnais le Premier ministre de l'époque, l'accueil des familles.
01:22Et quelques années plus tard, je suis dans les familles. C'est autre chose.
01:28Et moi, j'ai des... Si vous voulez, dans le moment d'intimité, où on est dans une petite salle
01:35avec le cercueil, il y a pour chaque famille un militaire.
01:40Là, en l'occurrence, c'était le gouverneur militaire de Paris de l'époque. On a chanté ensemble.
01:46Qu'est-ce que vous avez chanté ?
01:55On entend votre émotion. Je vais vous laisser quelques secondes, évidemment, monsieur Bouquel.
02:03On entend votre émotion.
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