- il y a 7 heures
- #sudradio
Avec Vincent Jauvert, grand reporter, ancien chef du service étranger du Nouvel Obs, enquête sur Poutine depuis 25 ans, auteur de "Kremlin confidentiel, le vrai Poutine" éd. Albin Michel
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NewsTranscription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:08Et vous êtes bien sur Sud Radio, nous sommes quoi aujourd'hui ?
00:13Le 21 avril, c'est une date électorale en 2002 qui avait laissé de mauvais souvenirs.
00:182026, il est 13h04, je reçois un confrère pour lequel j'ai beaucoup de respect et d'admiration
00:25qui a été chef du service étranger, à Marien, on disait le service monde, Jean-François Kahn,
00:30voilà, service étranger, quel vrai terme.
00:33Vincent Jauvert, qui connaît bien la Russie, qui connaît bien le monde soviétique,
00:39qui est comme tous les grands journalistes, un investigateur, c'est un homme qui aime enquêter.
00:43Et là, il a édité chez Albain Michel, les grandes maisons d'édition sont au cœur d'actualité.
00:50Albain Michel en dit une, c'est une très belle institution.
00:52Et l'ouvrage s'appelle « Kremlin confidentiel ».
00:55Alors, on parle surtout de Poutine, mais c'est très important.
00:58« Kremlin confidentiel », les dessous du pouvoir russe, du pouvoir poutinien à Moscou.
01:05Un portrait, alors, je vais vous dire sans concession, je disais à l'instant à Vincent Jauvert,
01:09je me disais toujours, peut-être que Poutine, on y va un petit peu trop fort,
01:12il n'est peut-être pas aussi épouvantable que ça.
01:14Alors, c'est peut-être pire que ce que je pensais,
01:16parce que là, toutes les cases sont cochées avec talent.
01:19Non, vous le qualifiez de dictateur totalitaire, c'est bien, c'est pléonasmique,
01:23on reverrouille, voire tyran dictateur, tyrannique et totalitaire.
01:27Merci Vincent Jauvert d'être en direct avec tous sur Sud Radio.
01:31Merci à vous.
01:32Donc, on ne va pas tout raconter, on n'aurait pas assez des 45 minutes qui nous sont en partie
01:36pour faire le portrait complet de Vladimirovitch, Poutine.
01:44En deux mots, vous connaissez bien les gens qui l'ont vu, vous avez des témoignages,
01:50vraiment cet ouvrage est plein d'éléments, c'est du sérieux, c'est de l'enquête,
01:54ce sont des faits, ce sont des chiffres, ce sont des dates,
01:57c'est un document historique, parce que vous racontez toute la chronologie
02:00de ce qui s'est passé depuis son arrivée au pouvoir et un peu avant,
02:02et on comprend pourquoi aujourd'hui, la Grande Russie, la Sainte Russie en est là,
02:07déchirée entre son ancienne puissance et le besoin de continuer à exister.
02:12Première question, c'est un vrai monstre, c'est un vrai tyran, c'est un vrai salaud,
02:18ou c'est quelqu'un que la fonction a rendu comme ça, ou l'ambition a rendu comme ça ?
02:24Tu sais, ce n'est pas un monstre, non, ce n'est pas un monstre, ce n'est pas Hitler.
02:28Il a des comportements très durs quand il élimine, il n'hésite pas à faire éliminer.
02:31Oui, oui, oui, il est très dur, mais ça n'atteint pas le niveau d'un Hitler,
02:37on en a parlé tout à l'heure, ou d'un Staline, bien entendu.
02:41Simplement, il a depuis 25 ans resserré son régime de plus en plus,
02:47et il a de plus en plus attaqué l'étranger.
02:50Et donc, aujourd'hui, on atteint un système tyrannique,
02:56il met ses opposants en prison, il les tue, il ferme Internet totalement,
03:03tyrannique et totalitaire, puisque la propagande est omniprésente,
03:09à son bénéfice, il y a un culte de la personnalité.
03:12Donc, aujourd'hui, oui, c'est un tyran totalitaire,
03:16mais ce n'est pas encore, et j'espère que ça ne sera jamais, un monstre.
03:20Donc, quand les médias, certains plateaux de chaînes infos,
03:24avec soit des anciens militaires, soit des témoins,
03:26soit des opposants au régime russe que l'on voit,
03:29alors, quelquefois, c'est des influenceurs ou des influenceuses,
03:31parlent de Hitler et de Staline,
03:33vous qui avez... l'ouvrage est sans concession,
03:36vous êtes insoupçonnable de...
03:37Voilà, vous trouvez que le mot Staline et Hitler, c'est excessif.
03:42Pour l'instant, et espérons que ça va durer,
03:46il n'a pas tué, chez lui, autant de gens que l'un et l'autre,
03:51c'est sans commune mesure.
03:53En revanche, il est pire que Brezhnev, par exemple.
03:58J'allais vous poser la question.
04:00Il est pire que les précédents tyrans soviétiques.
04:02Que les précédents leaders à Moscou.
04:05Ah oui, ça c'est...
04:06Bon, Robachev, bien sûr, mais Brezhnev qui est resté si longtemps,
04:08qui est l'incarnation du leader soviétique après Staline,
04:13il était plus végétarien, comme on dirait aujourd'hui.
04:16Il était moins dur.
04:18Et puis, il y a l'intervention à l'étranger,
04:22que Brezhnev a lancée en Afghanistan,
04:25mais ça a fait beaucoup moins de morts
04:26que cette campagne hallucinante,
04:28qu'on est tellement raté en Ukraine,
04:31donc il ne va pas pouvoir se dépêtrer.
04:33Ces grandes offensives militaires qui finissent mal,
04:37aujourd'hui, on en a un petit peu chaque année,
04:40de la part des deux grandes puissances.
04:42Comme quoi, ce n'est pas forcément la force militaire,
04:44si tant est qu'on en ait une.
04:47L'Union soviétique, la page est totalement tournée.
04:50Il n'y a pas de goulag, il n'y a pas de goulag poutinien,
04:53ou il y a quelque chose d'un peu équivalent ?
04:55Il n'y a pas de goulag au sens où il ne travaille pas gratuitement,
04:59à mon je pense,
05:01mais il y a des prisonniers politiques, oui.
05:03Il y en a plusieurs centaines.
05:05Alors là encore, ce n'est pas le Staline,
05:08mais c'est Brezhnev,
05:09ce n'est pas moins que sous Brezhnev,
05:12et c'est probablement en train d'augmenter
05:15de manière clandestine, on ne le sait pas.
05:18La Russie est maintenant un pays,
05:19pas totalement, pas autant fermé que l'URSS,
05:23mais quand même très fermé.
05:24Les gens ont peur,
05:27et donc ça devient un système vraiment menaçant,
05:32puisque fermé.
05:33Pour autant, la Russie reste fondamentalement une démocratie,
05:37ou c'est une démocratie contrôlée ou réduite ?
05:39Non.
05:40Vous voulez dire qu'il y a des scrutins ?
05:42Il y a des faux scrutins, oui.
05:4388% aux dernières élections.
05:45Mais il y avait des scrutins en Union soviétique aussi.
05:46Oui, sauf qu'on a connu des élections libres.
05:51Yeltsin a été élu sans...
05:52On va dire que la première élection de Yeltsin,
05:57en 1990, était libre.
06:00La deuxième a été totalement manipulée
06:02par les oligarques, on ne va pas y revenir.
06:04Et Poutine n'a jamais été élu correctement.
06:08Au début, ce n'était pas terriblement,
06:11comment dirais-je, mal fait, mais quand même.
06:14Et après, c'était totalement manipulé.
06:17Totalement.
06:17Et vous remarquez une chose, quand même.
06:20Pour tous ceux qui défendent Poutine en disant
06:22« Oui, mais finalement, c'est peut-être un démocrate »,
06:24avez-vous déjà assisté à un débat entre Poutine et un opposant ?
06:28Je l'ai vu quelques fois.
06:29Jamais.
06:29Ce n'est pas un débat.
06:30Non, ça n'a jamais existé.
06:32Oui, mais même quand il est avec quelqu'un,
06:34les gens sont traumatisés.
06:35Personne ne doit se poser une question.
06:36Ah, le débat de...
06:38Jamais.
06:38Non.
06:39Jamais.
06:39En 25 ans, il a toujours refusé les débats.
06:42Donc, on ne peut pas qualifier ça d'une démocratie.
06:46Souvent, d'ailleurs, l'opposant potentiel est en prison.
06:48C'est en prison, tué.
06:50Navalny a été tué, celui que l'on connaît le plus,
06:52mais il y en a d'autres.
06:53Donc, ce n'est pas du tout une démocratie.
06:56Non, ce n'est même plus une démocratie,
06:58comme on appelle, illibérale,
07:00à la Robane, qui vient de perdre.
07:02Parce que lui, il a perdu, il a accepté.
07:04Mais, Poutine, ce n'était pas possible,
07:06puisque les opposants ne peuvent pas se présenter.
07:08C'est aussi simple que ça.
07:09Et les partis peuvent même interdire des campagnes limitées.
07:13Bien sûr.
07:13Et les médias sont totalement...
07:14Appelés agents de l'étranger,
07:15avec toutes les conséquences que ça a.
07:18Des groupes de défense des droits de l'homme
07:20appelés agents de l'étranger.
07:21Des groupes qui voulaient compter,
07:25recompter les voix agents de l'étranger,
07:27fermés, désignés à la vindicte populaire.
07:30Les médias aux mains totales du Kremlin,
07:34soit directement, soit par ses amis,
07:36soit d'ailleurs par ses amis,
07:38et notamment par sa compagne.
07:40Sa compagne depuis une dizaine d'années.
07:44Il a une première femme,
07:45et là, c'est la compagne actuelle.
07:46Voilà, elle dirige
07:47tout l'essentiel des médias privés.
07:50Oui, là, vous l'expliquez bien dans le...
07:53Donc là, on est en démocratie.
07:54Le système russe, plus que soviétique,
07:56ce que soviétique, c'était des clans,
07:58là, c'est des systèmes familiaux.
08:00Ce sont des entités familiales,
08:02et on est dedans ou on n'est pas dedans.
08:03Oui, en tout cas, ce sont des clans.
08:05C'est un clan.
08:05Vous savez, c'est assez simple, après tout.
08:07C'est une mafia,
08:09avec un chef de mafia.
08:11Ce sont des gens qui...
08:13La structure est mafieuse.
08:13Le fonctionnement est mafieux.
08:15La structure et le fonctionnement
08:16est totalement mafieux.
08:17Ce sont des gens qui se sont appropriés.
08:19Ils étaient huit.
08:21Au départ, le petit groupe, bien sûr.
08:22Le petit groupe, huit.
08:24Vous parlez du gang de Saint-Pétersbourg.
08:25Voilà, c'est toujours les mêmes huit.
08:27Le premier chapitre, tout commence là.
08:28Tout commence là.
08:29Tout commence là,
08:29et ils se sont appropriés
08:31la quasi-totalité des richesses.
08:34Une grande partie des richesses,
08:35l'essentiel des richesses,
08:36en tout cas, l'hydrocarbure, le gaz, etc.,
08:38à leur profit.
08:40D'où le fait que ce sont des milliardaires,
08:42Poutine compris.
08:43Et ce n'est pas...
08:44Il y a des faits.
08:46C'est démontré.
08:47C'est vrai.
08:49Et la famille Poutine aussi s'est enrichie.
08:52De la même façon.
08:54Avec des comptes offshore,
08:55avec des systèmes de détournement.
08:58Donc, c'est l'archétype d'une mafia.
09:01C'est les gens qui veulent atténuer
09:04l'image qu'on donne de lui.
09:05Ils disent, oui, c'est vrai,
09:06mais dans sa vie quotidienne,
09:08ce n'est pas un abab qui vit comme un pacha
09:10dans l'opulence,
09:11il y a une certaine austérité,
09:12une certaine rigueur.
09:14C'est une façade totale.
09:17Ils contrôlent tous les médias,
09:18donc ils ne montrent rien.
09:19Et pourquoi cet opposant,
09:21dont sans doute vos auditeurs ont entendu parler,
09:23qui s'appelait Navalny,
09:24qui s'est fait tuer
09:25après avoir été en prison.
09:26Il s'est fait tuer en prison empoisonné.
09:29Qui est un héros.
09:30Qui est absolument un héros.
09:31Il était parti et puis il est revenu.
09:33Pourquoi il a été tué ?
09:35Notamment parce qu'il a révélé
09:36le train de vie absolument hallucinant
09:39de Poutine, de Medvedev.
09:41Vous vous souvenez,
09:42c'était celui qui avait été président
09:43à un moment à la place de Poutine,
09:45qui servait de pantin de Poutine.
09:46Voilà, il a été le premier ministre
09:48parce que quand il n'y avait pas possibilité
09:50de faire trois mandats de suite,
09:51Poutine avait dit
09:52je prends le gouvernement,
09:53tu prends la présidence.
09:55Et l'ancienne femme de Poutine,
09:57pareil, ses filles,
09:59ses proches,
10:00tous ces gens-là sont très très riches.
10:02Ils possédaient.
10:04Puisque maintenant,
10:04il y a eu,
10:04et c'est comme ça,
10:06notamment qu'on a découvert,
10:07parce qu'il y a eu des saisies,
10:08notamment en France,
10:09de villas en France,
10:11de la famille Poutine,
10:13à Biarritz,
10:15plusieurs,
10:16par exemple,
10:16mais c'est loin d'être le principal.
10:19Vous voulez dire que c'est une famille,
10:21alors toutes les puissances
10:23qui ont plus une ressource,
10:24la Russie est un trésor énergétique et minéral,
10:27on puise et on pille les richesses du pays,
10:29on en garde pour soi,
10:31et on met ça à l'abri à l'étranger,
10:32parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver
10:34à l'intérieur du pays.
10:35Et on ne fait que ça.
10:36Vous savez, on dit,
10:37oui, Poutine a développé pays.
10:38à part le pétrole,
10:39connaissez-vous un produit,
10:41un seul,
10:42que vous achetez régulièrement,
10:45ou pas régulièrement,
10:46dans la grande surface française ?
10:48Vous en avez des Allemands,
10:49vous en avez des Italiens,
10:50vous achetez des produits espagnols,
10:51vous connaissez des produits russes ?
10:53À part le caviar, non.
10:55Et encore, et encore.
10:56Je plaisante, bien entendu.
10:57Et encore.
10:58C'est dire à quel point cet homme,
11:00dont on dit qu'il a fait beaucoup de bien,
11:01a réussi, a fait beaucoup de mal.
11:03En 25 ans de pouvoir,
11:05il n'a pas été capable de développer son pays,
11:07malgré la manne extraordinaire
11:09dont il a bénéficié,
11:10la manne pétrolière,
11:11de développer un seul produit
11:13qu'il vende à l'étranger.
11:14C'est vrai que c'est un symbole
11:16et un symptôme.
11:17Je reçois Vincent Jauvert,
11:19auteur de Crème l'inconfidentiel
11:20chez Albain Michel,
11:22un portrait sans concession
11:25d'une...
11:26Je ne vais pas dire violent,
11:27mais puissant
11:27sur la vraie personnalité
11:29de Vladimir Poutine,
11:30son parcours,
11:30et évidemment,
11:31une personnalité tyrannique,
11:33le dictateur totalitaire
11:34qui explique pourquoi aujourd'hui
11:36la Russie en est là
11:37et pourquoi les relations
11:38avec l'Europe et l'Occident
11:39et les Etats-Unis
11:40sont aussi tendues.
11:41Vous restez avec nous,
11:42vous nous appelez
11:42au 0826-300-300
11:44au datant,
11:45vous vous appelez, bien sûr.
11:46Qu'est-ce que vous pensez
11:47de Vladimir Poutine ?
11:48Est-ce que vous faites partie
11:49de ceux qui pensent
11:50au contraire
11:51qu'on a été trop sévère
11:52avec eux,
11:52qu'il fallait écouter
11:53ce que disent les Russes
11:54et qu'on a été totalement
11:56sous l'emprise
11:56des néo-conservateurs américains ?
11:58Voilà une suggestion
11:59que je vous fais,
12:00mais vous pouvez aussi penser
12:01qu'on a été trop tolérant
12:02avec lui
12:02et qu'on aurait dû
12:03rentrer à l'offensive
12:04bien avant.
12:05Vous nous appelez
12:05et Vincent Jauvert
12:06se fera un plaisir
12:07d'éclairer vos doutes
12:09ou au contraire
12:10de confirmer vos inquiétudes.
12:11A tout de suite
12:11sur Sud Radio.
12:18Je reçois Vincent Jauvert,
12:19auteur de
12:20Crémelin Confidentiel,
12:20un portrait...
12:22Est-ce que je peux dire
12:23au vitriol ?
12:23Non,
12:24parce que ce sont des faits,
12:25ce sont des dates,
12:26ce sont des chiffres.
12:27Enfin,
12:27c'est un portrait
12:28qui fait froid dans le dos.
12:30Vincent Jauvert,
12:31ancien chef du service
12:32étranger à l'Obs,
12:34c'est ce qu'il dit.
12:34Non,
12:35ce n'est pas Hitler,
12:36ce n'est pas Staline.
12:37Mais enfin,
12:37pour autant,
12:38c'est un personnage terrifiant
12:39et aujourd'hui,
12:40les crises internationales
12:41sont quand même
12:42particulièrement liées
12:43aux décisions,
12:44au pouvoir de cet homme
12:45qui envoie la Russie
12:46à l'aventure,
12:47notamment avec la guerre
12:48en Ukraine.
12:48Vincent Jauvert,
12:50c'est un petit fonctionnaire
12:51au départ du KGB,
12:53sans personnalité détonnante,
12:55ce n'est pas un génie,
12:56il n'y a pas une immense culture
12:57et petit à petit,
12:59il gravit les échelons
12:59des échelons
13:00de la parade chic.
13:02D'abord à Saint-Pétersbourg
13:04avec Solchak
13:04qui est son mentor,
13:05ensuite il vient au Kremlin,
13:06il rencontre la famille Poutine,
13:08le gendre de Poutine.
13:09Vous dites,
13:10il est arrivé là
13:10parce qu'il a reçu
13:11rendre des services
13:12aux bonnes personnes
13:13au bon moment ?
13:13C'est ça,
13:14c'est un homme qui,
13:15il est plus cultivé
13:17et il avait un grade
13:18plus élevé
13:19que ce qu'on dit
13:20d'habitude quand même.
13:21Ce n'est pas un idiot,
13:22c'est un homme
13:23qui est diplômé,
13:25qui est un diplômé de droit.
13:27Ce n'est pas un ignare.
13:27Ce n'est pas un ignare,
13:28pardon.
13:29Vous avez raison,
13:31il a fait des études
13:32assez poussées,
13:34au KGB,
13:36il n'a pas été envoyé
13:37à l'ouest,
13:38mais il avait un poste
13:39relativement important.
13:40Il est envoyé à Dresd,
13:41en Indemagne de l'Est
13:42du temps du communisme.
13:43semble-t-il maintenant,
13:44d'après ce qu'il dit,
13:45pour s'occuper des illégaux,
13:47on ne va pas entrer
13:48dans les détails,
13:48mais c'est-à-dire,
13:49c'est la crème de la crème,
13:50même si vous les avez vus.
13:51Les espions,
13:52en quelque sorte,
13:53qui sont en...
13:53Il a beaucoup de respect.
13:55Ou la série Les Américains,
13:56je ne sais pas si vous vous souvenez,
13:57la série Les Américains.
13:59Manifestement,
13:59il s'occupait de gens comme ça.
14:00Donc, il était au cœur du système,
14:03quand même,
14:03mais pas à un niveau très élevé,
14:04effectivement,
14:05et il n'était pas destiné
14:06à aller très loin,
14:07très haut.
14:08Le tournant, c'est quoi ?
14:09C'est la rencontre
14:09avec le gendre de...
14:11C'est d'abord...
14:13Oui, qui au Kremlin
14:13s'occupe de la série Les Espions.
14:14Voilà.
14:15Il est numéro 2
14:16du maire
14:17à la mairie de Saint-Pétersbourg,
14:18qui est quand même pas mal,
14:20pour un type
14:21qui a une quarantaine d'années,
14:22même pas.
14:22Il y a d'abord un passage au Kremlin,
14:24il est à l'arrivée d'Helsine,
14:25il s'en va,
14:25il revient, je crois,
14:26c'est ça.
14:27Non, non, non,
14:27il arrive tout de suite
14:28à Saint-Pétersbourg,
14:29qui est sa ville natale.
14:30Oui.
14:32Et manifestement,
14:33par le KGB,
14:34de manière secrète,
14:35il est nommé auprès
14:36du maire
14:37qui est démocrate
14:38à l'époque
14:39de Saint-Pétersbourg
14:40et qui devient vite
14:41son numéro 2
14:41parce que c'est un homme très...
14:44Et il devient son numéro 2
14:45parce que c'est un homme
14:46qui travaille beaucoup,
14:47énormément,
14:48et il s'occupe
14:48des relations économiques.
14:49Et là...
14:49C'est ce qui est part
14:50des autres, d'ailleurs,
14:50cette capacité de travail
14:51et de concentration.
14:52Et de mise en contact
14:54avec tout le monde,
14:56et notamment les mafias
14:57qui sont omniprésentes
14:58à Saint-Pétersbourg,
15:00avec les industriels
15:02occidentaux aussi,
15:03il fait des voyages,
15:04il va voir le patron
15:05du Crédit Lyonnais,
15:06par exemple,
15:06en France,
15:07je ne l'ai raconté
15:07dans le livre
15:08parce que j'ai oublié.
15:09Donc, c'est un homme
15:10très actif
15:11au niveau du business,
15:13manifestement,
15:13il se découvre
15:14une âme de businessman.
15:15Avec des taux de rétribution
15:16de sa famille
15:17au Crédit Lyonnais
15:17de 1000%,
15:18vous militez.
15:19Voilà, exactement,
15:20parce que...
15:21Enfin, c'était pour Sobchak,
15:23plutôt.
15:23Oui, oui, pour Sobchak.
15:24Mais...
15:25Et donc,
15:27pourquoi il est nommé,
15:29ensuite,
15:29lorsque son patron Sobchak
15:32perd les élections ?
15:33À l'époque,
15:34on perdait les élections,
15:35bien sûr.
15:36C'est le cas aujourd'hui.
15:37Il l'aide à le faire fuir
15:38parce que Solzak,
15:38évidemment...
15:39Il l'aide à le faire fuir.
15:39Alors, Poutine l'aide
15:40à le faire fuir
15:41de manière clandestine
15:42en France.
15:43Vous dites qu'il a plutôt intérêt
15:44à ce que Sobchak soit préservé
15:45parce que si ça va jusqu'au bout,
15:46il pourrait être mouillé.
15:48Exactement.
15:48Parce qu'il a des liens
15:50très proches
15:51avec les mafias.
15:53Ils sont...
15:54Enfin, la mafia,
15:55l'une en particulier,
15:56liens qui ne sont toujours
15:57pas tout à fait éclaircits.
15:58Éclaircits.
15:58Aujourd'hui,
15:59même si beaucoup de services
16:00de renseignement,
16:01notamment allemands,
16:02ont travaillé dessus.
16:04Et pourquoi il arrive au Kremlin ?
16:06Parce que le numéro 3
16:08du Kremlin,
16:09en gros,
16:09quelque chose comme ça,
16:10l'intendant du Kremlin,
16:11celui qui s'occupe
16:12de toutes les propriétés
16:13du Kremlin
16:13dans le monde
16:14et en Russie,
16:15donc c'est un homme
16:15très puissant,
16:17a fait appel à lui un jour
16:19parce que son gendre,
16:22le gendre,
16:22donc,
16:23de cet intendant,
16:24avait eu un accident
16:25de voiture
16:25à Saint-Pétersbourg
16:26et il voulait
16:27que ceci passe,
16:29qu'il n'aille pas
16:30en prison.
16:31Et Poutine,
16:32qui était à l'époque
16:33numéro 2
16:34à Saint-Pétersbourg,
16:35est intervenu
16:35et a protégé cet homme-là.
16:37Donc il a rendu des services.
16:38Donc il a rendu des services
16:39et donc quand il est au chômage,
16:41le numéro 2 du...
16:43Enfin,
16:43l'intendant le sait
16:45et lui dit
16:45tiens,
16:45mais il vient travailler avec moi.
16:46Et à ce moment-là,
16:48en 3 ans,
16:49Poutine va devenir
16:50Premier ministre
16:51parce qu'il protège,
16:52protège tout le monde,
16:54il prend tous les risques,
16:56il fait toutes les magouilles
16:57pour protéger,
16:58et notamment son prédécesseur,
17:00Boris Yeltsin,
17:01lorsqu'il est patron
17:02des services de renseignement,
17:04Poutine,
17:05il monte ce qu'on appelle
17:07un compromat,
17:08c'est-à-dire un système
17:09pour compromettre
17:10de manière dégueulasse
17:12le procureur russe
17:13de l'époque
17:14qui en voulait à Yeltsin.
17:16Et c'est comme ça
17:17qu'Yeltsin a décidé
17:17de le nommer
17:18Premier ministre
17:19et son dauphin.
17:21Et alors,
17:21épisode très intéressant,
17:23très symptomatique,
17:24un documentariste,
17:27grand cinéaste,
17:28Oliver Stone,
17:29un jour,
17:29qui fait un documentaire
17:31sur Poutine,
17:31l'interroge
17:32et lui dit,
17:33il n'y a pas très longtemps,
17:34il y a une dizaine d'années,
17:35il lui dit,
17:35mais M. le Président,
17:36pourquoi vous avez accepté
17:38d'être le dauphin
17:39de Yeltsin ?
17:40Alors,
17:41on aurait pu imaginer
17:42que Poutine dise,
17:43parce que j'avais 45 ans,
17:45j'avais une vision
17:45pour mon pays
17:46qui sortait du communisme,
17:48je savais où je devais l'amener.
17:50Quelque chose un peu glorieux,
17:51des visionnaires.
17:53Visionnaire,
17:53exactement,
17:54j'ai une vision,
17:54et il dit,
17:55parce que si je refuse,
17:57il va me virer
17:58pour trouver un autre successeur,
18:00et à ce moment-là,
18:00je me retrouverai
18:01sans garde du corps.
18:03Ah oui ?
18:03Et je ne pourrais plus protéger
18:05moi-même
18:05et ma famille.
18:06Incroyable aveu.
18:07Donc,
18:08il se sent en danger,
18:08il dit que je suis en danger
18:10si je n'ai plus un statut.
18:10C'est un homme qui se sent en danger
18:12tout le temps.
18:13Donc,
18:13il a trompé.
18:13En fait,
18:14c'est un personnage à facettes,
18:15on dit que c'est un caméléon,
18:16j'ai évidemment consulté
18:18des gens qui le connaissent bien,
18:19des Russes
18:20ou même des Français,
18:21qui m'ont dit,
18:21c'est un garçon
18:22qui a une capacité d'adaptation,
18:24de changer de couleur.
18:25Ce n'est pas une faute de personnalité,
18:27ce n'est pas quelqu'un d'exubérant,
18:29mais il sait juger son interlocuteur
18:32et s'adapter.
18:32Ce qui fait qu'il a pu quelquefois
18:34séduire ou endormir
18:35des interlocuteurs.
18:36Vous racontez l'anecdote
18:38avec Sarkozy.
18:39Sarkozy,
18:39qui était le pro-américain,
18:40il repart de Moscou,
18:41il est Sarkozy,
18:42le russe.
18:43Jusqu'à quel point
18:44il y a eu compromission,
18:45on n'en sait rien.
18:46Il n'est pas exubérant,
18:47mais ses amis étrangers
18:48sont exubérants.
18:50Son principal ami,
18:51c'est Berlusconi,
18:52ça dit des choses
18:53quand même du personnage.
18:54Le deuxième,
18:54c'est Schroeder,
18:55ce qui s'est dit des choses.
18:56Le troisième,
18:57il est moins exubérant,
18:58mais il est aussi,
19:00comment dire,
19:01controversé
19:01qu'il est François Fillon.
19:04Et donc,
19:05bon,
19:06il a des facettes
19:08personnelles
19:08qui n'ont rien à voir
19:10avec...
19:11C'est un homme
19:12qui a fait mettre
19:12dans son palais
19:14un pole dance.
19:17Donc,
19:17on ne l'imagine pas du tout
19:19le poutine comme ça.
19:19Un pole dance,
19:20un casino.
19:21Un casino.
19:22Et ce n'est pas...
19:23Il est comme ça.
19:24C'est un homme
19:25qui aime le bling-bling.
19:26J'ai des témoignages
19:28de Chant qui ont partagé
19:29des repas avec lui.
19:30C'est vaisselle d'or,
19:32cristal de Bohème,
19:33caviar à profusion.
19:35En fait,
19:36c'est un zar.
19:37Je vous disais
19:37un peu hors antenne,
19:38est-ce qu'il se prend pour...
19:39Il n'est pas Staline,
19:40mais est-ce qu'il est fasciné
19:40par Staline,
19:41puisque son grand-père
19:42avait cuisiné pour Staline.
19:43Et vous me dites,
19:44non,
19:44il a envie de reconstituer
19:46la Russie des zars.
19:47Il est au Kremlin.
19:48On voit d'ailleurs
19:49la para,
19:49les gardes du corps,
19:50les gardes du palais.
19:51On a un côté
19:52de zarisation
19:53de la Russie.
19:54Oui,
19:54il y a un côté
19:54de zarisation,
19:55mais je n'emploie jamais
19:56le mot zar sauf une fois
19:58parce que
19:59c'est l'annoblir,
20:00Poutine.
20:01Or,
20:02quand on me dit
20:03qu'il est un zar,
20:04il y a un côté noble,
20:05aristocrate.
20:06Poutine,
20:06c'est un chef de mafia,
20:08encore une fois.
20:10Le fait qu'il veuille
20:11se représenter en zar,
20:13c'est une manière pour lui,
20:13encore une fois,
20:14de se protéger.
20:16Il reste soviétique
20:17dans sa mentalité.
20:19Absolument.
20:19C'est un leader
20:21de l'Union soviétique
20:22qui rêve de l'être.
20:22Il rêverait
20:24d'être
20:26Brezhnev jeune.
20:27Donc,
20:27le soviétisme
20:28est une citoyenneté,
20:29quelque part.
20:29On dit toujours,
20:30c'était des Russes.
20:31c'était des citoyens soviétiques.
20:32D'abord,
20:33il n'y a pas des Russes,
20:33je vous rappelle,
20:34l'Union soviétique.
20:35Femme de République.
20:36Ah oui,
20:37bien sûr,
20:38vous avez parfaitement raison,
20:39c'est un soviétique.
20:41Comme d'ailleurs,
20:41la plupart des...
20:43La grande différence
20:44de l'Union soviétique
20:45est les pays de l'Est
20:46qui étaient sous domination soviétique
20:47et qui a une génération
20:48de plus
20:49qui a vécu
20:50sous le communisme
20:51ou le socialisme,
20:52comme ils disent.
20:53Et donc,
20:54ils sont soviétiques,
20:55bien sûr.
20:55Évidemment,
20:56il a grandi
20:56sous le soviétisme.
20:57Alors,
20:5826 ans de pouvoir,
20:59vous dites que
20:59s'il arrive à se prolonger,
21:00il se donnera les moyens
21:01d'une prolongation institutionnelle,
21:02on pourra arriver
21:03à 36 ans de pouvoir.
21:04C'est déjà fait.
21:06les seuls qui ont régné autant,
21:07c'est Yvan Théry,
21:0851 ans,
21:09et Pierre Le Grand,
21:1043 ans,
21:11qui sont deux grandes arts.
21:13Lui,
21:13on voit bien
21:13qu'il n'a peut-être
21:14pas envie de particules,
21:15mais il veut le pouvoir.
21:17Il aime bien la gloire,
21:18quand même.
21:19Non,
21:19mais,
21:20encore une fois,
21:21il y a une boussole avec Poutine,
21:23c'est qu'il a peur
21:23de perdre le pouvoir
21:24parce que s'il perd le pouvoir,
21:26il est tué
21:27et dépouillé
21:28de tous ses biens
21:29et ceux de ses amis.
21:30Alors,
21:30il n'est pas le seul chef d'État
21:31qui a peur de perdre le pouvoir,
21:33de peur de procès.
21:33On pense à Netanyahou,
21:34le jour où il perd le pouvoir,
21:35il sait qu'il y a un procès
21:36qui l'attend.
21:36mais il ne pense pas
21:37qu'il peut perdre la vie,
21:39vous le direz aussi,
21:40Netanyahou.
21:41Oui.
21:41Pour ce qu'il a fait,
21:42c'est possible.
21:42Pour ce qu'il a fait,
21:43mais...
21:44Poutine,
21:45il y a eu des attentats
21:46dans ce pays-là.
21:47Bien sûr,
21:48s'il n'a plus de protection,
21:49il devient une cible.
21:50Et donc,
21:50son lien avec l'Église
21:51de plus en plus fort,
21:52l'Église dit
21:53que c'est un cadeau de Dieu.
21:54Il est très proche de Kéril,
21:56le grand patriarche
21:57tous les deux,
21:57parce que ce sont deux mafias.
21:59De mafia.
21:59Car Kéril a dit de lui,
22:01c'est un cadeau de Dieu.
22:02Oui,
22:02un cadeau de Dieu.
22:04Et donc,
22:04on est tout près du moment
22:05où il pourra
22:08le...
22:08Le béatifier.
22:10Le béatifier,
22:11et surtout le mettre
22:11sur un trône.
22:13Voilà,
22:13avec une horaire.
22:13Qu'est-ce qu'il manque ?
22:14Pas grand-chose.
22:15Vous connaissez beaucoup
22:16de leaders occidentaux
22:17qui se réfèrent
22:18aux leaders...
22:19Quand on leur dit...
22:21Quand ils se réfèrent
22:22à un leader,
22:23ils prennent le leader
22:24des 19e,
22:2518e siècles.
22:26Non.
22:26Non.
22:27On a vu Trump l'autre jour
22:28se montrer en Jésus.
22:29Ça aurait lui été l'artiste
22:30jusque-là.
22:31Mais si je comprends bien,
22:34Vladimir Poutine
22:34rêve de devenir une icône.
22:36Il est en train
22:36de s'icôner aussi.
22:37Ça le protège.
22:38Lui et sa famille.
22:40Il n'a pas de légitimité
22:43démocratique.
22:44Il faut bien comprendre ça.
22:45Les élections sont truquées.
22:47Tout le monde le sait
22:47en Russie.
22:48Et donc,
22:49il n'a pas de légitimité.
22:50La seule légitimité
22:51qu'il aurait,
22:51ce serait l'onction
22:52de l'Église.
22:54Donc,
22:54il a besoin de se protéger.
22:55Je suis avec
22:56Vincent Jauvert,
22:57auteur de
22:58Crémelin confidentiel
22:59chez Albain Michel.
23:00Vincent Jauvert,
23:01une enquête de 25 ans,
23:02un portrait
23:04édifiant
23:05du dictateur russe,
23:06du chef d'État russe,
23:07parce qu'il y en a qui me disent
23:08mais non,
23:08c'est pas tout à fait un dictateur,
23:09il a quand même été élu.
23:10Mais Vincent Jauvert
23:11nous explique
23:11que les élections
23:13ont été
23:14parfaitement truquées
23:15et on comprend
23:16que les dessous
23:17de cette personnalité
23:18plus que controversée
23:20et quelquefois dangereuse
23:22expliquent aujourd'hui
23:23la complexité
23:23des relations
23:24entre l'Europe,
23:25les États-Unis
23:26et la Russie
23:26et surtout les dessous
23:27de la guerre en Ukraine.
23:28Vous restez avec nous,
23:29vous nous appelez
23:30au 0826 300 300.
23:32Est-ce que Poutine
23:32vous fait peur
23:33ou au contraire
23:34est-ce que c'est lui
23:35qui devrait avoir peur de nous
23:36et nous ne nous sommes pas donnés
23:37les moyens de cette crainte ?
23:38Vous nous appelez
23:38au 0826 300 300.
23:40Autre prendra votre appel
23:41et Vincent Jauvert
23:42vous donnera l'explication
23:43dont vous avez besoin.
23:43A tout de suite sur Sud Radio.
23:45Midi 14h, Sud Radio,
23:47la France dans tous ses États,
23:49Péricault-Légace.
23:51Est-ce qu'il faut avoir peur
23:53de Poutine ?
23:54Oui, on a peur de Poutine.
23:55Est-ce qu'on a été
23:56toujours pertinent avec lui ?
23:58Est-ce qu'on a respecté
24:00les enjeux internationaux ?
24:02Est-ce qu'on a considéré
24:03que la Russie,
24:03il fallait bien la traiter ?
24:05Vincent Jauvert
24:06donne des explications
24:07à toutes ces énigmes,
24:08à toutes ces énigmes
24:09à travers ce portrait
24:11sans concession
24:12de Vladimir Poutine ?
24:13Vincent Jauvert
24:14où aujourd'hui
24:15la situation est extrêmement tendue ?
24:18De Gaulle avait dit
24:18de l'Atlantique à l'Oural ?
24:20Avec Gorbatchev,
24:21on avait un espoir
24:22que se crée
24:23un grand pôle européen
24:24avec une Russie
24:26allant vers la social-démocratie
24:28grâce à la paire Ertrujka.
24:29On l'a laissé
24:30se casser la figure.
24:32Elsin,
24:33on pensait que c'était
24:33une marionnette
24:34aux mains des intérêts américains
24:36avec des agents
24:36de la CIA
24:37et des capitaux.
24:38Et puis tout d'un coup,
24:39on subit Elsin
24:39qui est un sursaut nationaliste
24:41patriotique
24:42de la Russie.
24:44C'est sans espoir
24:45avec lui, je pense.
24:46Est-ce que pour autant
24:48notre diplomatie française
24:49a été maladroite
24:50avec la façon
24:51dont on traitait
24:52la grande puissance
24:53qu'était la Russie ?
24:54Non, je ne crois pas.
24:56Chirac a été...
24:58Je pense à Fabius
25:00avec la Syrie
25:01en disant
25:01voilà, il ne faut rien faire
25:02avec les Russes,
25:03il faut les mépriser.
25:04Et les Russes...
25:05Elsin dit d'ailleurs
25:06quand il voit Obama
25:06en juillet 2009,
25:08vous nous avez insultés,
25:09humiliés, mis de côté,
25:11pas respectés,
25:11voilà pourquoi
25:12on en est aujourd'hui
25:13arrivés là.
25:13Oui, c'est vrai
25:15que depuis le début,
25:16Yeltsin comme Poutine
25:17ont dit...
25:19On parlait de l'OTAN,
25:20pour eux,
25:21la grande affaire
25:22c'était l'élargissement
25:23de l'OTAN
25:23au pays de l'Est,
25:25d'Europe de l'Est,
25:26qui avaient tout leur droit
25:27de réclamer
25:28d'être membre
25:29d'une alliance
25:29tout de même.
25:30On oublie ça,
25:31c'est le droit.
25:33Les Russes,
25:33on ne le voulait pas.
25:35Chirac avec Clinton...
25:37Budapest et Minsk
25:38avaient bien dit
25:39qu'il y avait
25:40une répartition des rôles
25:41et que...
25:41Ils ont accepté
25:43le mémorandum de Budapest
25:44mais c'est compliqué,
25:45on rentre dans les détails,
25:46mais disons qu'ils s'engageaient
25:47à protéger l'Ukraine,
25:49les Russes...
25:49À qui on avertit
25:50à son armement nucléaire
25:51en échange
25:52de la protection de la Russie.
25:53De la Russie,
25:54des Américains aussi
25:55et des Français
25:55et des Chinois,
25:57ce qu'ils n'ont pas fait.
25:59Ni les uns,
26:00ni les autres.
26:02À un moment,
26:03la Russie est devenue
26:06totalement ingérable
26:07et quand on voit
26:08les discussions
26:09entre Clinton
26:11et Yézine
26:12puis Poutine,
26:13on voit bien
26:14qu'il essaye quand même
26:15de tenir le business
26:17comme ça,
26:17de tenir
26:18cette espèce d'empire
26:21en équilibre.
26:22Ceux qui disent
26:22que Poutine a passé sa vie
26:23à tendre la main
26:24à l'Occident,
26:25à l'Europe,
26:25aux Etats-Unis
26:26et qu'il s'est pris des crachats
26:27dans la figure à chaque fois,
26:28c'est exagéré ou non ?
26:29Ou il n'y a pu avoir
26:30à un moment donné ?
26:31Non, il y avait cette idée
26:34sur l'extension de l'OTAN.
26:37Voilà.
26:38C'est un vrai débat.
26:39Est-ce qu'il fallait
26:40étendre l'OTAN ?
26:44Les pays d'Europe centrale
26:45et orientale
26:46vous dirent aujourd'hui
26:47« Heureusement qu'on l'a fait
26:48parce que sinon
26:49ils nous auraient attaqué. »
26:51Et puis il y a ceux
26:51qui sont pro-russes
26:52qui disent « Oui,
26:53mais si les Russes le font,
26:54c'est parce qu'on a élargi »
26:55« Les bases de la CIA
26:56à la frontière ukrainienne,
26:57on peut considérer
26:58que c'était inutile.
26:59La Russie n'était pas
27:00un ennemi. »
27:01Ça, c'est de la propagande
27:02pure, ça ?
27:03C'est un article
27:03de New York Times.
27:06Les bases de la CIA
27:07aujourd'hui ?
27:08Oui.
27:09Ah, aujourd'hui,
27:10mais pas à l'époque.
27:10Non, mais aujourd'hui,
27:12avant la guerre.
27:14Un des éléments
27:14que Poutine invoque
27:15en disant
27:16« Pourquoi on me met
27:16des bases
27:17de la CIA
27:18à la frontière ? »
27:19C'est une révélation
27:20du New York Times.
27:21Je crois qu'il y en a 11
27:22qui sont entre la frontière
27:23de la frontière russe
27:25et russe.
27:25Je vais regarder,
27:26vérifier,
27:26mais peut-être.
27:28Ça me paraît
27:29trans.
27:30Je ne vois pas
27:30pourquoi ils auraient
27:31besoin de base.
27:31En tout cas,
27:33les néoconservateurs
27:34américains
27:35ont considéré
27:35que la Russie
27:36était par nature
27:37un adversaire
27:38aux Etats-Unis
27:38et qu'il fallait détruire
27:39cette puissance
27:40par tous les moyens.
27:41Donc, faire entrer
27:41l'Ukraine dans l'OTAN
27:42et quelque part,
27:43d'autres vont plus loin.
27:44Ils disent
27:44« Poutine est tombé
27:45dans le piège.
27:46Les Américains
27:49qui faisaient
27:49qu'à un moment donné
27:50les Russes
27:50ne pouvaient qu'intervenir
27:51et Poutine est tombé
27:52dans le piège.
27:53La preuve,
27:53on attendait l'armée russe
27:55le 22 février 2022.
27:56Ils ont été écrasés
27:57quand ils pensaient
27:58prendre le piège
27:59parce que la CIA
28:00couvrait totalement
28:02les réseaux de communication
28:04russes
28:04grâce à Elon Musk
28:05et c'est pour ça
28:06qu'ils n'ont pas pris Kiev.
28:09Alors,
28:10il y a beaucoup de choses
28:11dans ce que vous dites.
28:13C'est sûr que
28:15la Russie
28:17a toujours fait peur.
28:19N'oubliez jamais
28:20que
28:22les pays
28:24de l'ex-Union soviétique
28:27ont voté
28:28librement
28:28pour leur indépendance.
28:30Alors,
28:30soit on considère
28:31qu'il ne faut pas
28:32que ces gens-là
28:32soient indépendants
28:34mais à ce moment-là
28:34on ne respecte pas
28:35nos propres valeurs
28:36soit on considère
28:36qu'ils doivent être indépendants.
28:38Les Ukrainiens,
28:39par exemple,
28:39ont voté
28:40malgré ce que dit Poutine.
28:41C'est un État souverain.
28:42Mais Poutine
28:43dit le contraire.
28:44Il dit
28:44qu'on ne leur a jamais
28:45demandé leur avis
28:45ce qui est faux.
28:46On leur a demandé
28:47plusieurs fois leur avis.
28:49Et les Ukrainiens
28:49ont toujours dit
28:50qu'on veut être indépendants.
28:52Donc,
28:52au nom de quoi
28:53on leur interdirait
28:55d'être membre
28:56d'une alliance ?
28:57Et pourtant,
28:59les Français
29:01et les Allemands
29:02ont dit non
29:03à l'élargissement de l'Otan.
29:042008,
29:04et les Américains
29:06dans la nuit
29:07réécrivent
29:08le traité
29:08en disant
29:09les Ukrainiens.
29:10Les vocations.
29:11Oui, mais
29:13vous avez un Ukrainien
29:14en face de vous.
29:15Vous lui dites quoi ?
29:15Non,
29:16tu dois être
29:16sous la coupe de Moscou ?
29:18Au nom de quoi ?
29:19En tout cas,
29:20tu ne peux pas rentrer
29:20dans l'Otan.
29:21Tu es sous notre protection
29:22mais tu ne peux pas
29:22rentrer dans l'Otan
29:23parce que les Russes
29:24considèrent que c'est
29:24une agri.
29:25Oui, mais du coup,
29:26dès qu'on leur a dit
29:27non aux géorgiens
29:28d'abord aux ukrainiens
29:29ensuite,
29:31la Russie a commencé
29:32à envahir la Géorgie
29:33puis elle a envahi
29:34l'Ukraine.
29:35Donc,
29:35c'est un argument
29:37réversible
29:37et c'est vrai
29:39que ça dépend
29:39de quel camp
29:40on se situe
29:41en bout de course.
29:42Il faut être honnête
29:43avec soi-même.
29:44Est-ce qu'on se situe
29:45dans le camp
29:48plutôt russe
29:49ou est-ce qu'on se situe
29:50plutôt dans le camp occidental ?
29:51Voilà.
29:53Il y a des arguments
29:54des deux côtés
29:55On ne s'est pas fait manipuler
29:56ou en tout cas
29:57les nouveaux conservateurs
29:58américains
29:58n'ont pas cherché
29:59à manipuler l'Europe.
30:02Les Américains
30:02sont toujours réjouis
30:03quand il y a un affaiblissement
30:05de l'Europe,
30:05quand il y a une tension
30:06en Europe.
30:07Ça sert à leurs intérêts.
30:08Et Trump a mis un terme
30:10à cette logique démocrate.
30:11Mais ça,
30:12M. Pellico,
30:12c'est totalement faux.
30:13Qui a tout fait
30:15pour créer
30:15la communauté économique
30:18européenne ?
30:20Jean Monnet
30:20aux ordres
30:21qui étaient probablement...
30:23Il faut savoir.
30:24Alors,
30:25est-ce qu'on peut être
30:25européen sans être
30:26attentiste ?
30:27Il y a eu un traité
30:28de l'Elysée en 1963
30:30au convent d'Adenauer
30:31et de Gaulle.
30:31C'est une vraie question.
30:32Voilà.
30:32Aujourd'hui,
30:34c'est évidemment
30:34une vraie question.
30:35Voilà.
30:36Depuis la guerre,
30:37ce n'était pas une question
30:38puisque l'Europe vivait
30:40tranquillement
30:40sous la protection,
30:42à part la France,
30:42la protection atomique
30:46américaine.
30:47et les Etats-Unis
30:48profitait beaucoup
30:49du développement économique
30:50de l'Europe
30:50pour son commerce.
30:53On a la question
30:54d'un auditeur.
30:55Bonjour Luc.
30:56Oui,
30:57bonjour.
30:57Voilà,
30:58vous réagissez
30:59à mon échange
31:00avec Vincent Jauvert.
31:02vous vous dites
31:02que la Russie
31:03aurait une croissance
31:04supérieure à la France.
31:06Moi,
31:07j'ai essayé un peu
31:08de développer
31:10un peu ce que je ressens.
31:12Je ne parle pas
31:12de faits,
31:14parce qu'en fin de compte,
31:15plus il y a de faits,
31:16plus il y a de choses
31:20que l'on écrit
31:21et plus il est facile
31:22d'interpréter à sa façon.
31:24Donc,
31:24je vais essayer
31:24de parler avec mon cœur
31:26et essayer d'avoir
31:27un raisonnement neutre.
31:29ni pro-européen
31:31ni pro-russe.
31:32Moi,
31:33ce que j'ai ressenti
31:34depuis le début,
31:35quand il y a eu
31:36ce que je vois,
31:39c'est qu'il y a 25 ans
31:40quand Poutine
31:40est arrivé au pouvoir,
31:42la Russie
31:42n'existait pas,
31:44elle était
31:44en très mauvais état.
31:46Et aujourd'hui,
31:47avec 35 000 sanctions,
31:50ils arrivent
31:50à s'en sortir.
31:52Donc,
31:53dire que Poutine
31:53est mauvais,
31:54je ne sais pas.
31:56De l'autre côté,
31:57vous avez un pays
31:58qui est le plus grand
31:59du monde
31:59avec 140 millions
32:01de personnes
32:01parpillées dessus.
32:03On ne peut pas avoir
32:04la même politique
32:05qu'en France.
32:07Donc,
32:07à quoi
32:09compare-t-on
32:10la Russie ?
32:11À la France
32:12du général de Gaulle
32:14ou à la France
32:15d'Emmanuel Macron ?
32:17Oui,
32:17bonne question,
32:18Luc.
32:19Vincent Jovem
32:19va vous répondre.
32:20À quoi faut-il
32:21comparer la Russie ?
32:22A rien,
32:23la Russie,
32:23c'est trop grand.
32:24C'est trop...
32:25Comme vous dites,
32:26monsieur,
32:26c'est tellement grand
32:27ce pays
32:27qui a une histoire
32:28tellement étrange
32:30pour nous
32:31qu'on ne peut
32:31la comparer
32:32à rien.
32:35C'est vrai
32:35que la Russie...
32:37C'est vrai
32:39que Poutine
32:39a développé
32:40son industrie
32:40de l'armement,
32:41c'est vrai,
32:42mais il ne faut pas
32:44oublier
32:44que la Russie
32:46a connu
32:47un quintuplement
32:49des prix
32:49des hydrocarbures.
32:50Poutine a eu
32:51cette chance
32:52incroyable
32:53que les prix
32:53de l'eau-carbure
32:54ont grimpé
32:55de manière
32:56exponentielle.
32:57Il s'est fait
32:57une manne,
32:57là,
32:57en dollars,
32:58en milliards de dollars.
32:58Il s'est fait
32:59une manne.
32:59C'est la raison
33:00pour laquelle,
33:01avant,
33:02sous Yeltsin,
33:03ça allait si mal.
33:04Une des raisons,
33:05c'est parce que
33:05les prix du pétrole
33:06étaient extrêmement bas.
33:09Et ensuite,
33:10Poutine et son gang
33:11en ont profité.
33:13Mais si vous allez
33:13au fin fond de la Russie,
33:14vous verrez qu'on vit
33:15peut-être un peu moins bien
33:16qu'en France,
33:17croyez-moi.
33:18On a Jean-Paul
33:19qui nous appelle de Toulouse.
33:20Bonjour Jean-Paul.
33:21Oui,
33:22bonjour Péricault
33:23et bonjour
33:24à votre invité.
33:26Je voulais juste
33:28faire quelques remarques.
33:30Bon,
33:31je pense que
33:32le bouquin
33:32de votre invité
33:33est extrêmement intéressant
33:35et renseigne
33:35sur Poutine
33:36et la situation
33:37de Poutine.
33:38Mais par contre,
33:39il y a un certain nombre
33:40de choses
33:41qu'il faudrait
33:42ne pas perdre de vue.
33:43À l'heure actuelle,
33:45en France,
33:46il est de très bon ton
33:47de cracher sur Poutine,
33:48de cracher sur Trump.
33:49Ça fait partie
33:50la bien-penseur
33:51sur le goût.
33:54On vous entend mal.
33:58Jean-Paul,
33:58vous m'entendez ?
34:00Très bien.
34:00Voilà.
34:01Vous vous dites en fait
34:02que Poutine voulait
34:03se rapprocher de l'Europe
34:04mais on lui a craché dessus.
34:05C'est un petit peu ce que...
34:06Et Poutine,
34:06voilà,
34:07il y a 25 ans,
34:09Poutine était pro-occidental
34:10et voulait se rapprocher
34:11de l'Europe.
34:11Il a même demandé
34:12à faire partie
34:14de l'OTAN
34:15et il voulait donc
34:17passer des accords
34:18avec l'Europe
34:20au sens large
34:21du terme
34:22pour,
34:23en disant,
34:24nous on a les matières premières,
34:25vous,
34:26vous avez la technologie,
34:27vous avez la connaissance,
34:30donc à nous deux,
34:31enfin,
34:32à nous deux globalement,
34:33on peut devenir
34:34effectivement
34:34la première puissance mondiale
34:36et passer devant
34:37les Etats-Unis.
34:37ça,
34:38les Etats-Unis
34:38ont hurlé,
34:40hurlé
34:40et Brzezinski
34:42qui était donc...
34:43Brzezinski,
34:44le conseiller de...
34:45Voilà,
34:45le conseiller de...
34:47Et donc,
34:48lui,
34:48il a tout fait
34:49pour effectivement
34:50s'aborder
34:50et couler
34:52donc ces choses.
34:54Ce qui fait que Poutine
34:55s'est replié
34:56sur le pays,
34:58s'est replié aussi
34:58et s'est rapproché
35:00de la Chine.
35:02Donc,
35:02on paye maintenant,
35:03on paye maintenant
35:04tout ça
35:05et à l'heure actuelle,
35:08qui...
35:09On vous entend mal,
35:10Jean-Paul.
35:11Vincent Jauvert,
35:12voilà,
35:12Vincent Jauvert.
35:13Est-ce qu'on a raté
35:14le coche
35:15en refusant
35:16le rapprochement
35:17que suggérait Poutine ?
35:18Mais je ne vois pas
35:18en quoi l'Europe...
35:20Oui,
35:21l'Europe.
35:21Monsieur parlait
35:21de l'Europe,
35:22pas des Etats-Unis.
35:23En quoi les Européens
35:24qui se sont opposés
35:26à l'élargissement
35:26de l'OTAN,
35:28qui ont toujours
35:29reçu Poutine bien,
35:30qui ont investi
35:32beaucoup,
35:33souvenez-vous,
35:34Renault et d'autres compagnies,
35:35il y a beaucoup
35:36de compagnies françaises,
35:37beaucoup de compagnies italiennes,
35:38beaucoup de compagnies allemandes
35:39qui ont investi là-bas,
35:41en Russie.
35:42Donc,
35:42je ne vois pas en quoi
35:43l'Europe s'est opposée
35:44à rejeter
35:47Poutine.
35:48Je ne vois pas en quoi.
35:49Alors,
35:50à partir du moment
35:51où il a commencé
35:52à montrer le vrai visage,
35:54c'est-à-dire
35:55de ne pas être un démocrate,
35:56autrement dit,
35:57qu'il ne respectait pas
35:58ce qu'il fait,
35:59ce qu'il fait,
36:00à mon sens,
36:02l'originalité
36:02et la valeur
36:03de notre Union Européenne,
36:05c'est qu'on est
36:06entre pays
36:07des démocrates,
36:08des démocraties.
36:09Poutine ne l'est pas.
36:12Et bon,
36:12à un moment,
36:13il a bien fallu réagir
36:14contre ça.
36:14On ne pouvait pas
36:15s'associer à quelqu'un
36:16qui ne respectait pas
36:16et aussi important
36:17qu'il ne respectait pas
36:18ces normes-là.
36:19Alors,
36:19on peut être
36:20contre ces normes-là,
36:21mais voilà,
36:22c'est autre chose.
36:23Mais pour l'instant,
36:23c'est le cas.
36:24Peut-être que dans un an,
36:25ce ne sera plus le cas.
36:26Le débat reste ouvert
36:27et l'histoire
36:28n'est pas encore écrite.
36:29Merci,
36:29Vincent Jovert,
36:30d'avoir été en direct
36:31sur Sud Radio.
36:31Je rappelle le titre
36:32de votre ouvrage,
36:33Crème l'inconfidentiel
36:34aux éditions
36:35Albin Michel,
36:36un portrait sans concession
36:38du tyran Vladimir Poutine
36:40et beaucoup d'informations
36:41sur ce qu'est devenu la Russie
36:43et ce qu'elle peut devenir
36:44avec cet homme au pouvoir.
36:46A bientôt sur Sud Radio.
36:47Vous restez avec nous,
36:48je vous attends,
36:49j'attends vos appels,
36:50donnez vos impressions,
36:51vos humeurs,
36:52vos opinions politiques
36:53et puis on en discute
36:54pendant encore un quart d'heure
36:55et Maud Coffler
36:56est à mes côtés.
36:57A tout de suite
36:57sur Sud Radio.
37:00Midi 14h,
37:02Sud Radio,
37:03la France dans tous ses états,
37:05Perico Légas.
37:07Nous sommes en ligne
37:08avec Eric.
37:09Bonjour Eric,
37:10vous voulez intervenir
37:11également sur Vladimir Poutine ?
37:14Oui,
37:14bonjour Perico.
37:15Oui,
37:15je voulais intervenir
37:16sur les propos
37:17de M. Jovert.
37:18Écoutez,
37:19j'ai été très surpris
37:20qu'en tant qu'ancien
37:21rédacte-chef
37:21du Nouvelle Obs
37:23et actuellement
37:24Grand Fort-Père,
37:25il ignorait totalement
37:26que l'OTAN,
37:28et c'est une des raisons
37:29de la guerre de 2022,
37:30l'OTAN avait mis
37:30des bases américaines
37:31aux frontières de l'Ukraine.
37:33Je suis quand même
37:33très très surpris
37:34qu'il ne savait pas.
37:35Bref,
37:36il y a aussi autre chose,
37:38Perico,
37:38c'est,
37:38n'oublions pas que la Russie,
37:40il y a 80 ans,
37:41c'est eux qui nous ont libérés
37:43de l'Allemagne.
37:44Vous savez ?
37:45Alors moi,
37:45j'ai vraiment l'impression
37:46que son bouquin,
37:47il attire à boulet rouge
37:48sur Poutine,
37:51mais il y a plein de choses,
37:52il y a des contre-vérités.
37:54Rappelez-vous,
37:54les gazoducs Nostrim,
37:56on a accueilli la Russie,
37:57ce n'est pas eux.
37:58Les drones qui nous survolaient,
38:00c'était des drones polonais.
38:02Donc,
38:03franchement,
38:03je n'ai pas envie
38:04d'acheter le bouquin de Jovert.
38:05Alors,
38:06Vincent Jovert,
38:07il avait une obligation,
38:08il n'a pas pu rester avec nous.
38:09J'ai son bouquin
38:09sous les yeux
38:10que j'ai lu entièrement.
38:11Oui,
38:12je vous l'ai dit,
38:12c'est un portrait
38:13au vitriol
38:14contre Vladimir Poutine,
38:16le parcours de ce personnage.
38:18Bien entendu,
38:19alors il y avait cette,
38:20je lui ai dit,
38:21et c'était une révélation
38:22du New York Times
38:24sur le fait
38:25qu'il y avait des bases
38:26de la CIA en Ukraine
38:27bien avant le conflit
38:28et que c'était un des éléments
38:30que la Russie avait invoqué
38:31pour intervenir en Ukraine.
38:33Oui,
38:33on est dans le débat
38:35éternel depuis le début,
38:36depuis le février.
38:37Est-ce qu'on a le choix
38:40entre traiter une Russie
38:42gouvernée par Poutine
38:43donc avec un tyran agressif
38:45tel qu'il est présenté,
38:46est-ce que pour autant
38:47l'Occident,
38:48quand je dis l'Occident,
38:48la Russie c'est aussi l'Occident,
38:50mais est-ce que l'Europe,
38:50l'Union Européenne,
38:51est-ce que les Etats-Unis
38:52d'un côté et l'OTAN
38:53ont toujours eu avec la Russie
38:56l'attitude pertinente,
38:58est-ce que c'était des gens
38:59qu'il fallait considérer
38:59comme des ennemis
39:00et on sait que les néoconservateurs
39:01américains ont toujours tenu
39:03un discours très très ferme
39:04et Zbignou Brzezinski
39:06était un des concepteurs
39:07la Russie est un danger
39:08pour la démocratie,
39:09c'est un danger pour l'Europe,
39:10c'est un danger pour les Etats-Unis,
39:11nous n'aurons de paix
39:12que lorsque la puissance russe
39:13sera réduite.
39:14Voilà ce qu'il y en est aujourd'hui.
39:16Et Poutine et les prons-russes
39:18disent non,
39:18nous on a tendu la main
39:19très souvent à l'Europe
39:21et aux Etats-Unis
39:21et on s'est toujours fait
39:24cracher au visage
39:24comme j'utilisais l'expression,
39:26en tout cas on n'a pas pu s'entendre.
39:27Le débat est là,
39:28je pense que c'est un petit peu
39:29ce que vous vouliez dire, Eric.
39:31Oui, tout à fait,
39:32mais voilà,
39:32ce qui m'a surtout déçu,
39:33c'est ça,
39:34c'est le fait que M. Jauvert
39:35ne savait pas
39:36qu'une des raisons de la guerre
39:37c'était les installations
39:38des bases de l'OTAN
39:38aux frontières ukrainiennes.
39:39Pour un grand reporter,
39:40ça me paraît un petit peu léger
39:41et j'ai vraiment l'impression
39:43que son bouquin est très orienté,
39:44tout simplement.
39:45Oui, mais dans ce débat-là,
39:46vous savez,
39:47il y a eu des orientations permanentes
39:48et celui qui s'avisait de dire
39:50dans les plateaux de télévision
39:51et sur les chaînes d'info
39:53que peut-être
39:54que les torts
39:55ne sont pas totalement
39:56du côté russe
39:57qui sont partagés,
39:58que les méthodes
39:59n'ont pas toujours été la bonne,
40:00que la diplomatie
40:01n'a pas toujours été la bonne.
40:02C'est un sujet super clivant en plus.
40:03Voilà, c'est un sujet clivant
40:04et c'est vrai qu'aujourd'hui
40:05une partie,
40:06j'allais dire,
40:07de la gauche
40:08et la droite française,
40:08de l'intelligence
40:09et des médias
40:10ont pris un parti
40:11sur la Russie.
40:12On sait d'ailleurs
40:13dans l'histoire
40:13qu'après,
40:14on relativise un peu les choses.
40:16Aujourd'hui,
40:16on est en plein dedans
40:17avec la crise iranienne
40:18à Téhéran.
40:20Est-ce que le régime iranien,
40:21évidemment qu'il est
40:22absolument indéfendable,
40:23est-ce que pour autant
40:24est-ce que la totalité
40:25de l'opinion politique
40:26publique iranienne
40:27est partagée ?
40:28Voilà où il en est.
40:28Vous ne faites que témoigner,
40:30Éric,
40:30du doute qui est aujourd'hui
40:32dans les esprits.
40:33Où est la juste mesure ?
40:35Où est l'objectivité ?
40:36Vous savez, Perico,
40:38je crois que la Russie,
40:39il faut négocier avec.
40:40C'est vraiment un pays
40:42à prendre en compte.
40:43La preuve,
40:43c'est que Macron,
40:44avant la guerre,
40:44s'était bien rendu en Russie.
40:46C'était bien,
40:46effectivement,
40:47pour développer
40:47les échanges russes
40:49aux français.
40:50On les a longtemps courtisés
40:52et il est fort probable
40:53aujourd'hui,
40:54au vu de la crise pétrolière,
40:55qu'on change peut-être
40:56de ton avec Moscou
40:58et le Kremlin.
40:58Merci,
40:59merci Éric,
40:59pour votre témoignage
41:00et pour votre avis.
41:01J'ai Benoît en ligne
41:03qui nous appelle
41:03de Montesquieu,
41:05qui nous fait penser
41:06à ce grand philosophe
41:08et à ce grand légiste.
41:10Alors,
41:10vous,
41:10vous êtes dans le secteur
41:11agricole,
41:11Benoît,
41:12vous élevez des bovins ?
41:14Oui,
41:14c'est ça.
41:15Quel type de bovin ?
41:17Vous êtes en élevage laitier
41:18ou en allaitant ?
41:19Non,
41:20élevage allaitant
41:21en limousine,
41:21on fait de la limousine.
41:23Magnifique.
41:25Comment vous vivez la conjoncture ?
41:27J'avais Bertrand Vanteau
41:29tout à l'heure en ligne.
41:30Vous êtes un paysan heureux
41:32ou un paysan malheureux ?
41:34Ah,
41:35plutôt malheureux,
41:35parce que on a été peut-être heureux,
41:38mais là,
41:39vraiment,
41:39on est au fond du...
41:41Je le dis tout le temps
41:42quand je vous appelle,
41:42mais c'est vrai,
41:43on est au bout du système.
41:45Voilà.
41:46On est au bout du système,
41:47il va falloir que quelque chose lâche,
41:49parce que...
41:51Bon,
41:51voilà.
41:51Le prix de la viande
41:52a un peu augmenté,
41:53vous êtes d'accord là-dessus ?
41:55Oui,
41:55oui,
41:55mais attendez,
41:56ça fait 20 ans
41:57qu'on fait le dos rond.
41:5820 ans qu'on est là
42:00à faire ce qu'il faut faire
42:02pour justement faire de la qualité et tout.
42:04Alors,
42:05c'est sûr,
42:05les prix sont augmentés et tout,
42:06mais heureusement,
42:07heureusement pour nous.
42:09Mais le reste,
42:10le reste,
42:10si vous voulez,
42:10que ce soit le GNR,
42:12que ce soit...
42:13tout ce qui tourne autour de l'agriculture
42:15a augmenté aussi,
42:15il faut...
42:16Voilà.
42:17Vous êtes syndiqué,
42:18Benoît,
42:18ou non ?
42:19Oui,
42:20moi,
42:20je fais partie de la coordination
42:21de la CR82,
42:24mais c'est vrai,
42:24c'est vrai qu'aujourd'hui,
42:25on ne sait plus
42:26qu'est-ce qu'il faut faire
42:26pour se faire entendre,
42:27parce que ça fait deux ans,
42:28deux ans et demi même
42:29qu'on manifeste,
42:31on n'a rien.
42:33Pourtant,
42:33il y a eu des avancées,
42:35mais effectivement,
42:36il n'y a eu des avancées
42:36que lorsqu'il y avait
42:37une mobilisation forte,
42:38blocage des rues,
42:39menaces,
42:40conflits,
42:41Jérôme Bay,
42:42il a été indépendant
42:42de la colère paysanne,
42:44c'est vrai que si vous ne tapez pas
42:45du poil sur la table,
42:46il faut reconnaître
42:47que vous n'avez pas grand-chose
42:48si vous ne manifestez pas.
42:49Ah non,
42:49mais c'est...
42:50Voilà,
42:50alors qu'est-ce qu'il va...
42:51Il va falloir faire quoi ?
42:53Il va falloir tout faire cramer ?
42:54Qu'est-ce qu'il va falloir faire
42:55pour qu'on nous en donne ?
42:56Bon,
42:56après,
42:56on le sait,
42:57Macron,
42:57il est au bout,
42:58ça y est,
42:58il est à un an de partir,
42:59il n'en a rien à branler
43:00de l'agriculture,
43:01il n'en a rien à faire
43:02de ces agriculteurs,
43:03et même,
43:04il n'en a rien à faire
43:05de tout le monde,
43:05parce que quand vous voyez
43:06même les particuliers
43:07qui sont obligés
43:08de mettre du gasoil,
43:09ils ne mangent pas
43:10à la fin du mois
43:10parce qu'il faut qu'ils mettent
43:11du gasoil
43:11ou de l'essence
43:12à leur voiture,
43:13je ne sais pas moi.
43:14Alors,
43:15Benoît,
43:15on va rentrer
43:16en période électorale,
43:17vous savez qu'en période électorale,
43:19les gouvernants
43:20et les pouvoirs publics
43:20deviennent tout de suite
43:21plus attentifs
43:22et plus généreux,
43:23peut-être qu'il va,
43:24parce que vous votez,
43:25vous avez quand même
43:25une puissance de vote
43:26avec les agriculteurs français,
43:28donc peut-être
43:29il faudra regarder
43:29du côté électoral
43:30et d'aller rencontrer
43:32les gouvernants
43:32en leur disant
43:33qu'une fois pour toutes,
43:33je vous disais tout à l'heure,
43:34j'ai honte d'annoncer
43:35toutes les semaines
43:36que les agriculteurs
43:37sont en colère
43:37comme quoi on n'a pas fait
43:38un effort pour eux.
43:39Mais non,
43:40mais nous c'est pareil,
43:40mais si vous voulez,
43:41nous on en a marre,
43:42nous ce qu'on veut,
43:43on veut juste vivre
43:43de notre métier,
43:44on ne veut pas gagner
43:46des cent et des mille,
43:47ce n'est pas la question,
43:48mais vivre de notre métier,
43:49on produit de la qualité
43:50en France
43:51et on va nous faire rentrer
43:52des trucs de l'étranger,
43:53justement,
43:54et ils veulent nous anéantir.
43:56Ils ont bien démarré,
43:57parce que si vous voulez,
43:58aujourd'hui,
43:58même coopérative agricole
44:00ne vous font plus
44:00les crédits en gros
44:01donc ils appellent
44:02pour les semis et tout ça.
44:04Le message est passé,
44:05Benoît,
44:05et vous savez bien
44:06que sur Sud Radio,
44:07on est particulièrement
44:07sensible, attentif
44:08et à vous coder
44:10dans ce noble combat.
44:11Merci d'avoir appelé
44:12et d'être intervenu à l'antenne.
44:13On se retrouve demain,
44:14Perico,
44:15de midi à 14h,
44:16la France dans tous ses états.
44:17Tout de suite,
44:18Brigitte Laé,
44:19je vous laisse faire la transition,
44:20vous le faites si bien.
44:20Alors,
44:21qu'est-ce qu'on peut dire
44:21de Brigitte Laé ?
44:22qu'elle est dans la guerre mondiale,
44:24elle sait l'amour mondial.
44:26Ben voilà,
44:26c'est grandiose.
44:27Merci Perico,
44:28bonne journée à tous.
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