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  • il y a 20 heures
"On est arrivés avec une image de la masculinité assez dégradée.
On était peu en phase avec les codes de la pop rock."

Ce week-end, au Printemps de Bourges, on a rencontré Philippe Katerine et Dominique A, sans doute les deux amis les plus touchants de la musique française.

Longtemps moqués pour avoir mis de côté les codes de la virilité, ils célèbrent aujourd’hui, à leur manière, l’ambivalence, la liberté de création et surtout une amitié rare.

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Musique
Transcription
00:00Nous, de toute façon, on est arrivés avec une image de la masculinité finalement assez dégradée.
00:04On était très peu en phase avec les images virilistes,
00:08qui étaient véhiculées par la musique pop-rock en France, notamment.
00:11On se manquait de nous un petit peu par rapport à ça.
00:13Par exemple, dans la façon de chanter, moi j'aimais bien que les gens pensent que c'était une femme
00:16qui chantait.
00:17Donc je cherchais toujours à chanter le plus haut possible.
00:24C'était pas pour cultiver une ambiguïté sexuelle ou quoi que ce soit,
00:28mais c'était en tout cas pour mettre à bas tout ce qui nous avait un peu pourri la vie
00:32quand on était gamin,
00:33à savoir le masculin.
00:35Ça peut paraître un discours adapté à l'ère du temps, mais c'est simplement, c'était vraiment un ressenti.
00:42Alors évidemment, il y a des choses qui me sont apparues, avec toutes ces questions qui sont apparues ces dernières
00:45années,
00:45autour de la masculinité, notamment la violence.
00:47Mais j'ai mis des mots sur des choses que je ressentais, sur lesquelles je n'avais pas mis de
00:51mots jusque-là.
00:52Tout en revendiquant ça, moi de plus en plus, mon corps avec le temps s'est épaissi.
00:56Les gens ont eu une image de moi assez très très masculine,
01:00alors que Philippe, lui, s'est resté plus ambivalent.
01:04Tout ce qui est esprit de virilité, j'ai toujours voulu fuir ça.
01:08Et puis le milieu aussi de la musique était encore plus terrifiant de ce côté-là, en 1990.
01:14Il n'y avait pas de doute, les gens qui faisaient la musique, on ne sentait pas un doute.
01:18Il fallait faire comme ci, pas comme ça.
01:20Affirmatif.
01:20Très, très affirmatif.
01:22Très dur à contourner.
01:23Très péremptoire.
01:24Oui, et c'était quand même presque une fierté pour nous de faire des choses à notre façon, en se
01:28faisant moquer.
01:29On nous appelait les chochottes, on nous appelait comme ça.
01:32Mon premier disque, les mariages chinois, donc j'avais mon collègue, parce que je bossais encore dans un bureau,
01:37il avait acheté le disque à la FNAC, il m'a dit, tu vas me le rembourser.
01:41Je lui dis, pourquoi ?
01:43Parce que moi, je fais de la musique, il m'a dit.
01:46Il y a un métier dans la musique qui s'appelle producteur.
01:50Et ce disque-là, je te le rends parce qu'il n'est pas produit.
01:53Ce n'est pas un disque produit, ça ne sonne pas.
01:56Et donc, c'est vrai qu'intérieurement, j'étais en jouissance.
02:03Faut bien le bien.
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