00:00Salut, on a vu Un mariage au goût d'orange, le nouveau film de Christophe Honoré,
00:04qui est une évocation autobiographique de son enfance à l'intérieur de sa communauté familiale.
00:10A partir de cette matière autobiographique, il avait déjà fait un spectacle de théâtre
00:14qui s'appelait Le ciel de Nantes.
00:16Le film est un peu une sorte de translation dans le langage du cinéma
00:19de la matière émotionnelle et narrative qu'il y avait dans le spectacle.
00:25Tout est ramassé sur une seule nuit, qui est la nuit du mariage,
00:29de deux membres de sa famille.
00:31Le film est très fort pour stimuler les souvenirs à la fois d'une famille française,
00:37qui est donc celle de Christophe Honoré,
00:38et une famille beaucoup plus large, qui serait la France elle-même,
00:42que le film réussit à restituer grâce à des madeleines extrêmement bien choisies,
00:48qui sont à la fois des tuts populaires, certains tours de langage, certaines postures.
00:53Et le film parle d'amertume en étant lui-même jamais amer,
00:57parce qu'il y a une sorte de courant d'amour qui circule dans le film.
01:00Même la toxicité n'empêche pas les personnages d'être extrêmement bouleversants
01:05et filmer avec une immense empathie.
01:08Le récit du film se passe dans les années 70,
01:10mais son esthétique elle-même semble déterminée par certains grands films des années 70,
01:15qui avaient pour particularité de mettre en œuvre une certaine porosité
01:19entre l'espace de la fiction et l'espace du tournage.
01:22On pense à certains films de Cassavetes comme Hans Bands,
01:25on pense à Loulou de Maurice Piala dans certaines scènes.
01:28Le film a cette puissance-là, c'est un des plus beaux films du festival.
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