00:00La grande matinale sur France Inter.
00:05Votre édito politique Patrick Cohen, le patronat et le rassemblement national se parlent, et alors ?
00:12Oui, et alors, répète le MEDEF dont le comité exécutif déjeunera demain avec Edouard Philippe,
00:18jeudi avec Marine Tondelier et plus tard, l'invitation a été lancée avec le chef insoumis Manuel Bompard.
00:24Hier donc, c'était le tour de Jordan Bardella, pas mieux traité qu'un autre, prétend le patronat,
00:29qui l'attendait pourtant avec la curiosité portée à ceux qui sont en situation de gagner, voire à qui le
00:35pouvoir est déjà promis.
00:37Et comme la spécialité des populistes est de promettre à leurs interlocuteurs ce qu'ils ont envie d'entendre,
00:42ça vaut aussi pour les patrons.
00:44C'est donc du miel que le président du RN a fait couler dans leurs oreilles,
00:48avec le projet d'abolir les normes, les verrous normatifs qui freinent le développement de la France,
00:54selon la lettre signée Le Pen et Bardella reprenant l'un des chevaux de bataille du patronat,
00:58et de les faire sauter ces verrous par ordonnance dès le début du mandat de 2027.
01:03Jordan Bardella est ensuite arrivé en proclamant qu'il n'était pas de gauche,
01:06une phrase qui le démarque de Marine Le Pen, toujours ni droite ni gauche,
01:10et qu'il n'a pas l'entreprise honteuse.
01:13Bref, tout pour plaire, les dirigeants du RN sont ceux qui ont le plus envie de séduire le monde patronal,
01:19affirme le numéro 1 de la Fédération des Industries Plastiques.
01:22Mais vont-ils pour cela détricoter, adoucir ou rendre plastique ?
01:26Le programme étatiste, anti-européen et ultra-dépensier qui était celui de Marine Le Pen,
01:32et qui faisait horreur au patron ?
01:34Réponse, d'ici l'été, l'arbitrage sur les retraites sera particulièrement scruté.
01:38En attendant, Georgia Mélanie et Donald Trump ont montré aux patrons français que populisme et business pouvaient faire bon ménage.
01:45Mais l'économie n'est pas tout.
01:46Non, c'est Marie-Lise Léon de la CFDT qui disait cela dimanche à Question politique sur Inter.
01:51Le cynisme a-t-elle lancé à propos du patronat ?
01:54C'est de considérer que l'économie passe avant tout avant les enjeux démocratiques.
01:59Et effectivement, cela n'a pas toujours été ainsi.
02:02Les organisations patronales ont par le passé mis en avant des valeurs qui dépassaient leurs intérêts immédiats.
02:072002, il y a tout juste 24 ans, puisque nous sommes le 21 avril,
02:11le MEDEF, alors présidé par Ernest-Antoine Cellière, énumère dans une déclaration
02:16les valeurs qui font la fierté des entreprises de France et s'opposent à Jean-Marie Le Pen.
02:21Respect de la personne humaine et de sa dignité, liberté, responsabilité, égalité des chances, non-discrimination et tolérance.
02:292011, à quelques mois de la présidentielle, celle qui lui a succédé, Laurence Parizeau,
02:33publie un piège bleu marine pour montrer la menace bien réelle que représente le Front National.
02:39On trouve sous chacun des mots de Marine Le Pen, dit-elle, tous les démons de l'extrême droite.
02:44Alors qu'est-ce qui a changé, Patrick ? Est-ce que c'est le patronat dans son ensemble ou
02:47simplement le MEDEF ?
02:48Ce qui a changé pour les patrons, c'est la bascule d'une partie d'entre eux vers le vote
02:52RN
02:52et pour tous, une perspective de victoire, on vient d'en parler en 2027.
02:57Mais pour l'ancienne présidente du MEDEF, rien ne changé.
03:01Laurence Parizeau l'a tweeté avant-hier, les chefs d'entreprise qui regardent le RN mi-ahuri, mi-séduit
03:07devraient se poser la question de l'avenir de nos libertés publiques fondamentales
03:11au cas où un candidat des extrêmes devait l'emporter en 2027.
03:15Voyez que le débat n'est pas clos.
03:16Et nous serons justement tout à l'heure à 8h20 avec un autre ancien président du MEDEF,
03:20Pierre Gattaz, invité du grand entretien de la matinale.