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Le maire d'Is-sur-Tille, Thierry Darfin, raconte son agression et le long chemin vers la justice. Atteint par une violence qui touche de plus en plus d'élus locaux, il partage son expérience et sa détermination à continuer son mandat.

Alors que le procès de son agresseur présumé s'ouvre enfin, Thierry Darfin revient sur l'incident qui a failli mal tourner, soulignant la présence d'un tournevis sur l'agresseur. Il explique le rôle du maire comme garant de l'autorité et de la sécurité dans sa commune, une mission qui le met parfois en première ligne face à des actes d'incivilité préoccupants.

Malgré cette épreuve, le maire a choisi de se représenter, animé par la passion de son engagement local. Il met en avant l'importance du contact humain, de la proximité avec les habitants et la joie de servir sa ville, des valeurs qui transcendent les difficultés rencontrées. Ce témoignage poignant interroge sur la protection des élus face à la montée des agressions et sur les moyens à mettre en œuvre pour éduquer et accompagner les jeunes.

#MairesAgressés #JusticeLocale #EngagementCitoyen #ServicePublic

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Transcription
00:01Ouge, Oxone, Pernand-Vergelès, dans nos communes il y a de plus en plus de maires agressés ces derniers mois.
00:06Alors comment font-ils face ? Pourquoi certains sont repartis malgré tout aux dernières élections municipales et ont décidé de
00:11continuer ?
00:12Votre invité ce matin, c'est le maire d'Issurtill en Côte d'Or.
00:15Il a été agressé le 30 mai 2025 et son agresseur présumé doit être jugé ce mardi au tribunal judiciaire
00:21de Dijon.
00:22Et là, il a accepté l'invitation d'ici Bourgogne.
00:24Bonjour Thierry Darfin.
00:25Bonjour à toutes et à tous.
00:26Alors dans moins d'une heure, maintenant, démarra le procès de votre agresseur présumé.
00:30C'était il y a presque un an. Déjà, comment vous vous sentez vous ?
00:33Moi je me sens bien parce qu'il faut positiver, il ne faut pas se rappeler que du négatif.
00:38Vous attendiez ce procès avec impatience ?
00:40Oui, on l'attend. J'étais en comparaison immédiate mais par manque de chance, il y avait eu une grève
00:44des greffiers.
00:46Et donc ce jour-là, ça a été reporté. Je suis rentré dans le système judiciaire habituel et du coup
00:51je passe aujourd'hui.
00:52Revenons à ce 30 mai 2025.
00:54Racontez-nous ce qui s'est passé ce jour-là, ce jour où vous estimez tout simplement avoir fait votre
00:59devoir de maire et de citoyen.
01:01Voilà. Le rôle du maire, c'est aussi l'autorité dans une ville.
01:04Et j'allais voir pour la première fois ma petite fille avec mon épouse.
01:07On était en voiture et je crois un jeune qui était, qui essayait de faire des roues arrière dans un
01:13quartier.
01:14Sur une moto ?
01:15Sur une moto, voilà. Et moi j'ai juste baissé ma vitre et avec ma main, je lui ai fait
01:19signe qu'il fallait qu'il ralentisse parce que ça pouvait être dangereux.
01:23Il s'est arrêté, il a commencé à m'insulter, j'ai ouvert la porte.
01:26Voilà, j'ai présenté ma carte de mère et je lui ai dit tout simplement qu'il n'avait pas
01:29une conduite appropriée.
01:31Dans le quartier on était. Il y avait des enfants, des personnes âgées qui se promènent.
01:34Il me répond qu'il n'y avait personne. Je lui ai dit si, j'arrivais en face avec ma
01:37voiture.
01:37Et c'est là qu'il a tenté de vous frapper ?
01:40Oui, quand on était face à face, c'est-à-dire qu'il a jeté sa moto par terre.
01:43Et après il a essayé de me frapper quand j'ai contré, j'ai évité le coup.
01:49Et mon épouse qui était là a pris une photo de la moto pour la plaque d'immatriculation.
01:55On s'est aperçu après qu'il y avait un grand tournevis et je me suis dit que ça aurait
01:59pu très mal tourner.
02:00Et c'est là qu'on se dit que c'est quand même dangereux.
02:02Est-ce que c'était la première fois que ça vous arrivait, une telle situation, en tant qu'élu en
02:06plus ?
02:06Non, oui, ça nous était déjà arrivé, mais pas à venir aux mains.
02:11C'est-à-dire qu'à chaque fois, c'est un rappel.
02:13Dans 98-99% des cas, on dit attention, un rappel suffit.
02:20Et les gens disent qu'ils comprennent, oui, monsieur le maire, pas de souci.
02:22Après cette altercation, il y a eu l'enquête.
02:25Votre agresseur devait être jugé en comparution immédiate au mois de septembre.
02:29Ça a été repoussé plusieurs mois.
02:31C'est long justement ce temps de la justice.
02:33On a souvent hâte, on le connaît, évidemment, mais on ne peut pas aller plus vite que la musique, comme
02:37on dit.
02:37Oui, bien sûr.
02:38Après, ça reste aussi, comme nous, un certain nombre de moyens, on doit faire avec et on doit attendre.
02:44Même si à un moment ou à un autre, on se dit qu'on a envie d'aboutir.
02:48Même lui, je pense qu'il a envie que ça se termine, pour que derrière, le jugement tombe et qu
02:52'on puisse avancer.
02:54Alors, malgré toute cette affaire, vous avez choisi quand même de vous représenter aux dernières élections municipales.
02:59Vous êtes toujours le maire dix-sur-tille.
03:01Ça ne vous a pas fait douter ?
03:03Oui, on doute des fois.
03:05Après, je suis bien entouré.
03:06J'ai ma femme, mes filles.
03:08Vous êtes soutenu ? Il faut être soutenu dans ces moments.
03:10J'ai toute mon équipe.
03:11Moi, ça fait deux mandats que je fais.
03:13On a un projet.
03:14Après, voilà, c'est très élu de proximité.
03:17On a envie de faire avancer sa ville.
03:18Et c'est le plus beau des mandats, le mandat de maire.
03:20Et je pense que c'est des rencontres.
03:23On est vraiment au contact de la population avec ces soucis qu'on peut avoir de violences.
03:28Mais aussi, derrière, des moments de bonheur.
03:30Quand on marie les gens, quand on rencontre les gens, c'est un plaisir.
03:33Vous préférez garder ça, en effet.
03:36Je garde ça, le plaisir de rencontrer les gens.
03:38Moi, je suis un enfant dix-sur-tille.
03:41De voir les gens, les enfants qui grandissent.
03:44On m'appelle par mon prénom, c'est Thierry.
03:46On reste un élu de proximité.
03:48Et je pense que c'est important d'avoir ce contact.
03:51Lorsqu'il y a l'abandon, souvent, actuellement, de l'État sur beaucoup de services.
03:56Et je pense qu'on est quand même en première ligne.
03:58Comme je dis souvent, les maires...
04:00Dans ces cas, comment on protège les maires aujourd'hui ?
04:02Vous êtes en première ligne.
04:03Les agressions, il y en a eu régulièrement ces dernières mois.
04:05On se souvient tous de l'agression du maire d'Auge.
04:07Notamment, à coups de barre de fer sur sa commune.
04:09Ça a été très violent pour lui.
04:11Comment on les protège aujourd'hui, les maires ?
04:13Qu'est-ce qu'il faut faire ?
04:14Après, je pense que c'est une éducation.
04:16C'est reconnaître qu'à un moment ou à l'autre, il y a des gens qui ont des problèmes
04:18d'autorité.
04:19En France, c'est comme ça.
04:21C'est que derrière, dès que ce soit...
04:24Même les pompiers sont agressés.
04:26La police, la gendarmerie.
04:28Tout ce qui est autorité, on a un refus de l'autorité.
04:31Je pense que derrière, il y a un accompagnement.
04:33Donc il faut mettre les moyens dans les municipalités pour accueillir les jeunes.
04:37Pour revoir cette éducation accompagnée.
04:39Ou derrière, j'ai la chance d'avoir 85 associations à y sorties.
04:43Ça, c'est un moyen de créer du lien, de respecter des règles et tout ça.
04:48Toutes ces choses-là sont importantes.
04:49Et finalement, est-ce que cette agression, elle a changé votre manière de concevoir la fonction de mère ?
04:54Oui, bien sûr.
04:56On est un peu plus prudent.
04:59On se dit, ça peut nous arriver.
05:00Quand j'ai vu ce tournevis qui était à côté de la moto, je me suis dit,
05:03« Waouh, là Thierry, t'as allé voir ta petite-fille, ça aurait pu aller très très loin cette affaire.
05:09»
05:09Eh bien, merci beaucoup Thierry Darfin, mère 10 sur TI, d'avoir été avec nous ce matin.
05:14Je vous souhaite une bonne journée.
05:15Merci à vous.
05:16Merci.
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