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  • il y a 6 semaines
L’ancien commissaire européen et ex-ministre de l’Économie Thierry Breton était l’invité de BFMTV ce lundi 20 avril.

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00:048h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Thierry Breton.
00:07Bonjour.
00:08Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes l'ancien ministre de l'économie et l'ancien commissaire
00:11européen du marché au marché intérieur.
00:14Conseil de défense ce matin à 8h30 à l'Elysée et un tournant à nouveau dans le détroit d'Hormuz
00:19ce week-end.
00:20Un navire français hier soir, d'ailleurs CMACGM, propriétaire de BFM TV et RMC, a fait l'objet, je cite,
00:28de tirs de semonces dans le détroit d'Hormuz.
00:31Son équipage est sain et sauf. Du côté des Etats-Unis, on dit avoir arraisonné un bateau iranien.
00:39Qu'est-ce qui se joue dans les heures qui viennent ? Peut-être d'ailleurs des négociations.
00:43À quoi est-ce qu'il faut s'attendre là-bas et évidemment les conséquences ici ?
00:46Nous sommes encore, Pauline de Malherbe, dans cette phase de négociation.
00:51On sait qu'elles sont bornées par le fait que dans deux jours, demain soir, le cessez-le-feu doit
00:58tomber.
00:58Et donc on est aujourd'hui en face de trois scénarios et je crois qu'il faut bien les avoir
01:02en tête.
01:03Et aussi voir tout ce qui se passe. Évidemment, il y a des moments difficiles, voire potentiellement tragiques.
01:09Parce qu'encore une fois, le détroit est bloqué et il est bloqué dans les deux sens.
01:13Il est bloqué par les Iraniens, il est bloqué par les Américains.
01:17Donc tous ceux qui essayent de passer, eh bien il faut démontrer à l'autre qu'on est sérieux.
01:22Il faut démontrer à l'autre qu'on est sérieux.
01:23Et donc faire la démonstration qui a été faite sur ces deux navires.
01:25Et c'est ce que l'on voit.
01:27Alors maintenant, les trois scénarios, lesquels sont-ils ?
01:29Le premier, c'est que dans les 48 heures qui restent, on tombe d'accord.
01:34On tombe d'accord sur un certain nombre de choses.
01:36Alors les Américains ont beaucoup baissé leurs prétentions.
01:39On sait désormais que les buts de guerre, c'est rouvrir le détroit d'Hormuz et régler, si on peut
01:44dire, je mets des guillemets, vous voyez, le problème de l'uranium et le problème de la bombe atomique iranienne.
01:50Il y a encore des éléments à négocier, beaucoup.
01:53Mais enfin, c'est les buts de guerre maintenant.
01:56Donc ça, ce serait le premier scénario.
01:57Ce serait le scénario entre nous aujourd'hui où on en est idéal parce que, hélas, je dis bien hélas,
02:03tout le monde a abandonné l'idée que cette guerre avait pour but, aurait eu pour but et pour conséquence
02:08un changement de régime.
02:10Malheureusement pour la population iranienne, on sait que c'est derrière nous ça.
02:13On verra ensuite dans l'avenir.
02:15Pour l'instant, c'est fini.
02:16Deuxième scénario, ce serait finalement que, on se rend compte que c'est compliqué et donc on va se donner
02:23un nouveau délai et donc un nouveau cesser le feu.
02:25On poursuit finalement le cesser le feu.
02:28Et donc on va se donner quoi ? Peut-être 10 jours, peut-être 15 jours.
02:30Mais attention, n'oublions jamais que Donald Trump doit aller en Chine le 14 mai.
02:36Pour lui, c'est un voyage qu'il a déjà repoussé.
02:38Il devait y aller le 30 mars, il l'a annulé parce qu'évidemment à cause de la guerre.
02:41Et ça, c'est très important pour les États-Unis, c'est très important pour lui.
02:44On sait qu'il est très affaibli et contesté aujourd'hui aux États-Unis à cause de la guerre.
02:48Donc si jamais il remettait à nouveau, il le paierait politiquement très cher.
02:52Donc on a peut-être une borne là.
02:53Et puis le troisième scénario, ce serait le scénario de la reprise de la guerre.
02:58C'est évidemment celui qui serait le plus négatif, d'abord évidemment pour l'Iran, pour la région, mais aussi
03:05pour nous, Apolline de Malherbe.
03:06Quel est celui dont je pense qu'il est le plus probable ?
03:09Je prends des précautions, je n'ai pas de boule de cristal.
03:11Mais vraisemblablement, c'est le scénario numéro 2.
03:14C'est-à-dire gagner du temps et se redonner du temps.
03:16J'en veux pour preuve le fait que Donald Trump a demandé à nouveau à son vice-président, Genevieve, de
03:23mener la délégation américaine.
03:24Il semble qu'elle soit partie pour y aller.
03:27Il faut quand même une vingtaine d'heures pour y aller.
03:30Très bien.
03:31On a vu que les Iraniens font un peu de la résistance, si je puis dire, parce qu'ils ont
03:35dit maintenant...
03:36Ils disent à ce stade qu'ils ne sont pas prêts à négocier.
03:40Donc voilà.
03:40Bon alors, ils sont eux à trois heures de vol, d'Islamabad.
03:45Donc ils peuvent encore changer.
03:47Ils peuvent décider un peu plus à la dernière minute.
03:48On va voir dans la journée.
03:49J'ajoute qu'ils ont besoin aussi de la chasse pakistanaise pour y aller.
03:53Le ciel aérien iranien, il est fermé.
03:55Et ce sont, c'est quand même un paradoxe, ce sont les pakistanais qui assurent la protection de la délégation
04:01iranienne pour y aller.
04:02Thierry Brouton, qu'est-ce que ça change pour nous ?
04:04Ça change, si vous voulez, pour nous, pour l'instant.
04:06D'abord, il faut toujours regarder les marchés.
04:08Les marchés, aujourd'hui, ils ne sont pas affolés.
04:11Donc ils misent plutôt sur le fait qu'on va trouver un accord.
04:15Parce qu'encore une fois, et je crois qu'il faut s'arrêter une seconde, si vous le permettez,
04:18on était dans une guerre asymétrique.
04:20C'était finalement les Iraniens qui avaient le temps.
04:22Parce qu'eux, évidemment, ils peuvent bombarder à coups de drones à 30 000 dollars.
04:29Ils perdent moins d'argent.
04:30Arrêtés par des patriotes à 2 millions de dollars.
04:32Et donc, cette guerre asymétrique, une guerre de flux contre une guerre de stocks,
04:35c'était les Iraniens qui avaient l'avantage.
04:37Les Iraniens, donc, ils misaient sur le fait que la population,
04:41les populations occidentales, nous autres bien entendu, mais aussi les Américains,
04:44on se souvient qu'aux Etats-Unis, on le sait, aux Etats-Unis,
04:46le prix du galon, il est passé de 2,80 dollars à 4,10 dollars.
04:49C'est énorme, ça a un impact politique gigantesque aux Etats-Unis.
04:52L'inflation a redépassé les 3% pour être à 3,3%.
04:56Les taux d'intérêt recommencent à monter aux Etats-Unis.
04:58Et Donald Trump est le plus bas dans les sondages.
05:01Jamais un président des Etats-Unis n'a été, à ce stade, à 4 mois des primaires, aussi bas.
05:06Donc, ça, il paye un prix politique, il faut bien en être conscient, nous.
05:09Très fort.
05:10Les Iraniens jouaient là-dessus.
05:11Sauf que, et ça, il faut vraiment s'arrêter là-dessus,
05:14les Américains ont fait quelque chose d'intelligent.
05:16C'est qu'ils ont fait un blocus dans le blocus,
05:18ils ont dit, puisque c'est comme ça,
05:19nous, on va bloquer tous les bateaux qui vont en Iran ou qui en partent.
05:24Mais, madame de Malerbe, l'Iran a besoin.
05:27L'Iran dépend également de beaucoup d'autres pays.
05:30Oui, parce qu'on parle de tout ce qui sort de l'Iran,
05:32mais effectivement, là, plus rien ne rentre.
05:33Par exemple, le maïs.
05:35L'Iran importe 5,6 millions de tonnes de maïs.
05:37Ils en ont un besoin majeur.
05:39Le riz, les huiles, le sucre, bien entendu, les médicaments,
05:44beaucoup de choses.
05:45Les intrants, évidemment, qui vont servir.
05:47D'abord, les intrants pour l'agriculture,
05:49mais aussi les intrants technologiques,
05:51pour faire leurs missiles et leurs drones.
05:53Donc, l'Iran, aujourd'hui, commence à souffrir du blocus.
05:56Alors, la population a énormément souffert des bombardements,
05:59mais j'allais dire, hélas, c'est tragique,
06:01vraiment, je prends des précautions en le disant,
06:04ils ont l'habitude.
06:05Mais ces destructions font que, désormais,
06:08beaucoup d'Iraniens sont au chômage.
06:10Songez que, songez quand même,
06:11parce qu'on ne le sait peut-être pas,
06:14l'inflation est à plus de 50%.
06:16Vous vous rendez compte, en Iran, à plus de 50%.
06:18La monnaie iranienne s'est évaluée de 30% encore.
06:21Donc, tout ça a un coût économique et social très important.
06:24Le bazar, le bazar, n'a plus, je dirais, de quoi fournir.
06:28Le bazar dont on se souvient qu'il a été aussi
06:31l'un des lieux du déclenchement des dernières révoltes.
06:34Les boutiques ne sont plus achalandées.
06:35Alors, les gens commencent à faire la queue.
06:37Donc là, ça commence à peser aussi.
06:39Thierry Breton, vous avez dit plusieurs choses
06:42et je voudrais qu'on essaie de comprendre aussi ce qui se joue.
06:44Vous avez parlé d'inflation, vous avez parlé des taux d'intérêt.
06:47Vous avez parlé aussi de la guerre des flux et guerre des stocks.
06:49Je voudrais qu'on s'arrête un instant là-dessus.
06:50Vous parlez quoi ? Des munitions ?
06:51Alors, évidemment, ce sont là les munitions,
06:53puisque les munitions pour pouvoir précisément,
06:56d'un côté, se protéger,
06:58et c'est évidemment toute l'architecture de sécurité
07:00que les États-Unis ont mis,
07:01y compris dans les pays du Golfe.
07:03Ça a fonctionné, plutôt pas mal,
07:06mais enfin, il y a quand même 10% qui sont passés.
07:0710%, c'est 10% de trop, peut-être un petit peu moins,
07:10mais enfin, il y en a qui sont passés
07:11et il y a eu des destructions très importantes,
07:13suffisamment du reste pour affaiblir,
07:15d'un point de vue industriel,
07:17l'ensemble des pays du Golfe.
07:19On sait, par exemple,
07:20que les Émiratis ont aujourd'hui reçu plus de missiles
07:27qu'Israël.
07:28Donc là, on est dans une logique
07:29où effectivement, les Iraniens continuent à bombarder.
07:31Ils ont encore, il faut bien le savoir,
07:33ils ont encore des milliers et des milliers de drones.
07:35Ils fabriquent à peu près encore,
07:37il y a beaucoup de destructions ont eu lieu,
07:38mais une centaine de missiles par mois.
07:40De l'autre côté,
07:41on fabrique en Occident,
07:43évidemment aux États-Unis,
07:4540 seulement missiles anti-missiles patriotes,
07:48donc pour protéger, vous voyez ?
07:50Donc il y a un déséquilibre.
07:51En fait, on met plus de temps,
07:52on met du temps à reconstituer nos stocks,
07:54c'est ça ce que vous voulez dire.
07:55On met beaucoup de temps à reconstituer nos stocks.
07:56Quand on dit « on », c'est les Occidentaux.
07:57C'est évidemment, et les États-Unis,
07:58puisque ce sont eux qui fournissent évidemment
08:00la quasi-totalité de ces systèmes de protection,
08:03notamment auprès des pays du Golfe.
08:06Mais on avait aussi une asymétrie politique.
08:09Et ce que je veux vous dire aujourd'hui,
08:10c'est que les Américains ont rééquilibré maintenant.
08:13Avec le blocus du blocus.
08:14Avec le blocus.
08:15Donc, on est dans une phase
08:16où évidemment, chacun va essayer de montrer
08:18qu'il peut peser sur l'autre.
08:19Je crois qu'il faut le lire comme ça.
08:21Elle est très incertaine.
08:22C'est pour ça que j'ai indiqué trois scénarios.
08:24Il me semble aujourd'hui que le plus probable,
08:27c'est le numéro deux.
08:28Mais on va voir.
08:29Inflation, taux d'intérêt,
08:31et question évidemment de l'impact.
08:33Le pétrole est légèrement reparti à la hausse.
08:37Est-ce que la France peut continuer
08:38à avoir quelques aides ciblées ?
08:41Les premières entrent en vigueur à partir d'aujourd'hui,
08:44mais elles sont complexes
08:45et elles sont moindres que ce que font nos voisins
08:47quand on regarde l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne.
08:49L'Espagne et l'Allemagne en particulier
08:50qui baissent notamment les taxes.
08:53Est-ce qu'on n'aurait pas pu imaginer
08:55une coordination européenne de toutes ces questions-là ?
08:59On est tous confrontés à la même question
09:00et j'ai l'impression que chacun gère un peu à la petite semaine.
09:02Oui, parce qu'encore une fois, c'est à la main.
09:04Encore une fois.
09:05Alors, vous voyez, il y a des fois,
09:06on dit qu'on a trop d'Europe.
09:07Des fois, on n'a pas assez d'Europe.
09:09Ces questions,
09:09et ces questions qui sont des questions de fiscalité,
09:11parce qu'à la fin, c'est de la fiscalité,
09:13sont à la main des États membres
09:14et je crois que c'est une bonne chose.
09:15Ce qui reste à la main des États membres,
09:16c'est évidemment la diplomatie,
09:18c'est la défense,
09:19c'est la fiscalité
09:20et je crois que c'est important que ça le reste.
09:22Qu'il y ait de la coordination, oui,
09:23mais on n'en est pas encore là.
09:25On n'en est pas encore là
09:25parce qu'on n'est pas encore dans une crise.
09:27On est dans une crise aujourd'hui.
09:29On n'est pas encore dans une crise pour vous.
09:29On n'est pas encore dans une crise.
09:30On est évidemment dans un impact très important,
09:32un impact économique important.
09:33Vous avez dit une somme
09:34dans un choc des prix temporaire et artificiel.
09:36Est-ce que vous maintenez cette...
09:38Je le maintiens.
09:38Bien sûr, il faudra du temps
09:39pour revenir à une normalité.
09:40Mais enfin, regardez,
09:42avec ce qui se passe...
09:43Alors bien sûr,
09:44le baril est à 95 à peu près,
09:47en gros, à l'heure où nous parlons,
09:48est à 95 dollars.
09:50Bon, on n'est pas à 100.
09:51Alors évidemment, on était à 65, 70.
09:53Mais voyez-vous,
09:54je crois vraiment que pour la France,
09:56d'abord, il faut qu'on le sache,
09:58on est le pays qui est aujourd'hui
10:00en valeur absolue
10:01le plus endetté d'Europe
10:02et en proportionnalité...
10:04On n'a plus les moyens.
10:05On n'a pas les moyens.
10:05Mais de toute façon, non,
10:06c'est vraiment le quoi qu'il en coûte.
10:09C'est terminé.
10:09On n'a pas les moyens.
10:10Mais j'ajoute
10:11qu'aujourd'hui,
10:12ce qui est tout à fait important
10:14d'avoir en tête,
10:15c'est que l'État,
10:16effectivement,
10:16par la TVA,
10:18gagne un peu d'argent avec ça.
10:20Est-ce qu'il doit le redistribuer
10:21ou est-ce qu'il doit s'en féliciter ?
10:22Bien entendu,
10:23il doit le redistribuer intégralement.
10:24J'ai calculé que
10:26par augmentation de 10 dollars
10:28le prix du baril,
10:29on est à peu près parti
10:30à 70 dollars
10:31avant la guerre,
10:32un peu moins.
10:32Donc là, on a augmenté
10:33de 20 dollars.
10:34D'une trentaine.
10:35Et bien, par tranche de 10,
10:37l'État engrange
10:38entre 30 et 60 millions d'euros.
10:40Et bien, il faut...
10:41Par mois.
10:41Ça veut dire qu'en gros,
10:42une cinquantaine en moyenne.
10:44Et bien, il faut intégralement
10:45redistribuer tout ça.
10:46Il faut évidemment que l'État
10:47ne fasse pas un sou de bénéfice
10:48sur le dos de la situation.
10:51Et donc, le redistribuer,
10:52c'est ce qu'il a du reste
10:52commencé à faire
10:53pour ceux qui en ont besoin.
10:55Évidemment, les marins pêcheurs,
10:56évidemment, les agriculteurs,
10:57évidemment, les transporteurs.
10:58Vous prenez une forme, je cite,
10:59de rigueur budgétaire.
11:02Vous dites qu'on devrait s'obliger
11:04à ne pas faire plus de 1% de déficit.
11:07Ça fait des années
11:08que tout le monde dit ça.
11:09Personne ne le fait.
11:09Personne n'a le courage de le faire.
11:10Et c'est la raison pour laquelle,
11:11effectivement, vous avez raison.
11:13Je prône, non pas cette discipline,
11:15mais cette trajectoire,
11:16comme les Allemands l'ont fait
11:17en 2009 et 2010.
11:19Les Allemands qui vivaient en coalition,
11:21parce qu'évidemment,
11:22il n'y a pas de parti majoritaire
11:23en Allemagne.
11:24Et bien, droite comme gauche,
11:26ils se sont mis d'accord
11:27pour pouvoir se dire
11:28que désormais, dans la Constitution,
11:30pour se forcer,
11:31encore une fois,
11:32il y avait un chemin.
11:33Alors, chacun peut mettre dans ce chemin
11:34ce qu'il veut.
11:35Plus d'impôts, moins d'impôts,
11:36plus de dépenses, moins de dépenses.
11:37Mais il y avait un chemin
11:38qui faisait qu'il s'interdisait
11:40d'avoir un budget en déséquilibre.
11:43Et c'est la droite et la gauche allemande
11:44qui l'ont fait.
11:45C'est faisable.
11:46Ce que je propose,
11:47parce que je vois bien ce qui se passe,
11:49on fait des tas de promesses,
11:50on fait des tas de projets,
11:51on fait des tas de programmes.
11:53Et puis derrière,
11:53on a une Assemblée nationale
11:54qui est évidemment éclatée.
11:56Et donc,
11:57toutes ces belles promesses
11:57tombent dans le trou noir
11:59des dépenses publiques
11:59et on n'y arrive pas.
12:01Donc, ce que les Allemands ont fait,
12:02oui, je prône,
12:04moi, c'est ma proposition,
12:05donc de 1% de déficit.
12:06Alors, pas demain,
12:07en 2032.
12:08Vous voyez, on a encore le temps.
12:10Ce n'est pas très agressif.
12:12C'est une trajectoire.
12:13C'est le projet que je propose
12:14à l'ensemble des chefs de partis
12:15de mettre dans la Constitution française.
12:19– Que ce soit constitutionnel.
12:20– Comme les Allemands l'ont fait.
12:21– Comme les Allemands l'ont fait.
12:23– Invariable au changement politique
12:25de l'Assemblée nationale.
12:26– Mais je le redis,
12:26bien entendu,
12:27mais je le redis,
12:28ça veut dire quand même
12:28tous les ans,
12:29parce qu'il y a 1% de déficit,
12:30on n'est pas à zéro,
12:31parce qu'on a un peu de croissance,
12:32c'est entre quand même
12:3370 et 80 milliards
12:34de dépenses de plus
12:36par rapport à l'année dernière.
12:37C'est tout sauf de la rigueur.
12:38C'est uniquement…
12:39– C'est la discipline.
12:40– C'est la discipline
12:41parce que, hélas,
12:43désormais,
12:43la France est indisciplinée
12:45et cette indiscipline,
12:46un coût,
12:47ce coût,
12:48c'est la prime de risque,
12:49c'est la prime de risque.
12:50– C'est ce qu'on voit aujourd'hui.
12:51– C'est l'incapacité
12:52à pouvoir réagir.
12:52– Mais c'est aussi,
12:53nous vous mentionnez,
12:53madame de Malherbe,
12:54aujourd'hui,
12:55on va payer,
12:55tenez-vous bien,
12:56dans un an,
12:57on va payer,
12:57un an et demi,
12:57on va payer 100 milliards
12:59d'intérêts par an.
13:00– Sur notre dette.
13:01– 100 milliards
13:01pour nos téléspectateurs
13:03et nos auditeurs.
13:04Le budget de la France,
13:05le budget des administrations,
13:07c'est 350 à 380 milliards.
13:09C'est quasiment un tiers.
13:10– Et quelles conséquences
13:11sur les particuliers
13:12et sur les entreprises,
13:13les prévisions de croissance
13:14viennent d'être revues
13:15légèrement à la baisse.
13:16On prévoit un retour
13:17de l'inflation,
13:18y compris dans les rayons,
13:19y compris alimentaires.
13:21Et vous parliez à l'instant
13:22des taux d'intérêt.
13:24Est-ce qu'ils peuvent avoir aussi,
13:25qu'ils peuvent aussi remonter,
13:26y compris pour les particuliers
13:27et les entreprises ?
13:28– Bien sûr,
13:28les taux d'intérêt du reste
13:29ont maintenant tendance
13:30à remonter,
13:31parce qu'évidemment,
13:32l'inflation repart.
13:34Alors,
13:34on n'est pas du tout
13:35dans des situations,
13:35par exemple,
13:36qu'on a pu connaître
13:37lors de la guerre en Ukraine.
13:39– Parce que là,
13:40on part à une inflation
13:41qui est aux alentours
13:42de 1,7.
13:43Donc,
13:43elle est parfaitement maîtrisée.
13:45Elle va monter un petit peu.
13:46Oui,
13:46c'est des prévisions.
13:47On a sans doute
13:49la croissance
13:49qui était anticipée
13:50à 1 ou 0,9.
13:52Peut-être qu'elle sera
13:52à 0,9 ou 0,8.
13:53C'est encore
13:54une situation
13:55qui est gérable.
13:56Mais,
13:57évidemment,
13:58il faut être très attentif.
13:59– Je vous sens,
13:59Thierry Breton,
14:02si mon ressenti est juste,
14:05vigilant,
14:06mais pas outrageusement inquiet.
14:08– Je ne suis pas le seul
14:09les marchés
14:10sont également
14:11dans cette perspective.
14:12Je ne dis pas
14:12que les marchés
14:13ont toujours raison,
14:14mais parce que je fais
14:14l'analyse,
14:15l'analyse comme vous,
14:17qu'aujourd'hui,
14:18compte tenu
14:19de la pression
14:20qui s'exerce
14:20sur les Etats-Unis
14:21et notamment politique
14:22autour de Donald Trump,
14:23il ne faut jamais l'oublier.
14:25Lui,
14:25il écoute les marchés.
14:26Les marchés lui disent
14:27il faut maintenant arrêter
14:28parce qu'il n'y avait pas
14:29de but de guerre
14:30quand on est parti.
14:30– Vous avez vraiment l'impression
14:31qu'il l'écoute ?
14:32– Oui,
14:32les seuls
14:33qui l'écoutent aujourd'hui,
14:34ce sont les marchés.
14:34Et il y a une personne
14:35qui joue un rôle
14:36très important
14:36pour le lui rappeler,
14:37c'est sa directrice
14:39de cabinet.
14:40– La vigie,
14:41en quelque sorte,
14:41on considère qu'elle a
14:42vraiment un rôle
14:43important aussi
14:44pour le canaliser.
14:45– Elle a repris
14:45vraiment la main
14:46et on voit
14:47qu'il y a un peu plus
14:47de rationalité
14:48désormais
14:49pour l'atterrissage
14:50de cette crise.
14:51Mais les Iraniens aussi
14:52ont désormais besoin
14:53à cause,
14:55grâce,
14:55on peut dire ce qu'on veut,
14:56de ce blocus
14:58dans le blocus,
14:59désormais,
14:59il y a une sorte
15:00de réciprocité
15:01de l'impact politique
15:03et sur les populations
15:04donc tout le monde
15:05désormais
15:06a intérêt
15:06à faire atterrir
15:08je dirais
15:09un accord
15:10y compris par parenthèse
15:11ceux qu'on oublie
15:12mais qui sont très présents
15:13dans la région
15:13et de plus en plus présents
15:14les Chinois.
15:15– Thierry Breton,
15:16deux questions encore.
15:17L'une d'abord
15:18sur Elon Musk
15:19puisqu'on est en train
15:20de parler des Etats-Unis
15:20et convoqué
15:21par la justice française.
15:23Vous avez eu
15:24un véritable bras de fer
15:25je dirais
15:26par réseaux sociaux
15:27interposés
15:28avec lui.
15:29Où est-ce que
15:29vous en êtes aujourd'hui ?
15:30Quel regard vous portez
15:31aussi là-dessus ?
15:32– Écoutez,
15:33j'ai compris
15:33qu'il était convoqué
15:35par la justice française
15:37parce que
15:37si j'ai bien compris
15:39il y a eu
15:40un moment
15:41où son réseau
15:42X
15:44et notamment
15:44son programme
15:45grog
15:46d'intelligence artificielle
15:47pouvait tout simplement
15:48déshabiller
15:49n'importe qui
15:50– Mais est-ce qu'il faut ?
15:52– Et que c'est
15:53totalement illégal
15:54et que
15:54malgré
15:55les demandes
15:56de retirer tout cela
15:57ça n'a pas été fait
15:58donc je pense
15:59qu'il y a peut-être
15:59matière à s'expliquer
16:00en tout cas c'est ce que
16:01juge
16:01c'est évidemment illégal
16:02et c'est contraire au droit
16:03et notamment
16:03– Et donc il doit
16:04se plier
16:04– Pas comme tout le monde
16:06et encore une fois
16:06il ne s'agit pas
16:07de brimer
16:08j'entends dire que
16:10le premier amendement
16:11américain
16:12dit qu'on peut dire
16:13tout et n'importe quoi
16:14aux Etats-Unis
16:15c'est vrai
16:15mais ce n'est pas parce
16:16qu'on peut dire
16:16tout n'importe quoi
16:17aux Etats-Unis
16:17qu'on peut dire
16:18tout n'importe quoi
16:18en Europe
16:19et donc si jamais
16:21il veut utiliser
16:23avoir la chance
16:24de pouvoir
16:24vendre ses services
16:26X
16:26en Europe
16:27je rappelle qu'on est
16:28le premier marché
16:29le plus solvable
16:29au monde
16:30en matière
16:31de marché numérique
16:32on est une fois et demie
16:33plus important
16:34que le marché américain
16:35en nombre de personnes
16:36et donc c'est très important
16:37dans le marché numérique
16:38s'il veut pouvoir le faire
16:39il faut tout simplement
16:40qu'il se plie
16:40à nos règles
16:41quels que soient
16:42encore une fois
16:43les messages
16:44qu'il envoie aux Etats-Unis
16:45ça ne nous regarde pas
16:46il fait ce qu'il veut
16:47mais si il est en Europe
16:48il doit juste respecter
16:49la loi et le droit européen
16:51Thierry Breton
16:52vous êtes l'ancien ministre
16:53de l'économie
16:53ancien ministre
16:54au marché intérieur
16:55aujourd'hui le MEDEF
16:56commence un certain nombre
16:58de déjeuners
16:58ils déjeuneront cette semaine
16:59avec Edouard Philippe
17:01avec Marine Tendelier
17:01mais aujourd'hui
17:02c'est Jordan Bardella
17:03déjeuner avec le RN
17:05est-ce que c'est pour vous
17:06du réalisme
17:07une sorte de réel politique
17:08ou est-ce que c'est une manière
17:10d'adouber
17:10ou de banaliser
17:12le Rassemblement National ?
17:13Le MEDEF
17:14est une organisation
17:15est une organisation
17:17patronale
17:17et le MEDEF
17:18évidemment
17:19donc en tant qu'organisation
17:20ça me semble parfaitement légitime
17:22qu'il le voit
17:23toutes celles et tous ceux
17:25qui aspirent
17:26à être
17:26à être président
17:28à diriger notre pays
17:30et surtout
17:31quand on a des programmes
17:32des programmes économiques
17:33qui sont pas très précis
17:35pas très clairs
17:36pour l'instant
17:36je n'ai pas
17:37entièrement compris
17:38la finalité
17:39du programme économique
17:40du MEDEF
17:41mais
17:42du MEDEF
17:42ou du Rassemblement National ?
17:43du Rassemblement National
17:44évidemment
17:44le MEDEF
17:45on n'a pas de programme
17:46il est là
17:46donc que le MEDEF
17:48reçoive
17:49tous ses candidats
17:50ça me semble parfaitement
17:51légitime
17:52et c'est je dirais
17:53son rôle
17:53alors après ça
17:54en tirer les conséquences
17:56et les conclusions
17:57qu'on veut
17:57ça je laisse à chacun
17:58le soin de le faire
17:59moi ça ne me choque pas
18:01du tout
18:01bien au contraire
18:02que le MEDEF
18:04prenne le temps
18:05de les écouter
18:06mais aussi
18:06de faire savoir
18:07ce qui est important
18:08pour l'économie française
18:09et pour la compétitivité
18:11de nos entreprises
18:11merci Thierry Breton
18:12d'avoir répondu
18:12à mes questions
18:13il est 8h47
18:14sur RMC BFM TV
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