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  • il y a 2 jours
Le gouvernement a annoncé un nouveau projet de loi qui permettra aux boulangers et aux fleuristes de faire travailler leurs salariés, sur la base du volontariat dès le 1er mai prochain, au risque de voir une nouvelle levée de bouclier de certains syndicats et d'une partie de la gauche, profondément attachées au 1er mai. De son côté le Medef, quelques jours après le dîner de Marine le Pen avec une quinzaine de patrons du CAC 40, reçoit ce lundi à déjeuner le patron du RN, Jordan Bardella, ouvrant le débat au sein du patronat sur une telle rencontre. Regardez le point de vue de Amir Reza-Tofighi, président de la CPME.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Boy du 20 avril 2026.

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Transcription
00:00Céline Landreau, RTL Matin.
00:03Il ne brigue pas l'Elysée mais prépare eux aussi.
00:052027, difficile d'écarter de l'équation.
00:08Le parti qui caracole en tête des sondages.
00:11Les patrons ne se cachent plus pour discuter avec le Rassemblement National.
00:14Bonjour Amir Reza Tofighi.
00:16Bonjour.
00:17Vous êtes le président de la CPME, vous représentez donc les petites et moyennes entreprises.
00:21Vos homologues du MEDEF, déjeunent avec Jordan Bardella ce midi.
00:25Vous avez envoyé une invitation au président du RN, vous aussi ?
00:28Non, je n'ai pas envoyé d'invitation.
00:29Et je pense qu'il ne faut pas faire de faux procès au MEDEF et ni à son président Patrick
00:34Martin.
00:34Aujourd'hui, ce n'est pas la CPME ou le MEDEF qui a choisi qui sont les candidats ou qui
00:39sont au Parlement.
00:40Nous, on parle avec tous ceux qui aujourd'hui sont au pouvoir ou briguent à être au pouvoir parce qu
00:45'on défend les entreprises.
00:46Et donc, c'est normal de parler avec toutes les sollicitations qu'on va avoir des différents partis.
00:52Il faut arrêter un peu cette hypocrisie.
00:54Donc oui, on parle avec tout le monde.
00:55On parle avec tout le monde en fait.
00:57Et je pense qu'il n'y a rien de choquant.
00:59Michel Picon, on l'entendait tout à l'heure dans le RTL événement à 7h15, disait que la dédiabolisation, c
01:04'est les Français qui ne l'ont fait, pas les patrons.
01:05C'est un point de vue que vous partagez ?
01:07Aujourd'hui, si le RN a plus de 120 députés au Parlement, ce n'est pas nous qui les avons
01:13choisis, c'est les Français.
01:14Moi, mon rôle, c'est de défendre l'entreprise.
01:16C'est de m'assurer que les idées économiques qui sont bonnes pour la France soient portées par l'ensemble
01:20des candidats.
01:21Donc, je vais parler avec l'ensemble des candidats et je réponds à toutes les sollicitations que je reçois.
01:25Ça veut dire qu'elle a tort, Marie-Lise Léon, la secrétaire générale de la CFDT,
01:30d'estimer que c'est une attitude cynique de considérer que l'économie passe avant tout.
01:36Ce sont ses mots.
01:37Elle explique, elle, que pour la CFDT, les enjeux démocratiques sont au moins aussi importants
01:41et que ces enjeux démocratiques nécessitent de ne pas discuter avec le RN comme avec n'importe quel autre parti.
01:47Moi, je pense que pour porter nos idées, il faut discuter avec tout le monde.
01:50Et je suis d'accord, les enjeux démocratiques, les enjeux sur les valeurs, les enjeux économiques,
01:54tous ces sujets sont importants, mais est-ce qu'on est plus efficace en parlant avec les candidats
01:58et en poussant nos idées ou en les boycottant ?
02:01Donc avec le RN comme avec n'importe quel autre parti aujourd'hui ?
02:04Bien sûr, moi je réponds à toutes les sollicitations.
02:05Et vous cherchez à les convaincre de quoi les candidats lors de ces rencontres que vous organisez ?
02:09Déjà que le sujet de l'économie doit être un point central de la campagne présidentielle.
02:15Aujourd'hui, on est à un moment donné où si on ne parle pas de ce que les entreprises ont
02:20besoin,
02:20de ce que notre économie a besoin en 2027 et pour les années qui viennent,
02:24ça va être compliqué pour les années qui viennent.
02:26Le dialogue avec le gouvernement actuel.
02:29Hier dans la tribune dimanche, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandeau,
02:31disait vouloir vous remettre au centre du jeu, vous, les organisations patronales et syndicales.
02:36Vous avez eu l'impression d'être sur la touche ces dernières semaines ?
02:39Non, pas du tout. D'ailleurs, on a signé un accord sur l'assurance chômage suite au fait que le
02:45gouvernement nous avait sollicité.
02:46Un accord qui fait plus d'un milliard d'économies par an en diminuant la durée d'indemnisation des ruptures
02:50conventionnelles.
02:51Donc non, non, on n'est pas sur la douche.
02:52Et sur le 1er mai ? Sur le travail du 1er mai ?
02:55C'est un sujet qui est incompréhensible.
02:57Vous savez, ça fait plus d'un an que la CPME porte ce sujet.
03:01Le sujet, c'est quoi globalement ?
03:02C'est de dire que dans certains métiers, de proximité, des métiers de bouche,
03:05ils puissent ouvrir le 1er mai, sur la base du volontariat pour les salariés, payés doubles.
03:10Plus de trois quarts des Français sont pour.
03:12Le Parlement allait voter un texte pour permettre justement ce travail du 1er mai pour certains métiers.
03:17Et le gouvernement a reculé sous la pression des syndicats de salariés.
03:20C'est incompréhensible aujourd'hui.
03:21Donc nous, on s'est battus, la semaine dernière, on s'est battus pour que le gouvernement remette un texte
03:25sur le sujet.
03:26Il l'a fait, c'est insuffisant, mais on va continuer à se battre.
03:29Pour élargir plus largement le travail du 1er mai en 2027, qu'il ne le sera cette année,
03:34où on sait que boulangers et fleuristes pourront faire travailler les salariés qu'ils souhaitent.
03:37Oui, mais par exemple pour les boulangers.
03:38Ils ont choisi les boulangers artisans.
03:40Mais en fait, tous les boulangers, ce ne sont pas des artisans.
03:42Vous savez, dans certaines villes, il y a un boulanger, ce n'est pas forcément un artisan,
03:46c'est un boulanger qui va cuire du pain, qui l'achète.
03:49Et donc, on va permettre à certains boulangers d'ouvrir et pas à d'autres.
03:53C'est incompréhensible.
03:54Encore une fois, on fait du symbole au lieu de dire,
03:57tous les boulangers, tous les fleuristes devraient pouvoir ouvrir,
03:59et même peut-être les bouchers, les poissonniers.
04:01Donc, soyons à un moment donné un peu pragmatiques.
04:03Vous êtes critique, on l'entend, avec l'attitude et la ligne du gouvernement sur cette question du 1er mai.
04:09Sur la gestion de la crise du carburant, est-ce que vous avez l'impression d'être entendu ?
04:13Ça y est, on l'a dit, le plan d'aide au secteur routier annoncé fin mars va pouvoir entrer
04:17en vigueur.
04:17Alors, ces 50 millions d'euros qui sont débloqués pour ce secteur, c'est suffisant comme geste ?
04:23Est-ce que c'est suffisant ? C'est difficile de dire,
04:25parce qu'on voit bien aujourd'hui que la situation évolue en permanence.
04:27Nous, on a été entendus parce qu'on a poussé justement le fait de débloquer des aides ciblées
04:32sur des secteurs comme les transporteurs routiers, sur les voyagistes.
04:35On parle, pour que ce soit très clair, de 100 à 500 euros par camion.
04:38Oui.
04:39En fait, qu'est-ce que cette crise montre aujourd'hui ?
04:41C'est que le fait d'avoir des finances publiques qui sont très mal tenues depuis maintenant très longtemps,
04:44fait que dès qu'on a une crise, on n'a pas du tout les moyens de soutenir notre économie
04:48ni soutenir les Français.
04:50Et ça, ça doit vraiment nous questionner, une fois que la crise sera passée,
04:53c'est notre capacité à avoir des finances publiques bien tenues,
04:56à ne pas avoir les déficits comme aujourd'hui,
04:58pour que lorsqu'on rentre dans une crise comme ça, pouvoir soutenir les entreprises.
05:01Les pays autour de nous le font.
05:03L'Espagne le fait, l'Allemagne le fait, l'Italie le fait.
05:05Nous, on n'a pas les moyens de le faire.
05:05Donc oui, on a été entendus avec les peu de moyens que l'Etat a aujourd'hui.
05:10Parce que ces peu de moyens, c'est aussi la conséquence des aides massives
05:13qui ont été accordées aux entreprises pour tenir pendant la pandémie de Covid.
05:16Ce n'est pas que la résultante de ça, mais c'est aussi celle-ci.
05:20Oui, enfin, il y a eu le Covid, et depuis, on voit bien qu'on est le pays dans l
05:23'Union Européenne
05:23qui n'a pas réussi à remettre ses finances à l'équilibre.
05:26Et j'aimerais juste revenir par rapport à ce que vous dites.
05:27Vous savez, on dit souvent les aides aux entreprises pendant le Covid.
05:30Les PGE, qui sont les prêts garantis à l'Etat,
05:32la très très grande majorité, plus de 95%, ont été remboursés.
05:35Le gros, en fait, des aides Covid, c'était aussi tout ce qui était le chômage partiel.
05:40Alors oui, c'était une aide aux entreprises, mais une aide aux entreprises
05:42pour qu'ils ne licencient pas les salariés.
05:43Sinon, les salariés auraient été licenciés,
05:45parce qu'on n'aurait pas eu les moyens de garder des salariés
05:46sans avoir du travail en face.
05:47Juste pour revenir sur ces 50 millions d'aides au secteur routier,
05:51le ministre des Transports, Philippe Tabarro,
05:53dit avoir trouvé un plan qui satisfait tout le monde,
05:55qui est ciblé sur les petites et moyennes entreprises.
05:57Ça, c'est vous. Donc, en clair, vous êtes content aujourd'hui.
05:59Il a raison, le ministre.
06:00Non, mais encore une fois, nous, on est satisfaits des premières mesures
06:03qui ont été annoncées.
06:04On les a portées, on a été les premiers à dire
06:06qu'il fallait soutenir les transporteurs routiers,
06:08qu'il fallait soutenir les voyagistes,
06:08qu'il fallait soutenir tous les métiers qui aujourd'hui sont touchés.
06:11Il n'y a pas que les transporteurs routiers,
06:12il y a d'autres métiers aujourd'hui qui sont touchés.
06:13Donc oui, je ne vais pas vous dire qu'on est...
06:14Donc, ça veut dire qu'il faut les élargir, ces aides ?
06:16Parce que là, on parle peut-être de les prolonger au mois de mai.
06:19Il faut élargir, les étendre à davantage de secteurs ?
06:21Oui, on a aussi les secteurs sur lesquels les salariés sont des gros rouleurs.
06:25Comment on fait pour soutenir les entreprises
06:26qui n'ont pas forcé le moyen d'accompagner les salariés
06:29qui prennent leur voiture et qui font parfois 1000-2000 km par mois ?
06:32Donc oui, on va devoir, si la crise perdure,
06:35trouver des moyens de soutenir d'autres secteurs.
06:37Sinon, ça va être potentiellement beaucoup d'entreprises
06:40qui seront au tapis, de salariés qui seront licenciés.
06:42Et moi, j'aimerais juste le redire, on a eu un record de défaillance
06:45au premier trimestre sur le nom de notre reprise.
06:47Donc, on est dans une situation économique qui n'est pas facile.
06:49Donc oui, il faut aussi que notre pays soit derrière son économie.
06:52Ça veut dire qu'on sous-estime, selon vous,
06:55aujourd'hui, les conséquences économiques
06:56que pourrait avoir cette crise au Moyen-Orient
06:58qui, on le voit bien, est loin d'être terminée ?
07:01On sous-estime peut-être l'état de notre économie actuelle
07:04et sa capacité à absorber une crise qui est quand même une crise majeure
07:07si elle dure longtemps.
07:08La capacité des entreprises à absorber cette crise
07:11en inquiète, une partie en tout cas,
07:14à certaines demandent à rouvrir les négociations commerciales
07:16avec la grande distribution
07:18parce que leurs coûts vont flamber,
07:20c'est ce qu'elles disent, en tout cas à cause de la guerre au Moyen-Orient
07:22et qu'elles ne pourront pas les répercuter.
07:24Pour l'instant, le gouvernement se refuse
07:26à rouvrir ces négociations commerciales.
07:28Il devrait changer d'avis, selon vous ?
07:30Vous savez, c'est des sujets de filière,
07:31de secteur entre distributeurs et industriels.
07:35Je n'ai pas d'avis sur le sujet.
07:37Et vous pensez qu'on sous-estime l'inflation que la guerre provoque ?
07:41En tout cas, ce qui est sûr, c'est que si la guerre ne dure pas,
07:45on aura une situation qui peut revenir à l'équilibre.
07:47Maintenant, si elle dure, oui, on sous-estime peut-être l'impact
07:49que ça peut avoir en termes d'inflation.
07:51La guerre en Ukraine,
07:53depuis le début de la guerre en Ukraine, début 2022,
07:56les produits de grande consommation ont augmenté de 21%,
07:58ce qui est très lourd, évidemment, pour le consommateur.
08:02Est-ce que c'est quelque chose qu'on a suffisamment pris en compte aujourd'hui ?
08:06Est-ce qu'on l'accompagne suffisamment ?
08:08Vous savez, le SMIC est indexé en partie sur l'inflation.
08:12Les salaires ont aussi beaucoup évolué depuis 2022.
08:15Ils n'ont pas pris 20% depuis 2022 ?
08:18Ils n'ont pas pris 20%, mais j'ai plus le chiffre en tête,
08:20ça a été très important.
08:22Je n'ai plus le chiffre en tête, c'était 12-14% depuis 2022.
08:25Il y a eu des grosses évolutions sur le SMIC depuis 2022
08:29avec l'indexation sur l'inflation.
08:32Il ne faut pas non plus sous-estimer les évolutions de salaire
08:35qu'il y a eu depuis la crise.
08:37Amir Reza Tofighi, j'imagine que vous œuvrez
08:39pour l'égalité entre femmes et hommes,
08:41pour les droits des femmes dans vos entreprises.
08:43Un jour férié pour défendre la cause, le 8 mars,
08:46comme le propose Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT.
08:48C'est une bonne idée pour vous ?
08:50Moi, mon combat aujourd'hui à la CPME,
08:51c'est de permettre aux salariés de gagner plus.
08:53Aujourd'hui, on voit bien que la France est un pays
08:55où le travail ne paye plus assez.
08:56Et le travail ne paye plus assez, entre autres,
08:58parce qu'on a un coût du travail qui est bien trop élevé.
09:01C'est-à-dire qu'à la fin, quand un salarié gagne 1 euro dans sa poche,
09:03ça lui coûte 2 euros à l'entreprise.
09:05Mettre un jour férié de plus, c'est l'opposé,
09:08parce qu'on va continuer à augmenter le coût du travail.
09:10C'est l'inverse de pouvoir permettre aux salariés de gagner plus.
09:12Moi, je préfère qu'on se concentre collectivement
09:14sur ce combat qui est de dire qu'il faut que le travail paye plus.
09:17Et ça doit être un combat collectif.
09:19Et donc, réfléchissons plutôt à comment on fait
09:21pour qu'à la fin, le travail paye plus,
09:23plutôt qu'à faire en sorte que les gens travaillent moins.
09:26Donc ça, c'est l'idée que vous allez pousser
09:28auprès de tous les candidats à la présidentielle
09:30que vous allez rencontrer dans les semaines et mois qui viennent ?
09:32Mais je pense que ça va être le sujet de 2027.
09:34Aujourd'hui, on doit se rendre compte
09:35que le travail ne paye plus assez en France.
09:36Et il faut avoir un regard lucide.
09:38Arrêtons de dire que c'est les entreprises
09:39qui gagnent trop d'argent et qui ne veulent pas payer les salariés.
09:42La réalité, c'est qu'on a en plus des entreprises en France
09:45qui n'ont pas les mêmes niveaux de marge
09:46que les entreprises européennes.
09:48Donc le sujet, c'est de voir qu'on a créé un système
09:50où, à force de charger le travail
09:53avec un niveau de taxe aussi élevé,
09:55le travail ne paye plus assez.
09:56Et l'écart entre le travail et le non-travail
09:58n'est plus assez élevé.
09:58Donc oui, le combat de la CPME, pour 2027,
10:01ce sera que le travail paye plus.
10:03Et donc pour ça, on aura des vrais échanges
10:06avec tous les candidats pour porter nos propositions.
10:07Avec tous les candidats, y compris le RN.
10:09On l'a compris, vous êtes sur la même ligne
10:11que le MEDEF et que l'UDEP sur cette question.
10:13Merci beaucoup Amir Reza Taufigué.
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