00:00Une information qui nous parvient à l'instant et que nous sommes en mesure de vous confirmer,
00:04c'est bien un cargo français qui a été victime dans le détroit d'Hormuz de tirs de semences.
00:09Un cargo français de la compagnie CMA-CGM, propriétaire de BFM TV.
00:16L'équipage est indemne selon nos informations et le navire a dû faire demi-tour.
00:21Voilà l'information qu'on peut vous donner à cette heure-là.
00:23Amiral, ça dit le degré de tension et de risque au fond que prennent tous les acteurs et tous les
00:31navires commerciaux en l'occurrence,
00:34puisque là c'est un porte-conteneur qui se trouve à proximité des côtes iraniennes.
00:39Oui, je crois que c'est une illustration, c'est dommage qu'on puisse la constater, mais elle devait arriver.
00:46On était dans une situation de tension très forte, un blocus d'un côté, une interdiction de sortir de l
00:53'autre.
00:53Donc effectivement, on était à un niveau très élevé de risque.
01:00La seule question qu'on pouvait se poser, c'est que pouvaient faire les passes d'Aran contre des bateaux
01:05importants ?
01:05Parce que c'est vrai que ce n'est pas la marine iranienne qui a disparu.
01:10Là, on a affaire à des gens qui n'ont que des petites embarcations, donc des moyens de faible dimension.
01:19Mais effectivement, même avec ça, on peut empêcher un bateau de passer et on peut effectivement faire un petit peu
01:24de dégâts.
01:27Dans ces cas-là, les navires sont prévenus avant d'être visés ?
01:31Quelle est la procédure, on va dire, normale ?
01:33Vous avez raison, il y a une procédure.
01:34C'est intéressant d'en parler parce que quand vous avez ce type d'action, alors d'abord, elle n
01:42'est pas autorisée, bien sûr, j'allais dire, dans le droit international maritime,
01:46puisqu'on n'a pas le droit de faire ce type d'action.
01:48Mais si jamais on l'amène, il y a plusieurs étapes.
01:51La première étape, c'est de prendre contact avec le bateau en question, parce qu'on a la possibilité de
01:57pouvoir le contacter à la mer sans difficulté,
01:59pour lui annoncer qu'on a l'intention de le visiter, d'arrêter le bateau et de visiter pour savoir
02:05ce qu'il a dans ses soutes.
02:09Donc c'est un avertissement qui passe par radio, orale, et on demande au bateau de s'arrêter.
02:14Alors le bateau peut s'arrêter ou pas s'arrêter, s'il s'arrête, on monte à bord, on va
02:18visiter le bateau et on constate ou pas qu'il emporte des cargaisons,
02:21qu'on estime être des cargaisons qu'il n'avait pas le droit d'embarquer.
02:24S'il ne le fait pas, qu'il continue sa route, eh bien, on lui dit de façon très claire
02:30qu'on ne va pas encore tirer au but,
02:32mais on va tirer sur l'avant du bateau, pour montrer qu'on a une capacité à pouvoir neutraliser le
02:37bateau.
02:37Donc on tire à une centaine de mètres devant les traves, le commandant qui est à bord verra bien les
02:42gerbes d'eau
02:43qui vont s'élever devant son étrave, et là, on va lui dire, écoutez, monsieur, on vient de vous avertir,
02:48la première fois, vous n'avez pas bougé, la deuxième fois, voilà, et la troisième fois, c'est le tir
02:51au but.
02:53Dans une stratégie militaire, le fait de viser un cargo, c'est aussi peut-être dire,
02:58c'est nous qui maîtrisons le détroit d'Hormuz, au moment où justement on est un peu blocus contre blocus,
03:04et chacun, chacune des parties, aussi bien côté américain que côté iranien, revendique au fond le contrôle de ce passage.
03:09Oui, et puis je dirais que c'est la norme, on prend contact, si le bateau ne s'arrête pas,
03:17on manifeste par un tir pas direct, etc., et le troisième, c'est le tir direct.
03:22Donc ça fait partie de la panoplie connue de tout le monde, tout le milieu maritime,
03:28c'est que quand on est dans des situations d'embargo, ça peut se passer comme ça.
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